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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 16:26

Après Benoît XVI, il est difficile pour un pape visitant le sol africain d'échapper à une question sur la lutte contre le sida. Ce fut le cas lundi 30 novembre dans l'avion papal du retour de Bangui, cette agora médiatique qui s'apparente aux grandes conférences de presse tenues régulièrement à la Maison blanche ou à l'Elysée. On retrouvera ici l'échange avec la presse.


Quand un journaliste sud-africain a interpellé le pape sur la possibilité pour l'Eglise catholique de changer de discours sur l'usage du préservatif (à partir de 25e minutes) comme outil de prévention, le pontife ne pouvait être pris de court. Sa réponse prouve qu'il était prêt à faire entendre sa petite musique bergoglienne sur un sujet cher aux médias profanes.


Il a construit sa réponse en trois temps.


En bon politique, il a commencé par critiquer la question, jugée « trop étroite et partiale ». En ce sens, François n'a pas tort tant la presse mondiale (comme l'opinion) attend du pape un jugement manichéen, afin de publier à la Une que sur le préservatif, l'Eglise veut passer du feu rouge au feu vert. La question est plus subtile que cela et le pape a su le dire.


Ensuite, il a attaqué le fond et on a retrouvé la modestie du pape qui sait dire simplement les faiblesses du discours de son Eglise. Après avoir reconnu que le préservatif était « une des méthodes pour contenir l'épidémie», contredisant les propos de son prédécesseur en 2009, il a lancé une phrase symptomatique de la franchise du personnage : « La morale de l’Eglise se trouve sur ce point devant une perplexité , car selon elle les rapports sexuels doivent être ouverts à la vie ».


Dans un troisième temps, il a lancé avec force et gravité, « La malnutrition, l’esclavagisme, l’exploitation, le manque d’eau potable, voilà les problèmes ! ».


Etre « Ouverts à la vie», signifie bien sûr dans la bouche du pape la disponibilité à la procréation. Une posture peu compatible avec l'utilisation d'un procédé qui, s'il protège de terribles maladies, demeure avant tout un contraceptif.


Mais on peut entendre également que pour être « ouverts à la vie», les rapports sexuels gagneraient à ne pas risquer de provoquer la mort. La perplexité du pape l'amène donc à se situer quelque part entre deux actes : empêcher la procréation et empêcher la contamination. Entre l'idéal du couple fidèle ouvert aux enfants et le principe médical du primum non nocere (en premier lieu, ne pas faire de mal). Ce n'est pas simple, et le qualificatif proposé par François est donc le bon.


On sait que localement, face à l'urgence, des médecins et des ONG catholiques prennent l'option de promouvoir les préservatifs. Les autorités religieuses froncent les sourcils ou ferment les yeux, selon les circonstances. Mais pour une fois, un pape reconnaît qu'une position tranchée n'est pas la solution.


Aussi je ne souscris pas au commentaire de Cécile Chambreau qui parle dans le Monde d'une « timide ouverture» (lire son article ici). Espérait-elle que cet homme de 78 ans, élevé dans la bonne tradition, devenu pape, fasse la promotion du préservatif sans condition, piétinant la position – certes difficilement défendable – de son institution depuis plus de 45 ans ?


Sur ce sujet délicat et passionnel, modestie et modération sont aujourd'hui – et en attendant des jours de plus grande ouverture - les meilleures postures à mettre en avant, après tant de maladresses romaines et d'incompréhensions.

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 22:42

Et si l’Église catholique était une des dernières autorités à croire et à défendre le politique ? A lire les textes épiscopaux, notamment en période électorale, le jeu politique et la représentation démocratique demeurent chères à nos évêques. Tandis qu'une partie non négligeable de la population semble ne plus rien en attendre.


Une nouvelle marque de cette affection portée par les dirigeants catholiques de France apparaît dans le thème du prochain colloque de l'Observatoire « Culture et foi » de la Conférence des évêques de France.


Disons un mot de cette instance épiscopale méconnue. Successeur a minima du regretté Service national Incroyance-Foi (voir ici un article historique sur la question ), l'organisme est dirigé par Mgr Pascal Wintzer, archevêque de Poitiers. On ne peut que déplorer le peu de rayonnement de cet Observatoire. Le caractère squelettique de la page dédiée sur le site internet de l'épiscopat (voir ici) en donne le meilleur exemple.


Sans moyen réel, l'Observatoire a mission de « scruter les relations entre la foi et les expressions de la culture » et produit, à destination des évêques, des notices de films, de livres ou de spectacles. On en retrouve certaines en ligne (à retrouver ici). Il organise également chaque automne une journée de colloque à Paris, dont les actes sont ensuite publiés par les éditions « Parole et silence ». La rencontre de novembre 2014 s'intitulait :« Sauver la création. Écologie, enjeu spirituel ».


Le 6e colloque, prévu samedi 28 novembre à la Maison des évêques de France, avenue de Breteuil, abordera la question : « Le désenchantement du politique est-il irréversible ? » On pourra entendre Marcel Gauchet, grand maître es désenchantement, Pierre Manent, dont le dernier essai « Situation de la France » (éd. DDB) fait grand bruit chez les catholiques, ou encore Blandine Kriegel. Du côté des ecclésiastiques, figurent au programme Matthieu Rougé, ancien « aumônier des parlementaires » ou Henri-Jérôme Gagey, professeur à la Catho de Paris et auteur d'un essai très vivifiant « Les ressources de la foi », paru en janvier aux éd. Salvator (voir ici).


« Sans doute n’avons-nous pas fait le deuil du « village » dont les Français pensent être issus – ce village où tout le monde se connaissait, écrit Mgr Wintzer dans la présentation de la journée (à lire ici). Or on ne vit plus dans une société de ruralité mais dans un monde globalisé. Il ne suffit plus d’être trois au quatre pour être d’accord, il faut des accords internationaux, complexes, pour répondre à des problèmes internationaux. Cela ne retire rien au politique mais certaines de ses dimensions ne sont plus immédiatement perceptibles ».


Pour expliquer ce désamour des Français pour le politique, seront sans doute évoquées la crise globale des autorités, ainsi que la perte de vitesse des combats collectifs au profit des quêtes individuelles.


Deux périls dont l’Église catholique, comme toutes les institutions anciennes, ont à souffrir. Ce qui peut faire penser qu'en défendant la chose politique, et par derrière la démocratie mise à mal ces derniers jour, les initiateurs du colloque peuvent esquisser des pistes de relégitimation... du discours catholique.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 08:42

A l'Assemblée plénière de la Conférence des évêques de France, tous les débats susceptibles de mettre en évidence les divergences d'idées se tiennent à huis clos. Arguments évoqués : Lourdes n'est pas le Palais-Bourbon (ce qui est juste) et la présence d'oreilles extérieures pourrait brider la liberté de parole.


Même si le secret des échanges demeure, quelque chose à changé. Il y a peu, l'image d'harmonie entre nos prélats était défendue mordicus par les responsables de l'épiscopat. Désormais, ces derniers ne cherchent plus à nier l'évidence : les évêques ne sont pas toujours d'accord entre eux. Le monde de l'épiscopat n'est pas le pays des bisounours.


Lors de la semaine achevée dimanche, une certaine presse a évoqué ces dissensus. S'agissant du site internet de la Conférence et de KTO TV, on ne peut parler de médias médisants.


Interrogé par eglisecatholique.fr pour ses débuts comme évêque (lire ici), Mgr Dominique Blanchet, à la tête du diocèse de Belfort-Montbéliard depuis mai dernier, a indiqué deux choses qui l'ont « frappé ». « La fraternité qui caractérise l'assemblée ». Tout de suite après, il ajoute : « Pourtant, on sent de la diversité. Pour moi, c’est plutôt bon signe : nous ne sommes pas des clones ! »


Le P. Olivier Ribadeau-Dumas, secrétaire général et porte-parole de la CEF, a donné une interview bilan de la semaine lourdaise à KTO (à retrouver ici, à partir d'1 minute 15). Quand on lui demande si l'appel du pape aux pères synodaux pour une expression libre a inspiré l'assemblée français, il répond avec le sourire : « Tous les évêques souhaitent qu'il y ait une liberté de parole ».


On sait bien que des sujets qui fâchent. Et on croyait que d'autres faisaient davantage consensus. Le porte-parole a cite deux dossiers particuliers, qui ont provoqué des débats internes. « Sur les migrants, comme sur la famille, les évêques ont eu le temps de s'exprimer et d'exprimer leurs divergences d'approches ».


Le soutien aux migrants, qui relève d'un principe de base biblique et évangélique, provoquerait donc un débat chez nos prélats ? On voudrait avoir plus de précisions.


Cette réalité surprenante se confirme en écoutant Mgr Jean-Paul Jaeger, évêque d'Arras et donc en charge de la région de Calais, toujours au micro de KTO (à regarder ici, à partir de 2 minutes 25).


Déjà la question posée par le journaliste peut étonner : « Espérez vous une mobilisation commune des évêques de France ? ». Et l'évêque, dont on attendait une répartie tout en diplomatie, de répondre : « Les évêques ne sont pas tous d'accord sur les questions et les réponses à apporter, ce qui n'a rien de choquant et de scandaleux ».


De fait, dans le diocèse de Toulon, a été invitée cet été une dirigeante du Front national, affirmant qu'elle était une élue comme une autre. Il existe bien un désaccord entre évêques à ce sujet. Et l'on peut s'interroger sur l'analyse de Mgr Jaeger qui trouve que, sur ce sujet, « cela n'a rien de choquant ou de scandaleux ».

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 23:11

Vous connaissez François. Pas celui de Rome via Buenos-Aires, celui d'Assise. Tout le monde connaît l'épisode de sa visite au Sultan. En 1219, alors que la guerre sévissait entre chrétiens et sarrazins, le futur saint est allé rencontrer le chef de ces derniers, le Sultan Al Malik Al Kamil. En ces temps on l'on ne connaissait que deux manières de faire avec celui qui croyait autrement : trucider ou convertir, le geste prophétique fut la pierre fondatrice du dialogue interreligieux.


Mais connaissez vous Abdelkader ? Homme politique, chef militaire et leader spirituel, l'émir Abd el-Kader (1808-1883) est une figure de l'histoire algérienne. Opposant farouche mais respecté à la conquête française, il fut emprisonné à Toulon et Paul, puis exilé en Turquie et en Syrie. En 1860, ce musulman soufi, poète et théologien, protégea des milliers de chrétiens de Damas menacés d'être massacrés.


Pour la cinquième fois, des militants du dialogue islamo-chrétien organisent, à Paris, une marche « Sur les pas de l’Emir Abdelkader et de frère François », modèles d'ouverture dans les deux familles spirituelles. La manifestation, proposée à « toute personne respectueuse des convictions d’autrui », se tiendra dimanche 15 novembre.


Pour cette journée au programme copieux, le rendez-vous est fixé à 10h au Couvent des Capucins (32 rue Boissonade, XIVe arr.). Le frère Séraphin parlera de « François dans (son) itinéraire spirituel et (son) engagement citoyen». Après le pique-nique, tout le monde se mettra en marche vers la Grande Mosquée (place du Puits de l’Ermite, Ve arr.). A 14h30, Fouzia Oukazi, professeur d’histoire, évoquera « Abdelkader dans (son) itinéraire spirituel et (son) engagement citoyen». Après les prières de clôture, une visite guidée du haut-lieu de l'islam parisien sera proposée.


Cet événement se déroule dans le cadre de la Semaine de rencontres islamo-chrétiennes 2015 (voir le site de la manifestation ici), qui se tient du 12 au 22 novembre, dans plusieurs villes de France et d'Europe.


Toujours au chapitre islamo-chrétien, une bonne nouvelle arrive de Turquie. La Croix (voir une reprise de l'article ici) nous apprend que le 15 octobre a été présenté un livre intitulé « Les principes de base du christianisme », et destiné aux 97% de musulmans du pays.


L'originalité de l'ouvrage est d'être œuvre commune de toutes les Églises chrétiennes du pays : grecque orthodoxe, arménienne apostolique, syrienne orthodoxe, catholique et évangélique. Le projet est né dans la continuité d'un travail œcuménique, lancé en 2002, pour rédiger les chapitres sur le christianisme dans les manuels scolaires de culture religieuse, à la demande du ministère de l'éducation.


A l'heure où le parti du président Erdogan, partisan d'une islamisation forte du pays, a renforcé son pouvoir lors des élections législatives du 1er novembre, l'unité des chrétiens sera utile pour rappelle la présence des disciples de Jésus dans le pays, bien antérieure à celle du Prophète de l'islam.

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 19:16

Chère Monique,


Quand je vous ai rencontrée au moment de la rédaction de mon ouvrage (« Mariage pour tous, divorce chez les cathos », Plon), nous étions déjà sur la même longueur d'ondes. Après la lecture du livre d'entretien réalisé avec Dominique Quinio, ancienne directrice de La Croix, « L'évangile c'est pour aujourd'hui. Eglise, famille, société » (Bayard), je suis rempli de joie.


Je me sens en harmonie complète avec une catholique « canal officiel ». Voila qui n'est pas banal. Vos propos prouvent qu'il est possible de penser en liberté, en femme, en mère de famille, dans le saint des saints de la Conférence des Évêques de France. Vous y avez travaillé durant 6 ans comme directrice du service Famille et société.


Vous vous définissez comme « réformiste et pas révolutionnaire », ce qui est déjà tendre le bâton dans le contexte ecclésial national actuel. Lorsqu'on vous a demandé à votre arrivée avenue de Breteuil si vous vous mettiez au service des évêques, vous avez rétorqué, avec un cran et une théologie assurée : « Non, je me mets au service de l'évangile et au service des évêques en tant qu'ils sont serviteurs des évangiles » (p. 14).


A ceux qui croient encore (c'est terminé depuis quelque temps pour ma part) que, dans le monde merveilleux des « frères évêques », tout le monde est toujours d'accord, vous affirmez que les divergences existent et que la quête du consensus, nécessaire parfois, n'est pas chose aisée. « La communion exige que la discussion se poursuive jusqu'à ce qu'un texte ou une décision soit acceptable pour tous ». En bonne catholique, vous jugez cela « très beau d'un point de vue ecclésial », mais, comme femme d'action, de nature à « ralentir le processus de décision », et, plus gênant, « de rendre les textes parfois trop lisses » (p. 21).


Durant vos 6 ans au milieu des évêques, vous dites avoir été libre... le plus souvent, « sauf pour la parole publique ». Ce qui est un peu gênant quand on occupe une place majeure dans l'organigramme d'une institution. Et vous en tirez une drôle de maxime : « Si notre religion devient si compliquée qu'un laïc bien formé et avec une bonne expérience de l’Église ne peut plus prendre la parole sur une question religieuse sans crainte de se tromper, c'est qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond » (p. 22).


Alors que - c'est moi qui parle, vous êtes trop bien élevée pour écrire des mots pareils - , la grâce de l'ordination donne aux mâles, prêtres et évêques, une assurance infaillible contre la profération de bêtises.


« L'autonomie des laïcs », dites-vous, « l’Église l'a acceptée plus facilement dans les questions sociales que dans le domaine personnel où elle a davantage tendance à vouloir dicter leur conduite aux personnes. Ce qui n'est plus accepté aujourd'hui » (p. 23). Que les autorités ecclésiastiques aient raison ou tord dans leurs prescriptions, elles ne sont pas entendues. Ce qui pose question pour une Église qui se dit Mater et Magistra. Un slogan que vous reprenez souvent pour affirmer qu'elle ne peut se prétendre mère et éducatrice « comme avant ».


Sur ces questions « personnelles », qui touchent la morale familiale et sexuelle, vous avez été en première ligne « grâce » au gouvernement et à Mme Taubira. Dont vous fustigez, à raison, la mauvaise volonté à parler avec les cathos.


Pour autant, même opposée à titre personnel à la loi controversée, vous tenez un discours sur les homosexuels qui fera bondir plus d'un. « Ni la société ni l’Église n'ont pensé leur place dans la société », et toutes deux « doivent balayer devant leur porte ». Les personnes homosexuelles ne sont « pas seulement des objets de soin pastoral » mais « ont des richesses à apporter ».


Observant la mobilisation contre le mariage gay, vous avez perçu la tension dans les communautés et vous n'êtes pas tendre envers certains comportements. « La liturgie n'est pas le lieu du débat politique », affirmez vous alors que tant de prêtres ont appelé, au cours des offices, à descendre dans la rue. « Beaucoup de catholiques ont eu l'impression d'être pris en otage » (p. 69).


L'avocate que vous êtes réagit. « Certains ont eu l'impression que l’Église défendait l'ordre établi. Or dans cet ordre établi, il y a des exclus, et parmi eux des personnes homosexuelles ».


Vous revenez sur la douloureuse affaire Brugère (voir mon article à ce sujet pour Témoignage chrétien), et la chasse à la sorcière lancée contre l'universitaire bordelaise, votre invitée, pour les crimes d'être socialiste, favorable à la loi Taubira et intéressée par les travaux sur le genre. Les sites d'extrême-droite ont demandé votre démission. Vous rappelez, avec justesse, que ces lobbys ont une influence davantage auprès des journalistes que des fidèles catholiques. Mais que pour autant, c'est mon avis, ils ont eu la peau de Mme Brugère.


Evoquant la famille, vous revenez sur l'encyclique Humanae vitae (1968), « qui a ouvert un gouffre d'incompréhension entre beaucoup de fidèles et l’Église, un fossé qui ne fait que se creuser depuis ». Sur cette funeste interdiction de la contraception mécanique, toujours réaffirmée depuis 1968, vous proposez une lecture de femme, de mère de famille. « L’Église n'avait pas mesuré l'angoisse des femmes, vécue pendant des siècles, d'être enceinte quand ce n'est pas prévu, quand ce n'est pas le moment, quand les conditions pour assumer une grossesse ne sont pas réunies. Pour elles, la contraception était un soulagement : elle pouvait faire l'amour (...) sans avoir cette crainte. Cette aspiration des femmes, l’Église ne l'a pas comprise ou pas prise au sérieux » (p. 104).


Et vous assenez : « Je crois que l’Église paie le fait d'avoir voulu être présente dans la chambre à coucher. Elle en a été virée manu militari et toutes ses prescriptions avec » (p. 105). Une phrase que beaucoup d'hommes d’Église devrait méditer.


Il a dans votre livre bien d'autres convictions de sagesse. Je vous souhaite, chère Monique, de nombreux lecteurs, défenseurs et contradicteurs, qui ne seront pas rebutés par le titre gnangnan de votre ouvrage, guère à la hauteur de la puissance du contenu.


Continuez, je vous en conjure, là où vous œuvrez aujourd'hui, à défendre cette ambition pour l’Église, belle mais tellement perfectible.


Avec toute mon amitié.

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 13:43

Le synode des évêques qui a débuté dimanche à Rome pourrait voir évoluer on le sait le sort des divorcés-remariés. La situation d'une autre catégorie en souffrance en monde catholique - les personnes homosexuelles – n'a que peu de chance d'évoluer.


Le coming out médiatique du P. Charamsa, employé modèle de la Curie, aura fait réagir ceux qui supportent mal que remontent à la surface certaines réalités : l'impensé théologique et pastorale de l'homosexualité et la présence importante des gays au sein du clergé et particulier dans les bureaux romains.


Cette histoire ne sera sans doute d'aucune utilité pour faire avancer l’Église. Avant l'épisode, René Poujol, ancien directeur de Pèlerin, expliquait (lire ici) son scepticisme devant des changements possibles. Pour lui l’Église n'y est pas prête, restant dans le modèle unique des familles (hétéros) nombreuses et pourvoyeuses de vocations.


Son collègue François Vercelletto, qui suit les affaires religieuses pour Ouest France, a dans son blog (à retrouver ici), exprimé un sentiment analogue, nourri de son observation des faits et gestes du pape lors de son périple américain.


Je le cite : « Au siège de l'Onu, à New York, François a dénoncé, le 25 septembre, la "colonisation idéologique" qui impose aux "peuples" des "modèles de vie anormaux" et, "en dernier ressort, irresponsables". Accompagné du rappel de "la différence naturelle entre l'homme et la femme", il s'agissait d'une allusion implicite à la contraception, mais aussi aux études de genre et au mariage gay ».


Le confrère évoque également la rencontre non-officielle, mais désormais publique, entre François et la greffière célèbre pour avoir « refusé d'appliquer l'arrêt de la Cour suprême des États-Unis qui a légalisé le mariage entre personnes de même sexe dans l'ensemble des États ».


François Vercelletto ne signale pas un fait que rapportait bien avant l'arrivée du pape le Huffington Post version américaine, (à lire ici en anglais). Un gay est intervenu lors de la Rencontre mondiale des familles de Philadelphie. Ron Belgau, 40 ans, s'est exprimé à la tribune deux jours avant l'arrivée du pape, dans un table-ronde intitulée « Homosexualité dans la famille».


Dans les réseaux LGBT chrétiens locaux, cette présence a fait grincer des dents. Car Ron Belgau se définit lui même comme célibataire et chaste. Donc parfaitement « dans les clous » et conforme à l'idéal officiel catholique. Mais la posture de Belgau demeure très minoritaire parmi les personnes homosexuelles et, sans doute, parmi celles qui se disent chrétiennes.


On relira avec intérêt l'opinion réaliste de Mgr Bruno Forte, secrétaire spécial du synode, sur la question (retrouver ici mon article, suite à l'interview du prélat italien dans La Vie). Il jugeait cette exigence de chasteté impossible. Dans son discours d'ouverture, le cardinal Peter Erdö, rapporteur, a refermé la position officiel.


A défaut donc d’attendre des changements de Rome, on pourra lire avec intérêt le très émouvant livre d'Adrien Bail : « Homosexuels, transgenres, chercheurs de Dieu » (éd. Nouvelle cité, voir ici). Ce jeune journaliste, loin de toutes ces polémiques, a brossé le portait de membres de a Communauté Béthanie (voir ici son site), ce groupe de chrétiens homosexuels qui se retrouvent pour prier et échanger sur leur vie et leur foi.


Convaincus que Dieu les aime comme ils sont, ces fidèles à la sexualité différente espèrent – dans la discrétion et sans acrimonie – que l’Église saura un jour leur donner une preuve d'amour qui ne soit ni de la commisération, ni un voie de réinsertion dans le droit chemin.

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 08:22

Alors que tous le monde observait, avec enthousiasme ou crainte, les centaines de migrants frappant aux portes de l'Europe et de l'Espace Schengen, une femme a poussé un cri.


Véronique Fayet préside le Secours catholique . Elle ne nous avait guère habitué aux coups d'éclat médiatiques jusqu'alors. Sans être une responsable humanitaire naïve, l'ancienne militante d'Atd Quart-Monde qui fut une décennie durant adjointe au maire de Bordeaux (Alain Juppé), chargée des politiques de solidarité, tout en militant au Modem (1), a toujours donné dans la mesure.


Pourquoi donc est-elle apparue tellement en colère, sur la toile, dans un message (à retrouver ici), posté le 22 septembre ? La présidente nationale du Secours catholique n'a pas supporté, la veille, l'expulsion « avec beaucoup de violence » de familles syriennes installées tant bien que mal dans le centre-ville de Calais. Elle décrit la scène avec forces détails : « gaz lacrymogènes », affaires personnelle jetées « sans aucune respect pour la vie privée », familles condamnées « à une traversée de la ville, d'une heure et demie, à pied ».


Un déménagement forcé pour aller vers des jours meilleurs ? Pensez donc. Ces infortunés se sont retrouvés dans la tristement célèbre "Jungle" de Calais. « Un nouveau ghetto », clame Véronique Fayet, « la Jungle où la police ne va plus, où la mafia règne, où la prostitution est à l’œuvre, où femmes et enfants sont en danger ».


Un récit terrible mais hélas banal dans le traitement des migrants par notre République égoïste. Quoi de nouveau alors qui mérite cette sortie rarissime de la patronne de la grande ONG ? « Nous avons le sentiment d'avoir été trahis. Trop c'est trop », assène Véronique Fayet qui explique que le Secours catholique a jusqu'alors joué le jeu du partenariat avec le gouvernement. Aujourd'hui, elle fustige le « double discours », de MM. Valls et Cazeneuve qui « disent vouloir accueillir et expulsent avec une très grande violence ».


Pour le Secours catholique, ce type d'intervention est une première. Sans atteindre les scores des chanteurs stars, la vidéo a connu un vrai succès via youtube et les réseaux sociaux.


Ce cri de colère rejoint dans l'histoire l'appel de l'Abbé Pierre en 1954 (à la radio, les médias ont changé) ou encore les images d'occupations sauvages de logements vides au profit de sans-domicile, spécialité du Dal (voir leur site ici) et de Jean-Baptiste Eyraud. Deux grandes gueules que rejoint donc Véronique Fayet.


Sur le plan de l'efficacité, le coup est également réussi. « Le ministère de l'Intérieur a réagi en demandant à nous rencontrer rapidement, avec les autres associations avec qui nous travaillons, pour éclaircir la situation et répondre à nos craintes... », précise le service de communication. Et cette fois, il s'agira pas de ne pas décevoir Mme Fayet.

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 15:00

Depuis des mois, dans les débats au cœur du futur synode romain, les promoteurs de l'immobilisme et les tenants du changement se battent à coup de prises de position opposées. Nombres d'observateurs sont effrayés par cette expression de la diversité dans l’Église, jadis interdite ou cantonnée aux marginaux.


On attendait une parole un peu plus autorisée, venant d'un proche de celui qui, in fine, tranchera : le pape François. Un grand merci donc à Marie-Lucile Kubacki, de La Vie, et Charles de Pechpeyrou qui sont allés rencontrer Mgr Bruno Forte, dans son archevêché de Chieti-Vasto, dans les Abruzzes.


Ce prélat, au faux air d'un autre François de France (voir ici la couverture de son livre) a été secrétaire spécial du premier synode d’octobre 2014 et le demeure pour celui qui vient. On ne confie pas à la légère ce genre de fonction. Théologien de formation, originaire du diocèse de Naples, ordonné évêque en 2004 par le cardinal Ratzinger, Bruno Forte est incontestablement une grande figure de l'épiscopat italien, voir plus. Et, à le lire, il porte bien son patronyme.


Que nous dit donc Mgr Forte dans cet entretien, assez long, et qu'il convient de lire (ici) et relire ? On passera vite sur les poncifs : « L’Église doit accueillir, accompagner et intégrer les gens blessés dans leur relation d'amour » ou encore « L’Église annonce que le mariage est une alliance éternelle rendue possible avec l'aide de Dieu : nous ne voulons pas revenir sur cela ».


Interrogé sur l'injonction faite aux divorcés remariés de vivre en frère et sœur, le secrétaire spécial répond avec une lucidité rare et rafraîchissante « Très honnêtement, la majorité des évêques qui ont l'expérience pastorale comprennent parfaitement que cette condition est pratiquement impossible. Comment demander la chasteté à un couple qui vit une relation de mariage ou de remariage comme s'il s'agissait de moines ou de moniales ? » Voici un parler vrai qui fait du bien.


Dans le diptyque doctrine/pastorale, l'archevêque faire retentir la petite musique du « Patron ». « Une doctrine qui ne tient pas compte de cette attitude pastorale (le regard concret sur la personne) risque de ne pas être évangélique mais idéologique. » Les tenants de l'intransigeance doctrinale sont donc traités d'idéologues, ce qui va beaucoup leur plaire.


Mais ce n'est pas tout. « Si on applique strictement la doctrine, affirme l'archevêque de Chieti-Vasto; il n'y a pas d'espace pour les solutions de miséricorde. On risque de basculer dans un enseignement doctrinal strict qui n'est pas la proposition de l'évangile de Jésus Christ à ceux qui ont besoin de son pardon ». Donc, le cardinal Burke et ses amis du clan intransigeant seraient infidèles, non pas au pape, mais à Jésus Christ !! Bonjour l'ambiance.


Ces mêmes tenants de l'immobilisme, inquiets des lendemains, dénoncent la démarche et la légitimité du processus en cours. Mgr Forte défend la pertinence et la qualité des deux années de débat. « Jamais un synode n'a été aussi synodal », dit-il, en évoquant, avec justesse, de précédents rassemblements romains durant lesquels il s'agissait surtout de dire ce qui pouvait faire l'unanimité et plaire au pontife d'alors.


Quelqu'un n'est pas d'accord ? La réponse est cinglante. « Celui qui n'accepte pas cette forme de recherche de communion n'a pas une âme vraiment catholique. ». Rien que ça !


Après le temps synodal, le pape aura le dernier mot. « Notre rôle est de donner nos idées, nos propositions, de proposer des perspectives mais ce sera lui qui décidera ». Et ce sera sans appel. « Quand Pierre décide, toute l’Église est catholique et une avec lui sous sa conduite ».


En extrapolant, on pourrait pousser jusqu'à l'idée que les éventuels mécontents de certaines décisions pourraient aller voir ailleurs. Par exemple, en se tournant vers ceux qui considèrent depuis plusieurs décennies, que Rome n'est plus Rome et que le pape dérape (1).


En face, celles et ceux qui espèrent beaucoup en l'année qui vient seront rassérénés par la conviction de Mgr Forte. La bataille s'annonce vive.


(1) Les spécialistes auront vu là un clin d'œil au final, délirant plus qu'hérétique, de la Cantatrice chauve de Eugène Ionesco. « Le pape dérape, le pape n'a pas de soupape ».

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 14:45

A moins d'un mois du début de l'événement, les communautés catholiques de France se mettent à l'heure du Synode sur la famille. Je me réjouis que, suivant le mot d'ordre de la Conférence des évêques de France (voir ici une interview de Mgr Jean-Luc Brunin, qui préside le Conseil Famille et société de l'épiscopat), la famille soit désormais envisagée au pluriel, tant la diversité des situations est de mise.


Ainsi, le diocèse de Bordeaux organise du 27 septembre au 4 octobre le Festival des familles en Gironde (voir le programme complet ici). Pas moins d'une trentaine de rendez-vous sont proposé, à Bordeaux, en banlieue, mais aussi à Arcachon et Libourne. Ateliers, projections, spectacles, conférences, catéchèse, prières : le menu est copieux.


Les promoteurs de ce beau programme n'ont pas oublié les questions qui fâchent et s'ouvrent aux familles qui vivent, comme on dit désormais, « hors des clous ».


Le 29 septembre, les catholiques girondins sont conviés à une soirée sur le thème « Alliance et rupture d'alliance : quelle espérance pour les familles ? ». Accoler les terme de rupture et d'espérance indique le parti pris de la rencontre, que l'on pressent plus tournée vers l'accueil bienveillant des situations individuelles que le rappel d'une doctrine.


Fixé à 20h30 à Mérignac (Maison des Ardillos), le rendez-vous est organisé par l'équipe de la « pastorale des personnes divorcées remariées ou en nouvelle union ». Une appellation originale, qui prend en compte celles et ceux qui, après un mariage, forment un nouveau couple sans passer par la mairie à nouveau. Et ne sont donc pas non plus « dans les clous » civilement !


Le 2 octobre, à l'église Saint-Pierre de la capitale d'Aquitaine, est proposée une soirée-témoignage intitulée : « Quand l'homosexualité s'invite dans la famille » (voir ici) . On appréciera le choix du verbe « s'inviter », plus joli que « s'imposer ». Peut-on fermer la porte à celle ou celui qui s'invite ? Une joli manière de dédramatiser une situation pas facile. Espérons que la parole sera libératrice.


Enfin, histoire de ne pas être accusé de m'intéresser – comme souvent – aux cas douloureux de l’Église, je vais mentionner une initiative originale qui s'adresse à tous les couples. Dimanche 27 septembre, le mouvement « Vivre et aimer » (1) propose un animation de rue sur les quais (face à la Place des Quinconces). Il s'agira « d'écrire une lettre à son conjoint ».


Oseront-ils aller jusqu'à inviter à user d'un stylo, cet outil étrange qu'utilisaient les anciens, avant que les claviers d'ordinateur et de smartphone envahissent nos vies... et nos famille ?


(1) Mouvement catholique, qui offre un accompagnement humain et spirituel aux couples, ainsi qu'aux prêtres, religieuses et religieux. Voir leur site ici.

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 13:39

Le 16 septembre, un petit événement se déroulera à Rome. Sera inauguré dans la Ville éternelle une place au nom de Martin Luther. A deux pas du Colisée, on pourra lire sur une plaque « Martin Luther, théologien allemand ».


La mairie de la capitale italienne a accédé à une requête présentée par la communauté adventiste en 2009. Les médias italiens assurent que la mairie a demandé son avis au Saint-Siège. Ce qui prouve que l'indépendance du politique demeure limitée en Italie et qu'il demeure imprudent de fâcher le Vatican.


On peut se réjouir que ce personnage majeur de l'histoire du christianisme, père de la Réforme, soit ainsi modestement honoré. Dans deux ans, le monde chrétien célébrera les 500 ans d'un acte majeur qui allait faire naître le schisme protestant. Le 31 octobre 1517, un moine bénédictin allemand, Martin Luther, affichaient ses 95 thèses réformatrices sur la porte de l'église du château de Wittenberg.


Enfin, pas tout le monde, à observer les réactions du monde intégriste à cette nouvelle. Ainsi le site Médias Presse Info (voir ici), initié par Civitas, n'hésite pas à parler, évoquant l'événement, de « l'hérétique Martin Luther ». Et parmi les commentaires, on peut lire ces propos d'une grande élégance. Lisez plutôt. « Richelieu avait bien raison : si on avait exterminé cette vermine avant qu’il ne propage son hérésie à toute l’Europe, on aurait sauvé des milliers de vies et des millions d’âmes ».


Pourtant, le vent œcuménique n'est pas mauvais à Rome. Pas seulement avec les orthodoxe et les anglicans. Le 22 juin dernier, pour la première fois dans l'histoire, un pape s'est rendu dans l'église évangélique vaudoise de Turin.


Les Vaudois (1) sont les héritiers des disciples du lyonnais Pierre Valdo (1140-1206). Riche marchand, il donna tous ses biens et parti prêcher l'Evangile (en langue vulgaire) et la pauvreté. Condamnés puis excommuniés et persécutés, les Vaudois se sont installés en Italie. Désormais rattachés à la galaxie réformée, ils seraient 45.000 en Italie (et quelques milliers en Amérique latine) et forment le plus gros contingent du protestantisme transalpin (2).


Le 24 août, nous apprend Radio Vatican, le Pape François a adressé un message (lire ici) au synode des communautés vaudoises et méthodistes d'Italie, lequel s'est déroulé du 24 au 29 août près de Turin. « Que le Seigneur accorde à tous les chrétiens de cheminer avec sincérité de coeur vers la pleine communion ». Un chemin qui permet, selon le pape, de « témoigner du Christ et de l’Évangile, en coopérant au service de l’humanité, en particulier en faveur de la dignité de la personne humaine, pour promouvoir la justice et la paix et donner des réponses communes aux souffrances qui affligent tant de personnes, et spécialement les pauvres et les plus faibles ».


On ne sait pour l'heure si un représentant catholique sera présent le 16 septembre, aux côtés des élus municipaux et des dirigeants des Églises issues de la Réforme. Mais ce petit événement augure bien des festivités de 2017, vues côté catho.


(1) Aucun rapport avec les habitants du canton suisse de Vaud.

(2) On peut lire ici une interview d'une responsable vaudois italien.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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