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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 21:01

Les lecteurs de ce blog savent que j'ai pas l'habitude de dire du bien des évêques et de la communication des autorités ecclésiales. Et pourtant, il faut reconnaître qu'un prélat discret, tranquillement installé dans son diocèse de Soissons (qui est aussi le mien), montre qu'on peut utiliser intelligent et pieusement les outils de son temps.


Mgr Hervé Giraud, le père des twitthomélies, n'est pas seulement la star des geeks cathos, qui ne séparent jamais de leurs tablettes et de leurs smartphones. Il s'adresse à plus de 5200 abonnés de 40 pays différents. Le concept est tout simple : un très court extrait du texte évangélique du jour (précédé de la référence) et une phrase de réflexion et/ou de méditation. Le tout sous la barre fatidique des 140 caractères.


Avec ses twitthomélies, il invente une présence chrétienne modeste dans une monde plutôt infesté de grandes gueules bardées de certitudes. Et l'épisode du mariage pour tous a montré comment, sur les réseaux sociaux, les catholiques savaient être violents parfois.


Lors du rendez-vous annuel des médias catholiques, les 23 et 24 janvier à Annecy, Mgr Giraud est venu raconter son « ministère épiscopal à l'heure de Twitter » (texte de son intervention à retrouver ici). En dressant le bilan de trois années de ce rendez-vous quotidien, cette « une goutte, ou miette d’évangile », inspirée des lectures du jour, il a raconté ce qui avait changé pour lui. Et ce, alors qu'une compilation de son œuvre numérique était publiée sous le titre Twitthomélies (éd. Parole et silence).


« Tweeter a élargi la dimension universelle de mon ministère épiscopal prophétique », explique-t-il, parlant de « choix missionnaire », fidèle à l'injonction de Benoît XVI d'oser habiter ces « nouveaux aréopages » de l'internet. Mgr Giraud y a vu également le moyen « d’entrer en contact avec des non-croyants ». S'abonner à l'envoi quotidien d'un évêque sera toujours moins engageant que de taper à la porte d'un prêtre.


Longtemps formateur de séminariste à Lyon et donc chargé d'enseigner le métier de prédicateur, l'évêque de Soissons a également revu sa manière de penser la réception de son propos. La twitthomélie est pour lui « un bel outil pour apprendre à s’adresser à son prochain dans un langage le plus simple et le plus universel qui soit… comme Jésus ! Il faut trouver la longueur d’onde de l’autre. Je ne cible pas un public mais pense aux publics. » Un questionnement que pourraient partager nombres de ses confrères prêtres, qui, en principe, ne connaissent pas 100% de leurs fidèles de la messe.


Concluant son propos, il tire une leçon sociologique de l'utilisation de ce réseau social. « Les contributions des autorités et institutions établies ne seront reconnues qu’en fonction de leur pertinence, de leur précision, de leur politesse, de leur humour, de leur positivité, de leur qualité d’écoute et de présence, et surtout de leurs arguments ! Car l’argument d’autorité ne fait plus autorité et l’autorité se gagne aujourd'hui par tous ces éléments ».


Une lecture que ne renierait un autre twitto catho installé depuis l'an passé à Rome, un certain @pontifex.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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