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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 12:35

Observateurs et journalistes se sont excités autour de la réception par le pape François d'une délégation de parlementaires français au Vatican, samedi 15 juin.


Pourtant, le très court discours papal ne s'éloigne pas grandement des convenances et de la diplomatie de rigueur devant des élus.


A celles et ceux qui dénient aux catholiques le droit de s'exprimer sur la scène des affaires publiques, le pape a été très clair. « L’Église désire apporter sa contribution spécifique sur des questions profondes qui engagent une vision plus complète de la personne et de son destin, de la société et de son destin ».

Finement, il rajoute aussitôt : « Cette contribution ne se situe pas uniquement dans le domaine anthropologique ou sociétal, mais aussi dans les domaines politique, économique et culturel ». Traduction, vous n'avez pas fini d'entendre les cathos, et pas seulement sur des histoires de fesses ou d'embryons.

Mais ceci n'était qu'une mise en bouche avant ce que tous et toutes attendaient. Las, le pape n'a jamais évoqué explicitement la récente loi française sur le mariage. Et nombre de commentateurs se sont repliés sur une phrase pourtant anodine : « Votre tâche est certes technique et juridique, consistant à proposer des lois, à les amender ou même à les abroger. » Oui, et alors ? Un lycéen ayant reçu deux heures de cours sur la constitution de la Ve République aurait pu le dire. Faire, améliorer ou défaire les loi est le sort des parlementaires.

Comment faire un titre avec cela ? Comment en conclure que le pape appelle ses visiteurs, très majoritairement de droite, à revenir sur la Loi Taubira demain ou après-demain ?


Du coup, nos brillants observateurs sont passés à coté des deux mots plus gênants du pontife. Celui-ci a demandé à ses hôtes d'insuffler aux lois « un esprit, une âme, qui ne reflète pas uniquement les modes et les idées du moment, mais qui leur apporte l’indispensable qualité qui élève et anoblit la personne humaine ».


Le désir de reconnaissance de l'amour homosexuel – si toutefois on peut penser qu'il s'agissait bien de cela – ne serait donc à ses yeux qu'une « mode ». Cela confirme que Bergoglio est peu informé de ce peut se passer au Vatican et dans ses arrières salles pour ainsi méconnaître tant la réalité homosexuelle.


La nouveauté n'est pas l'existence de celle-ci, mais sa visibilité. Et les acquis de droit ne relèvent pas du champ de la « mode » ou des « idées du moment ».


A moins que cette terminologie ne soit l'occasion de disqualifier toute idée d'évolution sur la question au sein même de l'Eglise catholique, laquelle n'a jamais était l'otage des « modes ».


Sinon, elle saurait que la robe longue chez les hommes ne se porte plus guère dans les sociétés occidentales.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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