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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 14:02

 

Lors du synode des évêques sur la nouvelle évangélisation qui s'est achevé le 28 octobre à Rome, Mgr Claudio Maria Celli, président du Conseil pontifical pour les communications sociales, a logiquement axé son intervention sur son domaine de prédilection.

 

Le prélat italien a évoqué deux éléments de nouveauté à prendre en compte : « le contexte culturel dans lequel nous sommes appelés à annoncer la Bonne Nouvelle » et les « méthodes à utiliser ». Deux évidences qui ne le sont pas pour tous nos prélats.

 

Mgr Celli a exprimé un conviction pleine de lucidité et d'humilité. « Nous sommes habitués à utiliser des textes écrits comme moyen normal de communication. Je ne sais pas si cette forme peut parler aux plus jeunes, habitués à un langage ancré dans la convergence de mots, sons et images ». On ajoutera que les jeunes ne sont pas les seuls à trouver quelque peu indigestes les textes du Saint-Siège, bien souvent longs et d'une richesse difficile à assimiler sans peine.

 

La communication est basée sur un triptyque : message – mode d'émission – réception. Pour l'Église catholique, le message est clairement identifié, et ce depuis deux millénaires. L'intervention de Mgr Celli montre que l'Église réfléchit sur les modes de communication à utiliser, sur leurs formes à privilégier, sur les outils idoines. Et ceci n'a rien de simple dans le tourbillon de l'évolution des moyens techniques..

 

Mais l'Église pense-t-elle suffisamment aux auditeurs, à leurs disponibilité d'esprit et à leurs désirs ? Notre société est en attente de paroles spirituelles. Mais il convient de savoir lesquelles sont réellement audibles. Pour réussir, l'Église doit quitter le vieux réflexe – partagé par bien des institutions - qui consiste à imputer le dysfonctionnement de communication uniquement au récepteur.

 

Guy Aurenche, président du CCFD Terre solidaire, explique sa conception de la communication dans un ouvrage qui vient de paraître, écrit avec son homologue du Secours catholique François Soulage (1). « Vieux réflexe d'avocat : si mon interlocuteur, qu'il s'agisse d'une personne ou d'une assemblée, n'a pas compris mon discours : c'est de ma faute (…) Si mon discours ne passe pas, c'est que je n'ai pas su le faire passer ou que je n'ai pas eu le souci de chercher comment est faite l'oreille de mon interlocuteur ».

 

Et de son propre le cas le militant catholique chevronné glisse à celui de l’Église. « Celle-ci répond trop souvent à des questions qu'on ne lui pose plus. Efforçons nous de chercher de quoi est faite l'oreille, le cœur, les appétits, les attentes des hommes, et des femmes d'aujourd'hui parce que ceux-ci ne sont pas plus mauvais ni moins disponibles, que ceux d'hier, mais leurs oreilles sont 'paramétrées' autrement. »

 

Une posture à méditer pour toux ceux – clercs et laïcs – engagés dans la tache délicate de la communication de la Bonne nouvelle aujourd'hui.

 

  1. Le pari de la fraternité, Guy Aurenche et François Soulage, entretiens avec Aimé Savard, éd. de l'Atelier, 240 p., 22 €.

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commentaires

Paul 30/10/2012 20:07

Philippe, je partage le fond de votre billet.

Il faut cependant être attentif, dans la réflexion sur l'interlocuteur, à ne pas diminuer le message, en supposant que notre interlocuteur incapable est incapable de digérer le message.

David Lerouge l'a illustré dans un billet récent : http://davidlerouge.fr/index.php?post/2012/10/28/Khalil-Gibran-a-ecrit-la-Bible

Cependant, il y a, il est vrai, une pédagogie à penser Cf. 1Co 3,2

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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