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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 22:42

Et si l’Église catholique était une des dernières autorités à croire et à défendre le politique ? A lire les textes épiscopaux, notamment en période électorale, le jeu politique et la représentation démocratique demeurent chères à nos évêques. Tandis qu'une partie non négligeable de la population semble ne plus rien en attendre.


Une nouvelle marque de cette affection portée par les dirigeants catholiques de France apparaît dans le thème du prochain colloque de l'Observatoire « Culture et foi » de la Conférence des évêques de France.


Disons un mot de cette instance épiscopale méconnue. Successeur a minima du regretté Service national Incroyance-Foi (voir ici un article historique sur la question ), l'organisme est dirigé par Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers. On ne peut que déplorer le peu de rayonnement de cet Observatoire. Le caractère squelettique de la page dédiée sur le site internet de l'épiscopat (voir ici) en donne le meilleur exemple.


Sans moyen réel, l'Observatoire a mission de « scruter les relations entre la foi et les expressions de la culture » et produit, à destination des évêques, des notices de films, de livres ou de spectacles. On en retrouve certaines en ligne (à retrouver ici). Il organise également chaque automne une journée de colloque à Paris, dont les actes sont ensuite publiés par les éditions « Parole et silence ». La rencontre de novembre 2014 s'intitulait :« Sauver la création. Écologie, enjeu spirituel ».


Le 6e colloque, prévu samedi 28 novembre à la Maison des évêques de France, avenue de Breteuil, abordera la question : « Le désenchantement du politique est-il irréversible ? » On pourra entendre Marcel Gauchet, grand maître es désenchantement, Pierre Manent, dont le dernier essai « Situation de la France » (éd. DDB) fait grand bruit chez les catholiques, ou encore Blandine Kriegel. Du côté des ecclésiastiques, figurent au programme Matthieu Rougé, ancien « aumônier des parlementaires » ou Henri-Jérôme Gagey, professeur à la Catho de Paris et auteur d'un essai très vivifiant « Les ressources de la foi », paru en janvier aux éd. Salvator (voir ici).


« Sans doute n’avons-nous pas fait le deuil du « village » dont les Français pensent être issus – ce village où tout le monde se connaissait, écrit Mgr Wintzer dans la présentation de la journée (à lire ici). Or on ne vit plus dans une société de ruralité mais dans un monde globalisé. Il ne suffit plus d’être trois au quatre pour être d’accord, il faut des accords internationaux, complexes, pour répondre à des problèmes internationaux. Cela ne retire rien au politique mais certaines de ses dimensions ne sont plus immédiatement perceptibles ».


Pour expliquer ce désamour des Français pour le politique, seront sans doute évoquées la crise globale des autorités, ainsi que la perte de vitesse des combats collectifs au profit des quêtes individuelles.


Deux périls dont l’Église catholique, comme toutes les institutions anciennes, ont à souffrir. Ce qui peut faire penser qu'en défendant la chose politique, et par derrière la démocratie mise à mal ces derniers jour, les initiateurs du colloque peuvent esquisser des pistes de relégitimation... du discours catholique.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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