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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 14:51

Le Saint-Siège a mené une grande consultation des fidèles en préparation du synode sur la famille prévu en octobre 2014. Je m'en suis déjà réjouis dans ce blog (lire ici).

Les premiers résultats ont été rendus publics en Suisse et en Allemagne. Ils consonent avec les éléments qui remontent de la base en France, telles les études réalisées par la Conférence des baptisés ou la Mission de France). Ces enquêtes montrent que certains règles ecclésiales- au premier chef le non accès au sacrement pour les divorcés-remariés – sont vilipendées par une grande majorité des catholiques des pays concernés.


Décidément secoués par le vent qui souffle du Vatican (ou du moins de la Maison Sainte-Marthe), les épiscopats communiquent des chiffres plus que dérangeants. Ainsi, on apprend que 90% des fidèles suisses veulent que les divorcés-remariés pratiquent sans entraves, et 60% approuverait des bénédictions de couples homosexuels. Dans leur rapport, les évêques allemands notent que la cohabitation pré-nuptiale est « quasi universelle ». Leurs voisins français pourraient en dire autant.


Le constat peut amener plusieurs réflexions. Et des lectures divergentes.


Un béotien des affaires vaticanes pourrait facilement pointer l'autisme des autorités catholiques quand aux mœurs familiales d'une bonne partie de l'Europe. Que l'Eglise qui s'estime, depuis Paul VI, experte en humanité, s'interroge encore en 2014 sur ce que vivent ses ouailles en dit long sur sa connaissance du terrain. La vraiment question n'est plus ce qui se passe mais ce qu'il convient d'en penser.


On rétorquera à cette pique sur deux points. Tout d'abord,le questionnaire était proposé aux Églises du monde entier. Les comportements différent largement selon cultures et continents et une cartographies des pratiques familiales sera fort utile.



Ensuite, plutôt que des déplorer l'apparente naïveté d'une question, il paraît plus judicieux d'observer la dynamique.


Hier, les catholiques étaient censés être dans les clous et la politique de l'autruche était de mise. En octobre, les évêques réunis pour le synode disposeront d'éléments objectifs, non de fantasmes, pour réfléchir et proposer d'éventuelles évolutions réglementaires.


Pour cela, oui, l'ouverture du questionnaire aux laïcs est une bonne chose et il faut féliciter ses promoteurs. La fin du secret dans la circulation des textes entre les épiscopats et le Saint-Siège participent aussi de cette bonne volonté.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 22:40

Jusqu'alors le numéro deux du Vatican, Mgr Pietro Parolin, nommé le 16 décembre dernier, avait été fort discret. Après quelques soucis de santé ayant retardé sa prise de fonction le15 octobre, il a du potasser ses dossiers avant de s'épancher dans la presse.


Peut-être a-t-il craint de ne servir que de l'eau tiède après les interventions parfois tonitruantes de son patron. Sans doute attend-il de porter le chapeau de cardinal qui en fera le 22 février l'égal statutaire des grands pontes de la Curie dont il est le chef.


Mgr Parolin a donné le 7 février, une longue interview dans l'Avennire, le quotidien de l'épiscopat italien. Son intervention est largement présentée par le vaticaniste Andréa Tornielli, dans un article disponible en anglais (ici)


Des se longues considérations diplomatiques (Proche-Orient, Chine), on retiendra sa définition des objectifs du Saint Siège : « bâtir des ponts pour promouvoir le dialogue et utiliser la négociation comme moyen de résolutions des conflits, amener de la fraternité, combattre la pauvreté et construire la paix. Le pape n'a pas d'autres intérêts ou stratégies ».


La défense de la situation des communautés chrétiennes n’apparaît pas dans cette énumération. Les fidèles du Christ sont, aux yeux du Secrétaire d’État, une population à protéger au titre de leur commune humanité, comme les autres. Une idée que l'on verra à l’œuvre très prochainement avec la visite du pape François en mai en Israël, Palestine et Jordanie.


Sur la polémique autour du prétendu – et surréaliste - « marxisme » papal, Pietro Parolin s'en sort plutôt bien : « Comment désapprouver l'avis du pape quand il dit que l'argent doit servir et non gouverner ?»


L'autre dossier sur lequel le numéro deux du Vatican est attendu est bien évidemment celui de la réforme de la Curie, dont il doit assurer la coordination. Difficile de voir la moindre nuance avec le discours de son patron. I souhaite un gouverment « moins bureaucratique, plus efficace au service du pape, des évêques, de l'Eglise universelle et des Églises locales ». On appréciera de voir apparaître ces dernières dans la liste, tant les incompréhensions sont parfois criantes entre le terrain et l’État-major.


Déplorant le jugement expéditif subi par la Curie, il reconnaît, en utilisant désormais le « nus », que ses agents doivent : « travailler vraiment dur afin d'être plus humains, plus accueillants, plus évangéliques comme François le souhaite ». Il faudra donc se relever les manches. Le temps où il suffisait d'être dans les petits papier du cardinal Bertone, prédécesseur de Mgr Parolin, pour occuper un joli poste est bien révolu.


On verra à l'usage si la nouvelle doctrine interne s'impose au sein d'une administration forcément rétive à être bousculée. Le pape compte sur son lui.

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 14:37

Il est encore des gens qui pensent que l'Eglise n'est qu'un organisme vertical dans lequel le chef parle et tout le monde se tait. Ce que vit l'Eglise catholique de France depuis l'épisode du mariage homosexuel apporte un démenti implacable. On savait déjà que, contrairement à ce que certains voudraient faire croire, les catholique n'ont pas été unanimes face au projet de loi concernant le mariage des personnes de même sexe. Et encore moins devant les mobilisations massives de l'an passé, comme de ce dimanche 2 février.


Mais voici que publiquement, dans les colonnes de La Croix, deux prélats influents Philippe Barbarin et Hippolyte Simon, archevêques de Lyon et de Clermont-Ferrand, ont exprimé des stratégies et des positionnements contraires. Tout en partageant le même avis sur le fond.


On connaît l'engagement du cardinal Barbarin (lire sa tribune ici ), en première ligne l'an passé, tant dans les débats que dans les rues. Pour expliquer sa participation au défilé lyonnais du 2 février, il a brandi la menace de la PMA (écartée par le gouvernement dans la Loi famille, avant l'abandon de celle-ci) et le GPA (exclue fermement par le Président Hollande). Mais le cardinal ne fait clairement plus confiance à nos gouvernants.


« Faudra-t-il supporter une nouvelle fois, écrit-il l’injustice revêtue des habits de la loi ? Chacun d’entre nous peut, aujourd’hui, reconnaître son existence comme le fruit de l’union d’un homme et d’une femme, quels qu’aient été les frasques ou les accidents de la vie de nos ancêtres, de nos parents… Qu’en sera-t-il demain ? Que dirons-nous aux enfants qui nous demanderont comment nous avons laissé faire cela ? ».


Son confrère clermontois (voir son texte ici ) n'apprécie guère plus l'action du gouvernement. S'il respecte « le choix de (s)es frères qui iront manifester le 2 février », leur accordant « la liberté de penser et de dire que cette façon d’agir est utile au témoignage qu’ils veulent donner », il s'octroie de son côté « la liberté de penser et de dire pourquoi » il a fait un autre choix. Et de s'empresser d'ajouter : « Nous n’avons pas de divergence sur le fond. Nos divergences portent sur la méthode ». Et sur le message, peut-on rajouter à entendre l'explication de Mgr Simon : « nous avons surtout besoin de retrouver notre crédibilité au sein de la société civile ».


Quand Philippe Barbarin veut se battre pied à pied pour défendre sa conception de la famille et trouver une voie médiane entre les « jusqu’au-boutistes » (sic) de « Jour de colère » et les résignés, Hippolyte Simon pense d'abord à la réception dans la société de cet engagement très médiatisé de l'Eglise.


Dans une analyse publiée ce lundi 3 février dans La Croix : « Mariage pour tous : une année de mobilisation » (lire ici), Anne-Bénédicte Hoffner et Céline Hoyeau donnent la parole à d'autres évêques. Parmi les réticents à manifester, les journalistes citent Claude Dagens (Angoulême), Jean-Luc Brunin (Le Havre) et François Fonlupt (Rodez) .


Le premier est le héraut de ceux qui pointent le danger de l'engagement massif des catholiques sur les pavés (voir dans ce blog). Le second, en première ligne comme président du Conseil « Famille et société », regrette « la passion et la vigueur » des défilés. Quand au troisième, il reconnaît que le débat prôné par l'épiscopat n'a pas eu lieu.


Diversité de méthodes, mis en échec dans ses appels au dialogue : l'épiscopat catholique de France ne sort pas indemne de l'épisode. Mais il est aujourd'hui capable de s'avouer des vérités humaines et des difficultés devant lesquels n'importe quel corps social aurait butter.

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 21:01

Les lecteurs de ce blog savent que j'ai pas l'habitude de dire du bien des évêques et de la communication des autorités ecclésiales. Et pourtant, il faut reconnaître qu'un prélat discret, tranquillement installé dans son diocèse de Soissons (qui est aussi le mien), montre qu'on peut utiliser intelligent et pieusement les outils de son temps.


Mgr Hervé Giraud, le père des twitthomélies, n'est pas seulement la star des geeks cathos, qui ne séparent jamais de leurs tablettes et de leurs smartphones. Il s'adresse à plus de 5200 abonnés de 40 pays différents. Le concept est tout simple : un très court extrait du texte évangélique du jour (précédé de la référence) et une phrase de réflexion et/ou de méditation. Le tout sous la barre fatidique des 140 caractères.


Avec ses twitthomélies, il invente une présence chrétienne modeste dans une monde plutôt infesté de grandes gueules bardées de certitudes. Et l'épisode du mariage pour tous a montré comment, sur les réseaux sociaux, les catholiques savaient être violents parfois.


Lors du rendez-vous annuel des médias catholiques, les 23 et 24 janvier à Annecy, Mgr Giraud est venu raconter son « ministère épiscopal à l'heure de Twitter » (texte de son intervention à retrouver ici). En dressant le bilan de trois années de ce rendez-vous quotidien, cette « une goutte, ou miette d’évangile », inspirée des lectures du jour, il a raconté ce qui avait changé pour lui. Et ce, alors qu'une compilation de son œuvre numérique était publiée sous le titre Twitthomélies (éd. Parole et silence).


« Tweeter a élargi la dimension universelle de mon ministère épiscopal prophétique », explique-t-il, parlant de « choix missionnaire », fidèle à l'injonction de Benoît XVI d'oser habiter ces « nouveaux aréopages » de l'internet. Mgr Giraud y a vu également le moyen « d’entrer en contact avec des non-croyants ». S'abonner à l'envoi quotidien d'un évêque sera toujours moins engageant que de taper à la porte d'un prêtre.


Longtemps formateur de séminariste à Lyon et donc chargé d'enseigner le métier de prédicateur, l'évêque de Soissons a également revu sa manière de penser la réception de son propos. La twitthomélie est pour lui « un bel outil pour apprendre à s’adresser à son prochain dans un langage le plus simple et le plus universel qui soit… comme Jésus ! Il faut trouver la longueur d’onde de l’autre. Je ne cible pas un public mais pense aux publics. » Un questionnement que pourraient partager nombres de ses confrères prêtres, qui, en principe, ne connaissent pas 100% de leurs fidèles de la messe.


Concluant son propos, il tire une leçon sociologique de l'utilisation de ce réseau social. « Les contributions des autorités et institutions établies ne seront reconnues qu’en fonction de leur pertinence, de leur précision, de leur politesse, de leur humour, de leur positivité, de leur qualité d’écoute et de présence, et surtout de leurs arguments ! Car l’argument d’autorité ne fait plus autorité et l’autorité se gagne aujourd'hui par tous ces éléments ».


Une lecture que ne renierait un autre twitto catho installé depuis l'an passé à Rome, un certain @pontifex.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 14:25
Bénédiction oecuménique

Voici une image qui pourrait illustrer la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens (du 18 au 25 janvier).


La scène se passe dimanche 12 janvier dans une église aux États-Unis. Une femme fait un geste de bénédiction sur le front d'un homme. Cela ne devrait guère choquer. Elle, Anne Robertson est pasteur d'une Église méthodiste, et lui Sean O'Malley, est cardinal de l’Église catholique.


Nous sommes à la fin d'une cérémonie commémorant un office de historique réunissant méthodistes et catholiques, il y 50 ans. La Révérende était au coté d'un ami qui a demandé au cardinal archevêque de Boston de lui faire un signe de croix avec de l'eau bénite. Un geste plein de sens, en ce jour de la Fête du baptême de Jésus.


Après s’être exécuté, le cardinal a demandé à la révérence de le bénir à son tour. « Je l'ai fait, raconte-t-elle dans son blog. Et la femme pasteur divorcée méthodiste a oint un cardinal catholique ».


Après les échos dans la presse, les réactions ont été diverses. Certains criant à la farce, d'autre, plus nombreux, ont félicité le cardinal. Anne Robertson, qui raconte avoir souvent souffert en tant de femme pasteur dans son Église, dit avoir été soutenue par de nombreux collègues.


Interrogée par le Huffington Post, elle a dit avoir pensé à la Lettre de Paul aux Galates : « il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus » (Ga, 3, 28).


Au lieu de se battre éternellement autour de l'accès à la table eucharistique, ne peut-on pas dans nos églises et nos temples, trouver des gestes forts qui montrent la proximité ? La bénédiction mutuelle peut être une voie. Il n'est pas nécessaire pour cela d’avoir une femme et un cardinal.

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 22:08

Voici une question étonnante qui dit beaucoup sur ce que deviennent certains cultes catholiques. « Faut-il tolérer les pleurs des enfants à la messe ? ». De tous temps, certaines familles à poussette ont assisté aux offices. Et la plus grande foi familiale n'a que rarement pu empêcher les cris impromptus et les pleurs imprévus.


La Croix de lundi 6 janvier s'est saisie de cette interrogation. Les journalistes du quotidien catholique racontent qu'on peut lire dans certaines églises des Yvelines une « charte », laquelle « recommande aux parents de 'réagir dès le premier cri' » et de ' favoriser les garderies'. À mots couverts, le texte déconseille aussi d’emmener les petits à la messe des jeunes du dimanche soir ». On a beau apprendre que la célébration en question étant destinée aux jeunes – ceux qui n'ont pas (encore) d'enfants braillards sur les bras – elle mérite un silence particulier, le coup est rude.


Ce que l'article reconnaît en citant des parents décontenancés par l'interdit. Comme cette mère de trois enfants de 2, 3 et 5 ans qui répond : « Tous ont leur place dans l’assemblée, au même titre que celui qui chante à tue-tête sans s’apercevoir qu’il chante faux. » On lit aussi les propos de curés qui ne partagent pas cette ambition d'aseptiser les messes au niveau sonore.


Quand il traverse la cour intérieur du presbytère en évitant le ballon des scouts footballeurs, le curé de chez moi conserve un visage radieux. Il préfère clairement réparer un carreau cassé ou panser un nez qui saigne à risquer la disparition de la troupe de louveteaux. Et le ballet de poussettes plus ou moins bruyantes dans le transept de son église le dimanche matin l'émeut plus qu'il ne l'indispose.

Des solutions existent, comme les garderies pour les messes les plus fréquentées. La Croix nous apprend que d'autres pistes existent. Une paroisse de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) « propose une salle sonorisée permettant de suivre la messe sans déranger l’assemblée ». Histoire de ne pas culpabiliser les parents en cas de pleurs ou quand le sein maternel devient l'unique solution.


Il n'empêche que vouloir isoler la messe du bruit et de l'aléa le plus naturel du monde interroge. Veut-on transformer les églises paroissiales en monastère ? Ou considère-t-on que la célébration de l'eucharistie doit être vécue « hors sol », barricadée du monde ?


Il n'y a en revanche aucun risque qu'un jour on interdise aux fidèles de s'endormir- au risque de ronfler – pendant les homélies insipides données sur un ton monocorde. Cette mesure radicale ferait trop de dégât dans l'assistance.

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 13:09

Christine Pedotti figure dans la promotion du 1er janvier de la Légion d'honneur. On aurait pu s'attendre à voir l'éditrice, auteure à succès et rédactrice en chef de Témoignage chrétien figurer dans la liste du ministère de la Culture et de la Communication. Or, elle doit son grade de chevalier au ministère du Droit des femmes.


C'est bien en raison de ses engagements auprès de ses sœurs dans l'Eglise catholique que Christine Pedotti reçoit les honneurs de la République. Sans doute, Mme Najat Vallaud-Belkacem a-t-elle eu vent de l'aventure du Comité de la Jupe , en lutte depuis fin 2008 contre le machisme traditionnel des mâles qui dirigent l'Eglise catholique. L'honneur en revient également à la cofondatrice du Comité Anne Soupa, et à celles – et ceux – qui l'animent aujourd'hui.


La ministre sait que le droit des femmes a encore bien des progrès à faire dans cette vielle institution, insensible aux évolutions des sociétés. Faute de pouvoir féliciter celui qui, de Rome, semble vouloir faire bouger les choses, elle envoie un signal aux hiérarques catholiques de France, peu enthousiastes devant les revendications féministes.


On espère quand même que l'épiscopat français, beau joueur et galant, félicitera Mme Pedotti.

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 10:06

Habituellement pour Noël, les évêques célèbrent la messe de Minuit dans leur cathédrale. Le 24 ou les jours précédents, ils vont fêter la joie de Noël dans des lieux de souffrances : prisons, hôpitaux... Mgr Claude Dagens, évêque d'Angoulême, habitué à faire entendre sa différence, a fait une autre choix. « Cette année, j’irai célébrer la messe de Noël, le soir du mardi 24 décembre, à 21 heures, dans un secteur rural de notre département de la Charente, à Montbron ».


Dans un message intitulé «L'événement de Noël dans des situations de détresse », l'évêque-académicien explique son idée en deux points. « J’ai reçu, depuis plusieurs semaines, des appels de détresse provenant de producteurs laitiers, d’éleveurs et d’autres exploitants agricoles qui sont de plus en plus inquiets pour leur avenir, parfois tentés de se taire ou parfois aussi de se suicider ».


Le prélat quitte aussitôt le ton dramatique pour mettre en avant des gestes d'espérance. « Je sais que cette situation de crise suscite aussi des actes de solidarité, encouragés et pratiqués par les responsables de la Chambre d’agriculture, du Conseil général et par les autorités de l’État, et spécialement du préfet de la Charente. Je n’ignore pas que la foi en Dieu inspire souvent plusieurs de ces responsables ».


La seconde raison, l'évêque d'Angoulême, la trouve dans les mots du Pape François dans son exhortation apostolique « La joie de l'Evangile ». « Ce n’est pas de la place des catholiques dans notre société qu’il s’agit. Nous partageons les inquiétudes de tous, et surtout, nous comprenons davantage que les questions vives posées par le monde rural sont celles de toute notre société ».


Pour Mgr Dagens, il ne s'agit pas d'un coup médiatique. « Je souhaite que ma venue et ma prière à Montbron ne soient pas sans lendemain. Elles sont sous le signe de l’engagement de Dieu avec nous, à travers son Fils, Jésus, né de notre chair pour tout prendre sur lui de notre humanité. Dans notre société inquiète, nous avons besoin les uns des autres ».


Pour les paroissiens de Montbron, voir leur évêque le soir de Noël sera une joie. Sa présence est un signe que le mouvement de décentrement vanté par le pape devient réalité. Noël doit être annoncé partout.

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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 15:51

Au printemps 2013, lorsque la Loi Taubira mobilisait des centaines de milliers d'opposants, que n'a-t-on entendu dans la bouche de prélats sur ces élus qui osaient légiférer sur un domaine dont on les taxait d'incompétence. « L’État est postérieur au mariage et à la famille, comme il est postérieur à la personne humaine. Voilà pourquoi il n'appartient pas à l’État, me semble-t-il, de définir ce que doivent être le mariage et la famille », écrivait ainsi en octobre 2012 Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes.

Pensez-donc : un évêque est mieux placé qu'un député pour savoir ce qu'est ou n'est pas un mariage. Et la fameuse anthropologie chrétienne – qu'il aurait été plus honnête de qualifier de catholique -, est à ses yeux, supérieure au choix des représentants du peuple, ces usurpateurs.

Denier toute légitimité au législateurs de traiter du mariage. comme arguer que les foules défilantes, ou les pétitions géantes, doivent s'imposer au vote des parlementaires. Cela s'appelle du populisme, le pouvoir de celui qui crie le plus fort, le pouvoir de la rue et de l'émotion.

« Nous condamnons les discours populistes répandant la suspicion contre toute représentation politique. », peut-on lire dans le communiqué du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, publié le 11 décembre, à l'approche des élections municipales des 23 et 30 mars 2014.

Bien sûr, la pique contre le Front national en plein essor et évidente. Mais la clique des Le Pen n'est pas la seule à se complaire dans le refrain du « tous pourris ». On peut y reconnaître tous les mauvais perdant, qui n'acceptent pas que leurs idées, minoritaires au sein de la représentation nationale, ne soient pas retenues.

Interrogé sur le site d'extrême-droite « Boulevard Voltaire », Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, qui n'a cessé de crier contre le gouvernement l'an passé, fait remarquer que le texte de l'épiscopat « est une simple déclaration du conseil permanent. Il n’a, bien entendu, rien d’un acte infaillible du magistère ».

Et histoire de bien montrer sa défiance, il affirme : « il n’est pas interdit de regretter, par exemple, que cette déclaration n’accorde pas une place plus importante à certains enjeux tels que la défense des valeurs familiales ou la nécessité de soutenir les familles, alors que les municipalités disposent, pour cela, de certains moyens d’action ».

Autre regard avec son confrère Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry. Lors de sa lettre pastorale « Voici Noël », donnée le 13 décembre, il rend un bel hommage aux responsables politiques. « En ce début d’année, mon regard va vers les hommes et les femmes qui exercent des mandats politiques ou qui se présentent comme candidats. J’aimerais les remercier ! Il est facile de se moquer d’eux ou de les dénigrer : aucun d’entre nous n’est parfait (…)



Le pouvoir peut enivrer. Mais l’immense majorité des conseillers municipaux, des maires et des députés européens font un travail gigantesque (…) , alors qu’ils sont particulièrement objet de sollicitations ou de plaintes de personnes incompétentes ou de personnes défendant leurs intérêts propres contre le bien commun. Oui, il faut savoir le positif de leur action et leur dire merci. »

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 14:29

Je n'ai pas l'habitude ici de parler chansons. Un spectacle superbe, vu en 2011 et chroniqué pour Témoignage chrétien (lire ici), est redonné ces jours-ci à Paris. Il s'intitule "Bêtes à bon Dieu" et met en scène trois chanteurs dans un florilège de textes autour de la religion, principalement catholique.

Deux vieux routeurs de la scène, Serge Hureau et Anne Syvestre, partagent la plateau avec Olivier Hussenet, jeune comédien-chanteur. A travers une trentaine de chants de tout style, on passe allègrement du XIVe siècle aux années twist, en passant par Hugo ou Corneille (Mon Dieu, quelle guerre cruelle). Le tout saupoudré de quelques tubes d’Anne Sylvestre, tour à tour caustique (Les regrets d'une punaise), admirative (Les cathédrales) ou féministe (Une sorcière comme les autres).


Ce tour de chant joliment mis en scène montre que le christianisme a toujours inspiré les musiciens et qu'un patrimoine magistral est toujours à visiter. Évitant le double écueil du récital pieusard et du pamphlet bouffe-curés, l'entreprise est une réussite et l'on souhaite que ces "Bêtes à Bon Dieu" puissent être données plus souvent.


Il faut donc profiter des trois prochaines représentations parisiennes au Hall de la chanson, 211 avenue Jean-Jaurés (La Villette), 75019 Paris, les dimanches 8 et 15 décembre (16h) ou le samedi 14 (20h30).

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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