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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 17:26

Rarement un document papal aura été aussi attendu et scruté que l'encyclique sur l'écologie, dévoilée le 18 juin. Comme annoncé, elle s'intitulera « Laudato si » (Loué sois-tu) et aura pour objet « le soin de notre humanité commune », selon la salle de presse du Saint-Siège.


Le document sera présenté à la presse le 18 juin à 11h. La liste des intervenants à cette rencontre dit beaucoup sur la nature et l'ambition du projet du pape, lequel comme de tradition, ne sera pas présent.


Trois personnes s'exprimeront devant les médias. Le premier était attendu : le Cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, organisme romain qui porte le dossier écologie.


Le second peut surprendre davantage, car il ne s'agit pas d'un hiérarque catholique, mais d'un chrétien orthodoxe. Le Métropolite Jean de Pergame parlera, précise le communiqué, « au nom du Patriarche œcuménique et de l’Église orthodoxe ». L'environnement est un domaine dans lequel la coopération œcuménique est la plus forte et il n'est pas si baroque d'entendre le Métropolite défendre le document papal.


Du troisième intervenant, on ne connaît pas la croyance. Et on s'en fiche, puisque le Professeur John Schellnhuber parlera en tant que scientifique. Il est le fondateur et directeur du Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung (Institut Potsdam pour les recherches sur les impacts climatiques, PIK), organisme financé par l’État allemand qui fait autorité dans les domaines du changement climatique, de ses impacts et du développement durable.


Le travail interdisciplinaire du PIK, mêlant sciences naturelles et sociales, fournit un expertise prisée par les plus grands organismes, telle la Commission européenne. Sur le site de la Banque mondiale, peu suspecte d'être un repère d'écologistes d'extrême-gauche, on peut lire une note sur une série de rapports du PIK « Baissons la chaleur », en 2012, 2013 et 2014 (à lire ici).


On le voit, le PIK se situe clairement dans la ligne du Giec, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), pour qui la responsabilité humaine dans les évolutions climatiques est indiscutable. Un thèse que défendait déjà en 2000, un certain Jean Paul II dans son Message pour la journée de la paix.


En donnant la parole à un scientifique ainsi engagé, le pape François ne fait que réaffirmer la position de l’Église. Mais il heurte, entre autres, les conservateurs américains, majoritairement climato-sceptiques.


Ainsi Rick Santorum, lancé dans la course à l'investiture républicaine pour la Maison-Blanche, a déclaré dernièrement qu'il aimait le pape François mais que celui-ci devait « laisser la science aux scientifiques » (lire ici l’article, en anglais, publié sur le site Huffington Post. Le très catholique candidat a rappelé que l’Église s'était trompée par le passé sur les questions de science, ce qui est la réalité, et devait donc se concentrer sur ses domaines de compétence « la théologie et la morale ».


La réponse du pape est claire : il s'occupe de science et il s'appuie pour cela sur des spécialistes. En septembre prochain, François prendra la parole devant le Congrès des États-Unis, dominé par les Républicains. On peut être sûr du réchaufement du climat... dans la salle.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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