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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 19:48

Qu'arrive-t-il à nos évêques ? Depuis quelques mois, ils sont plusieurs à avoir cessé leurs activités. Et à l'avoir officialisé. En début d'année, le président de la CEF Mgr Georges Pontier a été hospitalisé plusieurs semaines loin de son diocèse de Marseille pour des problèmes pulmonaires (voir ici). Il avait déjà manqué la session automnale 2016 de Lourdes.


On savait le cardinal André Vingt-Trois hospitalisé depuis le mois de février. La semaine passée, un communiqué du diocèse nous a appris que l'archevêque de Paris était atteint du syndrome de Guillain-Barré, suite à une infection virale, et qu'il allait devoir subir des soins importants, suivi d'un « long temps de rééducation ».

 

Ces deux leaders de l'épiscopat français sont septuagénaires. Rien ne dit qu'André Vingt-Trois sera remis sur pied le 17 novembre, le jour de ses 75 ans, quand il va, selon l'usage, présenter sa démission au pape. Son confrère marseillais en fera de même le 1er mai 2018.

 

On est en droit de s'interroger. Est-il nécessaire de laisser dans un tel poste de responsabilité des hommes de cet âge, quand la santé fait défaut ? Totalement dévoués à leur ministère, ils négligent trop souvent les alertes de leur corps et ne sont pas tous assidus aux activités sportives. On pourra ajouter que leur réalité professionnelle est au moins autant occupée par de la gestion de crises (manque de prêtres ou dérives de certains) que par la direction spirituelle et pastorale d'un diocèse, travail pour lequel ils sont bien davantage préparés.

 

Je me souviens des derniers mois d'activité du cardinal Lustiger, traînant sa fatigue et la voix diminuée par la maladie. A l'époque, le pape Jean Paul II, souffrant lui aussi, n'avait pas voulu pas gérer les successions de certains postes majeurs (Paris, Madrid), laissant le dossier à son successeur. Gageons qu'on ne demandera pas à Mgr Vingt-Trois de jouer les prolongations comme c'est parfois le cas. Mgr Jean-Michel Di Falco, qui vient de voir aujourd'hui nommé son successeur comme évêque de Gap, s'en était plaint il y a peu (voir ici).


« Faut-il que les évêques fassent du chantage au départ, descendent dans la rue, ou plantent la tente devant la nonciature, pour que l’on n’abuse pas de leur esprit d’obéissance et de leur dévouement ? Pour qu’on mette en route les procédures plus tôt ? Pour qu’ils partent le jour de leurs 75 ans et non pas des mois plus tard ? », disait l'évêque de Gap lors de ses vœux en janvier 2017, théoriquement à la retraite depuis le 25 novembre. Et il ajoutait : « Sachez cependant que je ne me plains pas, c’est vous qui êtes à plaindre dans votre attente d’un nouvel évêque plus jeune, plus dynamique, plus entreprenant, plus à l’écoute, plus compréhensif, plus paternel, plus disponible, plus saint, en fait ! »

 

Tous n'arrivent pas comme Mgr Di Falco en bonne forme à 75 ans. Ne peut-on envisager qu'à 65 ou 70 ans, les évêques fatigués redeviennent, s'il le sollicite, de simples prêtres dans leur diocèse d'origine ? Ils pourraient ainsi poursuivre leur ministère dans des postes moins exposés, moins fatiguant, ne nécessitant par de fréquents voyages vers Paris.

 

Dans les monastères, les supérieur(e)s retournent dans le rang leur mission terminée pour laisser la place à plus jeune. L'exemple est à méditer. Car un bon prêtre en fin de carrière est sans doute plus utile à l’Église qu'un évêque épuisé.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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