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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 06:25

Pour la Pentecôte, La Croix consacre traditionnellement un sujet à l’Église de France. Cette année, le quotidien catholique a commandé un sondage sur l'image des prêtres. On peut trouver ici  l'article de présentation et sur cet autre lien les résultats exhaustifs de l'enquête de l'Ifop.

 

Les prêtres sont vus comme « proche des autres hommes » par 71 % des Français (4 points de plus qu'en 1993, date de la dernière étude. Ils sont perçus comme « disponibles » à 76 %, mais aussi « dignes de confiance » (68 %).

 

Certains observateurs expriment leur étonnement devant ces chiffres. "Surprise, les prêtres ont une image très positive", se félicite le blogueur Koz (lire son billet ici). "Malgré le discours ambiant et une chasuble surprenante, les prêtres sont appréciés", s'amuse l'avocat.

 

Comment donc, malgré la sécularisation galopante et les scandales touchant le monde catholique, la figure du prêtre peut-elle rester populaire ? Tentons des explications.

 

On préfère toujours un soldat à son armée. Les mêmes qui critiquent la lenteur de La Poste apprécient leur facteur. Et ceux qui pestent contre le mammouth Éducation nationale peuvent tous évoquer la mémoire d'un instituteur charismatique ou un professeur qui les a marqués. Il en est de même pour l’Église catholique. Pour les anciens éloignés de l’Église, le souvenir de prêtres croisés dans leur jeunesse, époque ou ils étaient omniprésents (écoles, patronages, santé), demeure positif.

 

Nombre de personnes ne côtoient désormais les prêtres que dans des occasions particulières, émotionnellement fortes : mariage, décès, préparation d'un sacrement... Conscient que ces rencontres restent des occasions rares pour tenir une parole chrétienne, ou à minima de l'ordre du sens, le prêtre s'y montre sous son meilleur jour.

 

Lors de tes échanges, le demandeur rencontre un homme qui occupe une fonction, et non l'institution Église et toute ses lourdeurs. Les règles et doctrines, si elles ne quittent pas l'esprit du prêtre, passent derrière l'histoire de la personne et sa demande.

 

C'est cette figure du prêtre qui demeure populaire à une population qui n'en demande pas plus. Et qui, et la bonne nouvelle est bien ici, ne lui fait pas payer les horreurs d'une minorité de ses confrères et la lenteur de réaction de ses supérieurs.

 

Dans l'enquête de La Croix, la sociologue Céline Béraud avance l'idée que le prêtre est populaire car, privé d'autorité moral, il ne fait plus peur. Une vision valable pour les plus anciens. Mais qu'en sera-t-il demain quand presque plus personne n'aura connu l'époque de l’Église contrôlant les âmes et les corps ?

 

Il semble illusoire d'envisager des promotions fournies de prêtres ces prochaines années. Aussi, il devient urgent d'étudier comment les autres acteurs catholiques sont vus de nos concitoyens. Je pense aux catéchistes, aux animateurs de funérailles (une majorité d'obsèques religieuses se déroule sans présence de ministre ordonné), aux couples recevant les futurs mariés. Voici un nouvel objet d'étude pour nos sondeurs et un excellent indicateur de l'image nouvelle du catholicisme.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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