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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 20:11

Dans ma boite mail de journaliste religieux, j'ai reçu ce lundi la lettre d'information du diocèse d'Évry. J'ai jeté un œil aux nominations de septembre et fais les comptes: quatre laïcs (3 femmes et 1 homme), 5 prêtres religieux et un prêtre d'un diocèse de République démocrate du Congo. Sur les dix personnes missionnées, on ne trouve... aucun prêtre du diocèse d'Évry.


Du coup, je suis allé voir la liste principale de nominations présentée en juin par Mgr Michel Dubost. Sur 74 prêtres nommés dans le diocèse, seuls un tiers sont incardinés à Évry. Le diocèse compte également sur 22 religieux, ce qui n'est pas nouveau, sur 19 étrangers, africains en l'occurrence, ainsi que 9 prêtres venus d'autres diocèses français. Heureusement que l'Institut catholique et le Centre Sèvres attirent encore des prêtres étudiants du monde entier.


Que dire de cette situation, qui touche plusieurs diocèses de banlieue parisienne?


- Un nombre non négligeable de pasteurs nommés, quelles que soient leurs qualités, n'étaient pas destinés à travailler au service des paroisses et des communautés catholiques de l'Essonne.


- de nombreux prêtres sont de passage pour des missions temporaires, souvent de 3 ans pour les étrangers «fidei donum». Le diocèse est à la merci d'un redéploiement d'activité des congrégations religieuses, lesquelles ne croulent pas sous les candidats.


- avec les laïcs et les diacres permanents, la diversité des parcours, des charismes et des formations, il n'est pas toujours évidents de créer un dynamisme unitaire diocésain.


À toutes ces remarques grinçantes et scrogneugneues, on rétorquera, avec justesse, que le caractère bigarré des hommes et des femmes missionnés par l'évêque pour le diocèse est une richesse. Que la diversité et le mouvement renouvellent sans cesse les actions pastorales. Que tous les ouvriers travaillent à la même vigne.


Si l'Église de France n'avait pas de ressources humaines presbytérale (oh la vilaine expression !), on se contenterait de cette situation, bénissant celles et ceux qui bouchent les trous.


Mais certaines paroisses parisiennes disposent aujourd'hui de moyens humains, intellectuels et matériel du niveau de certains diocèses. Il y a plus de messes en semaine dans un arrondissement de la capitale que de célébrations dominicales dans bien des régions. La solidarité interdiocésaine devra un jour être questionnée, et pas uniquement au niveau financier.


Il est sans doute plus rassurant d'appartenir à une équipe de cinq prêtres dans un hôtel particulier, siège d'une PME (1) que d'habiter seul un presbytère froid, avec le premier confrère à 25 km.


À l'instar des médecins, il est difficile aujourd'hui de convaincre un prêtre d'aller rejoindre une zone de «désert». Quand bien même, ses racines se trouvent loin de la capitale. L'Église de France souffre du même jacobinisme que la société.


À quand un grand plan banlieue et un ministère de l'aménagement du territoire pour le catholicisme français?

(1) Certaines paroisses peuvent salarier organistes, agents d'accueil, sacristains, secrétaire, personnels d'entretien, maitre(sse) de maison...

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commentaires

Nathanaël 16/09/2013 22:40

Ce qui est vrai dans le diocèse d'Evry et à Paris se retrouve dans beaucoup de diocèse. En tout cas dans le mien. Dans les cures du centre ville de Nantes, il ne manque pas de prêtre ni de messes multiples le dimanche (dans ces paroisses, jamais d'ADAP, assemblée dominicale en l'absence de prêtre - j'ai horreur de cette dénomination négative). Par contre, au fin fond de la campagne, le prêtre se retrouve avec 5 ou 6 clochers, voire plus et autant de km à parcourir. Et come la messe dominicale n'est plus assurée chaque semaine, les paroissiens prennet vite l'habitude...de s'en passer définitivement. Et les églises se vident. Et la communauté s'essouffle. Tout cela donne l'impression que l'Eglise catholique pratique la politique de l'autruche : tout va bien puisqu'on ne voit rien !

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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