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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 20:09

Quel est donc le secret de la popularité de François ? Comment donc l'argentin Bergoglio a-t-il faire sortir l'Eglise cathodique du chapitre des scandales et de la déprime pour la rendre à nouveau désirable ? Comment expliquer qu'un journal hebdomadaire entièrement à sa gloire Il mio papa (Mon pape) ait vu le jour cette année ?


Quelques jours passés à Rome, à l'occasion d'un voyage d'études de l'Association des journalistes de l'information religieuse , m'ont apporté quelques réponses. La plus évidente est apparue mercredi 2 avril au matin, lors de l'audience général de la place Saint-Pierre. Se retrouvait réunis quelques 50.000 personnes, bien plus que durant la fin du pontificat de Benoît XVI. La litanie interminable des groupes présents indique que l'événement hebdomadaire attire bien au-delà des paroisses, groupes en pèlerinages et écoles catholiques.


Durant son long tour de la Place sur sa jeep ouverte (il refuse le blindage de la papamobile), le pape François ne s'est pas départir de son sourire, s'arrêtant ça et là pour serrant des mains. L'exercice ne lui déplaît pas et paraît faire partir de son « travail » de pape, autant que ses prises de parole. Du reste, quand il aborde sa catéchèse du jour, sur le sacrement de mariage, il ne transforme pas en docteur.


Son texte, bref, tient bien plus de l'homélie de curé de paroisse moyenne que de l'enseignement. A ce titre, il est aux antipodes de son prédécesseur dont les interventions du mercredi formaient un corpus théologiques de haut vol, quasi magistériel. Et inaccessible pour 90% de son auditoire


L'intervention de François (lire ici) ne restera dans aucun manuel. Mais son grand mérite est d'avoir été comprise, même par des piètres italianisants. Les fidèles ont entendu des propos de bon sens ; «Ne pas terminer la journée où vous vous êtes disputés sans faire la paix. Toujours ! Et pour faire la paix, il n’est pas nécessaire d’appeler les Nations unies. Il suffit d’un petit geste, d’une caresse, et salut ! Et à demain ! ». On retrouve l'esprit du devoir de s'asseoir en fin de journée, prôné par le P. Henri Caffarel, fondateur des Équipes Notre-Dame.


Le pape a donné trois mots-clés tout simple pour bien vivre ensemble, applicable bien au-delà du mariage : s'il te plaît, merci, excuse-moi. Et il a fait répéter la foule, ravie : permesso, grazie, scusa.


On dit souvent qu'en rentrant de la messe dominicale, si le fidèle a retenu une idée de l'homélie, le pari du célébrant est gagné. Le pape est donc un bon prêtre. Et c'est déjà beaucoup.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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