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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 12:45

A l'heure où le nombre des régions françaises est appelé à diminuer, la question peut s se poser pour les diocèses du pays. Du mois, elle devrait se poser en haut-lieu, à observer la faiblesse numériques de fidèles comme de cadres dans certaines zones.


Pour me moment, l’Église de France préfère voir tout en rose et se réjouit de la mutualisation croissante entre certains diocèses voisins. Ainsi, un article de La Croix du 19 janvier (voir ici) évoque la fructueuse collaboration entre ceux de Valence (Drôme) et de Viviers (Ardèche). Pour preuve, il existe désormais un service interdiocésain, celui des pèlerinages, pour les 500.00 Drômois (dont 58% de catholiques) et 320.000 Ardéchois (baptisés à 88%). Les équipes de formation, encore distinctes, travaillent ensemble, peut-on lire.


De nombreux mouvement jouent déjà la carte de l'union Drôme-Ardèche : les Associations familiales catholiques, les Équipes Notre-Dame, les Centres de préparation au mariage, mais aussi l'ACI, l' ACO, la JOC, les Scouts et Guides de France ou encore le Secours catholique.


Le journaliste du quotidien catholique n'a pas pu s’empêcher d'évoquer la « rumeur » d'une fusion. Le mot qui fâche. « Une ineptie », répond le P. Michel Martin, vicaire général du diocèse de Viviers. Avec ses 42 prêtres en activité, aidés par 14 diacres, pour faire vivre 24 paroisses, la communauté ardéchoise doit pourtant connaître bien des difficultés pour faire fonctionner toutes les structures nécessaires.


Cité dans le même article, le secrétaire général de la Conférence des évêques de France, le P. Olivier Ribadeau-Dumas positive, en parlant de « mutualisation des forces » et de « partage d’expériences ». Pour lui, il s'agit d'un mouvement « naturel », encouragé par l'épiscopat. Pas question pour autant d'avouer sa faiblesse en renonçant au découpage historique du pays.


Cela fait pourtant plusieurs décennies que la structuration paroissiale séculaire a vécu, faute de curés pour occuper chaque presbytère et desservir chaque clocher dans l'immense majorité des diocèses de France. Le nom même de certains d'entre – citons Bordeaux-Bazas, Bayonne-Lescar-Oloron, Perpignan-Elne.. - prouve que par le passé, on a su regrouper des entités. Et la formation des séminaristes comme des diacres permanents est depuis longtemps proposée au nom de la province.


L'exemple peut venir de l'étranger. La très riche Église d'Italie est décidée à franchir le pas de la suppression de diocèses. Il faut dire que la péninsule en compte aujourd’hui 236 diocèses, contre une centaine en France, pour une population plus faible que la notre. Ils pourraient n'être plus que 200 très prochainement.


Selon Il Fatto quotidiano, cité par La Croix (lire ici) l'épiscopat transalpin s’apprête notamment à faire disparaître le prestigieux diocèse d’Assise (86.000 habitants en 2012). Fondé au XIIe siècle, le diocèse d’Ischia, un île au large de Naples de 46 km carré, peuplé par 62.000 habitants et fort d'une trentaine de prêtres (!), est aussi menacé.


Le principe de réalité finira pour s'imposer en France. Mieux vaut s'y préparer maintenant, au risque de devoir réunir demain des coquilles presque vides.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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