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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 11:42

 

L'assemblée générale de l'épiscopat à Lourdes s'est terminée jeudi dernier comme elle avait débuté le samedi précédent : par un discours du cardinal André Vingt-Trois qui préside la conférence.

 

Si son intervention initiale avait été dominée par les fameux sujets de société, la conclusive a repris l'ensemble des dossiers marquants de la semaine : le diaconat permanent, internet, la présence des catholiques dans la société, la Nouvelle évangélisation...

 

Sur ce dernier point, le discours de l'archevêque de Paris pose question. « La problématique de la Nouvelle Évangélisation, récemment travaillée à l’occasion de la session du synode des évêques, nous a paru éclairer particulièrement l’épreuve à laquelle sont appelés les catholiques : épreuve de la confrontation, épreuve du dialogue, épreuve de la spécificité de l’annonce de Jésus-Christ ressuscité, finalement, épreuve qui nous incite à la conversion spirituelle, et d’abord nous évêques ».

 

Pourquoi choisit-il et martèle-t-il , ce terme, d'épreuve ? N'y a -t-il pas d'autre mot pour évoquer ces obstacles auxquels est confronté le catholicisme en France ?

 

Si le sens de l'examenparaît à exclure, épreuveexprime tout à la fois une souffrance et une adversité. Dans la confrontation et le dialogue, les deux premiers domaines qu'indique le prélat, la difficulté existe, mais doit-on la dramatiser à ce point ? Être catholique en France ne constitue plus se compter dans le groupe très dominant de naguère. Mais cela ne signifie pas pour autant connaître des affres de la minorité.

 

La terminologie renvoie à un discours fréquent chez les responsables catholiques, lesquels se sentent mal aimés. Par les autorités publiques, par les médias, par l'opinion, par le peuple. Or cette posture victimaire, associée à l'exigence du discours ecclésial, ne fait qu'élargir le fossé. Loin d'attirer la sympathie de la société, cette attitude fait penser que l’Église catholique ne supporte pas la perte de sa position dominante et refuse le jeu de la confrontation, cette prétendue épreuve.

 

Au contraire, on peut voir une chance dans cette époque de modernité qui met les vieilles assurances catholiques face à des croyants différents et des non-croyants. Cet échange-là est exigeant, mais riche. Il fait s'interroger, mais aussi progresser.

 

Plus que de se morfondre en vaine nostalgie, l’Église catholique doit saisir la chance d'un christianisme fragile, comme écrivait Mgr Albert Rouet, alors archevêque de Poitiers.

 

Et « la conversion spirituelle » que le cardinal aperçoit au bout de ces épreuves pourrait avec profit faire advenir un regard bienveillant et optimiste sur la façon de dire l’Évangile à nos concitoyens.

 

Voilà une jolie thématique pour le discours d'ouverture de la prochaine assemblée plénière des évêques, en mars prochain. Il s'agira du dernier pour le président Vingt-Trois (élu en 2007 et réélu en 2010) avant de passer la main.

 

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commentaires

Jean-Christian HERVE 24/11/2012 16:23

Ne croyez-vous pas que cette "posture victimaire" relève de la culture du martyre, récurrente dans l'histoire de l’Église, qui veut qu'il faille souffrir ou faire souffrir au nom de Dieu? N'est-ce
pas son attitude actuellement à l'égard des homosexuels qu'elle maintient dans une "inclination désordonnée", leur imposant cette souffrance en refusant de reconnaitre qu'ils sont une partie,
minoritaire certes, de la création divine (comme le sont les gauchers ou les ambidextres:cf la théorie du théologien James Alison)?
L'Eglise qui nous agite le rideau de fumée du cinquantenaire de Vatican II, serait, me semble-t-il, mieux avisée d'en reprendre le souffle et de se rappeler ce qu'elle a écrit à l'époque dans un
décret sur le Ministère : « Si l’Église veut vraiment atteindre l’esprit des auditeurs […] elle doit appliquer la vérité permanente de l’Évangile aux circonstances concrètes de la vie. »
Peut-être alors serait-elle mieux aimée...
J-C.H

incarnare 12/11/2012 15:48

Ne faut-il pas voir dans ce terme "épreuve" également une référence biblique ?

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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