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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 06:45

Dans tous les diocèses de France, on potasse en vue du second synode romain sur la famille. Et le débat fait rage entre ceux qui demandent un changement de pratique pastorale pour les divorcés-remariés qui veulent recevoir les sacrements et les tenants du maintien de l'interdit actuel.


En Allemagne, les évêques ont carrément annoncé que, quels que soient les fruits les rendez-vous des évêques en octobre et les conclusions tirées par le pape ensuite, il publieront leur propre document (lire ici pour ales abonnés à "Urbi et orbi"). En France, on ne trouve pas encore de tels frondeurs. Mais certains prélats font passer des messages.


C'est le cas de Mgr Dominique Lebrun, évêque de Saint-Étienne, qui n'a jamais caché son style original. Et pas seulement en se promenant pied nu dans ses sandales, pleuve que vente (ou que neige, ce qui est fréquent dans sa région d'adoption). Ainsi, il lui est arrivé par le passé d'organiser des rassemblements diocésains sans les conclure par une eucharistie. Ou de chercher de nouveaux modes d'organisation pastorale que le quadrillage paroissial.


Le 20 mars, l'évêque a convié « les personnes divorcées vivant une nouvelle union » pour une soirée. Celle-ci avait pour objectif de « préparer son cœur pour la belle célébration autour de l’Évangile de Jésus », prévu samedi 4 juillet.


Le contenu de la lettre d'invitation (lire ici le texte intégral) est assez éclairant sur l'état d'esprit de Mgr Lebrun. A celles et ceux qui ont connu « la joie du mariage puis le drame de la séparation », l’Église de Saint-Étienne – l'évêque cite les prêtres, les diacres et les laïcs au service des paroisses - , essaye « de la manière la moins maladroite », de « manifester (son) amitié ». Une position de modestie et d'imperfection qui va plaire à celles et ceux qui fustigent souvent l’Église catholique pour son manque d'humanité.


« L’Église vous paraît, souvent, sévère, trop sévère. Beaucoup sont dans votre situation et sont éloignés de toute pratique religieuse », écrit l'évêque qui décrit ensuite les attitudes possibles des fidèles concernées : la demande d'une célébration pour une nouvelle union, la reconnaissance de la réalité vécue, ou la fidélité aux époux et épouses, bien que séparés.


Sa sollicitude pastorale va à « ceux et celles qui vivent une nouvelle union ». Il leur affirme : « vous n’êtes pas rejetés. Cela peut être difficile à croire sachant que vous n’avez pas accès à d’autres sacrements que votre baptême et votre confirmation ».


Et c'est pourquoi Mgr Lebrun et ses collaborateurs ont imaginé pour juillet une « belle célébration », dont il trace les contours. Elle se tiendra autour de l’Évangile de Jésus, souvent plus tendre que le Magistère de l’Église. « Nous rendrons grâce à Dieu pour tout ce qui est beau dans votre vie actuelle, y compris au sein de votre nouvelle union. Nous accueillerons la bénédiction du Seigneur. Confiant dans la miséricorde de Dieu, nous pourrons aussi demander pardon pour ce qui obscurcit notre chemin de vie, de foi et d’amour ».


Un rituel qui s'approche de la démarche pénitentielle vécue par certaines Églises orthodoxes en prélude à une reconnaissance religieuse d'une seconde union. On sait que cette hypothèse d'évolution portée par une aile du collège des Cardinaux comme l'allemand Karl Lehmann, bénéficie de la bienveillance du pape. Sans être la seule.


A défaut d'obtenir ce dont ils et elles rêvent, les divorcé(e)-remarié(e)s catholiques de la Loire se voient proposés une occasion de reconnaissance. Ils sont aujourd'hui en droit de se sentir pleinement dans la communauté et dans le cœur de l’Église. Espérons que, profitant des réflexions préparatoires au Synode romain, d'autres diocèses oseront des gestes de cette nature.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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