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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 07:21

 

Le week-end dernier se tenait au Parc floral de Paris-Vincennes la rencontre des Semaines sociales de France. Autour de la question de la démocratie, près de 3000 personnes ont participé à ce qu'il est convenu d'appeler le grand rendez-vous (ou la grand'messe pour les observateurs qui se croient drôles) des catholiques sociaux.

 

Cette nébuleuse se compose de fidèles engagés dans l’Église, socialement cadres et plus, d'un âge avancé (1), politiquement entre le PS et l'UMP, et à l'abri des tentations extrêmes, ce qui n'est plus, hélas, une évidence aujourd'hui. Les Semaines sociales drainent des cathos main-stream.  

 

Durant la journée consacrée aux discours des politiques sur la démocratie, ils ont pu sans souci applaudir les représentants d'Europe Écologie les Verts (Lucile Schmid), du PS (Marie-Sol Touraine) ou de l'UMP (Hervé Mariton), tous comme les candidats François Bayrou et Christine Boutin. On notera que les deux seuls aspirants à l’Élysée venus en personnes sont ceux qui mettent en avant leur foi catholique et assument leur filiation démocrate chrétienne.

 

Il y a une petite dizaine d'années pourtant, les Semaines sociales étaient au bord de l'abysse. Ils n'étaient que quelques centaines à se retrouver à Issy-les-Moulineaux. On prédisait alors le même déclin à l'institution centenaire que celui dont souffre Chrétiens en Forum, le successeur du Forum des Communautés chrétiennes, et dont la courbe de fréquentation est descendante.

 

Preuve du désamour alors des Semaines sociales, les seuls stands présents étaient ceux de la presse (Bayard , La Vie, Témoignage chrétien, France catholique et Réforme). Aujourd'hui, ce week-end de trois jours est l'incontournable lieu d'exposition de tous les mouvements, œuvres et revues catholiques ouverts. Beaucoup d'entre eux cassent leur maigre tirelire et convoquent leurs militants pour s'y montrer. Car le lieu est idéal (et unique) pour communiquer sur ses activités, comme il l'est au congressiste pour savoir ce qui se fait dans la galaxie catho. Pour un exposant habitué, une absence peut être comprise comme un signe de mauvaise santé, voire de disparition.

 

Au-delà de la qualité intellectuelle du plateau (2), les Semaines sociales jouissent de l'effet congrès : ce qui se vit hors des salles de débat est aussi intéressant que les conférences. Des amis de la France entière savent qu'ils vont s'y retrouver et des provinciaux privés de librairies religieuses font le plein sur les tables garnies de La Procure. On peut enfin mettre un visage sur le nom d'un correspondant téléphonique ou électronique. Les plus priants ont l'occasion de passer quelques instants de recueillement avec les frères de Taizé et leurs chants.

 

Le journaliste fait le plein de cartes de visites et d'idées de reportage. On se voit, on se parle, on se découvre, on échange sur ses misères et ses espoirs, on donne des nouvelles des petits-enfants et on jase sur son curé. Peut-être qu'en rentrant chez soi, au-delà du brio de tel orateur, on gardera en mémoire une rencontre personnelle ou le plaisir d'avoir découvert la qualité d'un journal ou la pertinence d'un engagement sur un stand inconnu.

 

Lieu de formation exigeant et pouvant paraître un peu austère, le rendez-vous de novembre a peut-être assuré sa pérennité grâce à son cadre de convivialité unique dans l'agenda catho français.

 

(1) Les jeunes couples avec enfants, on peut le déplorer, ne sont plus disposés comme avant à donner trois jours pour leur formation intellectuelle. Malgré la garderie. Les 25-40 ans rencontrés sont donc des bénévoles, des exposants, des jeunes étrangers venus d'Europe d'Est... ou des séminaristes.

 

(2) Des responsables de communautés religieuses payent la session à leur membres et des séminaires y envoient leurs étudiants.

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commentaires

Vincent Soulage 01/12/2011 09:51

Oui, dur pour de jeunes parents de laisser leurs enfants durant 3 jours entiers. D'autant qu'il n'y a pas que les SSF et que nos agendas sont lourdement sollicités. Ce genre de grands
rassemblements touchent donc d'abord des gens sans enfants à charge (un peu d'étudiants, beaucoup de retraités).
Des réunions d'un autre format, plus petits, plus courtes et plus proches, pourraient les toucher, mais on perd l'effet masse. C'est, je crois, ce qu'essaie de faire Chrétiens en Forum, dans une
démarche de complémentarité avec les SSF. Ils ont du mal sur les initiatives parisiennes, mais je crois que ça marche mieux en province (par exemple des rencontres entre élus). Les plateaux sont
moins prestigieux intellectuellement mais plus ancrés dans l'engagement.
Peut-être pourrait-on creuser le sujet ? (je précise que je n'ai aucune action chez Chrétiens en Forum, que j'apprécie aussi les SSF et que je souscris pleinement à l'analyse de Philippe).

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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