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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 06:32

 

Mardi 11 septembre, le cardinal André Vingt Trois, président de la Conférence des Évêques de France, rencontrait la presse pour évoquer les visites ad limina des évêquesde France http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/espace-presse/dossiers-de-presse/visites-ad-limina-des-eveques-francais-14917.html

prévues entre septembre et novembre prochain. Il s'agit d'une voyage périodique à Rome– le dernier date d'il y a 8 ans – durant lequel les évêques rencontrent les responsables des services du Vatican et évoquent les réalités vécues et les questions pastorales.

 

« La question des négociations avec la Fraternité Saint Pie X ne sera pas absente des échanges lors de nos rencontres », a précisé le cardinal. Il s’agit la d'un bel euphémisme, tant les interminables discussions entre Rome et Mgr Fellay demeurent un sujet sensible dans bien des diocèses de France.

 

L'archevêque de Paris, comme son mentor Jean-Marie Lustiger n'a jamais porté les courants intégristes dans son cœur. « La copie de la Fraternité est renvoyée à chaque fois », fait-il remarquer pour rappeler que Rome n'a, pour l'heure pas cédé à l'intransigeance de ses interlocuteurs qui veulent réintégrer le giron romain sans rien renier de leurs convictions et de leur vision divergente de l’Église.

 

On a fait remarquer que l'Institut du Bon Pasteur, installé à Bordeaux depuis plus de cinq ans, ne s'était jamais intégré au travail du diocèse. « L'expérience du Bon Pasteur n'est pas l'unique tout modèle de réconciliation, donc n'est pas significative, a répondu Mgr André Vingt-Trois, bien conscient de la difficultés de ce genre de greffe. Le cardinal Ricard [archevêque de Bordeaux] a fait une évaluation. On attend ce que va dire Rome. Mais la négociation avec la Fraternité Saint-Pie X est d'un autre ampleur » De toute façon, la décision sera prise entre Rome et Ecône et la France n'aura pas grand chose à dire.

 

Le cardinal a laissé entrevoir sa position et son exigence dans le dossier en évoquant un « point sensible ». Le nature posé et diplomatique du prélat fait merveille pour dire ce qu'il a sur le cœur, sans agressivité aucune et tout en ménageant l'avenir. « On ne peut se réconcilier sans accepter de reconnaître ce que vit l'autre. Quand un prêtre ou un organisme me dit que la messe que je célèbre est hérétique, nous ne sommes pas dans une dynamique de réconciliation ».

 

« Les intégristes pratiquent différemment. Je le conçois. Je demande le respect en retour ». Une exigence qui paraît minimale, mais qui, à en croire le prélat, n'existe pas chez les partenaires du dialogue..

 

Ces quelques phrases laissent entrevoir un sentiment double chez le prélat. Une espère de schizophrénie que les politiques connaissent. Si le cardinal de l’Église catholique, soucieux de l'unité de celle-ci, souhaite la réconciliation avec les disciple de Mgr Lefebvre, on se demande si l'archevêque de Paris, à la tête des évêques de France, désire réellement que cet accord.

 

Car il en connaît parfaitement les conséquences pastorales.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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