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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 19:04

Le 1er mai n'est pas seulement le jour de défilé des syndicalistes et des travailleurs. C'est aussi, pour la quatrième année, l'occasion pour Mgr Hervé Giraud, évêque de Soissons, d'envoyer un message sur le thème du travail à ses fidèles... et autres autres. Son texte s'intitule «Fête du travail...faites du travail »


Cette année, le prélat soucieux, son département affiche un triste taux de chômage à 15%, bien au dessus de la moyenne nationale, a souhaité parlé de l'entreprise. Qu'en sait-il, dira-t-on ? Sans doute plus que beaucoup, car lors de ses visites pastorales, l'évêque les « découvre », selon son mot, dans leur diversité : petites ou grandes, de plasturgie, de transport, d’informatique, de services, des sucreries, scieries, fermes, verreries…


Il y a rencontré tous les acteurs, des salariés aux chefs d'entreprise, en passant par les syndicalistes ou les responsables des ressources humaines. Il a vu « leurs activités et lieux de travail, leurs projets et inquiétudes, leurs luttes communes aussi. »


À quoi bon, peuvent penser ceux qui voient dans l'évêque un simple gestionnaire de la boutique diocésaine ? Conscient de ses limites - « ce n'est pas le rôle premier d’un évêque que de résoudre des questions sociales, économiques ou financières » -, Hervé Giraud propose à l'occasion ses services. « Je souhaite, comme cela est déjà arrivé, faciliter ou rendre possible une parole, une médiation ».


À son échelle, l'évêque est également un acteur économique local. Avec ses 35 salariés, l'association diocésaine connaît aussi « ses soucis financiers, ses tensions, ses questions de formation ou de recrutement, ses retards et ses points d’excellence, ses négociations ». On apprend que des accords collectifs ont été signés, clarifiant sans doute les statuts des salariés laïcs, souvent précaires en milieu ecclésial.


Mgr Giraud rappelle que l’Église n'est pas inactive dans le monde du travail. Depuis le pape Léon XIII (et son encyclique Rerum novarum, publiée en1891). « Les principes qu’elle a développés ont souvent été repris », note avec justesse l'évêque, qui en dresse une belle liste : le respect de la dignité et des droits de la personne humaine, le bien commun et la solidarité, la destination universelle des biens, le principe de subsidiarité qui conserve à chacun sa responsabilité.


Adoptant un ton résolument positif, malgré le marasme, il assure que « chacun doit apporter sa contribution, par des choix éthiques de consommation, de placement de son argent, pour que le nombre des chômeurs diminue. Ce n’est pas hors de notre portée ». Un brin volontariste, il voit dans « chaque entreprise qui se crée, se maintient ou se développe, chaque projet, chaque embauche, une source d’espoir pour beaucoup de familles ».


Selon le pape François, que cite Mgr Giraud, celui qui entreprend doit « servir vraiment le bien commun, par ses efforts de multiplier et rendre plus accessibles à tous les biens de ce monde ». Il n'est pas sûr que tous les investisseurs actuels aient cette horizon en tête. Le pape affirme encore que « la vocation d’entrepreneur est un noble travail ». Arnaud Montebourg ne dirait pas autrement.


Faut-il se laisser convaincre par l'enthousiasme de l'évêque et du pape ? Certains esprit ronchons vont... ronchonner. Mais avons-nous d'autre choix que d'espérer que ceux qui ont quelques sous puissent les faire fructifier au bénéfice de tous ? Non, assurément.



Alors acceptons l'idée que les lendemains seront meilleurs, puisque le gouvernement et les hiérarques catholiques, cette fois en harmonie, nous en font l'augure.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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