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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 12:28

Encore une histoire de mariage pour le monde catholique. Le serpent de mer du statut matrimonial des prêtres a été relancé par le futur numéro 2 du Vatican, Mgr Pietro Parolin, qui prendra ses fonctions de Secrétaire d’État mi-octobre. Mais ce fin diplomate, qui indique que le célibat des prêtres « peut être discuté », n'a pas lâché sa petite phrase son l'aval de son nouveau patron, lequel fait feu de tout bois en moment.


Quelques mises au point tout d'abord :

- Mgr Parolin n'apporte rien de neuf en plaçant la question dans le domaine de la discipline de l’Église catholique romaine (les Églises orientales n'y sont pas tenues) et non du dogme. La chose est donc officiellement négociable, bien que mise sous le tapis lors des précédents pontificats.

- Il ne s'agirait pas, comme tout le monde le répète, de marier des prêtres mais d'ordonner à la prêtrise des hommes mariés, comme en Orient. Ce qui obligerait les candidats à faire un choix matrimonial assez jeune ou à repousser l'âge de l'ordination

- Une éventuelle réforme ne concernerait pas les ministres actuels

- Le célibat resterait de toute façon possible et certains candidats demain le préféreront


Voici quelques conséquences de l'ouverture du dossier :


- Obligation de repenser l'image du prêtre. Une sérieuse réflexion sur son statut s'impose avant d'envisager d'en accueillir des pères de famille. Aujourd'hui, le prêtre accepte de se mettre à part, de sacrifier sa personne pour l'institution qui devient son unique famille. Il est différent pour être disponible à tous et à Dieu. Quel sera la place respective des deux sacrements, mariage et ordination, dans la mission future ? Le discours officiel sur la sexualité et la famille va également être touché.


- Nécessité de revoir les aspects pratiques de la vie du prêtre : son rythme de vie, sa carrière, son traitement. On ne loge pas, on ne rémunère pas, on ne déplace pas de villes en villes pareillement un célibataire sans attache et un père de famille. La question salariale s'envisage différemment selon les pays. Ainsi l’Église de France, pauvre, ne peut l'aborder de la même manière que ses sœurs riches, notamment quand les prêtres, quasi-fonctionnaires, y sont rémunérés correctement.


- Nouvelles tensions entre les conservateurs et le nouveau pape, pour qui rien n'est intouchable. Ceux qui sont scandalisés par la vie « normale » du pape vont pester contre le projet de rendre « normale » la vie des prêtres.


- Renfort de l'image « moderniste » de ce pontificat débutant qui laisse penser que l’Église catholique est capable d'évoluer. Nombre de catholiques vont reprendre espoir et se dire que d'autres dossiers en sommeil – accès des divorcés-remariés au sacrement, diaconat féminin – pourront avancer sous François.


Si l'annonce du Secrétaire d’État est suivie de faits tangibles, cela nous promet de beaux débats dans les années qui viennent.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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