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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 12:10

Dimanche 8 juin, le pape François a convié au Vatican les présidents palestinien et israélien Mahmoud Abbas et Shimon Peres. Cette initiative fut une des surprises de son récent voyage en Terre sainte. Annoncé comme d'abord pastoral et donc tourné vers les communautés chrétiennes locales, il fut marqué par des gestes politiques comme ses arrêts imprévus devant le mur de séparation érigé par Israël et devant une stèle à la mémoire des victimes d'attentats à Jérusalem.


L'appel lancé aux deux président à se rendre à Rome est-il politique ? Non, puisqu'il s'agissait de prier et non de parler du conflit entre les deux peuples. On suppose que chacun a invoqué ou interpellé son Dieu, en lui priant d'inspirer au mieux les dirigeants et les peuples pour que cessent violences et souffrances. On notera que dans la plupart des conflits dans le monde aujourd'hui, cette idée de faire prier des chefs d' État apparaîtrait incongrue. Pas en Israël-Palestine.


Dans bien des lieux, prier est au moins aussi utile que l'action politique, si tant est que celle-ci porte une efficacité pratique. Samedi 26 juin, l'Acat (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) organise sa Nuit des veilleurs (voir ici ) pour les victimes de détention et de violences injustifiables. Les militants de cette association œcuménique savent, parce que les principaux intéressés le disent, que l'action spirituelle est aussi importante que les courriers envoyés aux gouvernements pour que cesse l'injustice. Si ces dernières actions ne portent pas toujours de fruits, la prière réchauffe les cœurs dans les cellules à tout coup et rompt quelques instants avec l'insondable solitude du condamné.


Il y a quelques semaines, Témoignage chrétien a publié un témoignage sur la visite d'une délégation de missionnaire protestants français à Bangui (voir ici). Les chrétiens de Centrafrique, comme les musulmans, attendent autant de leurs frères d'Europe une aide matérielle (pour faire face aux déplacements de populations qui s'éternisent), que l'assurance qu'ils prient pour eux. Cette prière de solidarité qui revêt là-bas une importance que nos sociétés – habituées à l'abondance et à la stabilité - ont oublié.


Si François appelle ce jour les deux présidents à prier, ce n'est pas faute de mieux. Ni par ce qu'il n'a aucun mandat pour les amener à parler concrètement d'une solution de paix. On ne saurait non plus y voir un coup médiatique. Le pape a souhaité cette rencontre, aussi curieuse soit-elle dans le contexte actuel d'impasse, car il est sûr qu'elle a été utile aux deux peuples. Autant que les aller-retours du secrétaire d’État américain John Kerry entre Washington, Jérusalem et Ramallah.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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