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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 08:18

Anne Soupa et Christine Pedotti, cofondatrices du Comité de la jupe (ici), puis de la Conférence catholique des baptisés francophones (ici), ont annoncé le 23 octobre leur décision d'entreprendre un jeûne eucharistique jusqu'à la deuxième session du synode des évêques. Elle vont se priver volontairement de recevoir le corps du Christ (1). Pour l'occasion, elle ont le blog communion pour tous (ici).


La bibliste et la romancière-essayiste posent ce geste rare pour « entrer en communion avec tous ceux et celles qui sont exclus de ce repas au motif que leur situation matrimoniale et familiale n’est pas conforme aux règles ». Les deux militantes veulent volontairement partager le sort peu enviable des divorcés-remariés et les homosexuels vivant en couple.


Elle se situent dans une situation évoquée lors du récent synode romain : la « communion de désir ». Celle-ci « consiste à s'unir d'intention à la communion eucharistique sans y participer réellement ». C'est dans cette entre-deux, qu'elles jugent « piètre » quand il est un réponse par défaut, qu'elles se placent désormais.


Le blogueur Meneldil Palantir, animateur des Chroniques ardoriennes (à découvrir ici) et proche des deux rebelles, a choisir de suivre également ce chemin. Il annonce dans son billet du 23 octobre (lire ici) l'intention de se rendre désormais à la messe avec un badge arborant « Communion pour tous » ou bien, son choix n'était alors pas encore fait, « Je suis solidaire des exclus de la communion eucharistiques : homosexuels et divorcés remariés ».


Ceci ne l'empêche pas de s'interroger sur les limites d'un geste assez douloureux spirituellement. « Fort pour les catholiques, et sans doute plus généralement pour les chrétiens pratiquants », un jeûne eucharistique demeure « très vide et inutile à tous les autres ». Mais l'auteur explique que le coup est destiné aux autorités et aux fidèles catholiques. Et que dans ce cadre, il « devrait donc toucher son public ».


« Ce n'est pas en nous privant de la communion qu'on l'accordera davantage à d'autres », remarque le blogueur, qui avance toutefois que le « jeûne est aussi un acte de solidarité avec ceux que l'on affame » ?


La notoriété des instigatrices de cette position, et le réseaux qu'elles représentent, va sans doute provoquer un petit mouvement. Ne s'apparentant pas à une grève de la faim, le geste est non-violent. « Nous ne demandons rien à personne », écrivent Anne Soupa et Christine Pedotti, «sinon à Dieu dans la prière qu’il nous éclaire et fasse connaître ce qui est bon pour son Église ».


Un tel boycott de l'eucharistie ne sera pas massif. Mais il témoigne d'une volonté clair de peser dans l'année qui vient. Puisque désormais les réflexions des évêques réunis durant 15 jours à Rome doivent être débattues dans les Églises locales, tout le monde a son mot à dire. Pas seulement les évêques et prêtres.


(1) Le terme de jeûne eucharistique était employé jadis pour exiger de se présenter à jeun pour communier à la messe dominicale.

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commentaires

Maïeul 04/11/2014 13:20

Je m'étais moi même posé la question d'un jeûne eucharistique lors du débat sur la mariage pour tous, mais dans une autre perspective. L'eucharistie étant aussi le signe de la communion ecclésiale, pouvais-je légitimement me mettre en communion avec des personnes dont les discours et les raisonnements étaient (et sont encore) nauséabonds et peu conformes à la Bonne Nouvelle Évangélique (pléonasme !)? Seule la présence de quelques personnes avec qui j'ai eu par le passé des communions sincères m'ont fait renoncer à ce choix de jeûne.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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