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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 10:52

 

Au XVIe siècle, les Papes, chefs temporels, étaient aussi des mécènes. On pense à Clément V Médicis,  mentor de Michel-Ange, à Jules II, qui entama les travaux de la Basilique St-Pierre ou encore à son successeur Léon X, encore un Médicis, nettement plus porté sur l'art que sur lé théologie.

 

Leur fortune d'alors était mise au service de peintres, sculpteurs, architectes ou musiciens qui recevaient commande pour réaliser des œuvres à la gloire de Dieu et/ou de leur protecteur. Cette fonction a disparu. Les pontifes d'aujourd'hui ne sont pas riches et utilisent leur cassette pour la solidarité internationale ou les missions.

 

Pourtant, avec l'actuel locataire du Palais apostolique, nous avons un vrai mélomane. Le piano est le seul plaisir pour lequel Benoît XVI accepte de quitter son bureau ou son oratoire. Aussi, l'annonce d'un concours du premier « Concours international de composition de musique sacrée » lancé par le Vatican résonne comme une bonne nouvelle.

Car il est utile d'entendre comment de jeunes créateurs actuels veulent louer Dieu par leurs notes.

 

Las, l'intitulé de l'exercice laisse bien peu de place à l’originalité. La forme est imposée : il conviendra décrire un Credo pour choeur et orgue, de moins de 15 minutes. Le texte est également non-négociable, puisqu'il est précisé que la langue sera le latin. Les partitions doivent être remises avant le 20 juillet.

 

Bien sur, il aurait été inconvenant d'envisager qu'un morceau de free jazz ou un rap veuillent rivaliser avec le grégorien, « chant propre de l’Église romaine » (Vatican II, Sacrosanctum concilium, 116). Mais avec une latitude si faible, nombre de créateurs peuvent être découragés. Un musicien, aussi fervent fidèle soit-il, n'imagine peut-être pas que le Credo soit le seul cadre inspirant aujourd'hui, ni que l'orgue soit l'instrument indépassable.

 

Le Gallois Karl Jenkins, né en 1944, connaît un grand succès avec ses œuvres chorales sacrées. Ainsi, son Stabat Mater (2008), de style néo-classique, comporte un majorité de textes en latin, mais utilise aussi l’anglais et l'arabe. Mieux, une pièce demande aux quatre parties du chœur de s'exprimer respectivement et simultanément en arabe, en hébreu, en grec et en araméen.

 

L'usage de ces quatre langues majeures dans l'histoire des croyants du Livre apparait comme une quête d'équilibre en cohérence avec nos sociétés multiculturelles. Facile à chanter par ailleurs, le latin est uniquement la langue de l'histoire du catholicisme. L'argument de sa compréhension par toute la galaxie catholique ne tient plus, comme le montre tous les historiens du Concile Vatican II. Il y a 50 ans, déjà, seules les élites vaticanes le maîtrisaient correctement, non la majorité des évêques. Alors aujourd'hui !

 

 

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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