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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 11:51

Dans toutes les administrations occidentales, un patron arrive avec ses équipes et les personnages clés qui entouraient son prédécesseur sont priés de faire leur bagage illico presto. Rien de tout cela dans les salons du Saint-Siège où l'habit d'archevêque et encore plus de cardinal garantit de hautes fonctions jusqu'à 75 ans, voir plus.


Au Vatican, on ne congédie pas un cardinal de la Sainte-Église comme un vulgaire énarque chef de cabinet. L'élu sur le Siège de Pierre doit composer avec ceux que le pontife précédent a mis en place. C'est ainsi, on l'a vu dans mon dernier post (à relire ici), que le cardinal Müller demeure en charge de la doctrine de la foi, malgré certaines divergences de vue avec le pape.


Un autre personnage central est aujourd'hui en tension avec son patron : Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques. Le cardinal québécois est en charge des nominations épiscopales dans tous les pays anciennement chrétiens (1). Ses services proposent, pour chaque poste à pourvoir, trois noms au pape. Lequel est seul habilité à nommer des évêques.


D'après le journaliste québécois Alain Prokin, cité dans le Journal de Montréal du 18 avril (lire ici), les candidatures mises au panier par François seraient de plus en plus fréquentes. Pour des postes importants – Chicago, Madrid ou Sydney -, les poulains de Ouellet n'ont pas été retenus. J'avais écrit un post sur la nomination suprrise de Blase Cupich à Chicago en 2014 (voir ici).


Marc Ouellet, souvent cité lors du conclave de 2013, avait une image de conservateur comme archevêque de Québec entre 2003 et 2010. Celle-ci s'est confirmée à Rome, quand Benoit XVI l'a nommé en 2010 à la tête de la puissance congrégation.


Le journaliste québécois s'interroge même sur l'avenir du prélat dans cette fonction. A quoi bon pour le pape s'astreindre à travailler avec une personne à qui il ne fait plus confiance pour les choix de nomination ? Mais alors, que faire de ce cardinal trop jeune (71 ans) pour être mis à la retraite (75 ans) ?


Le système hiérarchique est ici prise en faute et on rêverait du modèle des communautés religieuses. Les supérieur(e)s retournent dans le rang leur mandat effectué. L'ancien patron des jésuites d'Argentine (1973-1980) redevenu simple prêtre ensuite en sait quelque chose.


Pour l'heure, seul l'ultra conservateur cardinal Raymond Burke (voir ici sa fiche wikipedia) a été clairement mis au placard. Titulaire du poste prestigieux de Préfet du tribunal suprême de la Signature apostolique, ce prélat étatsunien a été « promu » en 2014 patron de l'Ordre souverain militaire de Malte par le pape argentin.


S'il veut continuer à avancer, le pape devra se séparer, avec diplomatie, des hauts responsables du Saint-Siège qui ne se situent pas dans sa dynamique. Sans quoi, les évolutions qu'il veut mettre en œuvre risquent la paralysie.


(1) Les pays de mission relèvent de la congrégation pour l'évangélisation des peuples.

26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 08:38

Prêtre parisien, curé de la paroisse Notre-Dame de Compassion (XVIIe arrondissement), Christian Lancrey-Javal demeure bouleversé, comme nous tous, pour la histoires de pédophilie touchant les religieux.


Dans son homélie dominicale du 24 avril (à retrouver intégralement ici), en commentant l'évangile de Jean (Jn 13, 31-33a.34-35), il est d'abord revenu sur une réponse du Pape François dans son livre d'entretien avec des enfants « Quelles sont les décisions qui coûtent au Pape ? », interrogeait un enfant. Réponse de François: « Il y en a beaucoup, mais le plus difficile est de devoir relever quelqu'un d'un poste de responsabilité ou d'une position de confiance parce qu'il n'est pas compétent ».


La phrase résonne fort aujourd'hui au regard de la difficulté pour l'institution de se séparer de ses membres coupables de crimes ou de délits sexuels. Dans un récent billet de ce blog, j'émets l'hypothèse que le manque de prêtres fait hésiter à se séparer des fautifs d'hier et potentiels récidivistes (à retrouver ici). Je suis intervenu dans ce sens lors de l'enquête présentée vendredi 22 avril sur France Inter, "Pédophilie dans l'Église: la conspiration du silence" (à écouter ici), dans l'émission Secrets d'info.


Le P. Lancrey-Javal est nettement plus catégorique que nombres des ses supérieurs les évêques. « Au Vendredi saint, l’Église a re-demandé pardon pour ceux de ses prêtres qui ont commis des abominations, qui ont profané le sacerdoce dont ils étaient investis, mais cela ne suffit pas. Avec d’autres chrétiens, nous demandons qu’ils soient renvoyés de l’état clérical : radiés, pas déplacés. Non pas renvoyés dans la nature : suivis et accompagnés, à la charge de l'Église qui s’est engagée envers eux au jour de leur ordination. J’attends cet engagement solennel de nos évêques. Et je vous demande de prier avec moi, et de faire pression, avec le sensum fidei, pour qu’ils le prennent. »


L'appel est clair, alors que la commission ad hoc se met en place dans l'épiscopat pour aider les évêques à gérer ces cas douloureux.


Le curé parisien ne supporte plus les excuses mille fois entendues en milieu ecclésiastique. Il en réfute trois. « Je vous en supplie : ne dites pas, à la décharge de ces prêtres, que d’autres hommes, plus nombreux d’ailleurs dans les familles, le font ».


Il rejette l'argument de l'acharnement de la société à travers les « méchants » journalistes. « Ne dites pas, pire encore, que les médias en profitent et s’acharnent contre l’Église. Les médias ne sont que la caisse de résonance d’une horreur sans équivalent, à l’égard de ceux qui se servent de Dieu et le défigurent ».


Enfin, il pourfend la réponse insuffisante et si souvent apportée par l'Église devant les victimes, à Lyon comme ailleurs : « Ne dites pas que c’est une affaire de pardon : c’est une affaire de responsabilité »


Pour lui, l'Église se doit d'être implacable. « Lorsque le dommage est irréparable, il ne peut plus y avoir retour à l’activité. Et puis, il faut être logique : ils ne pourraient pas entrer au séminaire ; ils ne peuvent plus être prêtres. »


Cette parole est depuis longtemps celle des victimes, celle de la société toute entière. Elle doit être demain celle de toute l'institution.

18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 20:01

En octobre 2017, on célèbrera les 500 ans de l'acte de naissance de la Réforme : la publication par le moine Martin Luther de ses fameuses 95 thèses. Les catholiques ne veulent pas tous souffler les bougies du gâteau.


On avait perçu quelques signes plutôt positifs jusqu'alors. Le Pape François doit se rendre en Suède terre historiquement luthérienne, en octobre prochain (voir ici une dépêche de l'AFP), afin de participer à une rencontre luthéro-catholique. Il sera accueilli par une femme, qui dirige la très libérale Eglise luthérienne du pays (femmes prêtres, évêques ouvertement homosexuels).


Le pape s'est aussi dernièrement rapprocher de l'Eglise vaudoise (voir ici un post de mon blog) , la famille luthéro-réformée la plus dynamique en Italie. L'an dernier, le père capucin Raniero Cantalamessa, le prédicateur du pape, avait salué « l'enrichissement théologique et spirituel » de la Réforme.


Et voici que l'homme fort de la ligne conservatrice de la Curie, le cardinal allemand Gerhard Müller, vient de refroidir ceux qui attendaient des embrassades oecuméniques l'an prochain. Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, nommé par son ami Benoît XVI (il prépare la publication de ses œuvres complètes) a ensuite été confirmé par François, qui l'a créé cardinal. Il a affirmé début avril que les catholiques n'ont « aucune raisons de célébrer l'événement de 1517 ».


Il a dénoncé le danger d'une « protestantisation de l'Église catholique sur la base d'une vision laïque sans référence à la transcendance ». « Si nous sommes convaincus, a-t-il affirmé, que la révélation divine est présente en totalité et de manière inchangée à travers les Ecritures et la tradition, dans la doctrine de la foi, les sacrements et la constitution hiérarchique de l'Eglise par le droit divin, fondée par le sacrement de l'ordre, nous ne pouvons accepter l'existence des raisons suffisantes de se séparer de l'Eglise ».


Autrement dit, selon la bonne ecclésiologie catholique, la rupture luthérienne était non avenue en 1517. Et ceux qui sont du côté de la vérité catholique n'ont pas à fêter la naissance d'une autre voie.


Pourtant le même Gerhard Müller fut, de 2009 à 2012, le vice-président de la Commission internationale luthéro-catholique. En 2013, son nom figure parmi les signataires d'un rapport de cette instance paritaire sur la commémoration de 2017, intitulé "Du conflit à la communion" (lire en intégralité ici).


On pouvait lire dans le premier alinéa de ce document : « En 2017, les chrétiens luthériens et catholiques célébreront ensemble le 500e anniversaire des débuts de la Réforme. Aujourd’hui, les luthériens et les catholiques ont la joie de se comprendre mutuellement de mieux en mieux, de coopérer et de se respecter de plus en plus. Ils ont fini par reconnaître que ce qui les unit est plus important que ce qui les sépare ».


Le cardinal allemand semble aujourd'hui plus prompt à pointer les divergences, réelles, que les croyances communes.


Une clarification de la position du Saint-Siège vis-à-vis de l'événement est aujourd'hui nécessaire. Le pape ne peut plus se contenter de multiplier les gestes avec les orthodoxes – à Cuba avec le Patriarche de Russie ou à Lesbos, avec les hiérarques d'Athènes et de Constantinople - sans renouer le fil, plus fragile, avec les enfants de Luther.

4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 21:45

Le jour de Pâques, plus de 60 personnes ont trouvé la mort à Lahore (Inde) dans un attentat clairement dirigé contre les chrétiens locaux. Cette triste réalité n'a pas été mentionnée dans le message du président Hollande.


En Grande-Bretagne, l'adjectif « chrétien » semble tout naturel au Premier ministre David Cameron. En, ce même jour de Pâques, le dirigeant conservateur a affirmé : « Nous sommes un pays chrétien et nous en sommes fiers ». Pour lui, pas de doute, les valeurs du pays - « responsabilité, travail, charité, compassion, fierté de travailler pour le bien commun », sont « des valeurs chrétiennes ».


Cette déclaration est diversement appréciée de l'autre côté de la Manche. Une critique vient du monde évangélique, peu enclin pourtant à mettre sa foi dans sa poche, qui plus est en terre concordataire. Ainsi le site internet des Evangéliques du Bas-Rhin, qui fédère 15 Eglises et 13 associations de l'agglomération de Strasbourg (lire leur réaction ici), récuse l'idée de pays chrétiens « que ce soit pour l’Angleterre, la France, ou tout autre pays, qui relève d’une confusion entre le spirituel et le temporel ». Pour eux, le terme de racines chrétiennes est bien suffisant.


Le Premier ministre britannique est coutumier du fait. En janvier 2012, le blog religieux de Ouest France signalait qu'il avait déclaré « La Grande-Bretagne est un pays chrétien et personne ne doit avoir peur de le dire » (post disponible ici). Loin d'y voir un danger d'exclusion d'autres confessions, David Cameron affirmait alors que « la tolérance que le christianisme exige » offre « plus de place aux autres religions » dans son pays.


Il accordait l'essentiel des mérites non pas aux institutions religieuses, en perte de crédit comme chez nous, mais à la Bible. Laquelle dans sa bouche semble un livre exclusivement chrétien ! Livre majeur et pour comprendre le passé et pour « construire l'avenir collectif », la Bible a donné, dixit Cameron, la « structure de langage » du pays, celle que « nous vivons et respirons, sans même parfois nous en rendre compte ». Elle a apporté des bienfaits en politique : « droits de l'homme et de l'égalité, monarchie constitutionnelle et démocratie parlementaire ». Enfin, le Livre des livres a apporté à la Grande-Bretagne « une série de valeurs et une morale qui sont à la base de ce qu'elle est aujourd'hui » et qui méritent d'être défendues.


On n'ose imaginé pareil propos dans notre République. Aux peuples épris de laïcité, David Cameron faisait justement la leçon. Selon lui, il est « beaucoup plus facile de croire en d'autres religions et de les pratiquer en Grande Bretagne, quand celle-ci s'appuie sur sa propre identité chrétienne ».


Arrivait alors la pique anti-française : « Beaucoup de gens me disent à quel point c'est plus facile d'être juif ou musulman en Angleterre que dans un pays laïc comme la France. Pourquoi? Parce que la tolérance que le christianisme exige de notre société donne plus de place aux autres religions et parce qu'un grand nombre des valeurs d'une société chrétienne sont partagés par des personnes de toutes les religions ou d'aucune religion ».


Le militant laïque français qui aura survécu à ces arguments sera sans doute achevé par une dernière conviction que portait, en 2012, l'hôte du 10 Downing Street. « Pour moi, le christianisme, la foi, la religion, l'Eglise et la Bible sont toutes intrinsèquement impliquées dans la politique, dans la mesure où tant de questions politiques sont des questions morales ».


On pourrait penser que les catholiques français brandissant volontiers leurs bannières religieuses se réjouiraient de voir le leader britannique si bienveillant envers le christianisme de son pays. Pourtant, dans Famille chrétienne, Jean-Claude Bésida avait moqué l'an passé « David Cameron et son curieux message de Pâques » (à retrouver ici), lequel était du même acabit.


Le journaliste faisait remarquer que le Premier ministre avait laisser passer « plusieurs mesures en contradiction directe avec la vision chrétienne de l’homme » – notamment le mariage entre personnes de même sexe (adopté en mars 2014) – et que son pays ne reconnaissait pas la liberté de conscience pour les sages-femmes qui refusent de pratiquer l’avortement. Il y qualifiait de « gloubi-boulga » ces prétendues « valeurs chrétiennes » choyées par David Cameron.


Jean-Claude Bésida voyait quand même un bon coté dans le positionnement un peu acrobatique du leader conservateur anglais. « La foi chrétienne redevient un peu à la mode. En tout cas, elle n’est plus tout à fait quelque chose de totalement ringard et déphasé. Est-il in d’être chrétien ? »


Sans doute davantage dans les arcanes du pouvoir à Londres qu'à Paris.

31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 14:07

Trois mots qui ont du mal à consonner. Leur articulation pacifiée est pourtant au coeur de notre société française, meurtrie aujourd'hui par les violences, et condamnée à faire vivre ensemble des identités diverses. Trois rendez-vous prochains peuvent nous aider à y voir plus clair.


* Samedi 2 avril, la Ville de Paris initie la « Nuit des Débats ». Dans ce cadre, le Centre Pastoral Halles-Beaubourg de Saint-Merry et le GAIC (Groupe d’amitié islamo-chrétienne) organisent une soirée (voir ici) sur le thème : « La laïcité est-elle compatible avec Dieu ? »


La question ne devrait pas se poser, de même qu'elle était sans objet pour les pères de la loi de 1905. Pourtant, on s'interroge aujourd'hui. Alain Christnacht, conseiller d’État et membre de l’Observatoire de la Laïcité ; Danièle Hervieu-Léger, sociologue des religions ; et Mohamed Beddy Ebnou, directeur de l’IESE Europe – Bruxelles (Institut d’études épistémologiques), proposeront leurs éclairages. La rencontre sera animée par Bernard Gorce, journaliste à La Croix. Rendez-vous à 20h, église Saint-Merry, 76 rue de la Verrerie, Paris IVe.


* Mardi 5 avril, le Centre Sèvres accueille la première partie du colloque intitulé « Religions et intégration : réalités et faux-semblants » (voir ici) préparé par le Cefrelco (Centre d'étude du fait religieux contemporain). Cette soirée, qui débutera à 17h par la projection du documentaire « Français, qui sommes-nous ? » de Mathieu Schwartz, réunira les philosophes Pierre Manent et Paul Valadier (sj), au côté de Ghaleb Bencheikh.


Le colloque se poursuivra le lendemain mercredi 6 avril au Musée social (5 rue Las Cases, Paris 7e), avec notamment Jean-Paul Willaime, Charles Mercier et Jean-Luc Pouthier.


* Enfin, pour ceux qui peuvent rejoindre le site magnifique de Saint-Jacut-de-la-Mer (Côte d'Armor), l'Abbaye propose les 30 avril et 1er mai un week-end abordant « L'expérience chrétienne en post-modernité » (voir ici) Cette session sera animée par le politologue Jean-Marie Donegani, enseignant à Sciences Po, à l'Institut catholique de Paris et au Centre Sèvres (voir sa présentation ici).


Parce qu'elle fait la part belle à la souveraineté de l'individu au détriment de l'institution, notre société post-moderne ouvre une liberté nouvelle au croire. Mais elle complique la nécessité d'en rendre compte et rend plus difficile la dimension ecclésiale de la foi. En s'appuyant sur quelques grandes figures spirituelles contemporaines (Bernard Feillet, Maurice Bellet, Jean Sullivan et Christoph Théobald), le week-end propose de tracer des voies nouvelles.

21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 10:33

Le cardinal Philippe Barbarin, au centre de toutes les attentions, n'est pas pire, ni meilleur que ses confrères dans la gestion de cas de prêtres accusés (ou condamnés) de gestes déplacés de toute nature. Pour se sortir de cet épisode tragique, je ne pense pas que la démission d'un homme soit la solution. Un changement d'attitude et un geste pourraient apaiser la situation.


L'Eglise catholique doit faire preuve de davantage de modestie, trait de caractère qui n'est pas le point fort du cardinal lyonnais. Dans sa chronique publiée le 19 mars par La Croix le (lire ici), quotidien qu'il a jadis dirigé, Bruno Frappat n'y va pas de main morte, parlant de : « son tempérament de donneur de leçons qui s’est souvent manifesté dans la société française, de cette manière mi-sirupeuse mi-autoritaire avec laquelle il assène dans les médias les vérités théologico-morales qui sous-tendent sa foi ».


Quant au geste attendu, il s'agit d'une demande de pardon par les responsables de l'épiscopat au nom de ce qu'a fait l'Église de France tout au long du XXe siècle. Dire que les crimes « c'étaient avant » et que « maintenant, on fait ce qu'il faut » est totalement inaudible de la part d'une puissance morale.


Une question me taraude dans cette affaire. Les administrations publiques, au premier lieu l'Éducation nationale, ne font preuve d'aucune pitié pour leurs fonctionnaires condamnés pour pédophilie. Ils sont radiés. Pourquoi l'Église n'en fait pas autant ? Pourquoi un prêtre avec une casserole (condamnation par la justice) trouve-t-il toujours un poste à quelques centaines de kilomètres de chez lui, sans même avoir à masquer son passé ?


On pourra entendre qu'un tel fonctionnement s'explique par la charité chrétienne et l'espoir de l'amendement du pécheur. Je me permets d'avancer une raison moins glorieuse et plus pragmatique : le déficit du nombre de prêtres. Aujourd'hui, en France, aucun évêque ne peut se priver d'un candidat, même sulfureux, même potentiellement dangereux.


J'ai le souvenir d'un séminariste, refusé dans plusieurs diocèses, que j'ai croisé dans ma jeunesse. Stagiaire dans une aumônerie scolaire, il faisait preuve d'une immaturité évidente (je ne parle pas ici de sexualité). La responsable de l'aumônerie avait envoyé un courrier à l'évêque pour expliquer pourquoi il ne fallait par l'ordonner prêtre. Un avis dont le prélat n'avait pas tenu compte, ne voulant se priver de bras.


Il faut tenir, coûte que coûte, faire tourner la machine, assurer les messes, les sacrements, les demandes des fidèles... Si toutes les paroisses étaient bien desservies, si tous les services diocésains disposaient du clergé nécessaire, pensez-vous que le Cardinal Barbarin ou ses confrères prendraient le risque d'accueillir un collègue avec son passif de délinquant sexuel ? Bien sûr que non.


Deux options s'offrent à l'Église catholique face cette situation :

- ouvrir la question des ministères ou de l'accès des laïcs aux responsabilités locales

- accepter de ne fonctionner qu'avec des hommes célibataires, chastes, bien dans leur sexualité, équilibré psychologiquement. Mais peu nombreux, ce qui implique de renoncer au maillage territorial paroissial ainsi qu'à nombre d'activités missionnaires.


Voici un axe de réflexion, pas neuf sur ce blog, à prendre en compte après cette semaine terrible. Terrible d'abord pour toutes les victimes, et ensuite pour l'Église et le catholicisme français.

6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 17:15

A la veille de la journée de la femme, ça bouge (un peu) dans l'Église catholique. Et pas seulement dans le monde contestataire.


L'agence spécialisée étatsunienne Religion News Service a publié le 2 mars un article intitulé « Les femmes peuvent-elles prêcher à la messe ? » (à retrouver ici en anglais, repris par la revue jésuite progressiste America). Derrière ce titre, surréaliste pour toute personne étrangère au catholicisme, il ne s'agit pas de débattre sur la possibilité de célébrer les sacrements, mais de prononcer l'homélie.


La fonction d'enseignement est confiée aux femmes très largement et de toute éternité dans la catéchèse et les aumôneries scolaires. Des activités sans doute sont moins importantes que l'homélie et, surtout, qui ne se tiennent pas dans l'église.


L'article de Religion News Service, signé David Gibson, évoque plusieurs textes publiés par le très officiel Osservatore romano, dans son supplément mensuel féminin Donne chiesa mondo. Le premier est signé par Enzo Bianchi, le très populaire fondateur de la Communauté oecuménique de Bose (Italie), qui pense qu'il faut ouvrir le débat de la prédication par les femmes. Il signale que celles-ci ont pu prêcher lors du premier millénaire de notre ère. « Cela répond aux appels – notamment du pape François, à trouver des voies pour donner aux femmes un rôle plus grand dans l'Église ». La surprise ne vient pas de la position d'Enzo Bianchi mais du titre qui les met en avant.


Dominicaine française enseignante en théologie à l'Uuniversité de l'Angelicum à Rome, Soeur Catherine Aubin fait remarquer pour sa part que Jésus encourageait les femmes à prêcher son message et que, aujourd'hui, les femmes conduisent des retraites spirituelles. On ajoutera qu'elles sont très nombreuses à se former en théologie et sont plus compétentes en la matière que bien des prêtres. Ce qui peut provoquer des jalousies masculines. « Que l'on nous laisse poser la question, demande la religieuse : pourquoi les femmes ne pourraient pas prêcher devant tout le monde durant la célébration de la messe ? »


Si exposer les termes d'un débat n'est jamais innocent, l'article se garde bien de répondre avec fermeté à sa question initiale. Le journaliste évoque les positions du pape François, lequel demeure opposé à l'idée de l'ordination sacerdotale féminine et « met en garde contre une cléricalisation des femmes, en les nommant cardinal ou en se focalisant sur leur possible promotion dans les plus hauts postes de l'Église ». Ce qui ne dit rien sur le sujet précis.


Quand l'auteur de l'article demande à Massimo Faggioli, historien de l'Université de Saint-Thomas (Minnesota) ce qu'il pense de la place accordée par le quotidien du Saint-Siège à la question, la réponse est limpide : « Je pense que c'est un grand signal ».


Dans un style plus combatif et sur un sujet connexe, on lira avec intérêt le cri de Soeur Michèle Jeunet, religieuse du Cénacle. Elle pourfend le statut de Servantes de l'Assemblée, réservé dans plusieurs paroisses françaises aux filles voulant servir à la messe (voir ici). Vêtues de bleu (et non du blanc baptismal), elles sont cantonnées à la distribution des feuilles aux fidèles et à la participation à la procession des offrandes. Contrairement aux garçons, elles sont exclues de la proximité de l'autel, ce que la religieuse, qualifie de « violence symbolique ». « Garçons et filles, des baptisé-es, mais les filles moins que les garçons ! »


Et à l'appui de son argumentaire, Soeur Michèle Jeunet cite Benoit XVI, qui déclarait en 2010 devant 50.000 jeunes : « Chers servants et servantes d’autel… Chaque fois que vous vous approchez de l'autel, vous avez la chance d'assister au grand geste d'amour de Dieu, qui continue à vouloir se donner à chacun de nous, à être proche de nous, à nous aider, à nous donner la force pour vivre bien. »


Espérons que le 8 mars 2017, la situation des femmes dans l'Église aura progressé.

18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 11:02

Les messages « Save the date » venant du service de communication de la Conférences des évêques de France ne sont pas fréquents. A fortiori avec la mystérieuse mention « plus d'information prochainement ». Quel est donc le sujet qui mérite une telle mise en scène ? Réponse : « Lundi 29 février : les évêques de France au Salon de l'agriculture ».


Ainsi donc, en plus de croiser tous les candidats au graal politique de 2017, les visiteurs de la plus grande ferme de France risquent, en ce jour quadriennal, de croiser des prélats. À la différence des politiques, les évêques ne viendront pas se montrer mais porter une parole dans la crise agricole qui perdure et face à laquelle les responsables paraissent sans solution.


Si la venue organisée des prélats sera une première, le souci du monde agricole n'est pas nouveau chez eux. Le 10 février, les évêques de la province de Rennes (qui regroupe les diocèses de Bretagne et des Pays de la Loire) ont publié un texte commun (à retrouver ici).


Cette tribune met en avant des « droits » des agriculteurs. Elle exige ainsi le « droit de vivre de leur travail ». « Travailler dans l’inquiétude en attendant l’octroi de subventions n’est pas satisfaisant », écrivent les dix évêques. L'un d'eux, Mgr Raymond Centène, de Vannes, considère le fait que les agriculteurs vivent plus d’aides publiques que de leur travail de « situation injuste et surtout indigne » (voir ici son entretien pour Famille chrétienne).


Les agriculteurs, écrivent également les évêques de l'Ouest ont « le droit de choisir le modèle d’agriculture qu’ils souhaitent, pourvu qu’elle soit respectueuse de notre planète destinée à nourrir durablement toute l’humanité ». On peut y voir une critique des choix productivistes dominant depuis plusieurs décennies, à l'instigation des pouvoirs publics (français comme européens), ou de la FNSEA. Le fait que nombres d'agriculteurs ayant fait le choix du biologique s'en sortent mieux que d'autres est parvenu aux oreilles des responsables catholiques et c'est heureux. C'est également une conséquence du vent vert soufflant de Rome depuis l'encyclique Laudato si' et l'implication des catholiques dans la COP 21.


Enfin, la tribune invite les agriculteurs à « retrouver les solidarités qui les unissent les uns aux autres pour éviter les isolements parfois dramatiques ». On pense bien sûr ici aux cas tragiques de suicides ou d'abandons d'exploitation. « C’est une question de survie ! », clament les évêques.


Les dix de l'Ouest ne seront que 4 parmi les 15 évêques de la délégation qui parcourra les stands du Salon ce 29 février, de 10h à 16h45. Mgr Philippe Mousset, évêque de Périgueux, présidera la messe qui suivra cette journée pas banale, dans une paroisse proche de la Porte de Versailles. Le 8 février, ce fils d'agriculteur qui qui fit des études dans ce domaine avait publié un texte : « La crise agricole : nous sommes tous concernés » (à retrouver ici).


Pour Mgr Mousset, les peurs actuelles des agriculteurs sont « l’écho des inquiétudes de notre société désemparée face à la complexité des problèmes qui prennent une dimension internationale, ce qui renforce ainsi le sentiment d’impuissance ». Leurs questions « sont aussi les nôtres et nous interrogent plus profondément : quelle société voulons-nous et que voulons-nous pour notre société ? Quelles concertations nécessaires pour que les processus de l’économie de marché soient davantage maîtrisés au niveau de l’Europe et du monde, au niveau de nos régions et de nos départements ? ».


Cette réflexion, de type politique, rejoint les critiques du libéralisme portées depuis des décennies par le Vatican. Elles sont exprimées avec des termes que ne renierait pas un militant d'extrême gauche, par les évêques de l'Ouest. Ces derniers exigent le respect des agriculteurs « afin qu’aucun d’entre eux ne se sente plus jamais parmi « les esclaves des temps modernes » sacrifiés à l’idole de la productivité débridée alimentée par une concurrence internationale aveugle ».


Espérons que la parole des prélats pourra peser dans ce débat bien complexe. Pour le moins, elle montrera la présence bienveillante de l'Église envers celles et ceux qui vivent de la terre.

9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 08:24

Revoici donc les Poissons roses. A sa création en 2010, ce lobby catho (et ouvert à d'autres) voulait investir le PS. Las, sans succès. La culture politique française est ainsi faite qu'elle rejette les greffes religieuses (voir ici l'article que nous écrivions en 2011) et le Parti, alors dans l'opposition, a vite fait comprendre qu'il ne voulait rien entendre de ces drôles de cathos. A fortiori quand le débat autour du mariage a surgi.


Bref, on croyait le bocal vide. Et ses locataires resurgissent à travers un livre collectif, A contre-courant, publié aux éditions du Cerf (voir ici) .


Les Poisons roses sont désormais présidés par Patrice Obert, haut-fonctionnaire, lequel s'est expliqué la semaine passée dans les colonnes de La Vie (à retrouver ici).


Au regard de l'état actuel du PS, toute proposition mérite d'être entendue. Tout d'abord, en jouant sur une identité flottante très à la mode : « Nous affichons un positionnement à gauche, mais nous ne voulons pas être mis dans des cases », explique Patrice Obert en assumant que la moitié – seulement – de ses troupes se revendique du PS.


Que veulent-ils faire ? Que peuvent-ils faire avec leur petite centaine de militants, certes «insaisissables» au dire de leur chef, mais guère armés au milieu des luttes entre valsiens et frondeurs ? « Avant de parler d'organisation, de politique, il fallait essayer de réfléchir sur le fond et de construire un projet. C'est ce qui manque à l'heure actuelle », assène le poisson en chef. Il n'est pas seul à s'exprimer ainsi, mais cela ne fait pas de mal.


D'où un programme en sept points (chiffre biblique..). Certains sentent la bonne gauche : revenu de libre activité pour tous, revitalisation démocratique. D'autres sont plus marqués cathos : famille durable, communauté fédérale européenne ; goût d'entreprendre au service du bien commun et la création de valeur durable. Un vocabulaire issu de la pensée sociale de l'Église.


Est-ce à dire que ces poissons-là ne sont que doux rêveurs, fuyant les luttes d'appareils ? Pas tout à fait car ils appellent avec d'autres à une primaire à gauche. Patrice Obert et ses ouailles souhaitent « que la gauche soit en mesure de présenter un vrai programme, qu'elle soit porteuse d'une espérance. Le monde est tellement défaitiste, triste. Nous sommes convaincus qu'il y a des raisons d'espérer ». Par les temps qui courent, seule l'incorrigible espérance chrétienne peut encore rêver cela...


En cas de primaire, les Poissons roses « auront un candidat qui représentera (leur) idées, et qui apportera des réflexions nouvelles ». Le président ne dit pas si un poisson ira au combat ou un champion extérieur à ses bancs sera adoubé. « S'il n'y a pas de primaire, je suis très pessimiste sur les chances de la gauche ». Patrice Obert se fait devin : « on assistera à une recomposition politique ».


Avec ou sans poissons ? « Comme nous ne nous interdisons de parler avec personne, nous entendons participer à cette recomposition, autour de nos idées ». Ou autrement dit : la gauche « est notre famille naturelle, et nous voulons la faire évoluer. Mais si (elle) en est incapable, nous travaillerons avec ceux qui voudrons réfléchir à une recomposition ». Un changement de coloration du bocal n'est donc pas à exclure. Vers le vert, « verts et prospères » étant un de leurs thèmes forts ? Ou vers le bleu ?


Car c'est vers la droite – ou les droites (voir ici mon article de ce blog sur Marion Maréchal le Pen, ses efforts de séduction et ses succès) – que les catholiques se font le plus entendre ces derniers temps. Et la journaliste Agnès Chareton n'hésite pas à demander au président des Poissons jusqu'ici roses ce qui les distingue ou les rapproche de Sens commun, leur alter-ego assez efficace du côté des Républicains.


Avec les « amis » (sic) de Sens commun, les Poissons roses partagent « la lutte contre la GPA ou la défense de la famille durable ». Mais regrettent leur timidité sur les questions sociales. Bref, tout en étant en phase sur les questions sociétales - « un socle éthique qui nous rassemble », les cathos de gauche reprochent aux cathos de droite de... ne pas être assez de gauche. Ce qui est assez rassurant.


Patrice Obert termine par une petite pique à ses « amis » de Sens commun, leur demandant « la même cohérence que celle que nous défendons ».


Le pape François exhorte les catholiques à ne pas hésiter à se salir les mains dans le jeu politique. Honneur donc aux Poissons roses qui se lancent avec courage au combat dans une gauche en charpie. Même si leurs chances de récolter sont minces, on ne peut leur reprocher de ne pas avoir semé.

5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 13:08

Samedi 30 janvier, une manifestation géante a réuni à Rome les opposants au projet d'union civile ouvrant le droit à l'adoption pour les couples homosexuels. Le gros des troupes, sans surprise, était issu des rangs de la droite et des catholiques.


Le parallèle, facile, avec les événements français de 2013 mérite quelques nuances. Tout d'abord, le gouvernement de centre-gauche de Matteo Renzi n'a pas utilisé le mot mariage, que certains considèrent comme une chasse gardée des couples hétéros. Ensuite, si la question de la PMA est absente du texte italien comme de la Loi Taubira, elle n'a pas joué le rôle d'épouvantail du débat français.


Enfin, le comportement de l'Eglise italienne diffère de celui de sa voisine. Les spécialistes de la Croix expliquent cela : Sébastien Maillard, de Rome, avant la manif (voir ici) et Isabelle de Gaulmyn, dans son blog (voir ici) au lendemain du défilé.


Si « les évêques italiens disent « non », en particulier à l’adoption, écrivait ainsi Sébastien Maillard le 28 janvier, ils ne sont pas pour autant convaincus de descendre dans la rue le 30 janvier à Rome. Ni de cautionner officiellement cette mobilisation ». On retrouve ici la posture initiale de l'épiscopat français à l'automne 2012, avant que nombre de prélats décident d'encourager les manifs. Voire d'y participer pour certains.


En Italie, les évêques ont refusé « de cautionner un camp politique », décrit le journaliste qui ajoute aussitôt que les prélats sont disposés « à négocier le projet de loi pour en éliminer les aspects les plus controversés (l’adoption) ».


Exit donc les points non-négociables établis par Benoît XVI, qui furent un point d'appui majeur des catholiques français opposés au projet Taubira. Son successeur ne les a pas repris à son compte. François, fort de son expérience politique argentine, ne ferme pas complètement la porte, afin de se laisser les moyens de peser dans le débat, autrement que par l'affrontement frontal.


Isabelle de Gaulmyn porte un jugement assez sévère sur la stratégie du pape émérite allemand. Pour elle, sa tactique « a montré ses limites. Elle met les évêques en première ligne, au détriment de leur mission de pasteur. Et elle repose sur une forme de contresens de l’action politique : la politique, c’est – en partie – l’art du compromis : l’éthique de conviction doit toujours être confrontée à l’éthique de responsabilité ». Et la journaliste de présenter une conséquence de cette attitude. Dans le débat autour du Dico (équivalent transalpin du Pacs) en 2007, « les évêques se sont trouvés à prendre position pour un camp contre un autre », soutenant le conservateur Berlusconi contre le dirigeant de centre-gauche Prodi.


La journaliste, qui fut correspondante permanente du quotidien catholique pendant le pontificat du pape bavarois, ne cache pas sa préférence pour la méthode Bergoglio. Avec lui, affirme-t-elle « , la politique n’est plus l’affaire des évêques, mais des catholiques laïcs, là où ils sont engagés ». Ce qui n'est pas neuf, contrairement à ce qui suit : « Ils sont invités à prendre des positions de dialogue, et à privilégier l’action positive à la condamnation morale ». Ce qui dans le cas concret se décline ainsi : « Défendre la famille sur le terrain, en l’aidant concrètement, plutôt que défiler dans la rue ».


En France, les catholiques remplissent bien cette mission. Des mouvements comme les Associations familiales catholiques ou les services diocésains de la pastorale familiale proposent activités, ateliers et formations. Leur expertise est reconnue et appréciée, au-delà des cercles cathos même.


Pour ce qui est de l'action politique, dans laquelle, rappelle la journaliste, le pape demande de prendre « le risque se salir les mains », les laïcs catholiques de France sont davantage en peine. « Dans une société comme la nôtre où (ces laïcs) sont minoritaires, voire inaudibles, il leur semble impossible de faire entendre une vision chrétienne autrement qu’en passant par l’institution, écrit Isabelle de Gaulmyn. On pourra ajouter qu'ils ne sont pas seuls responsables, étant victimes de la pression hiérarchique et cléricale. De plus, la société et les médias ont beaucoup de mal à considérer légitime une parole catholique non ecclésiastique.


La journaliste pointe une autre difficulté, très prégnante depuis 2013. Ces laïcs ont estimé « à tort ou à raison, qu’ils étaient exclus a priori du débat politique ». Revoici l'éternel débat du poids des catholiques dans un jeu politique national, vierge (en principe) de toute influence religieuse.


En conséquence de quoi, ces laïcs (la moitié des pratiquants environ, ne l'oublions pas) ont considéré « qu’ils leur restaient alors comme unique solution de descendre dans la rue, pour manifester leur point de vue ». Avec le succès numérique et médiatique que l'on sait. Et avec une efficacité politique limitée, sauf à avoir effrayé le gouvernement.


La journaliste pointe pour sa part un autre « risque » : « avoir finalement plus contribué à construire des murs dans la société que noué un dialogue constructif autour de la famille ». Cette partie de l'Eglise de France de 2013 a fonctionné selon la méthode Benoît. Sera-t-elle prête à s'engager dans un prochain combat avec un style plus « François » ?

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant. Ce blog n'engage que moi. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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