Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 09:07

 

En attendant que la Fraternité Saint-Pie-X se décide enfin à signer l'accord funeste ou que le Vatican y renonce définitivement, on se rattache à toutes les petites informations. Celle qu'a révélée hier le toujours bien informé Nicolas Senèze (La Croix) donna une idée de l'état d'esprit du Vatican.

 

Le Saint-Siège s'intéresse à d'autres descendants de Mgr Lefebvre, la branche des repentis de l’Institut du Bon Pasteur (IBP). Dans mon précédent post, j'indiquais que 2012 marquait la fin de la période ad experimentumde l'implantation de l'Institut en France. Le billet de Nicolas Senèze nous donne des éléments du rapport remis le mois dernier à l'abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'IBP, à l'issue de la visite canonique organisée à l'automne dernier et dirigée par Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei.

 

 

Évoquant le séminaire situé à Courtalain dans l'Eure, Nicolas Senèze écrit : « La commission Ecclesia Dei juge l’évaluation 'positive', mais demande à l’IBP 'd’intégrer l’étude du Magistère actuel des papes et de Vatican II' ».



Ces propos peuvent inspirer deux commentaires :

  1. Les anciens fidèles de Lefebvre goûtent peu Vatican II et le magistère des papes des 50 dernières années. Ce n'est pas un scoop. A Courtalain, on préfère apprendre le maniement et le nombre réglementaire de balancements de l'ostensoir ou améliorer les performances des séminaristes dans le boutonnage de soutane. Les heures d'apprentissage du catéchisme des réponses toutes faites laissent sans doute peu de temps pour réfléchir - terme maudit – à ce que signifie une « Église, Peuple de Dieu » ou l'intérêt du mouvement œcuménique.

  2. Ce désintérêt – euphémisme – pour l’événement qui a redéfini la théologie et l'ecclésiologie catholique contemporaine n'empêche en rien que l'évaluation de l'émissaire soit « positive ». On peut donc faire un bon travail de formation de futur prêtre en passant à côté du Concile. Un peu comme un inspecteur de l’Éducation nationale qui dirait à un professeur des écoles : « Vous faites du bon travail mais vous pourriez aborder en classe la conjugaison et les quatre opérations ». A ce compte là, on peut être pessimiste sur le niveau réel d'exigence de Rome pour intégrer la Fraternité Saint-Pie X.

     

Les catholiques girondins seront heureux d'apprendre que : « Concernant la paroisse Saint-Éloi, [la commission] demande 'la mise en place d’un conseil économique' ». Avec un bon comptable, tout irait donc pour le mieux.

On pourrait écrire des pages sur le peu d’appétence de Benoît XVI pour l'aventure traditionaliste, comme le fait Jean Mercier (La Vie).

Il est clair aujourd'hui que l'expérience pionnière de l'IBP est jugée avec grande mansuétude. Tourner le dos au Concile n'est donc pas rédhibitoire pour appartenir à l’Église catholique romaine. Tourner le dos à l’Église catholique romaine pourrait être bientôt une option, déchirante mais raisonnable pour certains : ceux, nombreux, qui ne veulent pas cohabiter avec des gens remplis de haine pour notre monde.

 

PS : A mes détracteurs, je confirme. Oui, je manque en ce moment d'espérance pour l’Église catholique. Douloureusement. Et je sais ne pas être le seul. Oui, je manque de fraternité (pour la Fraternité). Je l'assume. Mais certaines valeurs ne se bradent pas.

Par cathoreve
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Vendredi 13 avril 2012 5 13 /04 /Avr /2012 13:16

 

Né à Marseille il y a 46 ans, Laurent Touze est un élégant jeune homme de 46 ans. Prêtre de l'Opus Dei, il enseigne depuis 1988 la théologie spirituelle à l'Université pontificale de la Sainte-Croix, à Rome. Il est spécialiste du célibat sacerdotal. Détail amusant, il est un neveu du dominicain Jean Cardonnel (1921-2009), prédicateur d'un célèbre Carême révolutionnaire en 1968, avec le soutien de Témoignage chrétien.

 

Jeudi 12 avril, il était à Paris pour rencontrer quelques journalistes et leur parler des relations entre Rome et les traditionalistes à la lumière du Concile. Pour lui, si le schisme lefebvriste doit être résorbé, « c'est la dernière chance. En cas d'échec, ils deviendront une secte »

 

L'Abbé Touze n'a pas peur des paradoxes. Son décryptage de la Fraternité Saint-Pie X est sans concession. « Leur théologie commence à Grégoire XVI (1831-1846) et s'arrête à Pie XII.(1939-1958). Leurs manuels de références datent du début du XXe siècle. Leur attachement à la lettre des textes est presque pathologique ». Il liste les questions qui fâchent dans le Concile pour les traditionalistes : la liberté religieuse (« le point le plus important »), l’œcuménisme (« sur la validité des sacrements, ils devront bouger ») , le dialogue interreligieux et la collégialité épiscopale. De plus, « ils refusent également l'idée de sacerdoce commun des fidèles, une idée au cœur du Concile. Et qui était présente chez les Pères de l'Église ». Le catalogue est vaste, englobant la majorité des réformes marquantes de Vatican II.

 

Malgré ces nombreux points achoppement, l'Abbé Touze, comme tout le monde à Rome, prie ardemment pour un accord. Il s'agit avant tout que les brebis égarées réintègrent le bercail romain. Pour cela, il s'applique à mettre en exergue tous signes positifs dans l'interminable processus de discussion pour lequel le Vatican est allé au bout de son offre. Il fait remarquer que Mgr Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a exhorté ses ouailles à l'obéissance durant la Semaine sainte.

 

Quand on l'interroge sur les dégâts prévisibles dans les diocèses français en cas de réintégration, le professeur avance l’arme juridique proposé par le Vatican : la prélature personnelle. Dans cette structure (utilisée pour l'Opus Dei), « le droit canon prévoit que les conférences épiscopales soient consultées avant que des équipes s'installent dans un pays ». Ce ne fut pas le cas pour l’intégration des dissidents traditionalistes ralliés, grâce à la commission pontificale Ecclesia Dei, dont l'Institut du Bon Pasteur (1). Cette procédure serait censée nous mettre à l'abri d'une catastrophe pastorale. On en doute.

 

Car comment donc prêtres et fidèles vont collaborer avec des impétrants qui les traitent d'hérétiques depuis des décennies ? Le prêtre de l'Opus Dei donne cette réponse désarmante. « Un ami prêtre a été nommé à Rome dans une paroisse dont un vicaire ne croit pas à la Résurrection ». Comprenez, la diversité des idées est grande dans l'Église. Certes, et cela ne date pas d'hier. De là à penser qu'il est concevable de faire cohabiter des prêtres conciliaires avec d'autres persuadés que ce qui s'est passé entre 1962 et 1965 fut une catastrophe pour l'Église de toujours, le pas est grand.

 

La différence majeure entre l’hypothétique arrivée des Lefebvristes dans l'Église romaine et la présence de quelques prêtres un peu hérétiques, vient du fait que ces derniers n'ont pas l'arrogance des premiers. L’Église peut, doit vivre, et vit depuis toujours une grande diversité.

 

Ainsi la présence de l'Opus dei en France, si elle a interrogé au début, est acceptée parce que ces membres partagent 99% des convictions de la majorité et acceptent la pluralité et le jeu collectif de la vie des diocèses.

 

L'expérience du Bon Pasteur est un échec cuisant dans ce domaine. L'intransigeance et la certitude de détenir l'unique vérité demeurent chez les prêtres et les fidèles de cet institut. L'argument de Don Laurent Touze (ainsi que les professeurs sont appelés en Italie) ne tient donc pas. En France, l'arrivée de Lefebvristes, sauf un très improbable reniement complet de leurs théories - de l'ordre du lavage de cerveau - seraient une catastrophe aux conséquences incommensurables.

 

Et si le jour funeste d'un accord à Rome devait arriver, je donnerais cher pour assister à la consultation canonique du cardinal Vingt-Trois, préalable à l'intégration dans nos diocèse de membres de la Fraternité. Comme son prédécesseur et mentor Jean-Marie Lustiger, le président de la Conférence des Évêques de France n'a jamais porté les lefebvristes dans son cœur. Osera-t-il dire non pour protéger une Église de France déjà fragile ou cédera-t-il devant Rome (voir un de mes billets précédents)?

 

Espérons que les tous prochains événements nous mettent à l'abri de cette funeste décision. Qu'on en finisse une fois pour toute avec ce mariage impossible et à éviter à tout prix.

 

(1) Leur installation à Bordeaux était prévue ad experimentum. Une commission d'évaluation doit rendre son avis cette année. On attend ses conclusions avec impatience. Sans se faire d'illusion sur la réelle liberté du diocèse de Bordeaux de dire ce qu'il pense vraiment de l'apport de l'abbé Laguérie et de ses troupes au service de tous.

Par cathoreve
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Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 09:08

 

 

Christoph Schönborn, cardinal-archevêque de Vienne, a bien du mérite. Depuis des mois, il fait face à une fronde de prêtres qui appellent leurs collègues à désobéir à certaines règles insoutenables : interdiction d'accès à la communion pour les divorcés remariés, interdiction pour les laïcs de présider certaines cérémonies... Comble de malheur, le meneur de cette révolte est un de ses anciens bras droit, le P Helmut Schüller.

 

 

Coincé entre Rome et la peur d'une contagion d'un côté et le risque de schisme et de l'accélération des départs de fidèles de l’autre, le cardinal marche sur un fil. Et pour l'heure, il ne s'en sort pas trop mal.

 

Dernièrement, il vient de se comporter en pasteur plein d'humanité et de finesse. Florian Stangl , 26 ans, employé de Caritas (le Secours catholique autrichien) auprès d’enfants handicapés, a été élu au conseil de paroisse de Stützenhofen, un village de la Basse-Autriche. Son curé le P. Gerhard Swierzek a exigé de lui qu'il démissionne, au motif que M. Stangl vit avec un homme sous le statut d'union civil et ne s'en cache pas. Ce dernier, refusant la décision, a demandé l'arbitrage de l'archevêque, lequel a accepté de le recevoir avec son compagnon.

 

A l'issue de ce rendez-vous, le cardinal Schönborn a désavoué le curé, demandant que l'élection de Florian Stangl soit validée. Dans un communiqué, il a signalé l'existence de « beaucoup de membres des conseils pastoraux de paroisse dont le style de vie n’est pas en totale conformité avec les idéaux de l’Église».

 

Le prélat a reconnu avoir été marqué par « l'engagement à vivre une vie de foi» du couple homosexuel, ajoutant qu'il comprenait pourquoi M. Stangl avait recueilli tant de voix (90% des votants) au sein de la communauté paroissiale.. « Je pense que ce jeune homme est à la bonne place, et je prends sur moi de couvrir l’affaire. »

 

En écrivant cela, le cardinal-archevêque sait que des bonnes âmes ne manqueront de dénoncer le scandale à Rome, où d'autres bons serviteurs de l'Église penseront surement que, décidément, Christoph Schönborn est bien peu regardant avec la discipline. Et ils auront raison.

 

Le prélat préfère un bon paroissien actif aux médisances. Sans doute sait-il combien les homosexuels souffrent de leur discrimination au sein de l’Église catholique et pense comme Florian Stangl que « la demande de vivre dans la chasteté semble non réaliste ».

 

Dans la tourmente que connaît l'Églisecatholique autrichienne dont il est le chef, le cardinal fait un geste d'ouverture. Même s'il a fait remarquer que, normalement, les candidats aux conseils pastoraux doivent signer une déclaration affirmant leur « adhésion à la foi et à la discipline de l’Église catholique », histoire de rappeler le caractère exceptionnel de sa décision, il a privilégié l'homme à la loi.

 

Sa décision donne à voir un visage d'Égliseplus ouvert et pourrait faire revenir vers les communautés des ouailles qui ne supportaient plus le rigorisme moral de l'institution.

 

Chaque dimanche dans les paroisses, des divorcés-remariés, des homosexuels et une foule de gens hors des canaux réguliers de l'Église, vont à la messe et communient devant des prêtres qui n'ignorent rien de leur situation. Si un évêque, et pas des moindres, à son tour fait passer l'esprit avant la lettre, alors les espoirs sont permis.

 

Pour tous les Florian Stangl d'Autriche et d'ailleurs.

 

 

 

 

 

Par cathoreve
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Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 11:52

 

Au XVIe siècle, les Papes, chefs temporels, étaient aussi des mécènes. On pense à Clément V Médicis,  mentor de Michel-Ange, à Jules II, qui entama les travaux de la Basilique St-Pierre ou encore à son successeur Léon X, encore un Médicis, nettement plus porté sur l'art que sur lé théologie.

 

Leur fortune d'alors était mise au service de peintres, sculpteurs, architectes ou musiciens qui recevaient commande pour réaliser des œuvres à la gloire de Dieu et/ou de leur protecteur. Cette fonction a disparu. Les pontifes d'aujourd'hui ne sont pas riches et utilisent leur cassette pour la solidarité internationale ou les missions.

 

Pourtant, avec l'actuel locataire du Palais apostolique, nous avons un vrai mélomane. Le piano est le seul plaisir pour lequel Benoît XVI accepte de quitter son bureau ou son oratoire. Aussi, l'annonce d'un concours du premier « Concours international de composition de musique sacrée » lancé par le Vatican résonne comme une bonne nouvelle.

Car il est utile d'entendre comment de jeunes créateurs actuels veulent louer Dieu par leurs notes.

 

Las, l'intitulé de l'exercice laisse bien peu de place à l’originalité. La forme est imposée : il conviendra décrire un Credo pour choeur et orgue, de moins de 15 minutes. Le texte est également non-négociable, puisqu'il est précisé que la langue sera le latin. Les partitions doivent être remises avant le 20 juillet.

 

Bien sur, il aurait été inconvenant d'envisager qu'un morceau de free jazz ou un rap veuillent rivaliser avec le grégorien, « chant propre de l’Église romaine » (Vatican II, Sacrosanctum concilium, 116). Mais avec une latitude si faible, nombre de créateurs peuvent être découragés. Un musicien, aussi fervent fidèle soit-il, n'imagine peut-être pas que le Credo soit le seul cadre inspirant aujourd'hui, ni que l'orgue soit l'instrument indépassable.

 

Le Gallois Karl Jenkins, né en 1944, connaît un grand succès avec ses œuvres chorales sacrées. Ainsi, son Stabat Mater (2008), de style néo-classique, comporte un majorité de textes en latin, mais utilise aussi l’anglais et l'arabe. Mieux, une pièce demande aux quatre parties du chœur de s'exprimer respectivement et simultanément en arabe, en hébreu, en grec et en araméen.

 

L'usage de ces quatre langues majeures dans l'histoire des croyants du Livre apparait comme une quête d'équilibre en cohérence avec nos sociétés multiculturelles. Facile à chanter par ailleurs, le latin est uniquement la langue de l'histoire du catholicisme. L'argument de sa compréhension par toute la galaxie catholique ne tient plus, comme le montre tous les historiens du Concile Vatican II. Il y a 50 ans, déjà, seules les élites vaticanes le maîtrisaient correctement, non la majorité des évêques. Alors aujourd'hui !

 

 

Par cathoreve
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Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 08:42

 

Rendez-vous à Lourdes les 24 et 25 mars prochains. 50 ans après que Jean XXIII eut convoqué à Rome les 4500 évêques catholiques de l'époque pour un concile, nos prélats hexagonaux invitent des délégations des diocèses de France pour un week-end dans la cité mariale. Le thème de la rencontre de commémoration est engageant, à la limité de la méthode Coué par les temps actuels : « Joie et espérance ». Le programme suit une progression inattaquable, bien dans l'esprit de l’événement conciliaire : le Christ, l’Église, le monde. Tout va donc pour le mieux. Sauf que...

 

Sauf que les organisateurs ont commis une légère faute de goût. Vatican II a mis en exergue que dans l’Église, « peuple de Dieu », les fidèles laïcs avaient toute leur place et qu'ils ne devaient plus être des brebis suivant aveuglement leurs bergers. Cette révolution majeure dans l'histoire du catholicisme n’apparaît pas franchement à regarder le casting de la rencontre et le nom des orateurs principaux sur le dépliant du week-end.

 

« Le Christ, lumière du monde », sera présenté par Claude Dagens, évêque d’Angoulême. Éric de Moulins-Beaufort, évêque auxiliaire de Paris abordera « L’Église, signe de Dieu et annonciatrice de la paix ». Enfin, le dimanche, honneur au boss, le cardinal André Vingt-Trois lui-même, pour expliquer en quoi « l'homme est la route de l’Église ». Trois intervenants, trois évêques.

 

Les mauvais esprits pourraient en déduire que seuls nos prélats sont habilités à mettre en valeurs Vatican II. Notre pays ne manque pourtant pas d'historiens (Étienne Fouilloux, Denis Pelletier, Daniel Moulinet), d'écrivains (Christine Pedotti, Bernard Lecomte) ou de théologiens (Christoph Theobald, André Dupleix) qui ont travaillé et écrit sur le Concile. Sans compter celles et ceux qui parcours la France toute l'année pour des conférences, des formations, des récollections sur, devinez quoi, Vatican II.

 

Bien sûr d'autres orateurs, laïcs et prêtres, témoigneront durant ces deux jours à Lourdes. Mais l'affiche 100 % mitrée ne donne pas une grande image de diversité. Je n'ose penser que l'assistance, nourrie au bon lait du Concile, se serait offusquée de voir en vedette un orateur qui ne serait même pas successeur des apôtres.

 

Je suis sûr que dans trois ans, quand sera venu le moment de commémorer dans l’allégresse la clôture de Vatican II, les organisateurs penseront à mettre en avant d'autres figures. Histoire de ne pas s'attirer les sarcasmes et la mauvaise foi de Cathoreve.

Par cathoreve
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