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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 20:59

Vous cherchez un magazine chrétien et libre, proche de l'Église catholique et capable de dire ce qu'il pense en vérité, politique et spirituel ? Je vous présente l'Appel, « magazine chrétien de l'événement », le cousin wallon de  Témoignage chrétien.
 
Héritier d'un journal paroissial de Liège au titre délicieux (L'appel des cloches), l'Appel se présente comme indépendant tout en gardant ses racines catholiques. Le Conseil d'administration est toujours dirigé par un prêtre liégeois et la rédaction, entièrement bénévole, regroupe des prêtres et des laïcs.

 

Parmi les plumes de l'Appel, on remarque Gabriel Ringlet, qui signe un billet spirituel très personnel, et Dom Armand Veilleux, père abbé de l'abbaye de Scourmont, trappiste, toujours en quête de la vérité sur la mort de ses frères de Tibhirine. Côté laïc, on peut apprécier les textes de Frédéric Antoine, rédacteur en chef (et auteur de billet évangélique), par ailleurs professeur à la Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication de l'Université catholique de Louvain.

 

La force de l'Appel est d'être lié à l'institution ecclésiale – l'adresse courriel du journal (appel@catho.be) marque son lien au site de l'épiscopat belge – toujours en gardant une liberté extrême.

 

Au sommaire du numéro de décembre dernier, on pouvait lire un article au titre sans équivoque : Divorcés-remariés. Incompétents ? « Le sort que l'Église réserve aux divorcés-remariés est plein d'ambiguïtés et de contradictions. Beaucoup ont l'impression d'un acharnement théologique ». Le qualificatif incompétents ne s'adresse pas ici aux autorités romaines, mais aux divorcés-remariés à qui l'archevêque de Malines-Bruxelles Mgr Léonard, demande de ne plus solliciter des responsabilités ecclésiales sous peine d'être « en position délicate de porte-à-faux ».

 

Une instruction que l'auteur de l'article, Jean Bauwin, membre du comité de rédaction du magazine, balaie sans ménagement : « Beaucoup de catholiques n'écoutent plus que d'une oreille distraite ce qui vient d'en haut, presque lassés de s'indigner, puisque toute critique est vaine. L'Église y perd en crédibilité et sa parole risque bien d'être rejetée en bloc ».

 

Se basant sur une étude indépendante récemment publiée sur l'état de l'Église belge, un autre rédacteur revient sur « dix ans de soubresauts » : la surprenante nomination du successeur du cardinal Danneels à Malines-Bruxelles (André Léonard n'était pas candidat et ne figurait pas sur les listes de noms proposée par la Conférence des évêques à Rome !) ou les scandales d'abus sexuels par des prêtres.


Toujours au rayon malaise, José Gérard dans « Le CIL dans la dèche », déplore la baisse des subsides accordés par l'épiscopat au Conseil interdiocésain des Laïcs , cette institution sans équivalent en France qui « représente les laïcs au sein de l'Église catholique », selon son président Peter Annegarn. Conscient des difficultés financières de la Conférence des évêques dues à la baisse du nombre de fidèles, l'auteur y voit un signe. « Les services comme le CIL, issus du Concile Vatican II, qui se permettent une attitude critique vis-à-vis de la hiérarchie et de ses prises de position, ne représentent probablement plus une priorité ».

 

Attention l'Appel n'est pas que le réceptacle dans toutes les difficultés ecclésiales, il est également ouvert à l'actualité du monde. « Demain, tous fragiles » apparaît ainsi en titre de la livraison de décembre qui aborde avec bienveillance le mouvement des indignés.

Longue vie à l'Appel !

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 11:36

 

Mgr Carlo Maria Viganò, ancien numéro deux du Governorat (sic) du Vatican, l'organisme qui gère les biens de l'Etat pontifical, a été nommé en octobre 2011 nonce aux Etats-Unis. Et il en a gros sur la mitre. Dans deux courriers adressés en 2011 au pape et au Secrétaire d'Etat, il avait dénoncé des malversations au sein de cette administration, dont il avait contribué à rétablir spectaculairement les comptes, notamment grâce aux très bonnes entrées du Musée du Vatican. Merci Raphaël ! Merci Michel-Angel !

 

Les missives ont été rendues publiques, la presse s'en est délectée, flairant une affaire potentiellement crapuleuse. Devant le scandale, la Présidence du Governorat a publié le 4 février une déclaration pour récuser les accusations du prélats. Preuve du malaise dans un monde, plutôt habitué au silence.

 

Une chose surprend dans le communiqué officiel. Après un renouvellement de la confiance à l'ensemble de son personnel, le texte se conclut ainsi : « Le Governorat tout entier (…) entend réaffirmer sa ferme volonté de continuer à déployer ses efforts pour servir le Pape, en totale fidélité et intégrité, conscient du grand honneur et des hautes responsabilités que ce service implique. »

 

Ainsi donc, tout ce petit monde serait au service du Pape. Naïvement, je croyais que ces gens dévoués (peu nombreux, mal rémunérés) travaillaient pour l'Eglise, les catholiques, Jésus, l'Evangile, les hommes de bonne volonté, voire, dans le cas précis, les touristes qui donnent leurs euros pour visiter la Chapelle sixtine.

 

Et bien non, ils serviraient un personnage, une figure certes, mais qui n'est qu'un homme et qui n'est pas du genre à se prendre pour plus. L'expression « Servir le pape », même si elle contient bien plus que la personne du pontife, contribue à donner l'image d'un système perpétuant une culte de la personnalité regrettable.

 

Les mousquetaires du Roy et les espions "au service de sa Majesté", on les aime dans les films. Pas dans la vraie vie. Dans la vraie vie, tout le monde sert un projet, un idéal, un peuple. Pas un homme.

 

 

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 07:41

On a beau jouer les branchés, parler de twitter et se promener avec son ordinateur portable, si l'on ne se défait pas de ses vieux démons du contrôle, de la verticalité et de centralisation, on ne peut entrer pleinement dans le monde de la communication d'aujourd'hui. Tel est un des soucis des autorités catholiques actuelles.

Prenez Mgr Claudio Maria Celli,  président du Conseil pontifical pour les communications sociales depuis 2007. Il a adressé un message aux participants des Journées François de Sales organisées fin janvier à Annecy par la Fédération française de la presse catholique  (FFPC), autour des « défis du numérique ». Évoquant le phénomène récent des blogs, le prélat n'a pu s'empêcher de mettre en cause la liberté régnant sur la toile, même dans le micro-secteur catholique.

Mgr Celli a regretté que des blogs « anonymes » ou « dont l'origine est difficile à situer » critiquent parfois le pape ou les évêques. Les remises en cause sur la place publique ne font pas partie de son univers, du petit monde romain dans lequel tout le monde travail main dans la main, dans le plus grand désintéressement, pour servir l'Eglise pour la plus grande gloire de Dieu.

A l'heure d'internet, tout ce qui s'écrit sur une institution, fût-elle millénaire, n'est pas nécessairement positif. Et l'opinion publique, réclamée en son temps par le très moderniste Pie XII, prend des libertés avec la parole officielle et les autorités. C'est même une de ses fonctions.

Quand à l'anonymat, non seulement il fait pleinement partie de la culture internet, mais il est parfois une nécessité. Utiliser son nom ne pose pas de soucis quand on se situe en proximité avec le pouvoir. Les minoritaires et les réfractaires ont parfois besoin d'avancer masqués, à fortiori quand ils évoluent dans une institution non démocratique.

 « L'anonymat nous permet de parler librement sans être mis à l'écart », commente Paroissiens progressistes, un blogueur masqué du Nord de la France, remonté contre les propos de Mgr Celli.

Combien de temps s'écoulera-t-il avant que les autorités romaines admettent que l'internet se supporte pas (ne connaît pas) le fonctionnement vertical descendant de l'information, comme au bon vieux temps de l'ORTF, quand Alain Peyrefitte, ministre de l'information de 1962 en 1966, visait le sommaire du journal télévisé de la chaîne unique de télévision française.

Dans son blog, René Poujol, ancien patron de la rédaction de l'hebdomadaire Pèlerin, et organisateur des Journées, s'étonne de ce qu'il a lu – en direct - sur la page Facebook de l'épiscopat créée pour l'occasion. Il raconte comment celle-ci a rendu compte d'une table ronde de blogueurs.

Dans un premier temps, la page n'a cité nommément que deux intervenants, deux prêtres : le jésuite Pierre de Charentenay, directeur des Études, et Pierre Hervé Grosjean, du très classique Padreblog. Quand Poujol fait gentiment remarquer au rédacteur de service la présence de deux des plus influents laïcs intervenants dans ce petit monde, le site « officiel » rectifie le tir d'une étrange manière : «  A leurs côtés, Erwann le Morhedec (Koztoujours) et Marc Favreau (Hôtel synodal) avec qui la Conférence des évêques est bien en lien

Le dernier terme fait bondir le journaliste : « Nos deux blogueurs laïcs sont homologués ! Rien à craindre ! Mais cette précision même pose question en ce qu’elle laisse entendre, que la FFPC aurait bien pu inviter des blogueurs «non conformes»… puisqu'il est jugé nécessaire de préciser qu’ils le sont. Mais conformes à quoi ? A une certaine éthique acceptable par tous, ou à une forme de labellisation sur la base de critères propres à la seule institution ? »

Les organisateurs ont convié les orateurs pour leur expérience et leur expertise unanimement reconnues. Même si Marc Favreau est fréquemment sollicité pour former des responsables de communication diocésains (fonction qu'il occupa lui-même un temps) et si Koz se situe globalement dans la ligne vaticane, il est maladroit de les qualifier de blogueurs « en lien » ?

Seraient-ils aux autorités catholiques ce que les artistes « officiels » étaient aux dictatures d'autrefois ? Un tel qualificatif ne m'aurait pas plu et mes deux camarades de la blogosphère catho méritent mieux que cela.


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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 08:23



Tout le monde le sait depuis dimanche et son discours au Bourget, François Hollande a un « adversaire », lequel « n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance ».

Du coup, face à un tel danger, notre homme à un rêve. Le « rêve français » de François Hollande, « c'est la confiance en la démocratie ». Je suis  bien d'accord avec lui. On peut juste craindre que certains de ces rivaux soient également assez favorables à la démocratie ou du moins le proclament.

Chez le Corrézien, cette « démocratie sera plus forte que les marchés, plus forte que l’argent ». En voilà un message fédérateur, bien au-delà de la gauche. Qui osera se présenter devant le suffrage universel en défendant banquiers, traders, fournisseurs d'actions pourries et jongleurs de stock-options ? Même pas un candidat de droite.

Et puis, emporté par la foule, par son élan, notre candidat s'emballe et poursuit son énumération. La démocratie hollandienne est également  « plus forte que les croyances, plus forte que les religions ».

Allons donc, croyances et religions seraient classées dans la même catégorie infamante que la finance et l'argent ? On ose espérer qu'être cités en troisième et quatrième positon est un gage de moindre dangerosité.

Certes, un croyant peut faire des dégâts et les religions font parfois plus de mal que de bien. En Tunisie ou en Égypte cette posture se défend. Ou chez nous, mais il y a longtemps désormais.

Comment donc François Hollande, hier proche des catholiques Jacques Delors et Jean-Pierre Mignard, s'est-il lancé dans un copier-coller de l'article de wikipedia « Voltaire pour les nuls » ?

Bien sûr, en plus de la vilaine finance, notre candidat à un rival sur sa gauche. Ses élans anti-religieux ont pu faire revenir au bercail rose quelques Mélanchoniens toujours prompt à bouffer de la calotte, voir des adeptes de Nathalie Arthaud ou Philippe Poutou. Mais cela ne saurait excuser la crétinerie du propos.

Peut-être M. Hollande pense-t-il que de nombreux juifs, chrétiens et musulmans se gobergent avec un gros cigare en se partageant les bénéfices en calculant le nombre de licenciés parmi le petit personnel. Il  y en a bien sûr.

Quelqu'un pourrait-il lui dire que, parmi celles et ceux qui sont au quotidien aux côtés des victimes de la finance et des marchés, on trouve des milliers de croyants de toutes religions. Si un jour, les chrétiens de France se retirent du secteur social et des associations humanitaires (confessionnelles ou non), il verra, M. Hollande, ce qui se passera.

A-t-il entendu parler des pères Rodhain et P. Wresinski et de l'Abbé Pierre, fondateurs du Secours catholique, d'ATD Quart-Monde et d'Emmaüs ? Sait-il ce que font les associations membres de la Fédération de l'Entraide protestante, celles du Fonds social juif unifié ou les équipes du Secours islamique ?

Salariés, militants et donateurs croyants de ces structures seront ravis d'apprendre que, de par leur foi, il sont classés parmi les obstacles à la démocratie rêvée du candidat socialiste.

Si le député de Corrèze veut se donner la peine de lire les textes de l'épiscopat catholique ou de la Fédération protestante de France, il aura du mal à trouver des apologies du grand capital.

Au fait, heureusement pour le candidat socialiste qu'il n'y pas trop de catholiques en France quand on voit le peu de crédit que ces derniers lui réservent  D'après l'enquête TNS-Sofres réalisée pour le magazine Pèlerin ( numéro du 19 janvier), il recueillerait 25% d'intention de vote au premier tour chez les non-pratiquants,  16% auprès des pratiquants occasionnels et, pire encore, 13% chez les messalisants réguliers. Avec de tels propos, il ne risque guère de remonter.

Bien sûr, François Hollande est plus intelligent et mieux informé que cela. Il ne souscrit pas à une ligne de cette démonstration plus qu'exagérée. Qu'il se garde donc à l'avenir de telles inepties.

Ou qu'il se souvienne que le combat mené par Lionel Jospin, alors premier ministre, en 2000-2001 contre la mention de l'héritage religieux dans le Préambule de la Constitution européenne (1) ne lui avait pas porté chance quelques mois plus tard. Cela n'a sans doute pas joué dans le désastre de 2002,  c'est vrai.

Il est grand temps que les élites socialistes cessent de rivaliser de bêtises en parlant du fait religieux en France.

 

(1) Témoignage chrétien s'était mobilisé alors contre la position du gouvernement français.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 15:52

Bonne année à toutes et à tous. Je vous prie de bien vouloir pardonner le silence de Cathorêve, dû aux congés de fin d'année (sapin, crèche, papis-mamis, etc), à beaucoup d'activités professionnelles et à un peu de paresse.

En préparant quelques vœux pour 2012, j'ai prévu en premier lieu : « un évêque intelligent à Poitiers qui ne détruira pas le travail et l'expérience menée depuis plusieurs décennies dans ce diocèse expérimental ». Le temps que je termine mon post, l'information est arrivée de la reconduction de Pascal Wintzer, nommé en 2007 évêque auxiliaire d’Albert Rouet, puis administrateur apostolique au départ de ce dernier en 2011. Il est désormais archevêque de Poitiers.
Félicitations à Rome qui s'est tirée de ce dossier épineux par une décision sage. Après une année d’atermoiements et de rumeurs, la continuité est une bonne idée.


Le géant sympathique qui assurait l'intérim va pouvoir vraiment prendre en charge l'héritage d'Albert Rouet et de Georges Rozier (évêque de 1975 à 1994) et faire pour le mieux. Son positionnement comme président de l'Observatoire Foi et culture de l'épiscopat, en première ligne dans les polémiques causées par les pièces de théâtres prétendues christianophobes(mot inconnu par le correcteur d'orthographe de mon ordinateur, un signe...), a montré que l'homme était un sage, comprenant notre époque et ouvert aux échanges entre l’Église catholique et la société.

Voici donc une année qui débute bien pour l’Église de France.

Je vous livre mes autres vœux, pêle-mêle :

- la lucidité du Saint-Siège dans ses interminables négociations avec la Fraternité Saint-Pie X. L'union a tout prix peut faire plus de mal que de bien

- la reconnaissance, enfin, que les communautés catholiques en France ne fonctionne qu'avec les femmes

- la poursuite de l'ouverture au monde de Benoît XVI dans la foulée de la célébration réussie en octobre dernier de l'élan interreligieux d'Assise

- une meilleur santé pour la presse intelligente, les journaux religieux en particulier et spécifiquement  l'excellent hebdomadaire qui m'emploie et pour lequel les temps économiques son rudes

- un commémoration du Concile qui permette de retrouver son envie de parler au monde tel qu'il est est et non tel qu'on le rêve

Enfin, histoire de ne pas trop passer pour un donneur de leçons, je tente une bonne résolution :
faire de ce blog un lieu d'observations plus positives sur la galaxie catholique. Sans pour perdre le droit de critiquer, sinon c'est pas rigolo. Objective:une bienveillance attentive.

PS : J'oubliai un dernier vœux : un beau bébé !

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 09:43

 

 

« La vraie Église est à Notre-Dame ». tel est la teneur des messages échangés sur les réseaux sociaux jeudi soir, pendant la veillée de prière qui a rempli la cathédrale parisienne. Une soirée en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Vierge, fêtée le 8 décembre, mais aussi en réponse à la première le même soir de la pièce controversée Golgota Picnic.de Rodrigo Garcia.

 

La vraie Église, celle qui concerne l'immense majorité des catholiques, est ici définie par rapport à la famille intégriste. Autour de l'institut Civitas, proche des lefebvristes de la Fraternité Saint X, celle-ci avait appelé à se rendre près du Théâtre du Rond-Point pour prodiguer un exorcisme.

 

Ces anti-démocrates, nostalgiques d'un pays aux mains de l’Église, ont tenté de faire sortir Satan du théâtre. On peut se demander s'ils ne regrettaient pas la disparition de la Sainte-Inquisition, laquelle donnait jadis plus souvent dans la tenaille que dans le débat d'idées.

 

Rien de tout cela à Notre-Dame, mais des croyants appliqués à faire ce qu'ils font le mieux : dire qui sont pour eux Dieu, Jésus et Marie, et exprimer leur foi profonde dans le Salut. Dans leur église et non dans la rue. Sans anathème. En démocrates.

 

« Le Christ n'appartient à personne », dit Mgr Pascal Wintzer, évêque auxiliaire de Poitiers et président de l'Observatoire « Foi et Culture » de la Conférence des évêques de France, dans un entretien à Témoignage chrétien . Il invite les croyants à écouter ce que nos contemporains disent sur Jésus. Et, lorsque cela est possible, comme cet été à Avignon avec Roméo Castellucci (Sur le concept du visage du fils de Dieu), à dialoguer avec les artistes.

 

L'auteur de Golgota Picnic est apparemment moins bien disposé à expliquer sa vision des choses. Tant pis. C'est en répondant par le calme et l’affirmation tranquille de leur conviction que les catholiques montrent à la société leur plus beau visage.

 

Quand aux évêques, divisés dans leur ressenti face à ces pièces dérangeantes, ils ont sans doute trouvé le ton juste. Avec la soirée à Notre-Dame, Le cardinal André Vingt-Trois a réussi un joli coup double : marginaliser les intégristes et redorer l'image des cathos français.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 07:21

 

Le week-end dernier se tenait au Parc floral de Paris-Vincennes la rencontre des Semaines sociales de France. Autour de la question de la démocratie, près de 3000 personnes ont participé à ce qu'il est convenu d'appeler le grand rendez-vous (ou la grand'messe pour les observateurs qui se croient drôles) des catholiques sociaux.

 

Cette nébuleuse se compose de fidèles engagés dans l’Église, socialement cadres et plus, d'un âge avancé (1), politiquement entre le PS et l'UMP, et à l'abri des tentations extrêmes, ce qui n'est plus, hélas, une évidence aujourd'hui. Les Semaines sociales drainent des cathos main-stream.  

 

Durant la journée consacrée aux discours des politiques sur la démocratie, ils ont pu sans souci applaudir les représentants d'Europe Écologie les Verts (Lucile Schmid), du PS (Marie-Sol Touraine) ou de l'UMP (Hervé Mariton), tous comme les candidats François Bayrou et Christine Boutin. On notera que les deux seuls aspirants à l’Élysée venus en personnes sont ceux qui mettent en avant leur foi catholique et assument leur filiation démocrate chrétienne.

 

Il y a une petite dizaine d'années pourtant, les Semaines sociales étaient au bord de l'abysse. Ils n'étaient que quelques centaines à se retrouver à Issy-les-Moulineaux. On prédisait alors le même déclin à l'institution centenaire que celui dont souffre Chrétiens en Forum, le successeur du Forum des Communautés chrétiennes, et dont la courbe de fréquentation est descendante.

 

Preuve du désamour alors des Semaines sociales, les seuls stands présents étaient ceux de la presse (Bayard , La Vie, Témoignage chrétien, France catholique et Réforme). Aujourd'hui, ce week-end de trois jours est l'incontournable lieu d'exposition de tous les mouvements, œuvres et revues catholiques ouverts. Beaucoup d'entre eux cassent leur maigre tirelire et convoquent leurs militants pour s'y montrer. Car le lieu est idéal (et unique) pour communiquer sur ses activités, comme il l'est au congressiste pour savoir ce qui se fait dans la galaxie catho. Pour un exposant habitué, une absence peut être comprise comme un signe de mauvaise santé, voire de disparition.

 

Au-delà de la qualité intellectuelle du plateau (2), les Semaines sociales jouissent de l'effet congrès : ce qui se vit hors des salles de débat est aussi intéressant que les conférences. Des amis de la France entière savent qu'ils vont s'y retrouver et des provinciaux privés de librairies religieuses font le plein sur les tables garnies de La Procure. On peut enfin mettre un visage sur le nom d'un correspondant téléphonique ou électronique. Les plus priants ont l'occasion de passer quelques instants de recueillement avec les frères de Taizé et leurs chants.

 

Le journaliste fait le plein de cartes de visites et d'idées de reportage. On se voit, on se parle, on se découvre, on échange sur ses misères et ses espoirs, on donne des nouvelles des petits-enfants et on jase sur son curé. Peut-être qu'en rentrant chez soi, au-delà du brio de tel orateur, on gardera en mémoire une rencontre personnelle ou le plaisir d'avoir découvert la qualité d'un journal ou la pertinence d'un engagement sur un stand inconnu.

 

Lieu de formation exigeant et pouvant paraître un peu austère, le rendez-vous de novembre a peut-être assuré sa pérennité grâce à son cadre de convivialité unique dans l'agenda catho français.

 

(1) Les jeunes couples avec enfants, on peut le déplorer, ne sont plus disposés comme avant à donner trois jours pour leur formation intellectuelle. Malgré la garderie. Les 25-40 ans rencontrés sont donc des bénévoles, des exposants, des jeunes étrangers venus d'Europe d'Est... ou des séminaristes.

 

(2) Des responsables de communautés religieuses payent la session à leur membres et des séminaires y envoient leurs étudiants.

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 14:10

 

Peu crédible sur la grande scène politique où l'espace à droite est irrespirable hors de l'UMP, la candidate du Parti chrétien-démocrate concentre ses efforts dans son milieu naturel : la famille catholique. A moins qu'il ne s'agisse du seul endroit où on l'écoute (1).

 

Jeudi 24 novembre, l'ancienne ministre du Logement était invitée de l’émission de radio Face aux chrétiens, coproduite par RCF, Radio Notre-Dame et La Croix. Dimanche 27, elle intervient au grand rendez-vous des cathos sociaux, les Semaines sociales, consacrées cette année à la démocratie.

 

Côté presse écrite, Christine Boutin a page ouverte à France catholique. Cet hebdomadaire a consacré le 18 novembre pas moins de 8 pages à la question que la France entière se pose avec angoisse : « Où en-est la campagne de Christine Boutin ? ». La réponse, forcément optimiste, est donnée par la vedette elle-même.

 

L'entretien est accompagné d'un questionnaire « vrai-faux » sur les méchancetés qui courent partout à son propos, entièrement rédigé par qui vous devinez, orné d'un titre émoustillant : « Je ne suis pas celle que vous croyez ». Exemple : « Christine Boutin est homophobe ». Et bien non, sachez le.

 

« Christine Boutin est notre amie et nous croyons son combat indispensable, écrit Frédéric Aimard directeur de publication (2). Nous ne resterons donc pas neutres. » Et, un peu plus, loin : « Mais nous gardons notre liberté et, surtout, laissons à chacun sa propre liberté pour les futures échéances électorales ».

 

Leurs confrères de Famille chrétienne  agissent un peu plus finement. Une des journalistes, Marie-Joëlle Guillaume, a annoncé il y a quelques semaines renoncer provisoirement à son poste d’éditorialiste pour rejoindre l'équipe de campagne de la candidate Boutin. Une posture un poil plus déontologique.

 

Notons enfin que le mélange des genres journal d'info – journal de parti n'est pas l'apanage des cathos de droite. Le journaliste politique de Politis Michel Soudais est un très proche collaborateur de Jean-Luc Mélenchon. Ce qui cause quelques remous au sein de sa rédaction.

 

Quant à Témoignage chrétien, qui naguère roula pour Jean-Pierre Chevènement, du temps ou celui-ci était encore crédible, il y a longtemps que les lecteurs n'y lisent plus de consigne de vote. D'abord parce qu'il sont assez grands pour choisir. Ensuite parce que les membres de la rédaction soutiennent des poulains divers.

 

Au fait, il n'est pas impossible de retrouver prochainement semaine dans cet (excellent) hebdo une certaine... Christine Boutin

 

(1) A l'heure d'écrire ces méchancetés, j'apprends qu'elle était au Grand journal de Canal + hier.

(2) Aidé par la plume de Gérard Leclerc, il porte à bout de bras cet hebdomadaire depuis des années avec un courage admirable

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 13:24

Pour être crédible, l'Église catholique doit donner l'impression qu'elle et le Christ aiment les gens. Problème, le prélat romain convaincu de cela est un spécialiste des questions familiales, celles qui coincent.

 

Jean-Laffitte.jpg

Mgr Jean Laffitte est un homme affable et souriant. Avec son bon accent du Béarn, il parcourt le monde pour porter la bonne parole vaticane dans un domaine où elle passe difficilement : la morale familiale et sexuelle. Ce prélat est en effet secrétaire (numéro 2) du Conseil pontifical pour la famille.

 

Quand on l'interroge sur les milliers de femmes abandonnées par leurs maris, interdites de table eucharistique si elles ont l'idée de vouloir se remarier, Mgr Laffitte répond le plus tranquillement du monde que l'on ne peut défaire le sacrement donné devant Dieu. Tant pis ! Le geste posé enferme à jamais.

 

Mgr Laffitte ne s'est s'en doute jamais demandé pourquoi en Occident, si peu de catholiques suivaient les règles qu'il s'obstine à expliquer dans tous les séminaires et toutes les nonciatures qu'il visite à longueur d'année. Mgr Laffitte maîtrise bien mieux les fuseaux horaires que la réalité de la vie des gens.

 

Et voici que, à l'occasion de son passage à Lourdes pour la fête des familles, Mgr Laffitte a répondu à un entretien dans La Croix  du 31 octobre 2011. A la question « Quelles sont les conditions aujourd'hui de la crédibilité du message catholique ? », Jean Laffitte donne une réponse intéressante : « la première condition, c'est que les gens sentent que l’Église les aime comme le Christ les aime ». L'évêque parle d'amour et non de loi.

 

A lire les Évangiles, il est difficile de penser que Jésus était très à cheval sur les procédures. Lui qui n'a rien bâti, si ce n'est l'essentiel. Comment donc le Christ aime les gens, comment il a aimé ses contemporains qui ne suivaient pas les lois de l'époque ? Devant la femme adultère, il a dit « Va et ne pêche plus », il ne lui pas expliqué « tu ne peux me suivre car tu as fauté ».

 

Jésus accueille sans interdire. L’Église aussi, dira-t-on, accepte les divorcés-remariés, mais en leur fermant la portes de son signe le plus important. Elle accueille également les homosexuels, en leur demandant un comportement impossible. Elle aime sans conditions les gens qui marchent droit. Drôle de façon d'aimer.

 

Les « gens » qui vivent hors des clous ont bien du mal à « aimer l’Église ». Albert Rouet, alors archevêque de Poitiers, avait abordé la question dans un autre sens : « C'est à nous de nous rendre aimables  » (Le Monde, 4 avril 2010).

 

Une récente enquête réalisée par le Cevipof (le Centre d'étude de Science po Paris) et relevée par Le Monde (8 novembre 2011) donne une image édifiante de la réalité. A la question « Avec-vous confiance dans les instituions suivantes », l'Eglise (sans précision, et sans accent sur l'initiale, on pense penser qu'il s'agit de la catholique) ne récolte qu'un piètre 28 % de oui, dixième sur douze du palmarès, loin derrière l'armée (tête de liste, avec 85 %), l'école (78 %) ou encore la police (52 %). Cette Eglise ne laisse derrière elle que la télévision (24 %) et les partis politiques (13 %) dans le concours d'amour/désamour.

 

Mgr Laffitte et ses collègues ont-il songé un jour à la vague de sympathique qui submergerait le monde catholique si le Vatican renonçait à un de ces principes qui provoquent tant de souffrance et éloignent tant de gens du message évangélique ? En lâchant sur une règle de morale familiale et sexuelle, la parole de Mgr Laffitte et son sourire prendraient réellement sens. On pourrait enfin tous dire : l’Église aime les gens.

 

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 08:52

 

 

La vie d'évêque de nos jours n'est pas une sinécure. Pour preuve, certains prêtres disent non au Nonce apostolique qui leur propose les honneurs de la mitre et les embarras de la responsabilité épiscopale. Gérer la pénurie de prêtres, accueillir les demandes sans cesse croissantes des fidèles, écrire des homélies et enseigner, recevoir, supporter les pressions de tous les bords, entretenir les relations avec les autorités locales...

 

Nos évêques aspirent à respirer. Et c'est pourquoi la petite semaine lourdaise, qui s'achève aujourd'hui, est un ballon d'oxygène, et pas simplement grâce à l'air des Pyrénées ou les prières devant la Grotte.

 

Bien sûr à Lourdes, nos prélats travaillent beaucoup. Cette année, ils ont parlé famille, internet, rassemblement dominical, écologie, anniversaire de Vatican II... Séances plénières, réunions en commission, messes, ils ont gardé le rythme soutenu des semaines dans leur diocèse.

 

Et pourtant, rien n'est pareil.

 

A Lourdes, ils peuvent échanger tranquillement avec leurs collègues, se raconter malheurs et succès, parler de soucis que seul un confrère peut comprendre.

 

A Lourdes, il ne sont pas accaparés par les soucis quotidiens et peuvent éteindre le téléphone portable sans scrupules, laissant leur vicaire général gérer les affaires courantes.

 

A Lourdes, ils ont le loisir de s'échapper le temps d'un repas en ville pour causer avec un ancien camarade qu'ils ne croisent qu'une fois l'an.

 

A Lourdes, ils se parlent en vérité, quelles que soient leur sensibilité, d'autant plus tranquillement que la majorité des séances se tient à huis-clos

 

A Lourdes, ils acceptent avec le sourire les sollicitations des journalistes qui les attendent au pied de l'escalier qui monte à l'hémicycle

 

A Lourdes, ils peuvent répondre à leurs courriels quand le sujet de débat les passionne moyennement

 

A Lourdes, nos évêques font corps et reprennent des forces.

 

Dans une ville quasi déserte - seuls quelques pèlerins étrangers fréquentent le sanctuaire -, nos prélats sont heureux. Et cela fait plaisir.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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