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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 21:20

 

Pour une fois dans ce blog, je vais parler de moi et ne dire du mal de personne.

 

Samedi 29 septembre, j'ai participé à une réunion d'anciens amis en Gironde. Nous étions une trentaine, entre 35 et 50 ans, venu(e)s de Paris, Nantes, Barcelone et, en majorité, du Sud-Ouest. Nous avons joué, parlé, bu, mangé, dansé. Nous avons évoqué nos vies, nos familles, nos boulots, nos envies et nos soucis. Et la nuit fut courte.

 

Notre point commun : les camps sous tente organisés dans les Pyrénées par l'Aumônerie catholique de l'Enseignement public de Bordeaux entre 1982 et 1994. Durant douze ans, comme collégiens ou animateurs (étudiants ou jeunes professionnels), souvent les deux à quelques années d'intervalle, nous avons vécu des séjours estivaux inoubliables.

 

A travers les images, sont réapparus les marches en montagne, les jeux, la convivialité, bien sûr mais aussi les temps de réflexion spirituels et les célébrations. Les premières amours également : nombre de couples y sont nés ou s'y sont épanouis.

 

Un quart de siècle après, combien d'entre nous sont des piliers de paroisses ? Une poignée. Beaucoup ne fréquentent guère les églises - certains ne pratiquaient pas non plus à l'époque - ou ne définissent pas comme chrétiens.

 

La n'est pas l'essentiel. Pour la plupart d'entre nous, l'aumônerie de notre jeunesse demeure un des plus grands lieux d’Église de notre existence, quand ce ne fut pas le seul. Toutes et tous, nous savons devoir ces moments fondateurs de nos existences à quelques personnages : un prêtre au charisme flamboyant, des religieuses attentives, des aumôniers laïcs généreux.

 

Ils nous ont appris à devenir adultes en nous confiant des jeunes. Ils nous amenés à nous positionner dans notre foi, balbutiante ou assumée. Ils nous ont aidé à devenir des enseignants, des soignants, des éducateurs, une architecte, un imprimeur, un journaliste ou.... un pilote d'avion. Mais aussi des parents qui nous appliquons à transmettre à nos enfants les valeurs acquises durant ces séjours.

 

Peut-être un visiteur extérieur ce soir-là n'aurait pas perçu le lien spirituel entre nous tous. Pas de croix dans la salle, pas de temps de prière. « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux » dit Matthieu (18, 20). Dieu était présent, bienveillant, tout comme comme notre aumônier, pourtant à 800 km de nous.

 

En regardant les diapositives, nous avons retrouvé des visages et des noms que l'on croyait prisonnier pour toujours dans nos mémoires. Et devant l'image, en aube de célébrant, de celui qui fut le maître spirituel - et l'ami - de beaucoup, l'émotion du groupe était évidente.

 

Sans lui, beaucoup d'entre nous auraient agi comme la majorité de nos contemporains et rejeté une Église catholique qui n'avait pas grand chose à leur dire. Sans lui, vous ne liriez pas ces lignes car ce blog n'existerait pas. Il faut aimer l’Église pour la titiller et cet attachement, je le lui dois en grande partie. Sans cet aumônier, ses collègues et successeurs, je n'aurais pas consacré 20 ans de ma vie professionnelle (octobre 1992 – octobre 2012) à la presse chrétienne.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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