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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 10:23

 

 

* Benoît XVI a réussi le rêve de tout personnage illustre : lire sa nécrologie. Prise de court, la presse a sorti des tiroirs les textes prévus en cas de décès du pontife. Ce qui a permis de publier une dizaine de pages en quelques heures, avec une toute petite partie de produits frais.

* Mille mercis au pape. L’événement fait sortir quelques jours le monde catholique français de la guerre inlassable menée par Frigide Barjot et consorts. Hélas, dès mardi,  jour du vote en première lecture à l'Assemblée du texte ouvrant le mariage aux homosexuels, des tweets réapparaissaient pour mobiliser les anti-loi. Puisse le conclave éclipser la énième manif prévue le 24 mars, jour des Rameaux.

* Le coup de génie de Benoît XVI a redonné vie à ce que lui-même apprécie peu : le culte de la personnalité. On peut comprendre la réaction spontanée des cardinaux en apprenant la nouvelle, et le lyrisme sincère du cardinal Sodano, leur doyen. Mais que dire de l'exclamation scandée « Que ce pape est grand » du P. Bernard Podvin, porte-parole des évêques français !

* « On s'en doutait ». Il est amusant de lire les spécialistes (comme Dominique Greiner dans l'éditorial de La Croix, mardi 12) expliquant, après coup, tous les signes avant-coureurs de la décision papale : deux vagues de nomination de cardinaux pour se rapprocher du chiffre de 120, absence de voyages à l'agenda hormis les incontournables JMJ de Rio en août... Personne ne croyait que cette démission surviendrait et personne ne l'avait écrit.

* Les responsables d’Église et observateurs obséquieux avaient loué le courage et l'abnégation de Jean Paul II pendant sa pénible agonie. Sept ans plus tard, les mêmes s'émerveillent devant le choix strictement inverse de son successeur. Serait-ce une lecture (erronée) de l'infaillibilité pontificale ?

* Le jeu médiatique est ainsi fait qu'il a fallu en quelques heures se remettre d'un geste historique, le commenter, raconter la vie du pape sortant et donner les enjeux de son élection. Le bilan, le vrai, du septennat devra être fait. Et il faudra vite retomber du nuage hagiographique pour regarder, sereinement, succès et échecs, actions et inactions. De grâce, pas de santo subito !

* « Le geste qui change l’Église », titrait Le Monde, lundi soir. Désormais donc, pour qu'une institution évolue, il suffit que le patron rende son tablier. Certes l'exercice du pouvoir papal ne serait plus jamais le même. Mais, le Vatican n'étant pas l’Église, cela ne change en rien la crise globale du catholicisme actuelle. On peut lire ce départ du pape comme un aveux de l'impossibilité de gérer un système, non comme une amorce de solution. Il faudra donc attendre quelques années avant de savoir si la prédiction du Monde était juste.

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commentaires

windows 8 operating system 23/05/2014 14:21

I was very pleased to read the article that you have shared here about Benedict XVI who succeeded the dream of every famous person. I also believe that his giving up won’t change the current global crisis of catholism

Else 13/02/2013 17:01

Voilà un commentaire "réaliste" qui remet les pendules à l'heure.

Vincent Soulage 13/02/2013 12:00

Je me suis bien amusé à lire tes réflexions et je suis largement d'accord. La soudaineté de l'évènement nous conduit à porter collectivement un regard sympathique (voire admiratif) sur ce pape dont
le geste va peut-être changer beaucoup de choses au Vatican (mais pas dans l'Eglise).
Le vrai bilan des années Ratzinger reste, lui, encore à faire, et il sera c'est sûr beaucoup moins enthousiaste.
En attendant, il faut apprécier ce geste, et gouter les discours positif a l'égard des catholiques qu'il suscite. Alors que le PS semble (encore) se renier sur le cumul des mandats, on pourrait
leur donner des idées.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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