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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 09:36

Mgr Jean-Christophe Lagleize a été nommé le 27 septembre évêque de Metz. Mgr Pierre Raffin, qui était à la tête diocèse de Moselle depuis 1987, a adressé le 11 octobre une lettre assez émouvante aux « diocésains », aux fidèles.


On retiendra d'abord les dernières lignes de son texte, pleines d’humilité : « En vingt-six ans d’épiscopat, je n’ai pas toujours su être le guide dont notre Église diocésaine avait besoin, j’ai conscience de mes limites et de mes erreurs et je vous prie de les pardonner dans la mesure où elles vous ont blessé ou découragé ».


On a connu des pasteurs plus controversés que Mgr Raffin moins modestes à l’heure du bilan. Ces mots d'une grande humanité disent aussi combien la charge épiscopale est lourde aujourd'hui et combien le ministère d'unité est difficile à tenir.


Un autre passage de la missive de l'évêque émérite de Metz mérité réflexion. « À travers vous, je voudrais rejoindre les catholiques que l’on ne voit que de loin en loin, soit parce qu’ils n’ont pas le loisir de s’engager dans la marche habituelle de l’Église, soit parce qu’ils ont pris leurs distances ». On voit ici un écho assez clair à l'exhortation du Pape François pour que les pasteurs s'intéressent à la périphérie de l'Église. D'autant que celle-ci gagne du terrain en Occident. Même dans les terres concordataires de Moselle, qui connaissent un peu moins qu'ailleurs la crise des vocation.


Juste après, Mgr Raffin écrit : « À travers vous également, je voudrais rejoindre tous ceux que les formes variées de la Diaconia diocésaine m’ont permis de rencontrer : les gens de la rue, les accueillis du Secours Catholique et de l’Association Zaï, les détenus de nos prisons. ».


L'évêque, comme d'autres, a été touché par le parcours vécu avec Diaconia, au niveau local comme à Lourdes. Quand il écrit « ceux que la Diaconia m'ont permis de rencontrer », une lecture littérale, mais fort simpliste, pourrait faire penser que le pasteur messin a découvert alors, après un quart de siècle à la tête du diocèse, la réalité des personnes accueillies par les groupes et structures catholiques. Or, il est évident que cette prise de conscience ne date pas de 2012.

La phrase suivante de son texte le confirme : « Puisse l’élan impulsé par le rassemblement de Lourdes lors de la dernière fête de l’Ascension associer bientôt toutes ces personnes à la vie ordinaire de notre Église ».


Avec Diaconia, il a compris comment et pourquoi cette dimension était centrale. Que l'Église ne peut vivre dans un entre-soi de personnes bien intégrées, en réservant de temps en temps quelques regards sur les marges de la société. Que les pauvres ne soient plus seulement à l'honneur une fois l'an, un dimanche de novembre pour la quête du Secours catholique.


Souhaitons que cet appel soit bien entendu par les « diocésains » et les prêtres du diocèse. Et que, à l'heure de quitter à son tour le diocèse de Metz, Mgr Lagleize n'aura pas besoin de tenir ce discours.


Sinon, on pourra penser que Diaconia n'a été qu'un (joli) coup d'épée dans l'eau.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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