D'ordinaire, l'engagement à la virginité m'angoisse plutôt. Pourtant, il est une vocation religieuse que je trouve assez sympa, même si la dénomination n'est pas engageante : les vierges consacrées
Elles sont 400 en France. Vous en avez peut-être croisées sans le savoir, étant donné qu'elle ne portent pas d'uniforme et ne crient pas sur les toits leur engagement. Leur définition officielle : « femme consacrée à Dieu, comme épouse du Christ, au service de l’Église. C'est l’évêque qui la consacre par un rite liturgique public et solennel dans un état de vie définitif. » (1)
Contrairement à la religieuse apostolique, la vierge consacrée n'est pas tenue à vivre en communauté et mène sa vie professionnelle à sa guise, en fonction de ses goûts, de ses études et ses compétences. Elle peut êtres journaliste (celles que je connais ne sont pas rédactrices dans la presse people, n'exagérons pas), universitaire ou cadre d'entreprises.
Les vierges consacrés appartiennent à des Instituts séculiers. Ancienne responsable nationale des ces derniers, Nadège Védié, par ailleurs responsable générale de l'Institut Notre-Dame du Travail, a été élue l'an passé à la tête de la Conférence mondiale des instituts séculiers.
Une vie tournée vers le Christ sans pour autant s'affranchir pas des vicissitudes ordinaires des réalités du travail apporte un vrai plus. Je ne veux pas pour autant dévaluer de milliers de sœurs apostoliques qui travaillent dans la vraie vie. D'autant que, le plus souvent, celles-ci mènent leur projet professionnel en bonne intelligence avec leur congrégation.
Mais les vierges consacrées sont libres d'aller où le vent du travail les portent, en toute discrétion. On retrouve dans cette vocation originale, la belle idée des prêtres au travail et des prêtres ouvriers que Rome a tant de mal à accepter. Hier, parce que la fréquentation des milieux marqués par le marxisme était trop dangereuse. Aujourd'hui, parce on manque trop de personnel célébrant pour laisser partir un candidat loin des sacristies.
J'aime bien également le principe de la présence cachée ou du moins discrète. Alors que certains catholiques prônent la visibilité ostentatoire, les vierges consacrées savent dans leur cœur qu'elles sont là pour servir leur frères en chrétiennes, et cela suffit à leur apostolat.
Et quand le « secret » de ces célibataires particulières est éventé, alors l'échange peut naître librement. Comme hier, les ouvriers découvraient stupéfaits que leur copains de chaînes étaient, aussi, « curés ». Mais d'abord des collègues et des amis.
(1) Je ne reviens pas ici sur l'expression gênante d'épouse du Christ, qui peut faire penser, entre autres, qu'une femme doit être, même symboliquement l'épouse d'un homme.