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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 22:40

Jusqu'alors le numéro deux du Vatican, Mgr Pietro Parolin, nommé le 16 décembre dernier, avait été fort discret. Après quelques soucis de santé ayant retardé sa prise de fonction le15 octobre, il a du potasser ses dossiers avant de s'épancher dans la presse.


Peut-être a-t-il craint de ne servir que de l'eau tiède après les interventions parfois tonitruantes de son patron. Sans doute attend-il de porter le chapeau de cardinal qui en fera le 22 février l'égal statutaire des grands pontes de la Curie dont il est le chef.


Mgr Parolin a donné le 7 février, une longue interview dans l'Avennire, le quotidien de l'épiscopat italien. Son intervention est largement présentée par le vaticaniste Andréa Tornielli, dans un article disponible en anglais (ici)


Des se longues considérations diplomatiques (Proche-Orient, Chine), on retiendra sa définition des objectifs du Saint Siège : « bâtir des ponts pour promouvoir le dialogue et utiliser la négociation comme moyen de résolutions des conflits, amener de la fraternité, combattre la pauvreté et construire la paix. Le pape n'a pas d'autres intérêts ou stratégies ».


La défense de la situation des communautés chrétiennes n’apparaît pas dans cette énumération. Les fidèles du Christ sont, aux yeux du Secrétaire d’État, une population à protéger au titre de leur commune humanité, comme les autres. Une idée que l'on verra à l’œuvre très prochainement avec la visite du pape François en mai en Israël, Palestine et Jordanie.


Sur la polémique autour du prétendu – et surréaliste - « marxisme » papal, Pietro Parolin s'en sort plutôt bien : « Comment désapprouver l'avis du pape quand il dit que l'argent doit servir et non gouverner ?»


L'autre dossier sur lequel le numéro deux du Vatican est attendu est bien évidemment celui de la réforme de la Curie, dont il doit assurer la coordination. Difficile de voir la moindre nuance avec le discours de son patron. I souhaite un gouverment « moins bureaucratique, plus efficace au service du pape, des évêques, de l'Eglise universelle et des Églises locales ». On appréciera de voir apparaître ces dernières dans la liste, tant les incompréhensions sont parfois criantes entre le terrain et l’État-major.


Déplorant le jugement expéditif subi par la Curie, il reconnaît, en utilisant désormais le « nus », que ses agents doivent : « travailler vraiment dur afin d'être plus humains, plus accueillants, plus évangéliques comme François le souhaite ». Il faudra donc se relever les manches. Le temps où il suffisait d'être dans les petits papier du cardinal Bertone, prédécesseur de Mgr Parolin, pour occuper un joli poste est bien révolu.


On verra à l'usage si la nouvelle doctrine interne s'impose au sein d'une administration forcément rétive à être bousculée. Le pape compte sur son lui.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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