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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 17:24

Bien plus que d'une Rome parfois lointaine, la vie du peuple catholique là ou il se trouve dépend est en grand partie de l'évêque du diocèse. Pour avoir été l'un d'eux le pape François s'est déjà montré fort exigeant envers ses frères pasteurs. On se souvient notamment de sa charge en septembre contre les « évêques d'aéroport », enclins à quitter souvent leurs ouailles.


Le 27 février, devant la Congrégation pour les évêques, organisme romain qui gère la nomination et le suivi des prélats du monde (exceptés ceux des pays « de mission »), le pontife argentin en a remis une couche. « Le peuple de Dieu a besoin et attend un pasteur, quelqu'un au grand cœur. Il veut un homme de Dieu, pas un gestionnaire ni un administrateur de société ». En France, bien des évêques consacrent une bonne partie de leur longues journées à boucher les trous causés par le manque de ministres ordonnés ou à arbitrer des conflits de personnes. Bref à être des DRH fort occupés, moins disponibles pour leurs missions d'enseignant et de rassembleur.


« Nous ne devons jamais perdre de vue les besoins des Églises locales, auxquelles nous devons répondre, a dit François devant les « faiseurs d'évêques ». Ces dernières années, on a pu voir des évêques utiliser des territoires comme des laboratoires de leur projet, lequel ne correspondait pas toujours aux aspirations des prêtres et des fidèles. C'est bien le sens opposé qui est prôné désormais. En poussant l'idée, la feuille de route diocésaine, par exemple fruit d'un synode, devrait être remise dans les mains du nouvel évêque le jour de son ordination ou de son installation. Et s'imposer à lui.


Un autre aspect soulevé par le pape résonne en France après un épisode d'engagement massif d'une partie des catholiques et de leurs pasteurs dans un combat qui n'a pas fait l'unanimité. « L’Église n'a pas besoin de défenseurs de ses propres causes ou de croisés pour ses propres batailles, mais de semeurs humbles et confiants de la vérité » Un appel à la modestie bienvenue. Même si, on peut le rappeler sans être inconvenant, ce ne fut pas toujours la posture de Mgr Bergoglio en Argentine jadis...


Le pape, qui comme jésuite n'aurait logiquement pas du revêtir la mitre, est également revenu sur la question des carrières épiscopales. S'adressant directement aux évêques, il a redit : « Ne vous comportez pas en princes ambitieux.N'ayez pas d'ambitions dans l'épiscopat ». Cette idée, conforme à la vision bergoglienne de l'Eglise, va se heurter au principe de réalité. Un jeune prêtre brillant, ordonné évêque à 45 ans, devra-t-il rester 30 années sur le même siège, comme ce fut le cas jadis ? Peut-on nommer un novice à un poste majeur - Paris, Lyon ou Marseille chez nous - ?


Les membres de la Congrégation pour les évêques ont de quoi ruminer quelque temps après l'intervention du pape François.

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 09:22

Les religieux et les religieuses qui œuvrent dans notre pays font preuve d'une générosité sans limite. Parfois pourtant la bonté du cœur gagnerait à se doubler d'une meilleure intelligence des situations. Un exemple de cette difficulté apparaît à lecture de la livraison de février d’Église à Lyon, revue du diocèse de la Capitale des Gaules.


Dans un panorama illustré de communautés religieuses nouvellement implantées, on trouve quelques lignes consacrées aux Servantes des pauvres, congrégation d'oblates bénédictines. Trois représentantes sont arrivées en décembre 2013 à Meyzieu, pour agir auprès des malades comme infirmières.


Voici ce qu'écrit la rédactrice Nennecy du Chaffaut : « Bien que diplômées d’État, elles travaillent de façon complètement bénévole, ce qui, curieusement, n'est pas simple pour se faire accepter ».


Quelle naïveté dans ces lignes, de la part de la rédactrice comme des sœurs ! Qui peut ignorer les difficultés sociales des personnels soignants, à l'hôpital comme dans le secteur libéral ? Comment accepter de voir débarquer des personnes compétentes et formées effectuant le travail sans salaire? On peut être sûr que l'Assurance maladie se frotte les mains d'accueillir ces supplétives. Davantage que les syndicats de salariés.


Si les religieuses ont inventé le métier de soignantes il y a plusieurs siècles, elles l'exercent depuis fort longtemps à titre professionnel. Et si leur salaire leur apparaît trop élevé, leur congrégation saura faire bon usage du superflu.


Être présent et manifester l'amour inconditionnel du Christ auprès des plus pauvres n'obligent pas à cette singularité d'action. Les collègues de ces religieuses ont également le soucis des souffrants, mais doivent aussi faire bouillir la marmite familiale et ne peuvent tout attendre « de la Providence », comme les Servantes des pauvres de Meyzieu.



C'est bien en étant « normal » que ces religieuses infirmières montreront leur générosité infinie pour l'humanité. C'est en se présentant comme travailleuses avec d'autres, aux mêmes conditions, qu'elles seront signes du Christ pour les malades comme pour leurs collègues.

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 14:29

En titrant dans son édition dominical du 23 février : « Alors les cathos, tous des réacs ? », le Parisien-Aujourd'hui en France n'a pas seulement proposé un titre choc et outrancier dans le but de faire vendre. Il a remis à leur juste place les participants à deux récents défilés : Marche pour la vie (19 janvier) et Manif pour tous (2 février).


Car le sondage du quotidien indique que 90% des catholiques (chiffre équivalant à celui de la population totale) approuvent le droit à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Chez les pratiquants réguliers, ils sont encore 63%. Dans cette dernière cohorte donc, les manifestants évoqués plus haut sont donc minoritaires.


Faut-il voir ici l'échec de la pédagogie de Rome et des évêques français ? Pas seulement.


Les catholiques sondés ici ont répondu à une question précise : celle du « droit à » Quand il prend une posture de citoyen, le catholique réfléchit non uniquement en fonction de sa conviction personnelle mais en regardant l'intérêt de tous. Et donc de son voisin qui ne partage pas sa foi et dont il respecte le point de vue. Le catholique sondé pense en minoritaire qui ne saurait imposer sa propose philosophie.


Sans doute, le résultat eut été fort différent devant une question comme « Etes-vous favorable personnellement à l'IVG ? ». Parce qu'aucune personne sensée ne peut considérer l'arrêt d'une grossesse comme une option satisfaisante. Ensuite, car pour un chrétien, le refus d'une vie est théologiquement indéfendable.


Une autre question validerait la position double de beaucoup : « Êtes-vous d'accord avec la phrase ? : Je suis favorable au droit à l'avortement tout en refusant d'en user pour moi-même. » Beaucoup de catholiques s'y retrouveraient. Avis aux sondeurs.


La chance de notre démocratie est de proposer à chacun un droit de demander certains gestes médicaux. Et donc le droit – sacré et à défendre - de ne pas en user.


Il revient aux pasteurs de l’Église catholique de convaincre les fidèles, lorsqu'ils se trouvent dans des circonstances précises, de faire une choix personnel éclairé. Dans notre République, via les médias, ils ont toute latitude pour faire connaître leur position, même minoritaire.


Devenue un lobby parmi d'autres, l’Église tente d'influer sur la loi commune. C'est légitime. Mais à condition de reconnaître qu'elle peut être entendue et suivie (la Loi Leonetti sur la fin de vie en est le bon exemple), comme ne pas l'être (avec le mariage homosexuel). Et dans ce cas, nos évêques devraient faire taire celles et deux qui, se réclamant catholiques, réfutent les décisions démocratiques.

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 15:51

Le Saint-Siège a mené une grande consultation des fidèles en préparation du synode sur la famille prévu en octobre 2014. Je m'en suis déjà réjouis dans ce blog (lire ici).

Les premiers résultats ont été rendus publics en Suisse et en Allemagne. Ils consonent avec les éléments qui remontent de la base en France, telles les études réalisées par la Conférence des baptisés ou la Mission de France). Ces enquêtes montrent que certains règles ecclésiales- au premier chef le non accès au sacrement pour les divorcés-remariés – sont vilipendées par une grande majorité des catholiques des pays concernés.


Décidément secoués par le vent qui souffle du Vatican (ou du moins de la Maison Sainte-Marthe), les épiscopats communiquent des chiffres plus que dérangeants. Ainsi, on apprend que 90% des fidèles suisses veulent que les divorcés-remariés pratiquent sans entraves, et 60% approuverait des bénédictions de couples homosexuels. Dans leur rapport, les évêques allemands notent que la cohabitation pré-nuptiale est « quasi universelle ». Leurs voisins français pourraient en dire autant.


Le constat peut amener plusieurs réflexions. Et des lectures divergentes.


Un béotien des affaires vaticanes pourrait facilement pointer l'autisme des autorités catholiques quand aux mœurs familiales d'une bonne partie de l'Europe. Que l'Eglise qui s'estime, depuis Paul VI, experte en humanité, s'interroge encore en 2014 sur ce que vivent ses ouailles en dit long sur sa connaissance du terrain. La vraiment question n'est plus ce qui se passe mais ce qu'il convient d'en penser.


On rétorquera à cette pique sur deux points. Tout d'abord,le questionnaire était proposé aux Églises du monde entier. Les comportements différent largement selon cultures et continents et une cartographies des pratiques familiales sera fort utile.



Ensuite, plutôt que des déplorer l'apparente naïveté d'une question, il paraît plus judicieux d'observer la dynamique.


Hier, les catholiques étaient censés être dans les clous et la politique de l'autruche était de mise. En octobre, les évêques réunis pour le synode disposeront d'éléments objectifs, non de fantasmes, pour réfléchir et proposer d'éventuelles évolutions réglementaires.


Pour cela, oui, l'ouverture du questionnaire aux laïcs est une bonne chose et il faut féliciter ses promoteurs. La fin du secret dans la circulation des textes entre les épiscopats et le Saint-Siège participent aussi de cette bonne volonté.

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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 23:40

Jusqu'alors le numéro deux du Vatican, Mgr Pietro Parolin, nommé le 16 décembre dernier, avait été fort discret. Après quelques soucis de santé ayant retardé sa prise de fonction le15 octobre, il a du potasser ses dossiers avant de s'épancher dans la presse.


Peut-être a-t-il craint de ne servir que de l'eau tiède après les interventions parfois tonitruantes de son patron. Sans doute attend-il de porter le chapeau de cardinal qui en fera le 22 février l'égal statutaire des grands pontes de la Curie dont il est le chef.


Mgr Parolin a donné le 7 février, une longue interview dans l'Avennire, le quotidien de l'épiscopat italien. Son intervention est largement présentée par le vaticaniste Andréa Tornielli, dans un article disponible en anglais (ici)


Des se longues considérations diplomatiques (Proche-Orient, Chine), on retiendra sa définition des objectifs du Saint Siège : « bâtir des ponts pour promouvoir le dialogue et utiliser la négociation comme moyen de résolutions des conflits, amener de la fraternité, combattre la pauvreté et construire la paix. Le pape n'a pas d'autres intérêts ou stratégies ».


La défense de la situation des communautés chrétiennes n’apparaît pas dans cette énumération. Les fidèles du Christ sont, aux yeux du Secrétaire d’État, une population à protéger au titre de leur commune humanité, comme les autres. Une idée que l'on verra à l’œuvre très prochainement avec la visite du pape François en mai en Israël, Palestine et Jordanie.


Sur la polémique autour du prétendu – et surréaliste - « marxisme » papal, Pietro Parolin s'en sort plutôt bien : « Comment désapprouver l'avis du pape quand il dit que l'argent doit servir et non gouverner ?»


L'autre dossier sur lequel le numéro deux du Vatican est attendu est bien évidemment celui de la réforme de la Curie, dont il doit assurer la coordination. Difficile de voir la moindre nuance avec le discours de son patron. I souhaite un gouverment « moins bureaucratique, plus efficace au service du pape, des évêques, de l'Eglise universelle et des Églises locales ». On appréciera de voir apparaître ces dernières dans la liste, tant les incompréhensions sont parfois criantes entre le terrain et l’État-major.


Déplorant le jugement expéditif subi par la Curie, il reconnaît, en utilisant désormais le « nus », que ses agents doivent : « travailler vraiment dur afin d'être plus humains, plus accueillants, plus évangéliques comme François le souhaite ». Il faudra donc se relever les manches. Le temps où il suffisait d'être dans les petits papier du cardinal Bertone, prédécesseur de Mgr Parolin, pour occuper un joli poste est bien révolu.


On verra à l'usage si la nouvelle doctrine interne s'impose au sein d'une administration forcément rétive à être bousculée. Le pape compte sur son lui.

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 15:37

Il est encore des gens qui pensent que l'Eglise n'est qu'un organisme vertical dans lequel le chef parle et tout le monde se tait. Ce que vit l'Eglise catholique de France depuis l'épisode du mariage homosexuel apporte un démenti implacable. On savait déjà que, contrairement à ce que certains voudraient faire croire, les catholique n'ont pas été unanimes face au projet de loi concernant le mariage des personnes de même sexe. Et encore moins devant les mobilisations massives de l'an passé, comme de ce dimanche 2 février.


Mais voici que publiquement, dans les colonnes de La Croix, deux prélats influents Philippe Barbarin et Hippolyte Simon, archevêques de Lyon et de Clermont-Ferrand, ont exprimé des stratégies et des positionnements contraires. Tout en partageant le même avis sur le fond.


On connaît l'engagement du cardinal Barbarin (lire sa tribune ici ), en première ligne l'an passé, tant dans les débats que dans les rues. Pour expliquer sa participation au défilé lyonnais du 2 février, il a brandi la menace de la PMA (écartée par le gouvernement dans la Loi famille, avant l'abandon de celle-ci) et le GPA (exclue fermement par le Président Hollande). Mais le cardinal ne fait clairement plus confiance à nos gouvernants.


« Faudra-t-il supporter une nouvelle fois, écrit-il l’injustice revêtue des habits de la loi ? Chacun d’entre nous peut, aujourd’hui, reconnaître son existence comme le fruit de l’union d’un homme et d’une femme, quels qu’aient été les frasques ou les accidents de la vie de nos ancêtres, de nos parents… Qu’en sera-t-il demain ? Que dirons-nous aux enfants qui nous demanderont comment nous avons laissé faire cela ? ».


Son confrère clermontois (voir son texte ici ) n'apprécie guère plus l'action du gouvernement. S'il respecte « le choix de (s)es frères qui iront manifester le 2 février », leur accordant « la liberté de penser et de dire que cette façon d’agir est utile au témoignage qu’ils veulent donner », il s'octroie de son côté « la liberté de penser et de dire pourquoi » il a fait un autre choix. Et de s'empresser d'ajouter : « Nous n’avons pas de divergence sur le fond. Nos divergences portent sur la méthode ». Et sur le message, peut-on rajouter à entendre l'explication de Mgr Simon : « nous avons surtout besoin de retrouver notre crédibilité au sein de la société civile ».


Quand Philippe Barbarin veut se battre pied à pied pour défendre sa conception de la famille et trouver une voie médiane entre les « jusqu’au-boutistes » (sic) de « Jour de colère » et les résignés, Hippolyte Simon pense d'abord à la réception dans la société de cet engagement très médiatisé de l'Eglise.


Dans une analyse publiée ce lundi 3 février dans La Croix : « Mariage pour tous : une année de mobilisation » (lire ici), Anne-Bénédicte Hoffner et Céline Hoyeau donnent la parole à d'autres évêques. Parmi les réticents à manifester, les journalistes citent Claude Dagens (Angoulême), Jean-Luc Brunin (Le Havre) et François Fonlupt (Rodez) .


Le premier est le héraut de ceux qui pointent le danger de l'engagement massif des catholiques sur les pavés (voir dans ce blog). Le second, en première ligne comme président du Conseil « Famille et société », regrette « la passion et la vigueur » des défilés. Quand au troisième, il reconnaît que le débat prôné par l'épiscopat n'a pas eu lieu.


Diversité de méthodes, mis en échec dans ses appels au dialogue : l'épiscopat catholique de France ne sort pas indemne de l'épisode. Mais il est aujourd'hui capable de s'avouer des vérités humaines et des difficultés devant lesquels n'importe quel corps social aurait butter.

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 22:01

Les lecteurs de ce blog savent que j'ai pas l'habitude de dire du bien des évêques et de la communication des autorités ecclésiales. Et pourtant, il faut reconnaître qu'un prélat discret, tranquillement installé dans son diocèse de Soissons (qui est aussi le mien), montre qu'on peut utiliser intelligent et pieusement les outils de son temps.


Mgr Hervé Giraud, le père des twitthomélies, n'est pas seulement la star des geeks cathos, qui ne séparent jamais de leurs tablettes et de leurs smartphones. Il s'adresse à plus de 5200 abonnés de 40 pays différents. Le concept est tout simple : un très court extrait du texte évangélique du jour (précédé de la référence) et une phrase de réflexion et/ou de méditation. Le tout sous la barre fatidique des 140 caractères.


Avec ses twitthomélies, il invente une présence chrétienne modeste dans une monde plutôt infesté de grandes gueules bardées de certitudes. Et l'épisode du mariage pour tous a montré comment, sur les réseaux sociaux, les catholiques savaient être violents parfois.


Lors du rendez-vous annuel des médias catholiques, les 23 et 24 janvier à Annecy, Mgr Giraud est venu raconter son « ministère épiscopal à l'heure de Twitter » (texte de son intervention à retrouver ici). En dressant le bilan de trois années de ce rendez-vous quotidien, cette « une goutte, ou miette d’évangile », inspirée des lectures du jour, il a raconté ce qui avait changé pour lui. Et ce, alors qu'une compilation de son œuvre numérique était publiée sous le titre Twitthomélies (éd. Parole et silence).


« Tweeter a élargi la dimension universelle de mon ministère épiscopal prophétique », explique-t-il, parlant de « choix missionnaire », fidèle à l'injonction de Benoît XVI d'oser habiter ces « nouveaux aréopages » de l'internet. Mgr Giraud y a vu également le moyen « d’entrer en contact avec des non-croyants ». S'abonner à l'envoi quotidien d'un évêque sera toujours moins engageant que de taper à la porte d'un prêtre.


Longtemps formateur de séminariste à Lyon et donc chargé d'enseigner le métier de prédicateur, l'évêque de Soissons a également revu sa manière de penser la réception de son propos. La twitthomélie est pour lui « un bel outil pour apprendre à s’adresser à son prochain dans un langage le plus simple et le plus universel qui soit… comme Jésus ! Il faut trouver la longueur d’onde de l’autre. Je ne cible pas un public mais pense aux publics. » Un questionnement que pourraient partager nombres de ses confrères prêtres, qui, en principe, ne connaissent pas 100% de leurs fidèles de la messe.


Concluant son propos, il tire une leçon sociologique de l'utilisation de ce réseau social. « Les contributions des autorités et institutions établies ne seront reconnues qu’en fonction de leur pertinence, de leur précision, de leur politesse, de leur humour, de leur positivité, de leur qualité d’écoute et de présence, et surtout de leurs arguments ! Car l’argument d’autorité ne fait plus autorité et l’autorité se gagne aujourd'hui par tous ces éléments ».


Une lecture que ne renierait un autre twitto catho installé depuis l'an passé à Rome, un certain @pontifex.

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 15:25
Bénédiction oecuménique

Voici une image qui pourrait illustrer la Semaine de prière pour l'unité des chrétiens (du 18 au 25 janvier).


La scène se passe dimanche 12 janvier dans une église aux États-Unis. Une femme fait un geste de bénédiction sur le front d'un homme. Cela ne devrait guère choquer. Elle, Anne Robertson est pasteur d'une Église méthodiste, et lui Sean O'Malley, est cardinal de l’Église catholique.


Nous sommes à la fin d'une cérémonie commémorant un office de historique réunissant méthodistes et catholiques, il y 50 ans. La Révérende était au coté d'un ami qui a demandé au cardinal archevêque de Boston de lui faire un signe de croix avec de l'eau bénite. Un geste plein de sens, en ce jour de la Fête du baptême de Jésus.


Après s’être exécuté, le cardinal a demandé à la révérence de le bénir à son tour. « Je l'ai fait, raconte-t-elle dans son blog. Et la femme pasteur divorcée méthodiste a oint un cardinal catholique ».


Après les échos dans la presse, les réactions ont été diverses. Certains criant à la farce, d'autre, plus nombreux, ont félicité le cardinal. Anne Robertson, qui raconte avoir souvent souffert en tant de femme pasteur dans son Église, dit avoir été soutenue par de nombreux collègues.


Interrogée par le Huffington Post, elle a dit avoir pensé à la Lettre de Paul aux Galates : « il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus » (Ga, 3, 28).


Au lieu de se battre éternellement autour de l'accès à la table eucharistique, ne peut-on pas dans nos églises et nos temples, trouver des gestes forts qui montrent la proximité ? La bénédiction mutuelle peut être une voie. Il n'est pas nécessaire pour cela d’avoir une femme et un cardinal.

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 23:08

Voici une question étonnante qui dit beaucoup sur ce que deviennent certains cultes catholiques. « Faut-il tolérer les pleurs des enfants à la messe ? ». De tous temps, certaines familles à poussette ont assisté aux offices. Et la plus grande foi familiale n'a que rarement pu empêcher les cris impromptus et les pleurs imprévus.


La Croix de lundi 6 janvier s'est saisie de cette interrogation. Les journalistes du quotidien catholique racontent qu'on peut lire dans certaines églises des Yvelines une « charte », laquelle « recommande aux parents de 'réagir dès le premier cri' » et de ' favoriser les garderies'. À mots couverts, le texte déconseille aussi d’emmener les petits à la messe des jeunes du dimanche soir ». On a beau apprendre que la célébration en question étant destinée aux jeunes – ceux qui n'ont pas (encore) d'enfants braillards sur les bras – elle mérite un silence particulier, le coup est rude.


Ce que l'article reconnaît en citant des parents décontenancés par l'interdit. Comme cette mère de trois enfants de 2, 3 et 5 ans qui répond : « Tous ont leur place dans l’assemblée, au même titre que celui qui chante à tue-tête sans s’apercevoir qu’il chante faux. » On lit aussi les propos de curés qui ne partagent pas cette ambition d'aseptiser les messes au niveau sonore.


Quand il traverse la cour intérieur du presbytère en évitant le ballon des scouts footballeurs, le curé de chez moi conserve un visage radieux. Il préfère clairement réparer un carreau cassé ou panser un nez qui saigne à risquer la disparition de la troupe de louveteaux. Et le ballet de poussettes plus ou moins bruyantes dans le transept de son église le dimanche matin l'émeut plus qu'il ne l'indispose.

Des solutions existent, comme les garderies pour les messes les plus fréquentées. La Croix nous apprend que d'autres pistes existent. Une paroisse de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) « propose une salle sonorisée permettant de suivre la messe sans déranger l’assemblée ». Histoire de ne pas culpabiliser les parents en cas de pleurs ou quand le sein maternel devient l'unique solution.


Il n'empêche que vouloir isoler la messe du bruit et de l'aléa le plus naturel du monde interroge. Veut-on transformer les églises paroissiales en monastère ? Ou considère-t-on que la célébration de l'eucharistie doit être vécue « hors sol », barricadée du monde ?


Il n'y a en revanche aucun risque qu'un jour on interdise aux fidèles de s'endormir- au risque de ronfler – pendant les homélies insipides données sur un ton monocorde. Cette mesure radicale ferait trop de dégât dans l'assistance.

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 14:09

Christine Pedotti figure dans la promotion du 1er janvier de la Légion d'honneur. On aurait pu s'attendre à voir l'éditrice, auteure à succès et rédactrice en chef de Témoignage chrétien figurer dans la liste du ministère de la Culture et de la Communication. Or, elle doit son grade de chevalier au ministère du Droit des femmes.


C'est bien en raison de ses engagements auprès de ses sœurs dans l'Eglise catholique que Christine Pedotti reçoit les honneurs de la République. Sans doute, Mme Najat Vallaud-Belkacem a-t-elle eu vent de l'aventure du Comité de la Jupe , en lutte depuis fin 2008 contre le machisme traditionnel des mâles qui dirigent l'Eglise catholique. L'honneur en revient également à la cofondatrice du Comité Anne Soupa, et à celles – et ceux – qui l'animent aujourd'hui.


La ministre sait que le droit des femmes a encore bien des progrès à faire dans cette vielle institution, insensible aux évolutions des sociétés. Faute de pouvoir féliciter celui qui, de Rome, semble vouloir faire bouger les choses, elle envoie un signal aux hiérarques catholiques de France, peu enthousiastes devant les revendications féministes.


On espère quand même que l'épiscopat français, beau joueur et galant, félicitera Mme Pedotti.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux à Témoignage chrétien. Ce blog n'engage que moi. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétitOn peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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