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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 22:12

Les travaux au Saint-Sépulcre de Jérusalem, menés depuis la semaine dernière, font fantasmer tout le monde. Le Canard enchaîné, toujours prompt à pourfendre les institutions religieuses, en parle à la une de son édition du mercredi 5 novembre.


Après avoir noté que le tombeau était bien vide, l'hebdomadaire satirique ne peut s'empêcher de ricaner : "que se serait-il passé si on avait trouvé des ossements ? Et pire peut-être un squelette... de femme ?" On ne se refait pas.


Plus loin, le journaliste Frédéric Pagès cite Marie-Armelle Beaulieu, rédactrice en chef de Terre sainte magazine, qui racontait au Parisien (édition du 30 octobre, voir l'article ici) que "pour la première fois, grâce aux techniques modernes, la science va peut-être pouvoir valider si c'est le bon endroit ou pas".


En lançant : "Les fidèles auraient-ils été enfumés pendant vingt siècles ?", le Canard enchainé fait fausse route en nous servant la vieille et stérile opposition entre vérités scientifiques et pratiques de croyants.


"Cela fait 1700 ans que les chrétiens viennent se recueillir sur cette tombe", affirme Marie-Armelle Beaulieu dans l'entretien au Parisien que reprend le Canard. Là est la phrase majeure, celle qui donne la clé de compréhension de toute la piété populaire. En matière de dévotion, ce qui compte, ce qui fait sens hier comme aujourd'hui, n'est pas la vérité, mais la trace historique.


Tout pèlerin marche sur les pas de ses devanciers, de ces foules qui depuis des siècles arpentent les chemins de Jérusalem, de Compostelle (qui croit encore à l'histoire du tombeau de saint Jacques sur les côtes espagnoles ?), du Mont-Saint-Michel ou d'ailleurs. Que gagne-t-on à savoir si le lieu vénéré depuis toujours est le site attesté par le carbone 14 ?


On pourrait dépasser cet écueil par un meilleur usage du vocabulaire. Pour cela, je suggère de réserver le mot de vérité à l'un des deux camps en présence. Les religions pourraient abandonner ce terme à la science (laquelle a fait évoluer la vérité et continuera à le faire). En prônant ceci, je vais faire sursauter Benoît XVI, assidu à mon blog dans son couvent du Vatican, lui qui à mis la vérité au coeur de son oeuvre théologique pontificale.


Les catholiques – je ne m'avancerai pas pour les autres – pourraient utiliser pour leur part le vocable de conviction. Dans notre cas, ils peuvent affirmer leur conviction, appuyée sur la foi et sur la Tradition, que le Saint-Sépulcre actuel est bien le lieu du passage du corps supplicié et sans vie de Jésus, avant sa Résurrection.


Ainsi, les fidèles pourront laisser avec sérénité aux archéologues le soin de quérir une éventuelle vérité. Celle-ci, qui ne manquera pas d'intérêt pour la connaissance universelle, n'aura aucune influence sur la foi et la soif de pèlerinage.


Si, ce dont je ne peux douter, ma proposition est retenue en haut lieu, le Canard enchaîné ne pourra plus, à l'avenir, persifler en écrivant :"Si la caverne sacrée n'est qu'une vulgaire taverne, gare à la fuite des croyants hors de l'Église !"

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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