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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 12:35

Samedi 11 octobre, a été organisée au Mans une messe des services publics (voir l'affiche ici), à l'initiative de l'évêque Mgr Yves Le Saux. Sur l'affiche, on peut voir quatre professionnels : un professeur de lycée, une gardienne de la paix, une infirmière à l'hôpital et un chargé d'opération de construction du Conseil général


Le service public et ses agents ont-ils besoin de la sollicitude des autorités catholiques ? Bien sûr, autant que d'autres corps de métiers. L'archevêque de Paris préside bien chaque année une messe des responsables politiques (voir ici). Certaines corporations médicales (médecins, pharmaciens) ou juridiques (avocat, policiers) disposent d'associations de professionnels catholiques et organisent des offices spécifiques.


L’Église doit-elle faire montre d'une tendresse particulière pour le service public? Oui, puisqu'à sa manière, elle en est un. Elle partage avec lui l'universalité et la gratuité. Les pauvres savent bien qu'en dernier ressort, ils pourront toujours pousser la porte d'un service social et/ou d'un presbytère.


L’Église et le service publique se confrontent ensemble à la difficulté de vivre dans une société en crise et dans laquelle la notion du collectif est en péril. L'idée de mutualiser un certain nombre d'offres basiques à l'humanité (soin, éducation, sécurité, eau) recule sous le poids des déficits des caisses publiques et de l'attrait du libéralisme cher aux anglo-saxons. L'idée de diminuer le poids de l’État – et donc des services publics – est à la mode, et pas uniquement dans les têtes de droite.


Le catholicisme doit se rappeler qu'il a inventé, en France et sans doute ailleurs, l'essentiel des grands services publics : les écoles gratuites, les hospices pour les pauvres, la mutualité. Aujourd'hui, l'Église, qui met en avant, dans sa présence pastorale le terme de « service », doit être aux cotés des agents qui perpétuent cette tradition.


Si les relations entre ces deux piliers de la société français sont parfois tendues au sommet, du fait d'un anticléricalisme dépassé toujours bien présent notamment dans les syndicats fort dans le secteur public (CGT, FO), il est est bien autrement au niveau local.


Les associations caritatives chrétiennes (Secours catholique, Saint-Vincent de Paul...) travaillent main dans la main avec les assistantes sociales pour toujours mieux « servir » les plus faibles. Des deux côtés, on connaît les dégâts de désinvestissement financier de l’État ou des collectivités locales dans l'aide social.


Et l' « hôpital de campagne », métaphore utilisée par le pape François comme visage qu'il veut donner à l'Église catholique, est bien une offre de « service public », agissant avec, et jamais en concurrence, avec l'autorité civil qui en a la charge.


On peut souhaiter que dans tous les diocèses, on dise des messes pour le service public, pour ses agents et pour son travail... évangélique.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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