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28 avril 2019 7 28 /04 /avril /2019 19:49

Bien des observateurs cathos ont établi un lien entre l'incendie de Notre-Dame et les misères de l’Église catholique de France. Erwan Le Morhedec, anciennement Koz, n'a pas manqué de s'y essayer dans son billet dans La Vie du 24 avril 2019 (à lire ici)

 

Son texte intitulé Nous sommes Notre-Dame rappelle la sombre litanie d'une institution à la dérive. « Avons-nous conscience que nous sommes passés, en un seul mois et demi de carême, par les révélations sur les doubles vies et les doubles discours au Vatican, sur les abus perpétrés contre des religieuses, la veille même du mercredi des Cendres, avant la condamnation du cardinal Barbarin et sa démission refusée ? » N'en jetez plus.

 

L'avocat les caractérise en « autant de coups de boutoir sourds, lourds, opiniâtres contre nos vies de catholiques trop installés peut-être ». Et cette liste funeste a « fini par un brasier ».

 

Dans l'esprit du billettiste, la réponse à la question « Faut-il reconstruire à l’identique ? », ne concerne pas/ l'architecture de la cathédrale. Il attaque la représentation de la figure du prêtre. Celle-ci, est définie comme « tridentine dans trop d’esprits quand le jeudi saint nous le montre serviteur dans le lavement des pieds ». Et, Koz avance une très intéressante innovation liturgique : « ­Faudrait-il introduire ce geste, sinon lors des ordinations, du moins lors des premières messes ? ». Voilà une belle idée, propre à désacraliser les jeunes héros. Et digne de faire adhérer l'avocat le plus célèbre de la cathosphère aux portes de la Conférence des Baptisés.

 

Las, la phrase suivante fait retomber le soufflet révolutionnaire. « La figure du laïc, trop souvent réticent à exercer le sacerdoce commun des baptisés, peut aussi s’affiner. » Remercions Koz d'évoquer la très belle expression du Concile Vatican II : sacerdoce commun des baptisés (SCB). Vaste programme, comme dit. L'autre, Qui a connu autant de succès qu'une proposition de campagne à l'heure d'un bilan de mandat.

 

Donc, le SCB est un fantasme. Et je croyais naïvement que la responsabilité de ce raté relevait en premier lieu de Rome, où depuis Jean Paul II, cette partie du Concile a été remise aux oubliettes. Si le laïc, le plus souvent féminin, ne profite pas du projet conciliaire, c'est sans doute parce qu'il (elle) se contente dans l’allégresse de ce qu'on lui laisse faire : servir les prêtres, fleurir les églises (et les balayer), faire la quête, s'occuper des gamins de la catéchèse... Si le curé est un moderne, on pourra jouter à la liste : proclamer les lectures, donner la communion. Notre laïc est donc réticent à participer à la gouvernance de la paroisse (et du diocèse), ou à faire profiter les fidèles de sa formation théologique et pastorale désormais souvent supérieure à celle du curé.

 

Le débat est lancé. Et notre billettiste a raison de signaler que : « Là encore, le chantier est immense et personne ne peut en décréter la durée. »

 

 

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commentaires

K
Mais je crois, cher Pascal, que nous sommes d'accord aussi sur ton dernier paragraphe, contre tous les pronostics. Ce que, en un espace réduit, j'entends effleurer, c'est que l'absence d'investissement dans ce sacerdoce commun est certes dû en partie au cléricalisme de certains prêtres mais qu'à ce cléricalisme a aussi souvent répondu un consumérisme des laïcs, trop prompts à laisser toute initiative au prêtre, à attendre son signal, son initiative.
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K
Va pour Philippe. Pascal t'allait pas mal non plus, note.
C
Moi, c'est Philippe, cher Erwan. Mon billet ouvre le débat, je suis heureux que l'on puisse échanger sereinement.

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  • : Le blog de cathoreve
  • : Philippe Clanché, journaliste religieux, collaborateur de Nouvelle Cité, Témoignage chrétien, Réforme ou La Vie. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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