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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 15:51

Au printemps 2013, lorsque la Loi Taubira mobilisait des centaines de milliers d'opposants, que n'a-t-on entendu dans la bouche de prélats sur ces élus qui osaient légiférer sur un domaine dont on les taxait d'incompétence. « L’État est postérieur au mariage et à la famille, comme il est postérieur à la personne humaine. Voilà pourquoi il n'appartient pas à l’État, me semble-t-il, de définir ce que doivent être le mariage et la famille », écrivait ainsi en octobre 2012 Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes.

Pensez-donc : un évêque est mieux placé qu'un député pour savoir ce qu'est ou n'est pas un mariage. Et la fameuse anthropologie chrétienne – qu'il aurait été plus honnête de qualifier de catholique -, est à ses yeux, supérieure au choix des représentants du peuple, ces usurpateurs.

Denier toute légitimité au législateurs de traiter du mariage. comme arguer que les foules défilantes, ou les pétitions géantes, doivent s'imposer au vote des parlementaires. Cela s'appelle du populisme, le pouvoir de celui qui crie le plus fort, le pouvoir de la rue et de l'émotion.

« Nous condamnons les discours populistes répandant la suspicion contre toute représentation politique. », peut-on lire dans le communiqué du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, publié le 11 décembre, à l'approche des élections municipales des 23 et 30 mars 2014.

Bien sûr, la pique contre le Front national en plein essor et évidente. Mais la clique des Le Pen n'est pas la seule à se complaire dans le refrain du « tous pourris ». On peut y reconnaître tous les mauvais perdant, qui n'acceptent pas que leurs idées, minoritaires au sein de la représentation nationale, ne soient pas retenues.

Interrogé sur le site d'extrême-droite « Boulevard Voltaire », Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, qui n'a cessé de crier contre le gouvernement l'an passé, fait remarquer que le texte de l'épiscopat « est une simple déclaration du conseil permanent. Il n’a, bien entendu, rien d’un acte infaillible du magistère ».

Et histoire de bien montrer sa défiance, il affirme : « il n’est pas interdit de regretter, par exemple, que cette déclaration n’accorde pas une place plus importante à certains enjeux tels que la défense des valeurs familiales ou la nécessité de soutenir les familles, alors que les municipalités disposent, pour cela, de certains moyens d’action ».

Autre regard avec son confrère Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry. Lors de sa lettre pastorale « Voici Noël », donnée le 13 décembre, il rend un bel hommage aux responsables politiques. « En ce début d’année, mon regard va vers les hommes et les femmes qui exercent des mandats politiques ou qui se présentent comme candidats. J’aimerais les remercier ! Il est facile de se moquer d’eux ou de les dénigrer : aucun d’entre nous n’est parfait (…)



Le pouvoir peut enivrer. Mais l’immense majorité des conseillers municipaux, des maires et des députés européens font un travail gigantesque (…) , alors qu’ils sont particulièrement objet de sollicitations ou de plaintes de personnes incompétentes ou de personnes défendant leurs intérêts propres contre le bien commun. Oui, il faut savoir le positif de leur action et leur dire merci. »

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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