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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 20:33

 

Le bel unanimisme face au geste historique de Benoît XVI a été rompu par un évêque. On s'étonnait que Roland Minnerath, archevêque de Dijon et compagnon de Joseph Ratzinger à la commission théologique internationale (il en est toujours membre), ne se soit pas associé au concert d'admiration devant la renonciation papale.

 

Le prélat, qui préside le Conseil pour les affaires canoniques de l'épiscopat français, a été très choqué et l'a dit au micro de la radio diocésaine RCF Parabole, repris par le site infos-dijon.com. Dans un premier temps, il n'a même pas voulu croire la nouvelle.

 

«Lorsque l’on est Pape, on assume jusqu’à la mort. Qu’est-ce-qui est important dans le Ministère d’un prêtre, d’un évêque ou du Pape, ses qualités intellectuelles ou le don qu’il fait de lui-même au Christ ? ». Et pour ceux qui hésiteraient encore, il précise sa pensée : « Ce n’est pas ça qui porte du fruit, plus que tout le reste ? ».

 

Au moins, contrairement à ses collègues, l'archevêque de Dijon est cohérent avec les louanges exprimées après la lente agonie de Jean Paul II, qui avait pris la décision inverse de son successeur. Lequel, bien que fatigué, est en meilleur état de santé.

 

Le pape polonais, explique le prélat français « était très  impotent les dernières années de sa vie mais il est resté jusqu’au bout ». Et il en remet une couche :  : « il a donné par là un exemple de ‘rester fidèle à l’appel que j’ai reçu’ ». Pour Roland Minnerath, la décision « en conscience » du pontife bavarois « ne doit pas disqualifier le choix qu’ont fait les autres de rester jusqu’au bout ».

 

Au-delà du cas présent, l'archevêque de Dijon voit l'avenir et refuse le parallèle proposé habituellement avec la bonne gestion de toute institution. « Si on introduit un critère d’efficacité, c’est tout à fait valable dans le Gouvernement des choses temporelles d’un chef d’État. Mais l’exercice de l’épiscopat ou du pontificat, c’est autre chose ! ».

 

Pour lui le rôle du Pape consiste à être « témoin, et on est témoin à tous les âges, que l’on soit en bon état ou fatigué ». Cette définition du poste omet complètement les aspects de pouvoir que doit exercer tout évêque et a fortiori celui de Rome. Mgr Minnerath est là nettement moins convainquant.

 

Mgr Minnerath se révèle ici bien plus conservateur sur la fonction papale que ne l'est Benoît XVI, pourtant guère réputé pour son aventurisme. À moins qu'il n'envisage un nouveau job de pontife ne conservant aucune fonction de direction opérationnelle. Un simple père spirituel, un modèle de foi. À ce compte là, l'archevêque de Dijon est un vrai révolutionnaire.

 

En attendant de décrypter sa pensée, nous lui souhaitons de garder la santé et l’énergie dont il dispose aujourd'hui pour aller jusqu'à sa retraite le jour de ses 75 ans, le 27 novembre 2021.

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commentaires

fanfandor 20/04/2013 17:02

Pour être un "paroissien" dijonnais engagé, je peux dire que nous attendons avec impatience le 27 novembre 2021...
Peut être qu'un départ en retraite anticipé serait le bienvenu...et pour ne pas être méchant, comme nous sommes nombreux à penser que nous, dijonnais, sommes indignes des qualités de notre évêque,
nous voudrions qu'elles soient reconnues en haut lieu...

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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