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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 15:07

Jadis, seuls les communistes invétérés et les laïcards impénitents refusaient de passer par l'église à l'heure de quitter ce monde. Ils avaient à leur côté des camarades brillants orateurs capables de prendre la parole devant la famille et les amis, assurant une forme de rituel et concurrençant celui du curé.


Mais aujourd'hui, pour nombre de personnes à l'approche du trépas, les obsèques religieuses n'ont quasiment aucun sens, ni pour elles, ni pour leurs proches. Et beaucoup de familles se rapprochent de l’Église par défaut. Le goupillon ou rien, dès lors qu'un minimum de rituel et de mots sont nécessaires pour vivre au mieux l'entrée dans le deuil. Les équipes paroissiales sont parfaitement formés pour prendre en compte ces demandes de sacrés aux contenus religieux très variables.


Constatant que seules des entreprises privées de pompes funèbres offrent une alternative satisfaisante aux cultes, le groupe socialiste à l'Assemblée nationale a déposé le 10 décembre une proposition de loi. « Les familles confrontées au deuil sollicitent de plus en plus les mairies pour l'organisation de cérémonies civiles. Les citoyens qui ne se réclament d'aucune religion se trouvent démunis et attendent de notre République qu'elle leur offre des perspectives pour accompagner leurs morts», écrivent les élus pour lesquels « la République française se doit de prendre en charge, comme elle le fait pour les naissances, les mariages, voire même les parrainages civils, un rite propre pour commémorer la mort de ses citoyens ».


Actuellement, les mairies sollicitées en pareil circonstance peuvent mettre à disposition des familles des locaux municipaux. Elle n'y sont pas tenues. Les députés socialistes veulent les y contraindre et aller plus loin. Chaque municipalité devra « être en capacité d'intervenir pour assurer un moment de recueillement auprès du défunt, même en l'absence de cérémonie religieuse », demandent-ils, en précisant que cet acte devra être gratuit.


On devine la contrainte pour les communes qui vont devoir former des officiants, sans doute le maire et les conseillers municipaux, et organiser ce service, de la même manière que les mariages. Mais avec des délais très brefs.


L’Église catholique qui assure se service pour ses ouailles depuis toujours, doit regarder cette proposition du législateur avec grand intérêt. Son expérience sera grandement utile à la réflexion autour de cette loi possible. Nombres d'accompagnateurs de funérailles catholiques, laïcs en grandes majorité, souhaitent que cette autre voie s'ouvre. Pas seulement pour diminuer les demandes qu'ils ont parfois du mal à gérer. Mais surtout pour répondre au plus juste à la demande des familles.


On notera comme un pied de pied que le regard de La Croix sur le sujet - « Les députés socialistes veulent instaurer des cérémonies de funérailles « civiles ou laïques » (à lire ici si l'on est abonné à Urbi et Orbi)- est nettement plus posé que celle du Figaro pour qui « Le PS veut pousser les mairies à proposer des funérailles gratuites et laïques » (lire ici ).

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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