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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 10:23

 

Pendant que les intégristes étudient la proposition de Rome, les évêques français ne paraissent pas mobilisés face à la crise que provoquerait la signature de la Fraternité Saint-Pie X.

 

Les 7 et 8 novembre, les grands chefs de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X se retrouvent pour étudier la proposition du Vatican. En Italie, les chefs lefebvristes vont décortiquer le mystérieux protocole doctrinal censé exprimer les conditions à accepter pour un retour en pleine communion avec Rome.


D'ici là, à Rome il ne se passera rien. Le Vatican a dit son dernier mot. Soit. Mais l’Église ne peut se restreindre aux bureaux de la Curie.

 

Que se passe-t-il en France, pays d'origine de la fronde intégriste et très concerné encore aujourd'hui ? On tremble ou on espère, selon son camp. La Conférence des évêques fait l'autruche, n'osant aucun commentaire lors du pénultième acte du feuilleton (la rencontre du 14 septembre entre Mgr Fellay et le cardinal Levada à Rome) se contentant de reprendre le communiqué officiel du Vatican.

 

Mais qu'attendent nos prélats pour se bouger ? Ils savent bien, du moins les plus anciens, comment fonctionne le Vatican en pareil cas. Même si on peut espérer des progrès sur la forme et la communication, il n'est pas inutile de rappeler quelques précédents.

 

En 1995, lors de la révocation de Mgr Jacques Gaillot, les évêques ont appris la nouvelle par les journalistes venant tendre micros et carnets de notes.

En 2006, Jean-Pierre Ricard, cardinal archevêque de Bordeaux, directement concerné et pourtant formellement membre de la commission Eccclesia Dei en charge du dossier, reconnaît s'être vu imposée la naissance de l'Institut du Bon Pasteur,

En 2009, la levée de l'excommunication des quatre évêques a été décidée sans aucune consultation des cardinaux français de Rome.

 

Alors quoi, messieurs les évêques, on attend que la tuile tombe pour se plaindre qu'elle fait mal ? On prépare un petit discours sur l'unité devant les micros, et on s'apprête à pester en off contre Rome qui ne comprend rien à la France ? « Ce qu'a fait le cardinal Castrillon Hoyos est dégueulasse » me disait un évêque français, peu après l'imposition du Bon Pasteur au diocèse de Bordeaux. Et lorsque je lui proposais une tribune sur la question, il m'a souhaité bonne journée avec un petit sourire entendu...

 

M. le cardinal André Vingt-Trois, on assure que vous détestez les intégristes comme votre mentor Jean-Marie Lustiger. Le dites vous à qui de droit ? Expliquez-vous aux hiérarques romains qu'au nom de l'unité, on va mettre en péril une Église déjà mal en point ? Que les départs de fidèles de vos diocèses seront plus nombreux que l'arrivée de troupes qui continueront à faire Église à part ? Que la morgue des exclus de la communion romaine va perdurer mais à l'intérieur ? Que les prêtres de Bordeaux hier et de tous les diocèses demain se sentiraient trahis par un retour en grâce de ceux qui les insultent ?

 

Il semble loin le temps où le cardinal Pierre Eyt, archevêque de Bordeaux décédé en 2001, allait protester à Rome contre un document mettant en cause les pratiques pastorales françaises. Et pourtant, cet enseignant proche du cardinal Ratzinger, ne figurait pas parmi les plus progressistes ou les va-t-en guerre. Simplement, il avait à cœur de défendre le travail de ses ouailles. Et de le dire à Rome.


Je souhaite me tromper. Je serais ravi que l'on me donne des preuves du lobbying intense de l’Église catholique attaché au Concile à Rome. J'exprimerai mon soulagement et avouerai mes torts si la Fraternité Saint-Pie X renonce à parapher le texte. Car cela signifierait que celle-ci était trop fidèle, pour les intégristes, à ce que fait et dit l’Église catholique depuis 50 ans et dans lequel je me reconnais.

 

Hélas, les désillusions des années précédentes, l'attirance croissante du Vatican pour une Église d'hier et l'acharnement du pape à obtenir cette signature ne poussent pas à l'optimisme.

 

Au moins, nos évêques, après l'échec patent de la greffe de l'Institut du Bon Pasteur à Bordeaux, ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas ce qui les attend demain. Ce qui attend les catholiques de France.



 





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commentaires

Xiep 30/04/2016 19:50

Brrr.. quel sectarisme stalinien. Et ça se targue d'être chrétien... pathétique.

Dorham 30/09/2011 16:30


Oui. A 100 % d'accord avec votre texte. J'imagine mal faire partie de la même Eglise que les intégristes. Ou alors il faudrait qu'ils renoncent à nombre de choses. Notamment à tout ce qui est
occulte et souterrain chez eux, tout ce qui est "non-dit", in fine hypocrite. Je pense par exemple à St Nicolas du Chardonnet qui a une petite école (St Bernard) très confidentielle ; pourquoi ?
quel est l'enseignement prodigué là-bas ? quelle foi ? quels rites ? Ce que j'en entends fait froid dans le dos...


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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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