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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 12:22

Cette année, comme en 2007 et en 2010, la date de Pâques est commune à toutes les Églises d’Orient et d’Occident. L'occasion de multiplier les rassemblements œcuméniques le dimanche à l'aube. Le Conseil d’Églises chrétiennes en France recommande aux chrétiens de « célébrer tous ensemble – le 20 avril – le Christ ressuscité, notre paix, en qui sont détruits les murs de séparation (Ép 2,14-18) ».


En Île-de-France, c'est sur le Parvis de la Défense a Nanterre que les chrétiens ont pris l’habitude de se retrouver pour fêter la Résurrection du Christ et la juxtaposition des calendrier (voir le tract). De nombreux diocèses profitent également de cette Pâque coordonnée pour en faire un temps forts de leurs relations œcuméniques.


Ainsi, à Bordeaux, les chrétiens sont invités à se retrouver dans un site original. Il s'agit du miroir d'eau des quais de la Garonne, face à la superbe place de la Bourse (à 7h 08, voir le tract ici), cadre plus habitué aux cris des enfants les jours de canicule qu'aux cantiques. Dans cette ville, ce rassemblement est désormais annuel (catholiques et protestants partageant chaque année le même calendrier) et attire toujours la foule.


Le site de la revue Unité des chrétiens recense les propositions au niveau national (voir ici). Hors la Défense et Bordeaux, des rencontres sont prévues à Celles (79), Monastère de Pié-Foulard; Chalon-sur-Saône (71), 8h, square Chabas; Chartres (28), 8h15, parvis de la cathédrale; Dijon (21), 8h, place Wilson; Lille (59), 8h, Accueil Marthe et Marie ( place Érasme de Rotterdam, Lomme) (tract); Orléans (45), 6h54, Campo Santo (rue Fernand Rabier), (tract); Royan (17), 8h, plage de Pontaillac (tract); et Saint-Étienne (42), 7h, le Guizay (tract).


A Lyon, trois propositions : 6h30, devant le Foyer protestant de la Duchère (309 avenue A. Sakharov, 9e) ou 7h, Parc de Gerland, entrée allée Pierre de Coubertin (7e) ou à 7h à l’église Saint-Thomas (16 avenue Pablo Picasso, Vaulx-en-Velin). Voir le tract.


Les rendez-vous sont fixés à l'aube. Pour la symbolique bien sûr mais aussi pour permettre aux fidèles de rejoindre éventuellement des célébrations organisées dans leurs églises à des horaires dominicaux plus habituels. On peut regretter cette limite au geste oecuménique. Pourtant ne pas profiter de l'événement pour célébrer ensemble le geste de la fraction du pain ?


Bien sur, les théologies divergent, entre catholiques et orthodoxes d'un côté, et Eglises de la Réforme de l'autre. Toutefois, en rappelant clairement les différentes lectures de la Cène, pourquoi ne pas proposer, à titre exceptionnel, de communier ensemble au Corps du Christ, chacun y donnant la signification de son appartenance.


Dans un article publié par Témoignage chrétien en 2010 (voir ici l'article complet), Bernard Rivière se rappelle des premières années de l’aventure de Taizé. « Après la liturgie commune de la Parole, cha­que fidèle se rendait dans un secteur différent de l’église de la Réconciliation pour célébrer « son » Eucharistie, avec ceux de « sa » confession. Quelle souffrance alors, et pourtant nous restions dans un même lieu ! Aujourd’hui, la célébration dominicale, présidée par un prêtre catholique, rassemble catholiques et protestants, chacun communiant s’il le désire ».


C'est par des gestes prophétiques que viendra dans les esprits l'idée que le scandale de la division des chrétiens n'est pas éternel.

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 10:49

Pour la première fois depuis 140 ans, l’Église catholique d'Angleterre compte dans ses rangs un évêque oratorien. Le P. Robert Byrne, 57 ans, qui a notamment travaillé au service œcuménique de la conférence des évêques locale, a été nommé le 15 mars évêque auxiliaire de Birmingham.


Longtemps connus pour leurs collèges (voir ici), au même titre que les Jésuites, les Oratoriens ont toujours porté des choix pédagogiques originaux. Au XVIIe siècle, leurs établissements enseignaient le français et non le latin et abordaient la littérature contemporaine, l’histoire et la géographie, disciplines hautement suspectes alors. La liberté de pensée et l’intelligence y étaient des maîtres mots.


Dans son dictionnaire de pédagogie de 1911, le très laïque Ferdinand Buisson écrivait : « Parmi les corporations enseignantes, l’Oratoire occupe une place à part, grâce à son esprit libéral, à sa tolérance relative, à son goût très marqué pour les études historiques et pour les sciences. Un autre caractère de l’enseignement des humanités dans les établissements de l’Oratoire, c’est la part plus large accordée aux explications du texte, aux thèmes oraux. »


En France, les Oratoriens animent un lieu d'accueil dans le Jura et trois paroisses à Lyon (Sanctuaire Saint-Bonaventure), Marseille et Paris, avec Saint-Eustache , dans le quartier des Halles. Celle-ci est très ouverte aux différentes formes d'arts. Un régisseur y est appointé à temps plein tant les propositions (concerts, expositions) y sont nombreuses. Saint-Eustache attire de tout Paris des catholiques attirés par la qualité des prédications et la liberté de ton.


La solidarité est également une réalité forte. La Soupe Saint-Eustache mobilise quelques 300 bénévoles pour accueillir les nécessiteux tous les jours en d'hiver.


Fondé par Pierre de Bérulle, l'Oratoire de France a décidé en 2009 de recentrer la mission de sa quarantaine de prêtre autour de trois axes : foi, culture et société (voir ici un article publié dans Témoignage chrétien pour les 400 ans de la Société). « Notre identité est de ne pas avoir d’identité », plaisante le P. James Cunningham, supérieur général, d’origine américaine. Les Oratoriens tentent d'abord de coller aux réalités religieuses et politiques du temps, avec ses questions et ses doutes.


On peut ainsi croiser des Oratoriens aumôniers militaires, étudiants ou d’hôpital, militant à la Licra, fondateur d’association pour les réfugiés bosniaques, auteur de contes et légendes béninois, prêtre-ouvrier, enseignant de philosophie à l’Institut catholique de Paris ou encore engagé dans un foyer de jeunes travailleurs. L'exégète Michel Quesnel, ancien recteur de l’Université catholique de Lyon et Jean Dujardin, spécialiste du judaïsme, sont aussi membres de cette famille.


A travers la nomination de Mgr Byrne, on peut voir la reconnaissance, par le Pape Français, d'une belle tradition de l’Église.

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 15:42

J'ai passé le week-end dernier à Bruxelles avec ma famille et des amis. En consultant un guide touristique, j'avais repéré l'église Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage (voir ici), présentée comme un joyau baroque. La notice évoquait également quelques tableaux caravagesques. Bref, cela méritait le détour.


En l'entrant de l'église, des panneaux m'apprennent que des Afghans sans papiers habitent les lieux. De fait, toute une aile de l'église, comme une bonne partie du chœur sont occupés par des tentes. On croise des hommes qui ne parlent ni français, ni flamand. Et qui ne ressemblent pas à des visiteurs.


J'ai beau m'extasier devant une chaire en bois superbe, et y faire découvrir tous les animaux possibles à mes enfants, l'amateur de baroque que je suis ne goûtera que peu cette visite. Difficile de « faire le touriste » devant cette réalité humaine.


Bien sûr, en pareil cas, on culpabilise d'avoir, ne serait-ce qu'une seconde, râler de ne pouvoir vivre l'émotion artistique annoncée. En expliquant la situation à ma fille aînée, elle m'a simplement répondu avec le superbe mot « asile ». Souvenir de la comédie musicale « Notre-Dame de Paris ».


Le lendemain, j'apprends que ces déboutés de l'asile qui refusent l'expulsion vers leur pays où ils risquent leur vie ont investi l'église depuis plusieurs mois, avec le soutien du curé. Et que la paroisse a l'habitude de ce type d'engagement. Elle doit être un équivalent bruxellois de Saint-Merri de Paris.


Lors d'une marche pour expliquer leur combat, ces infortunés ont reçu en janvier la visite bienveillante de Mgr Léonard (voir ici), archevêque de Malines-Bruxelles,
prouvant le soutien des autorités catholiques à leur action, et à l’accueil offerte par la paroisse.


Ces dernières années, en France, les occupations d'églises furent de courte durée, les diocèses appelant la force publique après quelques jours. En conséquence, le quidam ne voit plus les combats menés pour le dignité et pour l'ouverture de nos sociétés, riches et calmes, à celles et ceux qui viennent de terres de misère et de guerre.


A Bruxelles, on pense d'abord à abriter ces malheureux et à informer les touristes de leur infortune. Pour cela, une tente posée sur la dalle froide d'une église et un regard croisé devant un tableau de maître est mille fois plus efficace qu'un énième article ou reportage ou qu'une manifestation de plus.

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 16:24

Bien plus que d'une Rome parfois lointaine, la vie du peuple catholique là ou il se trouve dépend est en grand partie de l'évêque du diocèse. Pour avoir été l'un d'eux le pape François s'est déjà montré fort exigeant envers ses frères pasteurs. On se souvient notamment de sa charge en septembre contre les « évêques d'aéroport », enclins à quitter souvent leurs ouailles.


Le 27 février, devant la Congrégation pour les évêques, organisme romain qui gère la nomination et le suivi des prélats du monde (exceptés ceux des pays « de mission »), le pontife argentin en a remis une couche. « Le peuple de Dieu a besoin et attend un pasteur, quelqu'un au grand cœur. Il veut un homme de Dieu, pas un gestionnaire ni un administrateur de société ». En France, bien des évêques consacrent une bonne partie de leur longues journées à boucher les trous causés par le manque de ministres ordonnés ou à arbitrer des conflits de personnes. Bref à être des DRH fort occupés, moins disponibles pour leurs missions d'enseignant et de rassembleur.


« Nous ne devons jamais perdre de vue les besoins des Églises locales, auxquelles nous devons répondre, a dit François devant les « faiseurs d'évêques ». Ces dernières années, on a pu voir des évêques utiliser des territoires comme des laboratoires de leur projet, lequel ne correspondait pas toujours aux aspirations des prêtres et des fidèles. C'est bien le sens opposé qui est prôné désormais. En poussant l'idée, la feuille de route diocésaine, par exemple fruit d'un synode, devrait être remise dans les mains du nouvel évêque le jour de son ordination ou de son installation. Et s'imposer à lui.


Un autre aspect soulevé par le pape résonne en France après un épisode d'engagement massif d'une partie des catholiques et de leurs pasteurs dans un combat qui n'a pas fait l'unanimité. « L’Église n'a pas besoin de défenseurs de ses propres causes ou de croisés pour ses propres batailles, mais de semeurs humbles et confiants de la vérité » Un appel à la modestie bienvenue. Même si, on peut le rappeler sans être inconvenant, ce ne fut pas toujours la posture de Mgr Bergoglio en Argentine jadis...


Le pape, qui comme jésuite n'aurait logiquement pas du revêtir la mitre, est également revenu sur la question des carrières épiscopales. S'adressant directement aux évêques, il a redit : « Ne vous comportez pas en princes ambitieux.N'ayez pas d'ambitions dans l'épiscopat ». Cette idée, conforme à la vision bergoglienne de l'Eglise, va se heurter au principe de réalité. Un jeune prêtre brillant, ordonné évêque à 45 ans, devra-t-il rester 30 années sur le même siège, comme ce fut le cas jadis ? Peut-on nommer un novice à un poste majeur - Paris, Lyon ou Marseille chez nous - ?


Les membres de la Congrégation pour les évêques ont de quoi ruminer quelque temps après l'intervention du pape François.

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 08:22

Les religieux et les religieuses qui œuvrent dans notre pays font preuve d'une générosité sans limite. Parfois pourtant la bonté du cœur gagnerait à se doubler d'une meilleure intelligence des situations. Un exemple de cette difficulté apparaît à lecture de la livraison de février d’Église à Lyon, revue du diocèse de la Capitale des Gaules.


Dans un panorama illustré de communautés religieuses nouvellement implantées, on trouve quelques lignes consacrées aux Servantes des pauvres, congrégation d'oblates bénédictines. Trois représentantes sont arrivées en décembre 2013 à Meyzieu, pour agir auprès des malades comme infirmières.


Voici ce qu'écrit la rédactrice Nennecy du Chaffaut : « Bien que diplômées d’État, elles travaillent de façon complètement bénévole, ce qui, curieusement, n'est pas simple pour se faire accepter ».


Quelle naïveté dans ces lignes, de la part de la rédactrice comme des sœurs ! Qui peut ignorer les difficultés sociales des personnels soignants, à l'hôpital comme dans le secteur libéral ? Comment accepter de voir débarquer des personnes compétentes et formées effectuant le travail sans salaire? On peut être sûr que l'Assurance maladie se frotte les mains d'accueillir ces supplétives. Davantage que les syndicats de salariés.


Si les religieuses ont inventé le métier de soignantes il y a plusieurs siècles, elles l'exercent depuis fort longtemps à titre professionnel. Et si leur salaire leur apparaît trop élevé, leur congrégation saura faire bon usage du superflu.


Être présent et manifester l'amour inconditionnel du Christ auprès des plus pauvres n'obligent pas à cette singularité d'action. Les collègues de ces religieuses ont également le soucis des souffrants, mais doivent aussi faire bouillir la marmite familiale et ne peuvent tout attendre « de la Providence », comme les Servantes des pauvres de Meyzieu.



C'est bien en étant « normal » que ces religieuses infirmières montreront leur générosité infinie pour l'humanité. C'est en se présentant comme travailleuses avec d'autres, aux mêmes conditions, qu'elles seront signes du Christ pour les malades comme pour leurs collègues.

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 13:29

En titrant dans son édition dominical du 23 février : « Alors les cathos, tous des réacs ? », le Parisien-Aujourd'hui en France n'a pas seulement proposé un titre choc et outrancier dans le but de faire vendre. Il a remis à leur juste place les participants à deux récents défilés : Marche pour la vie (19 janvier) et Manif pour tous (2 février).


Car le sondage du quotidien indique que 90% des catholiques (chiffre équivalant à celui de la population totale) approuvent le droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Chez les pratiquants réguliers, ils sont encore 63%. Dans cette dernière cohorte donc, les manifestants évoqués plus haut sont donc minoritaires.


Faut-il voir ici l'échec de la pédagogie de Rome et des évêques français ? Pas seulement.


Les catholiques sondés ici ont répondu à une question précise : celle du « droit à » Quand il prend une posture de citoyen, le catholique réfléchit non uniquement en fonction de sa conviction personnelle mais en regardant l'intérêt de tous. Et donc de son voisin qui ne partage pas sa foi et dont il respecte le point de vue. Le catholique sondé pense en minoritaire qui ne saurait imposer sa propose philosophie.


Sans doute, le résultat eut été fort différent devant une question comme « Etes-vous favorable personnellement à l'IVG ? ». Parce qu'aucune personne sensée ne peut considérer l'arrêt d'une grossesse comme une option satisfaisante. Ensuite, car pour un chrétien, le refus d'une vie est théologiquement indéfendable.


Une autre question validerait la position double de beaucoup : « Êtes-vous d'accord avec la phrase ? : Je suis favorable au droit à l'avortement tout en refusant d'en user pour moi-même. » Beaucoup de catholiques s'y retrouveraient. Avis aux sondeurs.


La chance de notre démocratie est de proposer à chacun un droit de demander certains gestes médicaux. Et donc le droit – sacré et à défendre - de ne pas en user.


Il revient aux pasteurs de l’Église catholique de convaincre les fidèles, lorsqu'ils se trouvent dans des circonstances précises, de faire une choix personnel éclairé. Dans notre République, via les médias, ils ont toute latitude pour faire connaître leur position, même minoritaire.


Devenue un lobby parmi d'autres, l’Église tente d'influer sur la loi commune. C'est légitime. Mais à condition de reconnaître qu'elle peut être entendue et suivie (la Loi Leonetti sur la fin de vie en est le bon exemple), comme ne pas l'être (avec le mariage homosexuel). Et dans ce cas, nos évêques devraient faire taire celles et deux qui, se réclamant catholiques, réfutent les décisions démocratiques.

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 14:51

Le Saint-Siège a mené une grande consultation des fidèles en préparation du synode sur la famille prévu en octobre 2014. Je m'en suis déjà réjouis dans ce blog (lire ici).

Les premiers résultats ont été rendus publics en Suisse et en Allemagne. Ils consonent avec les éléments qui remontent de la base en France, telles les études réalisées par la Conférence des baptisés ou la Mission de France). Ces enquêtes montrent que certains règles ecclésiales- au premier chef le non accès au sacrement pour les divorcés-remariés – sont vilipendées par une grande majorité des catholiques des pays concernés.


Décidément secoués par le vent qui souffle du Vatican (ou du moins de la Maison Sainte-Marthe), les épiscopats communiquent des chiffres plus que dérangeants. Ainsi, on apprend que 90% des fidèles suisses veulent que les divorcés-remariés pratiquent sans entraves, et 60% approuverait des bénédictions de couples homosexuels. Dans leur rapport, les évêques allemands notent que la cohabitation pré-nuptiale est « quasi universelle ». Leurs voisins français pourraient en dire autant.


Le constat peut amener plusieurs réflexions. Et des lectures divergentes.


Un béotien des affaires vaticanes pourrait facilement pointer l'autisme des autorités catholiques quand aux mœurs familiales d'une bonne partie de l'Europe. Que l'Eglise qui s'estime, depuis Paul VI, experte en humanité, s'interroge encore en 2014 sur ce que vivent ses ouailles en dit long sur sa connaissance du terrain. La vraiment question n'est plus ce qui se passe mais ce qu'il convient d'en penser.


On rétorquera à cette pique sur deux points. Tout d'abord,le questionnaire était proposé aux Églises du monde entier. Les comportements différent largement selon cultures et continents et une cartographies des pratiques familiales sera fort utile.



Ensuite, plutôt que des déplorer l'apparente naïveté d'une question, il paraît plus judicieux d'observer la dynamique.


Hier, les catholiques étaient censés être dans les clous et la politique de l'autruche était de mise. En octobre, les évêques réunis pour le synode disposeront d'éléments objectifs, non de fantasmes, pour réfléchir et proposer d'éventuelles évolutions réglementaires.


Pour cela, oui, l'ouverture du questionnaire aux laïcs est une bonne chose et il faut féliciter ses promoteurs. La fin du secret dans la circulation des textes entre les épiscopats et le Saint-Siège participent aussi de cette bonne volonté.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 22:40

Jusqu'alors le numéro deux du Vatican, Mgr Pietro Parolin, nommé le 16 décembre dernier, avait été fort discret. Après quelques soucis de santé ayant retardé sa prise de fonction le15 octobre, il a du potasser ses dossiers avant de s'épancher dans la presse.


Peut-être a-t-il craint de ne servir que de l'eau tiède après les interventions parfois tonitruantes de son patron. Sans doute attend-il de porter le chapeau de cardinal qui en fera le 22 février l'égal statutaire des grands pontes de la Curie dont il est le chef.


Mgr Parolin a donné le 7 février, une longue interview dans l'Avennire, le quotidien de l'épiscopat italien. Son intervention est largement présentée par le vaticaniste Andréa Tornielli, dans un article disponible en anglais (ici)


Des se longues considérations diplomatiques (Proche-Orient, Chine), on retiendra sa définition des objectifs du Saint Siège : « bâtir des ponts pour promouvoir le dialogue et utiliser la négociation comme moyen de résolutions des conflits, amener de la fraternité, combattre la pauvreté et construire la paix. Le pape n'a pas d'autres intérêts ou stratégies ».


La défense de la situation des communautés chrétiennes n’apparaît pas dans cette énumération. Les fidèles du Christ sont, aux yeux du Secrétaire d’État, une population à protéger au titre de leur commune humanité, comme les autres. Une idée que l'on verra à l’œuvre très prochainement avec la visite du pape François en mai en Israël, Palestine et Jordanie.


Sur la polémique autour du prétendu – et surréaliste - « marxisme » papal, Pietro Parolin s'en sort plutôt bien : « Comment désapprouver l'avis du pape quand il dit que l'argent doit servir et non gouverner ?»


L'autre dossier sur lequel le numéro deux du Vatican est attendu est bien évidemment celui de la réforme de la Curie, dont il doit assurer la coordination. Difficile de voir la moindre nuance avec le discours de son patron. I souhaite un gouverment « moins bureaucratique, plus efficace au service du pape, des évêques, de l'Eglise universelle et des Églises locales ». On appréciera de voir apparaître ces dernières dans la liste, tant les incompréhensions sont parfois criantes entre le terrain et l’État-major.


Déplorant le jugement expéditif subi par la Curie, il reconnaît, en utilisant désormais le « nus », que ses agents doivent : « travailler vraiment dur afin d'être plus humains, plus accueillants, plus évangéliques comme François le souhaite ». Il faudra donc se relever les manches. Le temps où il suffisait d'être dans les petits papier du cardinal Bertone, prédécesseur de Mgr Parolin, pour occuper un joli poste est bien révolu.


On verra à l'usage si la nouvelle doctrine interne s'impose au sein d'une administration forcément rétive à être bousculée. Le pape compte sur son lui.

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 14:37

Il est encore des gens qui pensent que l'Eglise n'est qu'un organisme vertical dans lequel le chef parle et tout le monde se tait. Ce que vit l'Eglise catholique de France depuis l'épisode du mariage homosexuel apporte un démenti implacable. On savait déjà que, contrairement à ce que certains voudraient faire croire, les catholique n'ont pas été unanimes face au projet de loi concernant le mariage des personnes de même sexe. Et encore moins devant les mobilisations massives de l'an passé, comme de ce dimanche 2 février.


Mais voici que publiquement, dans les colonnes de La Croix, deux prélats influents Philippe Barbarin et Hippolyte Simon, archevêques de Lyon et de Clermont-Ferrand, ont exprimé des stratégies et des positionnements contraires. Tout en partageant le même avis sur le fond.


On connaît l'engagement du cardinal Barbarin (lire sa tribune ici ), en première ligne l'an passé, tant dans les débats que dans les rues. Pour expliquer sa participation au défilé lyonnais du 2 février, il a brandi la menace de la PMA (écartée par le gouvernement dans la Loi famille, avant l'abandon de celle-ci) et le GPA (exclue fermement par le Président Hollande). Mais le cardinal ne fait clairement plus confiance à nos gouvernants.


« Faudra-t-il supporter une nouvelle fois, écrit-il l’injustice revêtue des habits de la loi ? Chacun d’entre nous peut, aujourd’hui, reconnaître son existence comme le fruit de l’union d’un homme et d’une femme, quels qu’aient été les frasques ou les accidents de la vie de nos ancêtres, de nos parents… Qu’en sera-t-il demain ? Que dirons-nous aux enfants qui nous demanderont comment nous avons laissé faire cela ? ».


Son confrère clermontois (voir son texte ici ) n'apprécie guère plus l'action du gouvernement. S'il respecte « le choix de (s)es frères qui iront manifester le 2 février », leur accordant « la liberté de penser et de dire que cette façon d’agir est utile au témoignage qu’ils veulent donner », il s'octroie de son côté « la liberté de penser et de dire pourquoi » il a fait un autre choix. Et de s'empresser d'ajouter : « Nous n’avons pas de divergence sur le fond. Nos divergences portent sur la méthode ». Et sur le message, peut-on rajouter à entendre l'explication de Mgr Simon : « nous avons surtout besoin de retrouver notre crédibilité au sein de la société civile ».


Quand Philippe Barbarin veut se battre pied à pied pour défendre sa conception de la famille et trouver une voie médiane entre les « jusqu’au-boutistes » (sic) de « Jour de colère » et les résignés, Hippolyte Simon pense d'abord à la réception dans la société de cet engagement très médiatisé de l'Eglise.


Dans une analyse publiée ce lundi 3 février dans La Croix : « Mariage pour tous : une année de mobilisation » (lire ici), Anne-Bénédicte Hoffner et Céline Hoyeau donnent la parole à d'autres évêques. Parmi les réticents à manifester, les journalistes citent Claude Dagens (Angoulême), Jean-Luc Brunin (Le Havre) et François Fonlupt (Rodez) .


Le premier est le héraut de ceux qui pointent le danger de l'engagement massif des catholiques sur les pavés (voir dans ce blog). Le second, en première ligne comme président du Conseil « Famille et société », regrette « la passion et la vigueur » des défilés. Quand au troisième, il reconnaît que le débat prôné par l'épiscopat n'a pas eu lieu.


Diversité de méthodes, mis en échec dans ses appels au dialogue : l'épiscopat catholique de France ne sort pas indemne de l'épisode. Mais il est aujourd'hui capable de s'avouer des vérités humaines et des difficultés devant lesquels n'importe quel corps social aurait butter.

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 21:01

Les lecteurs de ce blog savent que j'ai pas l'habitude de dire du bien des évêques et de la communication des autorités ecclésiales. Et pourtant, il faut reconnaître qu'un prélat discret, tranquillement installé dans son diocèse de Soissons (qui est aussi le mien), montre qu'on peut utiliser intelligent et pieusement les outils de son temps.


Mgr Hervé Giraud, le père des twitthomélies, n'est pas seulement la star des geeks cathos, qui ne séparent jamais de leurs tablettes et de leurs smartphones. Il s'adresse à plus de 5200 abonnés de 40 pays différents. Le concept est tout simple : un très court extrait du texte évangélique du jour (précédé de la référence) et une phrase de réflexion et/ou de méditation. Le tout sous la barre fatidique des 140 caractères.


Avec ses twitthomélies, il invente une présence chrétienne modeste dans une monde plutôt infesté de grandes gueules bardées de certitudes. Et l'épisode du mariage pour tous a montré comment, sur les réseaux sociaux, les catholiques savaient être violents parfois.


Lors du rendez-vous annuel des médias catholiques, les 23 et 24 janvier à Annecy, Mgr Giraud est venu raconter son « ministère épiscopal à l'heure de Twitter » (texte de son intervention à retrouver ici). En dressant le bilan de trois années de ce rendez-vous quotidien, cette « une goutte, ou miette d’évangile », inspirée des lectures du jour, il a raconté ce qui avait changé pour lui. Et ce, alors qu'une compilation de son œuvre numérique était publiée sous le titre Twitthomélies (éd. Parole et silence).


« Tweeter a élargi la dimension universelle de mon ministère épiscopal prophétique », explique-t-il, parlant de « choix missionnaire », fidèle à l'injonction de Benoît XVI d'oser habiter ces « nouveaux aréopages » de l'internet. Mgr Giraud y a vu également le moyen « d’entrer en contact avec des non-croyants ». S'abonner à l'envoi quotidien d'un évêque sera toujours moins engageant que de taper à la porte d'un prêtre.


Longtemps formateur de séminariste à Lyon et donc chargé d'enseigner le métier de prédicateur, l'évêque de Soissons a également revu sa manière de penser la réception de son propos. La twitthomélie est pour lui « un bel outil pour apprendre à s’adresser à son prochain dans un langage le plus simple et le plus universel qui soit… comme Jésus ! Il faut trouver la longueur d’onde de l’autre. Je ne cible pas un public mais pense aux publics. » Un questionnement que pourraient partager nombres de ses confrères prêtres, qui, en principe, ne connaissent pas 100% de leurs fidèles de la messe.


Concluant son propos, il tire une leçon sociologique de l'utilisation de ce réseau social. « Les contributions des autorités et institutions établies ne seront reconnues qu’en fonction de leur pertinence, de leur précision, de leur politesse, de leur humour, de leur positivité, de leur qualité d’écoute et de présence, et surtout de leurs arguments ! Car l’argument d’autorité ne fait plus autorité et l’autorité se gagne aujourd'hui par tous ces éléments ».


Une lecture que ne renierait un autre twitto catho installé depuis l'an passé à Rome, un certain @pontifex.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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