En attendant que la Fraternité Saint-Pie-X se décide enfin à signer l'accord funeste ou que le Vatican y renonce définitivement, on se rattache à toutes les petites informations. Celle qu'a révélée hier le toujours bien informé Nicolas Senèze (La Croix) donna une idée de l'état d'esprit du Vatican.
Le Saint-Siège s'intéresse à d'autres descendants de Mgr Lefebvre, la branche des repentis de l’Institut du Bon Pasteur (IBP). Dans mon précédent post, j'indiquais que 2012 marquait la fin de la période ad experimentumde l'implantation de l'Institut en France. Le billet de Nicolas Senèze nous donne des éléments du rapport remis le mois dernier à l'abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'IBP, à l'issue de la visite canonique organisée à l'automne dernier et dirigée par Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei.
Évoquant le séminaire situé à Courtalain dans l'Eure, Nicolas Senèze écrit : « La commission Ecclesia Dei juge l’évaluation 'positive', mais demande à l’IBP 'd’intégrer l’étude du Magistère actuel des papes et de Vatican II' ».
Ces propos peuvent inspirer deux commentaires :
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Les anciens fidèles de Lefebvre goûtent peu Vatican II et le magistère des papes des 50 dernières années. Ce n'est pas un scoop. A Courtalain, on préfère apprendre le maniement et le nombre réglementaire de balancements de l'ostensoir ou améliorer les performances des séminaristes dans le boutonnage de soutane. Les heures d'apprentissage du catéchisme des réponses toutes faites laissent sans doute peu de temps pour réfléchir - terme maudit – à ce que signifie une « Église, Peuple de Dieu » ou l'intérêt du mouvement œcuménique.
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Ce désintérêt – euphémisme – pour l’événement qui a redéfini la théologie et l'ecclésiologie catholique contemporaine
n'empêche en rien que l'évaluation de l'émissaire soit « positive ». On peut donc faire un bon travail de formation de futur prêtre en passant à côté du Concile. Un peu comme un
inspecteur de l’Éducation nationale qui dirait à un professeur des écoles : « Vous faites
du bon travail mais vous pourriez aborder en classe la conjugaison et les quatre opérations ».
A ce compte là, on peut être pessimiste sur le niveau réel d'exigence de Rome pour intégrer la Fraternité Saint-Pie X.
Les catholiques girondins seront heureux d'apprendre que : « Concernant la paroisse Saint-Éloi, [la commission] demande 'la mise en place d’un conseil économique' ». Avec un bon comptable, tout irait donc pour le mieux.
On pourrait écrire des pages sur le peu d’appétence de Benoît XVI pour l'aventure traditionaliste, comme le fait Jean Mercier (La Vie).
Il est clair aujourd'hui que l'expérience pionnière de l'IBP est jugée avec grande mansuétude. Tourner le dos au Concile n'est donc pas rédhibitoire pour appartenir à l’Église catholique romaine. Tourner le dos à l’Église catholique romaine pourrait être bientôt une option, déchirante mais raisonnable pour certains : ceux, nombreux, qui ne veulent pas cohabiter avec des gens remplis de haine pour notre monde.
PS : A mes détracteurs, je confirme. Oui, je manque en ce moment d'espérance pour l’Église catholique. Douloureusement. Et je sais ne pas être le seul. Oui, je manque de fraternité (pour la Fraternité). Je l'assume. Mais certaines valeurs ne se bradent pas.
tai_gong_wang 20/04/2012
Dorham 20/04/2012
Sophie 20/04/2012
Andrea 18/05/2012
PY 18/05/2012