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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 10:52

 

Au XVIe siècle, les Papes, chefs temporels, étaient aussi des mécènes. On pense à Clément V Médicis,  mentor de Michel-Ange, à Jules II, qui entama les travaux de la Basilique St-Pierre ou encore à son successeur Léon X, encore un Médicis, nettement plus porté sur l'art que sur lé théologie.

 

Leur fortune d'alors était mise au service de peintres, sculpteurs, architectes ou musiciens qui recevaient commande pour réaliser des œuvres à la gloire de Dieu et/ou de leur protecteur. Cette fonction a disparu. Les pontifes d'aujourd'hui ne sont pas riches et utilisent leur cassette pour la solidarité internationale ou les missions.

 

Pourtant, avec l'actuel locataire du Palais apostolique, nous avons un vrai mélomane. Le piano est le seul plaisir pour lequel Benoît XVI accepte de quitter son bureau ou son oratoire. Aussi, l'annonce d'un concours du premier « Concours international de composition de musique sacrée » lancé par le Vatican résonne comme une bonne nouvelle.

Car il est utile d'entendre comment de jeunes créateurs actuels veulent louer Dieu par leurs notes.

 

Las, l'intitulé de l'exercice laisse bien peu de place à l’originalité. La forme est imposée : il conviendra décrire un Credo pour choeur et orgue, de moins de 15 minutes. Le texte est également non-négociable, puisqu'il est précisé que la langue sera le latin. Les partitions doivent être remises avant le 20 juillet.

 

Bien sur, il aurait été inconvenant d'envisager qu'un morceau de free jazz ou un rap veuillent rivaliser avec le grégorien, « chant propre de l’Église romaine » (Vatican II, Sacrosanctum concilium, 116). Mais avec une latitude si faible, nombre de créateurs peuvent être découragés. Un musicien, aussi fervent fidèle soit-il, n'imagine peut-être pas que le Credo soit le seul cadre inspirant aujourd'hui, ni que l'orgue soit l'instrument indépassable.

 

Le Gallois Karl Jenkins, né en 1944, connaît un grand succès avec ses œuvres chorales sacrées. Ainsi, son Stabat Mater (2008), de style néo-classique, comporte un majorité de textes en latin, mais utilise aussi l’anglais et l'arabe. Mieux, une pièce demande aux quatre parties du chœur de s'exprimer respectivement et simultanément en arabe, en hébreu, en grec et en araméen.

 

L'usage de ces quatre langues majeures dans l'histoire des croyants du Livre apparait comme une quête d'équilibre en cohérence avec nos sociétés multiculturelles. Facile à chanter par ailleurs, le latin est uniquement la langue de l'histoire du catholicisme. L'argument de sa compréhension par toute la galaxie catholique ne tient plus, comme le montre tous les historiens du Concile Vatican II. Il y a 50 ans, déjà, seules les élites vaticanes le maîtrisaient correctement, non la majorité des évêques. Alors aujourd'hui !

 

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 07:42

 

Rendez-vous à Lourdes les 24 et 25 mars prochains. 50 ans après que Jean XXIII eut convoqué à Rome les 4500 évêques catholiques de l'époque pour un concile, nos prélats hexagonaux invitent des délégations des diocèses de France pour un week-end dans la cité mariale. Le thème de la rencontre de commémoration est engageant, à la limité de la méthode Coué par les temps actuels : « Joie et espérance ». Le programme suit une progression inattaquable, bien dans l'esprit de l’événement conciliaire : le Christ, l’Église, le monde. Tout va donc pour le mieux. Sauf que...

 

Sauf que les organisateurs ont commis une légère faute de goût. Vatican II a mis en exergue que dans l’Église, « peuple de Dieu », les fidèles laïcs avaient toute leur place et qu'ils ne devaient plus être des brebis suivant aveuglement leurs bergers. Cette révolution majeure dans l'histoire du catholicisme n’apparaît pas franchement à regarder le casting de la rencontre et le nom des orateurs principaux sur le dépliant du week-end.

 

« Le Christ, lumière du monde », sera présenté par Claude Dagens, évêque d’Angoulême. Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris abordera « L’Église, signe de Dieu et annonciatrice de la paix ». Enfin, le dimanche, honneur au boss, le cardinal André Vingt-Trois lui-même, pour expliquer en quoi « l'homme est la route de l’Église ». Trois intervenants, trois évêques.

 

Les mauvais esprits pourraient en déduire que seuls nos prélats sont habilités à mettre en valeurs Vatican II. Notre pays ne manque pourtant pas d'historiens (Étienne Fouilloux, Denis Pelletier, Daniel Moulinet), d'écrivains (Christine Pedotti, Bernard Lecomte) ou de théologiens (Christoph Theobald, André Dupleix) qui ont travaillé et écrit sur le Concile. Sans compter celles et ceux qui parcours la France toute l'année pour des conférences, des formations, des récollections sur, devinez quoi, Vatican II.

 

Bien sûr d'autres orateurs, laïcs et prêtres, témoigneront durant ces deux jours à Lourdes. Mais l'affiche 100 % mitrée ne donne pas une grande image de diversité. Je n'ose penser que l'assistance, nourrie au bon lait du Concile, se serait offusquée de voir en vedette un orateur qui ne serait même pas successeur des apôtres.

 

Je suis sûr que dans trois ans, quand sera venu le moment de commémorer dans l’allégresse la clôture de Vatican II, les organisateurs penseront à mettre en avant d'autres figures. Histoire de ne pas s'attirer les sarcasmes et la mauvaise foi de Cathoreve.

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 07:38

 

A Rome, le calvaire du cardinal Bertone se poursuit. Le corbeau du Vatican ne cesse de réclamer la peau du secrétaire d'Etat qui, à 77 ans, demeure mystérieusement à son poste.

 

En attendant, un autre changement majeur est en cours à la Curie. Selon le vaticaniste Marco Tossati, Benoît XVI devrait s'attaquer après Pâques à la succession de son successeur à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l'américain William Levada. Le journaliste italien cite, comme nombre de ses confrères, le nom de Mgr Gerhard Mueller, évêque de Ratisbonne.

 

A moins que le pape choisisse.... un français. Dans le quotidien Sud-Ouest , on peut lire le scoop suivant : « Des bruits insistants dans les couloirs du Vatican, laissent filtrer le nom du cardinal archevêque de Bordeaux comme nouveau préfet pour la congrégation pour la doctrine de la foi ».

 

Hélène Rouquette-Valeins explique ainsi le silence de Jean-Pierre Ricard devant les reproches du groupe « Chrétiens sans frontières Gironde  », membre du Réseau des Parvis. Ces contestataires n'ont jamais admis l'intégration dans le diocèse de l'Institut du Bon Pasteur dans l'église Saint-Eloi. C'était il y a cinq ans et l'expéreince, mise en place ad experimentum, doit donner lieu dans l'année à une évaluation.

 

On se souvient que le cardinal Ricard, membre de la Commission pontifical Ecclesia Dei en charge du retour des anciens intégristes, prétend avoir été obligé à faire de son diocèse un cobaye dans la tentative, ratée, de greffe d'ex-Lefebristes pas franchement repentis. « On peut donc penser que Mgr Ricard, qui a été obligé en 2006 d'avaler son col romain, ne soit pas pressé de répondre à l'aile la plus à gauche de son diocèse , explique la journaliste bordelaise.

 

Soit Hélène Rouquette-Valeins est informée de façon insoupçonnée et Jean-Pierre Ricard va héritier du poste prestigieux que son prédécesseur en Gironde Pierre Eyt, ami du pape allemand, avait convoité en son temps. Soit elle est aveuglée par son chauvinisme et a oublié que la France a très mauvaise presse au Vatican. On penchera pour la seconde solution.

 

A l'automne dernier à Lourdes, Mgr Roland Minnerath, évêque de Dijon promis à plus grand destin, s'était mis en colère quand j'évoquais devant lui pareilles rumeurs. Le seul français susceptible d'avoir de l'avancement au Saint-Siège semble être Jean-Louis Bruguès, secrétaire (numéro 2) de la Congrégation romine pour l'éducation catholique. Sur le CV de l'ancien évêque d'Angers, figure le poste de prieur du Couvent dominicain... de Bordeaux.

 

 

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 21:41

Dans la longue liste de ses ennemis, Jean-Luc Mélenchon a placé deux catégories qui me touchent un peu : les journalistes et les Églises. Pour les premiers, si le fond n'est pas idiot (les grands médias aux pieds des patrons et de la droite), les outrances et le systématisme peuvent lasser.

Concernant les Églises, le candidat du Front de Gauche a spécialement dans le nez la plus importante d'entre elle, la catholique. Il fait partie de cette catégorie de français qui continue de croire (ou de faire semblant) que les papistes tirent les ficelles dans notre pays. Une posture aussi erronée à mes yeux que celle qui consiste à hurler à la christianophobie.

Dans sa belle interview publiée cette semaine par  La Vie, les journalistes interrogent le candidat du Front de gauche sur son parcours spirituel. On savait qu'il avait été enfant de chœur, comme beaucoup de fils de famille pieuse. Il convient de s'attarder sur la raison qu'il invoque pour expliquer sa rupture. Et s'apercevoir qu'elle n'est pas d'abord idéologique.

 « Je disais la messe en latin. Puis, l’Église a excommunié ma mère quand mes parents ont divorcé ». Bien sur, le terme est impropre.  Mais une divorcée était mal vue à l'époque dans le monde paroissiale. Peut-être s'est elle remariée depuis, perdant la possibilité de communier. Qu'importe ! Ce qui compte, c'est le souvenir du futur militant.

« J'ai ressenti une violence incompréhensible pour un garçon de 9 ou 10 ans à l'époque », poursuit-il. Tout un univers dans lequel il semblait se complaire s'est effondré devant l'injustice. L’Église en voulait à sa mère. Difficile de passer l'éponge. Devenu un politique impitoyable, il ne compte pas le faire.

Si encore ce récit était unique ! Mais le double sentiment de violence et d'incompréhension, qui a marqué le jeune Jean-Luc Mélenchon il y a 52 ans, a été vécu par bien des catholiques. Et ils demeurent, hélas, toujours d'actualité.

Je n'oublierai jamais la réaction d'une amie des mes parents quand je lui ai annoncé, tout fier, que j'étais embauché dans un journal catholique. « Les curés, je ne veux plus en entendre parler ». Quelques années avant, son mari était parti avec une plus jeune. Et elle savait le sort qui lui était réservée en cas de remariage ou de formation d'un nouveau couple.

Ainsi l’Église catholique a perdu et perd encore des fidèles. Ainsi elle a éloigné et éloigne encore des personnes du message de l’Évangile « Je suis un adversaire de l’Église, en tant qu'acteur politique, du cléricalisme », explique le candidat, devenu un laïcard redoutable.

Il n'est plus désormais utile d'expliquer à Jean-Luc Mélenchon qu'en France, l’Église n'est plus un acteur politique puissant, n'en possédant ni les moyens ni le désir. Derrière cette vieille institution, il voit avant tout celle qui a fait de la peine à sa mère. Pour toujours.

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 20:59

Vous cherchez un magazine chrétien et libre, proche de l'Église catholique et capable de dire ce qu'il pense en vérité, politique et spirituel ? Je vous présente l'Appel, « magazine chrétien de l'événement », le cousin wallon de  Témoignage chrétien.
 
Héritier d'un journal paroissial de Liège au titre délicieux (L'appel des cloches), l'Appel se présente comme indépendant tout en gardant ses racines catholiques. Le Conseil d'administration est toujours dirigé par un prêtre liégeois et la rédaction, entièrement bénévole, regroupe des prêtres et des laïcs.

 

Parmi les plumes de l'Appel, on remarque Gabriel Ringlet, qui signe un billet spirituel très personnel, et Dom Armand Veilleux, père abbé de l'abbaye de Scourmont, trappiste, toujours en quête de la vérité sur la mort de ses frères de Tibhirine. Côté laïc, on peut apprécier les textes de Frédéric Antoine, rédacteur en chef (et auteur de billet évangélique), par ailleurs professeur à la Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication de l'Université catholique de Louvain.

 

La force de l'Appel est d'être lié à l'institution ecclésiale – l'adresse courriel du journal (appel@catho.be) marque son lien au site de l'épiscopat belge – toujours en gardant une liberté extrême.

 

Au sommaire du numéro de décembre dernier, on pouvait lire un article au titre sans équivoque : Divorcés-remariés. Incompétents ? « Le sort que l'Église réserve aux divorcés-remariés est plein d'ambiguïtés et de contradictions. Beaucoup ont l'impression d'un acharnement théologique ». Le qualificatif incompétents ne s'adresse pas ici aux autorités romaines, mais aux divorcés-remariés à qui l'archevêque de Malines-Bruxelles Mgr Léonard, demande de ne plus solliciter des responsabilités ecclésiales sous peine d'être « en position délicate de porte-à-faux ».

 

Une instruction que l'auteur de l'article, Jean Bauwin, membre du comité de rédaction du magazine, balaie sans ménagement : « Beaucoup de catholiques n'écoutent plus que d'une oreille distraite ce qui vient d'en haut, presque lassés de s'indigner, puisque toute critique est vaine. L'Église y perd en crédibilité et sa parole risque bien d'être rejetée en bloc ».

 

Se basant sur une étude indépendante récemment publiée sur l'état de l'Église belge, un autre rédacteur revient sur « dix ans de soubresauts » : la surprenante nomination du successeur du cardinal Danneels à Malines-Bruxelles (André Léonard n'était pas candidat et ne figurait pas sur les listes de noms proposée par la Conférence des évêques à Rome !) ou les scandales d'abus sexuels par des prêtres.


Toujours au rayon malaise, José Gérard dans « Le CIL dans la dèche », déplore la baisse des subsides accordés par l'épiscopat au Conseil interdiocésain des Laïcs , cette institution sans équivalent en France qui « représente les laïcs au sein de l'Église catholique », selon son président Peter Annegarn. Conscient des difficultés financières de la Conférence des évêques dues à la baisse du nombre de fidèles, l'auteur y voit un signe. « Les services comme le CIL, issus du Concile Vatican II, qui se permettent une attitude critique vis-à-vis de la hiérarchie et de ses prises de position, ne représentent probablement plus une priorité ».

 

Attention l'Appel n'est pas que le réceptacle dans toutes les difficultés ecclésiales, il est également ouvert à l'actualité du monde. « Demain, tous fragiles » apparaît ainsi en titre de la livraison de décembre qui aborde avec bienveillance le mouvement des indignés.

Longue vie à l'Appel !

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 11:36

 

Mgr Carlo Maria Viganò, ancien numéro deux du Governorat (sic) du Vatican, l'organisme qui gère les biens de l'Etat pontifical, a été nommé en octobre 2011 nonce aux Etats-Unis. Et il en a gros sur la mitre. Dans deux courriers adressés en 2011 au pape et au Secrétaire d'Etat, il avait dénoncé des malversations au sein de cette administration, dont il avait contribué à rétablir spectaculairement les comptes, notamment grâce aux très bonnes entrées du Musée du Vatican. Merci Raphaël ! Merci Michel-Angel !

 

Les missives ont été rendues publiques, la presse s'en est délectée, flairant une affaire potentiellement crapuleuse. Devant le scandale, la Présidence du Governorat a publié le 4 février une déclaration pour récuser les accusations du prélats. Preuve du malaise dans un monde, plutôt habitué au silence.

 

Une chose surprend dans le communiqué officiel. Après un renouvellement de la confiance à l'ensemble de son personnel, le texte se conclut ainsi : « Le Governorat tout entier (…) entend réaffirmer sa ferme volonté de continuer à déployer ses efforts pour servir le Pape, en totale fidélité et intégrité, conscient du grand honneur et des hautes responsabilités que ce service implique. »

 

Ainsi donc, tout ce petit monde serait au service du Pape. Naïvement, je croyais que ces gens dévoués (peu nombreux, mal rémunérés) travaillaient pour l'Eglise, les catholiques, Jésus, l'Evangile, les hommes de bonne volonté, voire, dans le cas précis, les touristes qui donnent leurs euros pour visiter la Chapelle sixtine.

 

Et bien non, ils serviraient un personnage, une figure certes, mais qui n'est qu'un homme et qui n'est pas du genre à se prendre pour plus. L'expression « Servir le pape », même si elle contient bien plus que la personne du pontife, contribue à donner l'image d'un système perpétuant une culte de la personnalité regrettable.

 

Les mousquetaires du Roy et les espions "au service de sa Majesté", on les aime dans les films. Pas dans la vraie vie. Dans la vraie vie, tout le monde sert un projet, un idéal, un peuple. Pas un homme.

 

 

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 07:41

On a beau jouer les branchés, parler de twitter et se promener avec son ordinateur portable, si l'on ne se défait pas de ses vieux démons du contrôle, de la verticalité et de centralisation, on ne peut entrer pleinement dans le monde de la communication d'aujourd'hui. Tel est un des soucis des autorités catholiques actuelles.

Prenez Mgr Claudio Maria Celli,  président du Conseil pontifical pour les communications sociales depuis 2007. Il a adressé un message aux participants des Journées François de Sales organisées fin janvier à Annecy par la Fédération française de la presse catholique  (FFPC), autour des « défis du numérique ». Évoquant le phénomène récent des blogs, le prélat n'a pu s'empêcher de mettre en cause la liberté régnant sur la toile, même dans le micro-secteur catholique.

Mgr Celli a regretté que des blogs « anonymes » ou « dont l'origine est difficile à situer » critiquent parfois le pape ou les évêques. Les remises en cause sur la place publique ne font pas partie de son univers, du petit monde romain dans lequel tout le monde travail main dans la main, dans le plus grand désintéressement, pour servir l'Eglise pour la plus grande gloire de Dieu.

A l'heure d'internet, tout ce qui s'écrit sur une institution, fût-elle millénaire, n'est pas nécessairement positif. Et l'opinion publique, réclamée en son temps par le très moderniste Pie XII, prend des libertés avec la parole officielle et les autorités. C'est même une de ses fonctions.

Quand à l'anonymat, non seulement il fait pleinement partie de la culture internet, mais il est parfois une nécessité. Utiliser son nom ne pose pas de soucis quand on se situe en proximité avec le pouvoir. Les minoritaires et les réfractaires ont parfois besoin d'avancer masqués, à fortiori quand ils évoluent dans une institution non démocratique.

 « L'anonymat nous permet de parler librement sans être mis à l'écart », commente Paroissiens progressistes, un blogueur masqué du Nord de la France, remonté contre les propos de Mgr Celli.

Combien de temps s'écoulera-t-il avant que les autorités romaines admettent que l'internet se supporte pas (ne connaît pas) le fonctionnement vertical descendant de l'information, comme au bon vieux temps de l'ORTF, quand Alain Peyrefitte, ministre de l'information de 1962 en 1966, visait le sommaire du journal télévisé de la chaîne unique de télévision française.

Dans son blog, René Poujol, ancien patron de la rédaction de l'hebdomadaire Pèlerin, et organisateur des Journées, s'étonne de ce qu'il a lu – en direct - sur la page Facebook de l'épiscopat créée pour l'occasion. Il raconte comment celle-ci a rendu compte d'une table ronde de blogueurs.

Dans un premier temps, la page n'a cité nommément que deux intervenants, deux prêtres : le jésuite Pierre de Charentenay, directeur des Études, et Pierre Hervé Grosjean, du très classique Padreblog. Quand Poujol fait gentiment remarquer au rédacteur de service la présence de deux des plus influents laïcs intervenants dans ce petit monde, le site « officiel » rectifie le tir d'une étrange manière : «  A leurs côtés, Erwann le Morhedec (Koztoujours) et Marc Favreau (Hôtel synodal) avec qui la Conférence des évêques est bien en lien

Le dernier terme fait bondir le journaliste : « Nos deux blogueurs laïcs sont homologués ! Rien à craindre ! Mais cette précision même pose question en ce qu’elle laisse entendre, que la FFPC aurait bien pu inviter des blogueurs «non conformes»… puisqu'il est jugé nécessaire de préciser qu’ils le sont. Mais conformes à quoi ? A une certaine éthique acceptable par tous, ou à une forme de labellisation sur la base de critères propres à la seule institution ? »

Les organisateurs ont convié les orateurs pour leur expérience et leur expertise unanimement reconnues. Même si Marc Favreau est fréquemment sollicité pour former des responsables de communication diocésains (fonction qu'il occupa lui-même un temps) et si Koz se situe globalement dans la ligne vaticane, il est maladroit de les qualifier de blogueurs « en lien » ?

Seraient-ils aux autorités catholiques ce que les artistes « officiels » étaient aux dictatures d'autrefois ? Un tel qualificatif ne m'aurait pas plu et mes deux camarades de la blogosphère catho méritent mieux que cela.


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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 08:23



Tout le monde le sait depuis dimanche et son discours au Bourget, François Hollande a un « adversaire », lequel « n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance ».

Du coup, face à un tel danger, notre homme à un rêve. Le « rêve français » de François Hollande, « c'est la confiance en la démocratie ». Je suis  bien d'accord avec lui. On peut juste craindre que certains de ces rivaux soient également assez favorables à la démocratie ou du moins le proclament.

Chez le Corrézien, cette « démocratie sera plus forte que les marchés, plus forte que l’argent ». En voilà un message fédérateur, bien au-delà de la gauche. Qui osera se présenter devant le suffrage universel en défendant banquiers, traders, fournisseurs d'actions pourries et jongleurs de stock-options ? Même pas un candidat de droite.

Et puis, emporté par la foule, par son élan, notre candidat s'emballe et poursuit son énumération. La démocratie hollandienne est également  « plus forte que les croyances, plus forte que les religions ».

Allons donc, croyances et religions seraient classées dans la même catégorie infamante que la finance et l'argent ? On ose espérer qu'être cités en troisième et quatrième positon est un gage de moindre dangerosité.

Certes, un croyant peut faire des dégâts et les religions font parfois plus de mal que de bien. En Tunisie ou en Égypte cette posture se défend. Ou chez nous, mais il y a longtemps désormais.

Comment donc François Hollande, hier proche des catholiques Jacques Delors et Jean-Pierre Mignard, s'est-il lancé dans un copier-coller de l'article de wikipedia « Voltaire pour les nuls » ?

Bien sûr, en plus de la vilaine finance, notre candidat à un rival sur sa gauche. Ses élans anti-religieux ont pu faire revenir au bercail rose quelques Mélanchoniens toujours prompt à bouffer de la calotte, voir des adeptes de Nathalie Arthaud ou Philippe Poutou. Mais cela ne saurait excuser la crétinerie du propos.

Peut-être M. Hollande pense-t-il que de nombreux juifs, chrétiens et musulmans se gobergent avec un gros cigare en se partageant les bénéfices en calculant le nombre de licenciés parmi le petit personnel. Il  y en a bien sûr.

Quelqu'un pourrait-il lui dire que, parmi celles et ceux qui sont au quotidien aux côtés des victimes de la finance et des marchés, on trouve des milliers de croyants de toutes religions. Si un jour, les chrétiens de France se retirent du secteur social et des associations humanitaires (confessionnelles ou non), il verra, M. Hollande, ce qui se passera.

A-t-il entendu parler des pères Rodhain et P. Wresinski et de l'Abbé Pierre, fondateurs du Secours catholique, d'ATD Quart-Monde et d'Emmaüs ? Sait-il ce que font les associations membres de la Fédération de l'Entraide protestante, celles du Fonds social juif unifié ou les équipes du Secours islamique ?

Salariés, militants et donateurs croyants de ces structures seront ravis d'apprendre que, de par leur foi, il sont classés parmi les obstacles à la démocratie rêvée du candidat socialiste.

Si le député de Corrèze veut se donner la peine de lire les textes de l'épiscopat catholique ou de la Fédération protestante de France, il aura du mal à trouver des apologies du grand capital.

Au fait, heureusement pour le candidat socialiste qu'il n'y pas trop de catholiques en France quand on voit le peu de crédit que ces derniers lui réservent  D'après l'enquête TNS-Sofres réalisée pour le magazine Pèlerin ( numéro du 19 janvier), il recueillerait 25% d'intention de vote au premier tour chez les non-pratiquants,  16% auprès des pratiquants occasionnels et, pire encore, 13% chez les messalisants réguliers. Avec de tels propos, il ne risque guère de remonter.

Bien sûr, François Hollande est plus intelligent et mieux informé que cela. Il ne souscrit pas à une ligne de cette démonstration plus qu'exagérée. Qu'il se garde donc à l'avenir de telles inepties.

Ou qu'il se souvienne que le combat mené par Lionel Jospin, alors premier ministre, en 2000-2001 contre la mention de l'héritage religieux dans le Préambule de la Constitution européenne (1) ne lui avait pas porté chance quelques mois plus tard. Cela n'a sans doute pas joué dans le désastre de 2002,  c'est vrai.

Il est grand temps que les élites socialistes cessent de rivaliser de bêtises en parlant du fait religieux en France.

 

(1) Témoignage chrétien s'était mobilisé alors contre la position du gouvernement français.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 15:52

Bonne année à toutes et à tous. Je vous prie de bien vouloir pardonner le silence de Cathorêve, dû aux congés de fin d'année (sapin, crèche, papis-mamis, etc), à beaucoup d'activités professionnelles et à un peu de paresse.

En préparant quelques vœux pour 2012, j'ai prévu en premier lieu : « un évêque intelligent à Poitiers qui ne détruira pas le travail et l'expérience menée depuis plusieurs décennies dans ce diocèse expérimental ». Le temps que je termine mon post, l'information est arrivée de la reconduction de Pascal Wintzer, nommé en 2007 évêque auxiliaire d’Albert Rouet, puis administrateur apostolique au départ de ce dernier en 2011. Il est désormais archevêque de Poitiers.
Félicitations à Rome qui s'est tirée de ce dossier épineux par une décision sage. Après une année d’atermoiements et de rumeurs, la continuité est une bonne idée.


Le géant sympathique qui assurait l'intérim va pouvoir vraiment prendre en charge l'héritage d'Albert Rouet et de Georges Rozier (évêque de 1975 à 1994) et faire pour le mieux. Son positionnement comme président de l'Observatoire Foi et culture de l'épiscopat, en première ligne dans les polémiques causées par les pièces de théâtres prétendues christianophobes(mot inconnu par le correcteur d'orthographe de mon ordinateur, un signe...), a montré que l'homme était un sage, comprenant notre époque et ouvert aux échanges entre l’Église catholique et la société.

Voici donc une année qui débute bien pour l’Église de France.

Je vous livre mes autres vœux, pêle-mêle :

- la lucidité du Saint-Siège dans ses interminables négociations avec la Fraternité Saint-Pie X. L'union a tout prix peut faire plus de mal que de bien

- la reconnaissance, enfin, que les communautés catholiques en France ne fonctionne qu'avec les femmes

- la poursuite de l'ouverture au monde de Benoît XVI dans la foulée de la célébration réussie en octobre dernier de l'élan interreligieux d'Assise

- une meilleur santé pour la presse intelligente, les journaux religieux en particulier et spécifiquement  l'excellent hebdomadaire qui m'emploie et pour lequel les temps économiques son rudes

- un commémoration du Concile qui permette de retrouver son envie de parler au monde tel qu'il est est et non tel qu'on le rêve

Enfin, histoire de ne pas trop passer pour un donneur de leçons, je tente une bonne résolution :
faire de ce blog un lieu d'observations plus positives sur la galaxie catholique. Sans pour perdre le droit de critiquer, sinon c'est pas rigolo. Objective:une bienveillance attentive.

PS : J'oubliai un dernier vœux : un beau bébé !

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 09:43

 

 

« La vraie Église est à Notre-Dame ». tel est la teneur des messages échangés sur les réseaux sociaux jeudi soir, pendant la veillée de prière qui a rempli la cathédrale parisienne. Une soirée en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Vierge, fêtée le 8 décembre, mais aussi en réponse à la première le même soir de la pièce controversée Golgota Picnic.de Rodrigo Garcia.

 

La vraie Église, celle qui concerne l'immense majorité des catholiques, est ici définie par rapport à la famille intégriste. Autour de l'institut Civitas, proche des lefebvristes de la Fraternité Saint X, celle-ci avait appelé à se rendre près du Théâtre du Rond-Point pour prodiguer un exorcisme.

 

Ces anti-démocrates, nostalgiques d'un pays aux mains de l’Église, ont tenté de faire sortir Satan du théâtre. On peut se demander s'ils ne regrettaient pas la disparition de la Sainte-Inquisition, laquelle donnait jadis plus souvent dans la tenaille que dans le débat d'idées.

 

Rien de tout cela à Notre-Dame, mais des croyants appliqués à faire ce qu'ils font le mieux : dire qui sont pour eux Dieu, Jésus et Marie, et exprimer leur foi profonde dans le Salut. Dans leur église et non dans la rue. Sans anathème. En démocrates.

 

« Le Christ n'appartient à personne », dit Mgr Pascal Wintzer, évêque auxiliaire de Poitiers et président de l'Observatoire « Foi et Culture » de la Conférence des évêques de France, dans un entretien à Témoignage chrétien . Il invite les croyants à écouter ce que nos contemporains disent sur Jésus. Et, lorsque cela est possible, comme cet été à Avignon avec Roméo Castellucci (Sur le concept du visage du fils de Dieu), à dialoguer avec les artistes.

 

L'auteur de Golgota Picnic est apparemment moins bien disposé à expliquer sa vision des choses. Tant pis. C'est en répondant par le calme et l’affirmation tranquille de leur conviction que les catholiques montrent à la société leur plus beau visage.

 

Quand aux évêques, divisés dans leur ressenti face à ces pièces dérangeantes, ils ont sans doute trouvé le ton juste. Avec la soirée à Notre-Dame, Le cardinal André Vingt-Trois a réussi un joli coup double : marginaliser les intégristes et redorer l'image des cathos français.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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