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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 16:20

Cathorêve ne dit pas du mal que de l'institution Église catholique. Il en dit aussi de ceux pi cemmes qui disent « mal » du mal de l'Église catholique. Dans cette catégorie fournie, on trouve des intellectuel-le)s de gauche, dont la militante féministe Caroline Fourest est une figure éminente. Je respecte nombre de ses combats, mais face au catholicisme, elle fait souvent fausse route.


L'essayiste a réagi à une décision juridique sur l'éternelle (et bien secondaire) polémique sur les crèches de Noël installées dans les bâtiments administratifs publics. Un avis récent du rapporteur public du Conseil d'État indique que leur installation n'était pas contraire à la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État. Et ce à trois conditions : une présence "temporaire", aucun "prosélytisme religieux" et une manifestation "culturelle ou au moins festive" (voir ici l'article de Paris Match).


Caroline Fourest a réagi de façon pour le moins nuancée à cette information. Dans un message sur Twitter, la chroniqueuse de France Culture écrit : "Attention à cet accommodement avec l'art.28 de 1905. Oui aux crèches culturelles mais sans Jésus en mairie" (voir le message ici). Tous les mots méritent explication.


Le terme "accomodemment" renvoie au concept d'"accomodemment raisonnable" utilisé au Québec pour justifier une certaine tolérance de l'Etat à certaines demandes religieuses, afin de calmer certaines revendications et de faire baisser les tensions interculturelles (voir ici une présentation sur wikipedia). Une façon de procéder que condamnent, en France, nombres d'observateurs attachés à une laïcité stricte, qui ne négocie pas.


Notre essayiste accepte les "crèches culturelles". Quesaco ? Veut-elle que l'évènement représenté soit certifié sans trace de christianisme, ne garde aucune trace de l'histoire que racontent les évangélistes, ni de la dévotion des chrétiens depuis 20 siècles ? On se demande à quoi peut ressembler cette crèche.


On aimerait bien savoir comment Mme Fourest définit dans ce cadre l'adjectif "culturel". Peut-on tronquer un élément majeur d'un objet culturel pour peu qu'il nous incommode ? À ce compte, pour ne pas déplaire aux personnes choquées par les violences napoléoniennes, on pourrait montrer les tableaux de David sans images de l'Empereur. Les systèmes politiques dans lesquels on a sciemment enlevé un personnage des tableaux ou des photos n'ont jamais brillé par leur sens de la démocratie.


Caroline Fourest tolère donc, "en mairie", une crèche "sans Jésus". Comme celles que l'on prépare début décembre dans les foyers chrétiens, en posant solennellement Marie, Joseph, l'âne, le boeuf, tous tournés vers une place vide. L'endroit de l'attente, de l'Avent, elle le voit bien définitivement vide. Pour elle, la beauté de Marie, la présence bienveillante du barbu Joseph et les bêtes suffisent à justifier la tradition de la crèche.


Que l'Église catholique soit comptable, au long de son histoire, des pires turpitudes et des alliances funestes avec les pouvoirs politiques les plus détestables, tout le monde en convient. De là à penser que la République laïque ne peut, laïcité oblige, montrer le Petit Jésus emmailloté...

 

 

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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