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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 14:31

Le monde politique français a connu dimanche ce que les catholiques du monde entier ont vécu le 11 février 2003. Le retrait public de Jean-Louis Borloo a rappelé l'annonce surprise de la démission de Benoît XVI (on retrouvera ici mes réflexions d'alors). Comme l'an passé, les médias ont sorti leurs nécrologies, en y ajoutant une petite question : « Jean-Louis Borloo va-t-il revenir ? ». En 2013, le sujet était « que va devenir l'ex-pape ? »


Il sera difficile d'établir de véritables comparaisons. Le dirigeant de UDI a appartenu à presque toute les formations politiques de droite, sans oublier "Génération Écologie", quand le prêtre bavarois est demeuré fidèle à la même équipe. Ratzinger a vécu modestement au milieu de ses livres quand l'avocat parisien gagnait des fortunes. Et à 63 ans, Jean-Louis Borloo est bien plus jeune que le pape démissionnaire.


Ce qui est étonnant... c'est l'étonnement que ces décisions suscitent. Pourtant Jean-Louis Borloo était malade depuis plusieurs mois et Joseph Ratzinger, âgé et accablé de soucis. Les carrières ecclésiastique comme politique ont en commun, pour l'opinion, de ne devoir s'éteindre que par la mort ou la disgrâce.


Pour les élus, il est, semble-t-il, fort difficile de renoncer à la gloire et au pouvoir. Le quatrième mandat que vient d'entamer Jean-Claude Gaudin, 74 ans, à Marseille en est un bel exemple. Les choix de François Léotard et de Claude Évin sont exceptionnels.


Quand aux prêtres, ordonnés pour la vie, leur temps du service ne s'éteint que tard, à 75 ans. Un âge que certains voulaient repousser pour certains postes à Rome, exigeants moins d'efforts physiques qu'une responsabilité diocésaine. De fait, la limite est fréquemment dépassée, notamment en temps de pénurie de bras. Le retrait pour faire place aux autres générations devrait pourtant être la règle.


Au sommet de l'Église, la jurisprudence Ratzinger fera sans doute des émules et le statut de « pape émérite » ne sera plus une curiosité dans quelques décennies. A fortiori avec un successeur jésuite, qui sait que dans les ordres religieux, un responsable est élu pour une période donnée et retourne ensuite dans le rang, sans sentiment de déchéance. Pour l'heure, l'Église est tenu de confier à un évêque un poste correspondant à sa dignité jusqu'à ses 75 ans. Ce qui pose des soucis en cas d'erreur de casting ou d'incapacité pour des grandes figures de l'administration romaine à administrer un diocèse dans leur pays.


Dans ce domaine donc, l'Église catholique, souvent qualifiée à raison de gérontocratie (lire ici un billet précédent sur la question), peut donner l'exemple à un monde politique dans lequel certains s'accrochent jusqu'au dernier souffle à un hochet et à quelques indemnités. Lors des débats français sur le cumul des mandats, la limite d'âge est rarement évoquée. Dans mon département d'origine, un élu – je n'ose donner son nom – est parlementaire depuis 1968 (l'année de ma naissance), député puis sénateur !


Nous souhaitons longue vie à Jean-Louis et Joseph et présentons nos vœux de réussites à leurs successeurs.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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