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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 13:03

Créée à l'initiative du cardinal Lustiger en 1999, la chaîne catholique KTO n'a pas précisément la réputation d'être rigolote ou ludique. La colonne vertébrale de sa grille – laudes, chapelet et Vêpres depuis Paris ou Lourdes -, tout comme la forte présence papale en font un produit peu propice à la détente.

 

Il va falloir désormais penser autrement. Déjà l'an passé, le Cathologue est venu perturber les habitués des contenus idéologiques très sûrs. La mini-série de quatre minutes met en scène un duo d'étudiants cathos. Le premier, bon croyant mais bredouillant, tente d'expliquer sa foi sans succès pendant que son acolyte, moins au point au niveau religieux mais plus direct et meilleur communicant, transforme la séquence en un échange loufoque et théologiquement iconoclaste.

 

Si le caractère comique est inégal – et différemment apprécié par les fidèles de KTO - l'originalité du style est louable. Et surtout, il montre la possibilité de parler de foi de façon totalement décomplexée. Quitte à aboutir à « du grand n'importe quoi », selon les mots de la directrice des programmes, Philippine de Saint-Pierre. Plébiscité sur les réseaux sociaux et sur le site internet de la chaîne, le Cathologue poursuit donc sa route baroque cette année.

 

La grande innovation de la rentrée de la chaîne catholique est un jeu. Oui, un jeu télé classique avec un animateur, des candidats, des questions, trois réponses possibles, des buzzers, une finale et des cadeaux. A la baguette de QCM « Quiz du chrétien en marche », on trouve une espèce de gendre idéal avec sourire incorporé, inconnu du PAF, répondant au nom de Charlie Clark.

 

Quand il ne sévit pas sur KTO, l'homme est magicien. Pour parler de culture religieuse, il fallait bien ça. Car les questions, tout de même, répondent au cahier des charges de la chaîne. Il s'agit de tester sa culture chrétienne et biblique. Dans l'extrait présenté à la presse, les trois candidats devaient donner le nombre exact de pains et de poissons obtenu lors d'un fameux miracle.

 

Et comme sur le plateau de Julien Lepers, le candidat en tête peut choisir son thème : Bible, saints et saintes, liturgie... Le tout est vécu dans la bonne humeur. Bientôt, un espace sur le site internet permettra de se tester sur des questions et de faire acte de candidature.

 

Personne ne deviendra millionnaire, le budget de KTO n'égalant pas celui de TF1 même en crise. Les perdants rentreront chez eux avec des livres et des jeux. Quand au grand vainqueur du mois, il gagnera un voyage au soleil, comme avec Nagui. Mais il s'agira pas d'un séjour en Hôtel club all inclusive (1), mais d'une semaine en Terre sainte.

 

Il reste à savoir si, à l'instar des enseignants à la retraite de Questions pour un champion ou du Jeu des mille euros, le QCM sera l'apanage des diplômés en théologie.

 

Rendez-vous samedi 8 septembre à 21h45 (ou dimanche à 19h40), ou sur internet.

 

(1) Formule tout compris : logement, restauration, animation...

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 12:38

 

L'assemblée du Forum international d’Action catholique (FIAC), organisé du 22 au 24 août à Iaşi (Roumanie) avait pour thème « Corresponsabilité ecclésiale et sociale ». En cette année de commémoration conciliaire, Benoît XVI a rédigé un texte très encourageant sur le rôle des laïcs. Conscient que certaines intuitions de Vatican II avaient du plomb dans l'aile, il a appelé à un « changement de mentalité », sur le rôle des laïcs dans l’Église, qui doivent être « considérés non pas comme des 'collaborateurs' du clergé, mais comme des personnes réellement 'coresponsables' de l’être et de l’agir de l’Église ». Voici qui devrait combler tout ceux (et celles) qui pensent que les clercs ne doivent pas décidés seul de l'avenir de l’Église.

 

Benoît XVI demande aux laïcs de « s’approprier l’engagement à œuvrer pour la mission de l’Église (prière, l’étude, la participation active à la vie ecclésiale) », ceci avec « un regard attentif et positif envers le monde, dans la recherche continuelle des signes des temps ». Encore un clin d’œil à Vatican II bienvenu chez un homme souvent fâché avec son époque. On apprend également que le « charisme » des laïcs « assume la fin apostolique de l’Église dans sa globalité, en équilibre fécond entre Église universelle et Église locale ». Parfait, les simples baptisés sont donc en phase avec « l'élite » des ordonnés (en deux mots...).

 

C'est alors que le vent de liberté est quelque peu douché. Le pape appelle les laïcs à « assumer et partager les choix pastoraux des diocèses et des paroisses ». Lesquels sont sont la prérogative de l'évêque. Il n'est là plus question de corresponsabilité dans la prise de décisions. L'égalité entre clercs et laïcs en reste donc au niveau de l'exécution – ce qui n'est pas si mal – mais pas de l'orientation générale qu'il est parfois difficile de « partager » et donc d' « assumer ». Je demeure un grand naïf.

 

Ne boudons pas notre plaisir, car le reste du texte est positif. Les laïcs sont appelés à « offrir leur disponibilité pour participer, à tous les niveaux de la vie sociale, culturelle et politique » ayant toujours pour fin « le bien commun ». Pour mener une vie « transparente», « guidée par l’Évangile » et « éclairée par la rencontre avec le Christ, aimé et suivi sans crainte », Benoît XVI les encourage à « être des témoins courageux et crédibles dans tous les milieux de la société ». Si j'étais mauvaise langue, je noterais que l'on demande aux laïcs d'être crédibles dans leur témoignage, comme si d'autres témoins l’étaient moins. Mais, c'est mesquin. D'ailleurs je ne l'ai pas dit.

 

Alors concluons joliment avec les propos papaux. Par les laïcs, l'Évangile est « lumière qui porte espérance dans les situations problématiques, de difficultés, d’obscurité » du monde actuel. Et de les exhorter à devenir, au cœur du monde, « un laboratoire de mondialisation de la solidarité et de la charité», dotés du « courage de formuler des propositions exigeantes », afin de « grandir, avec toute l’Église, dans la coresponsabilité d’offrir un futur d’espérance à l’humanité ».

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21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 10:24

 

La désormais fameuse  Prière pour la France du 15 août, proposée par le cardinal André Vingt-Trois aux curés de France, a fait couler beaucoup d'encre.

 

La quatrième intention : « Pour les enfants et les jeunes ; que tous nous aidions chacun à découvrir son propre chemin pour progresser vers le bonheur ; qu’ils cessent d’être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère » a été vue,à raison, comme une opposition au projet gouvernemental de mariage homosexuel. On trouvera ici un florilège de réactions sur le blog des paroissiens progressistes  ou dans La Croix. 

 

Un sondage, effectué ce mois -ci par l'ifop pour La lettre de l'opinion indique que 45% des catholiques pratiquants sont favorables aux mariages homosexuels et 36% favorables à l'adoption par des couples de même sexe. On peut parler d'une opinion catholique divisée.

 

Le Figaro a demandé son avis à l'autre tête de l'épiscopat français, le cardinal Philippe Barbarin,

Comme toujours, la prose de l'archevêque de Lyon est riche et m'inspire quelques remarques.

 

Tout à fait d'accord avec Philippe Barbarin qui redit en quoi la prière, même pour la chose publique, n'est en rien contrainte par la laïcité, ce que semble refuser certains. C'est devenu récurrent dans les propos d'évêques aujourd'hui : expliquer sans cesse ce qu'est et n'est pas cette foutue laïcité que les gens (et les politiques les premiers) ne comprennent (et ne travaillent) pas.

 

Par contre, je ne suis pas (du verbe suivre) le cardinal dans son couplet « l'heure est grave. C'est une rupture de civilisation ». Pas seulement parce qu'à titre personnel, je n'ai rien contre le mariage gay. Mais cette dramatisation est en contradiction même avec le début de l'interview et son évocation d'une famille rom qui a obtenu un visa de séjour. La civilisation est un danger par endroit, mais non pas là. La mémoire de l'Abbé Pierre, star de l'été, serait-elle déjà oubliée ?

 

Enfin, je m'interroge sur cette phrase lancée par le prélat à nos législateurs : «  Je ne voudrais pas qu'ils se croient la mission de changer le monde ». Comment peut-on croire et encourager le politique comme le font nos épiscopes depuis quelques décennies et tenir un tel propos ! Le cardinal pense-t-il que changer le monde signifie tout mettre par terre dans un fantasme néo-soixante-huitard de type ratzingérien ? Ou que le monde ne peut vivre que selon les règles familiales étroites que défend – un peu seule aujourd'hui – l’Église catholique.

 

Je ferai grâce au cardinal, capable de citer la Bible en donnant le numéro de verset - de quelques passages évangéliques appelant à séparer affaires civiles et religieuses.

 

Pour conclure, et pour nous réconcilier avec les prélats qui tentent de diriger nos âmes, n'oublions pas la première des intentions de prière proposées par l'archevêque de Paris, que je signe avec enthousiasme : « En ces temps de crise économique, beaucoup de nos concitoyens sont victimes de restrictions diverses et voient l’avenir avec inquiétude ; prions pour celles et ceux qui ont des pouvoirs de décision dans ce domaine et demandons à Dieu qu’il nous rende plus généreux encore dans la solidarité avec nos semblables ».

 

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 15:09

 

Dans un précédent billet, j'ai eu l'occasion de dire du bien du cardinal Christoph Schönborn. L'archevêque de Vienne avait décidé, contre l'avis du prêtre responsable, de maintenir un laïc élu au conseil paroissial vivant en couple homosexuel.

 

Le prélat est aux prises avec une rébellion de prêtres sans précédent dans l'époque récente : le mouvement des prêtres désobéissants, mené par un de ses anciens collaborateurs.

 

Après avoir temporisé, tandis que Rome l'enjoignait de réprimer la mutinerie avant qu'elle ne fasse tâche d'huile, il commence à sanctionner. Ou du moins à tenter de faire. On pense à ce prêtre-doyen, sommé de choisir entre sa signature au pacte des agitateurs et sa fonction ecclésiale, et qui a préféré cesser celle-ci pour redevenir un simple prêtre, toujours « désobéissant ». Les prêtres seraient désormais interdits de voyager et de propager leurs mauvaises pensées.

 

Une interview à la revue catholique américaine Our Sunday Visitor, datée du 15 juillet 2012, donne une idée de la méthode du cardinal. Il commence, défense classique, par mettre en cause le traitement médiatique. « C'est une longue histoire que les médias simplifient pour faire les titres. Le mot désobéissance fait un titre magnifique ». Ce n'est pas faux, M. le cardinal, quand on parle d'une institution qui insiste tant sur l'obéissance et fonctionne de manière uniquement verticale.

 

Après quoi, le prélat met en cause la tactique de ses « adversaires ». « Le groupe de prêtres a choisi le mot pour attirer l'attention ». C'est juste, et les autorités ecclésiales devront désormais affronter des contradicteurs à la stratégie affinée, qui utiliseront toutes les ficelles pour se rendre sympathiques à l'opinion.

 

Sur l'ordination des femmes, un des points sur lesquels le groupe souhaite voir des évolutions, le cardinal se contente de rappeler « la doctrine claire de l’Église », sans se risquer à exprimer son sentiment. Concernant un autre point de tension, la revendication de prêcher pour les laïcs, il s'en sort par une pirouette. « Il est bon pour les fidèles laïcs de prêcher, mais par leur vie, en travaillant et en agissant. Chaque baptisé peut être un messager ».

 

La réponse de Mgr Schönborn sur le sujet, délicat, des divorcés-remariés, est plus intéressante. « C'est une question brûlante car elle touche beaucoup de gens », reconnaît d'abord le cardinal, comme un politique roué qui veut amadouer son interlocuteur avant d'attaquer le cœur du problème. La suite de son propos , tentative de détournement de la question, est édifiante. « Je ne comprends pas pourquoi la seule question qui semble intéresser tout le monde dans la discussion est de savoir s'ils [les divorcés-remariés] peuvent aller communier ».

 

Mais, M. le cardinal, l'unique souci est là. Les personnes concernées par une deuxième union ont le droit d'assister à la messe, de participer à toutes les activités paroissiales, d'être catéchistes. Une récente histoire française – la rupture de contrat avec un directeur diocésain de l'Enseignement catholique qui a pris une nouvelle femme – montre que la tolérance a ses limites dès que l'on occupe des postes hauts placés.

 

Surtout, Christoph Schönborn semble considérer l'accès à l'Eucharistie comme un élément parmi d'autres de la vie chrétienne, qui ne devrait pas concentrer toute l'attention (ou la tension...). Et là, il est difficile de le suivre.

 

Soit l'Eucharistie demeure la source et le sommet de toute vie chrétienne, selon l'antienne martelée depuis le Concile. Alors l’Église doit tout faire pour qu'un maximum de fidèles, dans la réalité de leur situation personnelle, puisse en bénéficier.

 

Soit, la communion au corps et au sang du Christ n'est qu'un élément de la messe parmi d'autres, au même titre que la méditation de la Parole ou le rituel pénitentiel. Auquel cas, on peut effectivement réfléchir sur qui est habilité à présider une telle cérémonie. Ce qui ce serait pas pour déplaire, entre autres, aux activistes autrichiens.

 

Pour étayer son propos, le cardinal liste les conséquences du remariage que ses détracteurs semblent oublier : « qu'arrive-t-il aux enfants, aux épouses abandonnées, quelles conséquences psychologiques de la rupture de la promesse ? » Toutes questions que la société peut prendre en charge. Et qui ne concernent pas uniquement la vie chrétienne des personnes concernées et la discipline sacramentelle.

 

Aucun homme d’Église intelligent et sensible, et l'archevêque de Vienne a montré qu'il émargeait clairement dans cette catégorie, ne peut aujourd’hui défendre l'indéfendable.

 

Il est grand temps que Rome arrête d'imposer à ses cadres ces tours de passe-passe rhétoriques qui ne convainquent plus personne. Des gens souffrent, des pasteurs trichent ou ferment les yeux, l'image de toute l’Église est décrédibilisée. Pour combien de temps encore ?

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 07:27

 

Dans un récent billet, le toujours pertinent Marc Favreau raconte qu'il a récupéré une note doctrinale égarée sur le net et dont le titre avait de quoi laissé perplexe : « Peut-on baptiser les enfants de couples homosexuels ? ». Quitte à poser des questions pastorales idiotes, allons-y : « Faut-il baptiser les enfants de mufles ?

 

Je m'explique. Dimanche, dans ma paroisse (voir le récit de la fête de celle-ci dans mon billet précédent), c'était jour de baptême. Par chez moi, les baptêmes de nourrissons se déroulent à l'issue de la messe, histoire de prendre son temps pour le sacrement sans pour autant retarder les paroissiens. Et si les parents-parrains-marraines-tontons-tatis-papys-mamies sont bien sûr conviés à l'eucharistie paroissiale de 11h, ils retiennent en pratique comme heure de convocation 12h. Comme ça c'est plus vite fait, et l'aîné des enfants dispose de moins de temps pour flinguer ses chaussures neuves.

 

Au moment de la communion, de petits groupes ont commencé à s'agglutiner devant les cierges, à mi-nef sur la droite. Et là, étais-je distrait (ce qui est mal à ce moment de l'office) ou simplement placé du mauvais coté, je me suis rendu compte, que ces gens-là (comme disait Jacques) se comportaient quasiment comme s'ils étaient sur le parvis de l'église.

 

Comme la pluie était au rendez-vous, les effusions de retrouvailles, les compliments pour le tailleur neuf de Madame ou la coupe de cheveux du petit dernier, les commentaires avisés sur le nouveau caméscope de poche acquis pour l'occasion par Tonton Roger se déroulaient à quelques mètres de moi.

 

Pas à voix haute, non. Mais une vingtaine de personnes qui chuchotent plus ou moins, cela fait quand même du bruit. Et comme personne n'a eu la bonne idée de demander à l'organiste de jouer plus fort, le temps de recueillement qui suit la réception de l'eucharistie a été quelque peu perturbé. Du moins pour les paroissiens disposant de tympans en état correct.

 

J'ai bien hésité à faire mon petit scandale et à leur demander – à voix haute – si les paroissiens ne les dérangeaient pas trop en retournant à leur chaise. La sagesse venant en vieillissant, je n'ai pas bronché.

 

J'ai essayé d'imaginer ce qui se passait au même moment dans la tête du célébrant. Celui-ci, stoïque et habitué (résigné) à cette drôle de clientèle, a fait venir les bambins près de l'autel pour qu'ils reçoivent les applaudissements de l'assistance, avant la bénédiction finale. Je n'ai pas pu applaudir, ce qui, j'en conviens, n'est pas gentil pour les futurs baptisés, lesquels ne doivent pas payer la muflerie de leurs géniteurs et ancêtres.

 

J'ai songé aux débats lancés périodiquement dans la presse locale dès qu'un prêtre ose refuser un sacrement. Je pense à la bénédiction de mariage catholique demandée par un couple qui refuse d'accueillir des enfants (cas difficilement plaidable), ou à des parents qui annoncent fièrement que l'enfant qu'ils amènent au baptistère ne recevra aucune éducation religieuse (1).

 

Oui, baptisons ces enfants qui méritent le regard de Dieu (ils sont aimés de lui à la naissance) et l'affection de la communauté des croyants. Et faisons tomber une pluie de malédiction sur cette engeance de vipère qui vient consommer du sacrement gratuit sans aucune considération pour le célébrant, les fidèles et le sens de leur geste.

 

Ça va mieux. Je vais me calmer.

 

(1) Je sais que nombre de leurs collègues mentent, les chiffres de la catéchèse le démontrent.

 

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 09:48

Dimanche dans une paroisse ordinaire. Le curé fête ses 40 ans de sacerdoce. La paroisse a tout préparé pour que la fête soit belle. Dans la cour du collège-lycée catholique, celles et ceux qui ne sont pas déjà partis sont là pour entourer leur pasteur. Sa famille est venue de tout le département et d'ailleurs. Le ciel est menaçant mais les nuages ne feront que passer.

 

Pour illustrer le texte de Paul aux Corinthiens sur le corps qui a besoin de tous ses membres, les enfants sont sur l'estrade devant l'autel tenant des panneaux représentant l’œil, le pied, la main, les oreilles et la tête. Les Scouts et Guides de France se mêlent aux Scouts unitaires. Dans l'assemblée, les anciens et les familles avec enfants et poussettes voisinent avec les familles africaines.

 

Après la messe, l'apéritif est festif, les petits se ruent sur les chips. Puis vient le repas partagé, lancé par un bénédicité gestué et rythmé par les adolescents et repris par tous. Au menu, du classique : salades, tartes, viandes, puis gâteaux, fruits et cafés, le tout apporté par les convives.

 

Rapidement les jeunes désertent les tables pour se retrouver dans les stands de jeux montés et animés par les scouts. Les ballons volent. Une lycéenne se promène l'appareil photo en bandoulière, histoire d'immortaliser l'événement. L'animateur avec son micro sans fil donne la parole à chacun. On se précipite quand une bourrasque malmène les auvents.

 

La Chorale du Soleil fait résonner ses chants africains et l'assistance reprend les refrains. Bientôt, un chanteur professionnel, venu de Paris, par amitié pour le curé, monte sur scène avec deux musiciens. On chante, on tape dans les mains et on prie.

 

Le maire, fraîchement élu député, vient faire un tour discret dans le public, avant de féliciter l'artiste. Le héros du jour, souriant et détendu toute la journée, prend la parole une dernière fois pour rendre grâce et remercier tous les artisans de la fête.

 

Dimanche prochain, la communauté catholique locale reprendra son train-train.

 

C'était une fête comme il y en a mille, partout en France et ailleurs. Une fête de la diversité, une fête modeste, une fête qui ne fera pas la une des gazette.

 

Une fête paroissiale, dans ma petite ville et une bonne journée passée en famille, bien loin des polémiques ecclésiales et des intrigues romaines.

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 06:32

Chers amis de Cathorève, je vous dois des explications.

 

Nombre d'entre vous doivent être désespérés de ne pas profiter de mes analyses bouleversantes de finesse et d'originalité depuis tant de semaines. Voici deux raisons, qui vaudront demande d'excuses :

 

1- Ariane est née le 4 mai. On comprendra que je préfère m’occuper d'elle, de sa mère et des deux « grands » (pas si grands que cela...) en manque et en demande de câlins plutôt que d'écrire des propos fielleux sur le Vatican

 

2- La perspective du retour de la Fraternité Saint-Pie X (ou de ce qu'il en restera demain) me met dans un tel état qu'il est profitable de me taire. Déjà dans le journal qui m'emploie, j'ai du mal à parler de ce feuilleton interminable dans lequel certains s'appliquent à ne jamais répondre aux questions qu'on leur pose quand les autres n'acceptent que des réponses positives.

 

Mon silence vous évite de lire des gros mots, des colères et des attaques finalement peu constructives. A défaut d'être chrétiennes, mais on n'en est plus là.

 

Et maintenant, on va rigoler un peu. Tout le monde, grande presse comprise, se délecte du Vatileaks (vilain néologisme). Ne disposant pas hélas d'antennes romaines fiable, je n'en sais pas plus et me contente de lire les vaticanistes. Il s'agirait d'une ou de plusieurs luttes de pouvoirs interne et non, pour moi, d'un complot anti-ratzingerien comme l'écrive, en une, de certains de mes confrères.

 

Dans les institutions normales, les documents confidentiels se retrouvent un jour ou l'autre dans les mains des journalistes et les méchancetés apparaissent sur la place publique. Notre scandale vient uniquement du fait que ces événements surviennent au sein d'un monde qui fonctionne de toute éternité sur le secret et l'interdiction de toute parole publique.

 

On souhaite par avance bon courage au nouveau secrétaire d’État que le pape nommera un jour, et qui va récupérer un Vatican en sale état.

 

Fuite, corbeau, menace, prison : tout cela est fort distrayant. Tout cela conforme surtout un convictions assez partagée au point qu'elle n'en est presque plus subversive : le sommet mondial de l’Église catholique tangue trop pour se rétablir. Il ne s'agit plus de savoir si mais quand il s'effondrera et si l’événement sera une bonne ou une mauvaise nouvelle pour la transmission du message de l’Évangile.

 

Les historiens kremlinologues pourraient nous être ici d'un grand secours.

 

PS : Depuis longtemps, des gens sérieux pensent l’Église d'après. Je vous en parlerez un jour prochain.

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 07:07

 

En attendant que la Fraternité Saint-Pie-X se décide enfin à signer l'accord funeste ou que le Vatican y renonce définitivement, on se rattache à toutes les petites informations. Celle qu'a révélée hier le toujours bien informé Nicolas Senèze (La Croix) donna une idée de l'état d'esprit du Vatican.

 

Le Saint-Siège s'intéresse à d'autres descendants de Mgr Lefebvre, la branche des repentis de l’Institut du Bon Pasteur (IBP). Dans mon précédent post, j'indiquais que 2012 marquait la fin de la période ad experimentumde l'implantation de l'Institut en France. Le billet de Nicolas Senèze nous donne des éléments du rapport remis le mois dernier à l'abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'IBP, à l'issue de la visite canonique organisée à l'automne dernier et dirigée par Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei.

 

 

Évoquant le séminaire situé à Courtalain dans l'Eure, Nicolas Senèze écrit : « La commission Ecclesia Dei juge l’évaluation 'positive', mais demande à l’IBP 'd’intégrer l’étude du Magistère actuel des papes et de Vatican II' ».



Ces propos peuvent inspirer deux commentaires :

  1. Les anciens fidèles de Lefebvre goûtent peu Vatican II et le magistère des papes des 50 dernières années. Ce n'est pas un scoop. A Courtalain, on préfère apprendre le maniement et le nombre réglementaire de balancements de l'ostensoir ou améliorer les performances des séminaristes dans le boutonnage de soutane. Les heures d'apprentissage du catéchisme des réponses toutes faites laissent sans doute peu de temps pour réfléchir - terme maudit – à ce que signifie une « Église, Peuple de Dieu » ou l'intérêt du mouvement œcuménique.

  2. Ce désintérêt – euphémisme – pour l’événement qui a redéfini la théologie et l'ecclésiologie catholique contemporaine n'empêche en rien que l'évaluation de l'émissaire soit « positive ». On peut donc faire un bon travail de formation de futur prêtre en passant à côté du Concile. Un peu comme un inspecteur de l’Éducation nationale qui dirait à un professeur des écoles : « Vous faites du bon travail mais vous pourriez aborder en classe la conjugaison et les quatre opérations ». A ce compte là, on peut être pessimiste sur le niveau réel d'exigence de Rome pour intégrer la Fraternité Saint-Pie X.

     

Les catholiques girondins seront heureux d'apprendre que : « Concernant la paroisse Saint-Éloi, [la commission] demande 'la mise en place d’un conseil économique' ». Avec un bon comptable, tout irait donc pour le mieux.

On pourrait écrire des pages sur le peu d’appétence de Benoît XVI pour l'aventure traditionaliste, comme le fait Jean Mercier (La Vie).

Il est clair aujourd'hui que l'expérience pionnière de l'IBP est jugée avec grande mansuétude. Tourner le dos au Concile n'est donc pas rédhibitoire pour appartenir à l’Église catholique romaine. Tourner le dos à l’Église catholique romaine pourrait être bientôt une option, déchirante mais raisonnable pour certains : ceux, nombreux, qui ne veulent pas cohabiter avec des gens remplis de haine pour notre monde.

 

PS : A mes détracteurs, je confirme. Oui, je manque en ce moment d'espérance pour l’Église catholique. Douloureusement. Et je sais ne pas être le seul. Oui, je manque de fraternité (pour la Fraternité). Je l'assume. Mais certaines valeurs ne se bradent pas.

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 11:16

 

Né à Marseille il y a 46 ans, Laurent Touze est un élégant jeune homme de 46 ans. Prêtre de l'Opus Dei, il enseigne depuis 1988 la théologie spirituelle à l'Université pontificale de la Sainte-Croix, à Rome. Il est spécialiste du célibat sacerdotal. Détail amusant, il est un neveu du dominicain Jean Cardonnel (1921-2009), prédicateur d'un célèbre Carême révolutionnaire en 1968, avec le soutien de Témoignage chrétien.

 

Jeudi 12 avril, il était à Paris pour rencontrer quelques journalistes et leur parler des relations entre Rome et les traditionalistes à la lumière du Concile. Pour lui, si le schisme lefebvriste doit être résorbé, « c'est la dernière chance. En cas d'échec, ils deviendront une secte »

 

L'Abbé Touze n'a pas peur des paradoxes. Son décryptage de la Fraternité Saint-Pie X est sans concession. « Leur théologie commence à Grégoire XVI (1831-1846) et s'arrête à Pie XII.(1939-1958). Leurs manuels de références datent du début du XXe siècle. Leur attachement à la lettre des textes est presque pathologique ». Il liste les questions qui fâchent dans le Concile pour les traditionalistes : la liberté religieuse (« le point le plus important »), l’œcuménisme (« sur la validité des sacrements, ils devront bouger ») , le dialogue interreligieux et la collégialité épiscopale. De plus, « ils refusent également l'idée de sacerdoce commun des fidèles, une idée au cœur du Concile. Et qui était présente chez les Pères de l'Église ». Le catalogue est vaste, englobant la majorité des réformes marquantes de Vatican II.

 

Malgré ces nombreux points achoppement, l'Abbé Touze, comme tout le monde à Rome, prie ardemment pour un accord. Il s'agit avant tout que les brebis égarées réintègrent le bercail romain. Pour cela, il s'applique à mettre en exergue tous signes positifs dans l'interminable processus de discussion pour lequel le Vatican est allé au bout de son offre. Il fait remarquer que Mgr Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a exhorté ses ouailles à l'obéissance durant la Semaine sainte.

 

Quand on l'interroge sur les dégâts prévisibles dans les diocèses français en cas de réintégration, le professeur avance l’arme juridique proposé par le Vatican : la prélature personnelle. Dans cette structure (utilisée pour l'Opus Dei), « le droit canon prévoit que les conférences épiscopales soient consultées avant que des équipes s'installent dans un pays ». Ce ne fut pas le cas pour l’intégration des dissidents traditionalistes ralliés, grâce à la commission pontificale Ecclesia Dei, dont l'Institut du Bon Pasteur (1). Cette procédure serait censée nous mettre à l'abri d'une catastrophe pastorale. On en doute.

 

Car comment donc prêtres et fidèles vont collaborer avec des impétrants qui les traitent d'hérétiques depuis des décennies ? Le prêtre de l'Opus Dei donne cette réponse désarmante. « Un ami prêtre a été nommé à Rome dans une paroisse dont un vicaire ne croit pas à la Résurrection ». Comprenez, la diversité des idées est grande dans l'Église. Certes, et cela ne date pas d'hier. De là à penser qu'il est concevable de faire cohabiter des prêtres conciliaires avec d'autres persuadés que ce qui s'est passé entre 1962 et 1965 fut une catastrophe pour l'Église de toujours, le pas est grand.

 

La différence majeure entre l’hypothétique arrivée des Lefebvristes dans l'Église romaine et la présence de quelques prêtres un peu hérétiques, vient du fait que ces derniers n'ont pas l'arrogance des premiers. L’Église peut, doit vivre, et vit depuis toujours une grande diversité.

 

Ainsi la présence de l'Opus dei en France, si elle a interrogé au début, est acceptée parce que ces membres partagent 99% des convictions de la majorité et acceptent la pluralité et le jeu collectif de la vie des diocèses.

 

L'expérience du Bon Pasteur est un échec cuisant dans ce domaine. L'intransigeance et la certitude de détenir l'unique vérité demeurent chez les prêtres et les fidèles de cet institut. L'argument de Don Laurent Touze (ainsi que les professeurs sont appelés en Italie) ne tient donc pas. En France, l'arrivée de Lefebvristes, sauf un très improbable reniement complet de leurs théories - de l'ordre du lavage de cerveau - seraient une catastrophe aux conséquences incommensurables.

 

Et si le jour funeste d'un accord à Rome devait arriver, je donnerais cher pour assister à la consultation canonique du cardinal Vingt-Trois, préalable à l'intégration dans nos diocèse de membres de la Fraternité. Comme son prédécesseur et mentor Jean-Marie Lustiger, le président de la Conférence des Évêques de France n'a jamais porté les lefebvristes dans son cœur. Osera-t-il dire non pour protéger une Église de France déjà fragile ou cédera-t-il devant Rome (voir un de mes billets précédents)?

 

Espérons que les tous prochains événements nous mettent à l'abri de cette funeste décision. Qu'on en finisse une fois pour toute avec ce mariage impossible et à éviter à tout prix.

 

(1) Leur installation à Bordeaux était prévue ad experimentum. Une commission d'évaluation doit rendre son avis cette année. On attend ses conclusions avec impatience. Sans se faire d'illusion sur la réelle liberté du diocèse de Bordeaux de dire ce qu'il pense vraiment de l'apport de l'abbé Laguérie et de ses troupes au service de tous.

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 07:08

 

 

Christoph Schönborn, cardinal-archevêque de Vienne, a bien du mérite. Depuis des mois, il fait face à une fronde de prêtres qui appellent leurs collègues à désobéir à certaines règles insoutenables : interdiction d'accès à la communion pour les divorcés remariés, interdiction pour les laïcs de présider certaines cérémonies... Comble de malheur, le meneur de cette révolte est un de ses anciens bras droit, le P Helmut Schüller.

 

 

Coincé entre Rome et la peur d'une contagion d'un côté et le risque de schisme et de l'accélération des départs de fidèles de l’autre, le cardinal marche sur un fil. Et pour l'heure, il ne s'en sort pas trop mal.

 

Dernièrement, il vient de se comporter en pasteur plein d'humanité et de finesse. Florian Stangl , 26 ans, employé de Caritas (le Secours catholique autrichien) auprès d’enfants handicapés, a été élu au conseil de paroisse de Stützenhofen, un village de la Basse-Autriche. Son curé le P. Gerhard Swierzek a exigé de lui qu'il démissionne, au motif que M. Stangl vit avec un homme sous le statut d'union civil et ne s'en cache pas. Ce dernier, refusant la décision, a demandé l'arbitrage de l'archevêque, lequel a accepté de le recevoir avec son compagnon.

 

A l'issue de ce rendez-vous, le cardinal Schönborn a désavoué le curé, demandant que l'élection de Florian Stangl soit validée. Dans un communiqué, il a signalé l'existence de « beaucoup de membres des conseils pastoraux de paroisse dont le style de vie n’est pas en totale conformité avec les idéaux de l’Église».

 

Le prélat a reconnu avoir été marqué par « l'engagement à vivre une vie de foi» du couple homosexuel, ajoutant qu'il comprenait pourquoi M. Stangl avait recueilli tant de voix (90% des votants) au sein de la communauté paroissiale.. « Je pense que ce jeune homme est à la bonne place, et je prends sur moi de couvrir l’affaire. »

 

En écrivant cela, le cardinal-archevêque sait que des bonnes âmes ne manqueront de dénoncer le scandale à Rome, où d'autres bons serviteurs de l'Église penseront surement que, décidément, Christoph Schönborn est bien peu regardant avec la discipline. Et ils auront raison.

 

Le prélat préfère un bon paroissien actif aux médisances. Sans doute sait-il combien les homosexuels souffrent de leur discrimination au sein de l’Église catholique et pense comme Florian Stangl que « la demande de vivre dans la chasteté semble non réaliste ».

 

Dans la tourmente que connaît l'Églisecatholique autrichienne dont il est le chef, le cardinal fait un geste d'ouverture. Même s'il a fait remarquer que, normalement, les candidats aux conseils pastoraux doivent signer une déclaration affirmant leur « adhésion à la foi et à la discipline de l’Église catholique », histoire de rappeler le caractère exceptionnel de sa décision, il a privilégié l'homme à la loi.

 

Sa décision donne à voir un visage d'Égliseplus ouvert et pourrait faire revenir vers les communautés des ouailles qui ne supportaient plus le rigorisme moral de l'institution.

 

Chaque dimanche dans les paroisses, des divorcés-remariés, des homosexuels et une foule de gens hors des canaux réguliers de l'Église, vont à la messe et communient devant des prêtres qui n'ignorent rien de leur situation. Si un évêque, et pas des moindres, à son tour fait passer l'esprit avant la lettre, alors les espoirs sont permis.

 

Pour tous les Florian Stangl d'Autriche et d'ailleurs.

 

 

 

 

 

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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