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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 06:35

 

Après deux ans d'existence, la Conférence catholique des Baptisé(e)s de France va élire un Conseil d'administration, histoire d'être en ordre pour les batailles qui s'annoncent.

 

 

Tandis que les catholiques ordinaires se demandent comment vont tourner les négociations périlleuses avec les intégristes de la Fraternité St-Pie X (j'attends de me calmer l'esprit avant de donner ici mon point de vue sur cette affaire), observons un pôle de résistance de l’Église conciliaire : la Conférence catholique des Baptisé(e)s de France (CCBF).

 

Depuis la marche fondatrice d'octobre 2009, des groupes locaux ont vu le jour. Le succès du livre des deux fondatrices Anne Soupa et Christine Pedotti « Les pieds dans le bénitier » (Presses de la Renaissance) - tournée nationale en cours - a prouvé que le projet n'était pas que la lubie d'une poignée de cathos en colère.

 

La CCBF a essuyé de nombreux reproches. Ses détracteurs font remarquer, avec raison, qu'elle demeure groupusculaire et que, dans un rapport de force face aux catholiques à l'aise dans l'institution aujourd'hui et qui font confiance aux autorités, elle ne pèse pas lourd.

 

En interne, le soupçon de népotisme s'est répandu, arguant que le duo Soupa-Pedotti avait la fâcheuse tendance à tout contrôler et tout verrouiller. L'accusation est gênante pour un mouvement qui pointe le manque de démocratie dans l’Église catholique et la confiscation du pouvoir par la caste cléricale. Cette pratique peut pourtant se comprendre. Dans un petit monde plein d'aigreur et de digestion difficile de couleuvres, les fondatrices ont souhaité éviter les dérapages afin de garder toujours le contact avec les rares évêques qui ne leur réservent pas dédain ou désintérêt. Le principe « Ni partir, ni se taire », énoncé dans la charte du mouvement, nécessite une finesse, une diplomatie et une connaissance du monde catholique qui rend les deux dames - connues et influentes dans l'édition et la presse - incontournables pour l'heure.

 

De plus, pour s'imposer médiatiquement et dans l'opinion, la cohérence de propos et l'incarnation (osons le mot) sont nécessaires. Donnons donc quitus au centralisme soupopedottien uniquement pour protéger les débuts de la CCBF et à condition de ne pas s'y complaire.

 

Justement, la phase de lancement achevée, un processus électoral est en court. Samedi 22 septembre à Paris, il sera question lors d'une assemblée générale  d'élire les membres du Conseil d'administration de la Diaconie catholique des baptisés francophones (1), présentée comme « association de soutien et de services » à la CCBF. Adhérents et sympathisants ont reçu un document dans lequel on peut apprécier le pedigree, les intentions et (souvent) la photos des 43 candidats qui se disputeront 24 sièges. On y trouve plus de femmes que d'hommes (sans surprise), un peu plus de retraités que d'actifs (sans commentaire), des femmes au foyer et des médecins, des laïcs ayant des responsabilités pastorales, des « tombés dedans étant petits » et quelques recommençants, des élus locaux, des anciens amis de Jacques Gaillot et un membre de communautés nouvelles...

 

ON peu ttrouver sur le site de la CCBF les résultats du vote et un texte d'Anne Soupa.

 

Il reste donc à espérer que cette instance démocratiquement élue saura gérer les tensions entre ceux qui veulent ferrailler avec nos évêques et ceux qui veulent faire avancer leur cause en douceur et par petites touches.

 

L'immense promesse de la CCBF – cette réforme de l'intérieur, ce ras-le-bol feutré, ce mouvement des « indignés » ferme et serein – sera jugé à sa capacité de grandir et de devenir un jour l’équivalent des structures dont disposent nos voisins wallons (Conseil inter-diocésain des laïcs) ou allemands (Comité central des catholiques allemands). Les dirigeants de ce dernier, qui travaillent en lien avec l'épiscopat national, seront reçus cette semaine par Benoît XVI durant sa visite pastorale. Peut-on rêver demain pareille reconnaissance pour la CCBF ?

 

(1) Était-il nécessaire de reprendre à ce point le jargon institutionnel ? Excepté les protestantes et les exégètes, qui comprend et apprécie la valeur du terme de diaconie ? N'est-ce pas le meilleur (pire) moyen de garder le mouvement dans un élitisme bon teint ? J'arrête...

 

 

 

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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