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19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 20:32

Samedi dernier, j'ai assisté à une belle messe de confirmation. Comme cela se pratique désormais dans certains diocèses, le sacrement de la foi « adulte » était donné à de jeunes enfants, certains âgés de 11 ans étant encore à l'école primaire.

 

La cérémonie était animée par un dynamique groupe musical paroissial. Le célébrant a su s'adresser avec des mots adaptés et un sourire bienveillant aux 27 confirmés. Bref, un bon moment spirituel.

 

Hélas, mon esprit persifleur s'est arrêté sur le chant de l'Offertoire, dont le choix intrigue devant de si jeunes chrétiens. Le chant « Céleste Jérusalem » est inspiré de l'Apocalypse, qui n'est pas le texte biblique le plus accessible. On en trouve une belle version chantée ici et les paroles .

 

Le refrain nous dit : « Notre cité se trouve dans les cieux/ Nous verrons l'Épouse de l'Agneau/ Resplendissante de la gloire de Dieu/ Céleste Jérusalem ». La fin des temps, voici une notion qui ne concerne que de très très loin les héros du jour.

 

Passons rapidement sur l'expression sibylline : « Épouse de l'Agneau ». Après avoir chanté l'attrait de cette Céleste Jérusalem, comment dire à des jeunes que la grâce de l'Esprit reçue en ce grand jour doit les aider à grandir dans leur foi et leur vie quotidienne ? Doivent-ils comprendre que la gloire de Dieu se trouve uniquement dans cet avenir hypothétique que les chrétiens attendent depuis 2000 ans et non ici et maintenant ?

 

Je ne remets pas en cause la pertinence théologique du dernier livre de la Bible. Mais je doute qu'il représente le message prioritaire à transmettre à des jeunes enfants. Même pour des adultes bien formés, l'eschatologie, science de la fin des temps, demeure difficile à appréhender dans nos sociétés rationnelles.

 

Allons plus loin. « L'Agneau deviendra notre flambeau, affirme le premier couplet. Nous nous passerons du soleil/Il n'y aura plus jamais de nuit/Dieu répandra sur nous sa lumière ». Difficile de ne pas voir dans ces mots le fondement d'une pensée qui me semble archaïque. Celle du christianisme qui apprenait aux fidèles que la vie terrestre était d'un intérêt limité par rapport à la joie offerte après, la « vraie vie », auprès de Dieu pour les sages et dans les enfers pour les pécheurs.

 

Ce discours, des siècles durant, a assuré la paix sociale au bénéfice des puissants, les miséreux attendant sans broncher la fin de leur existence dans cette « vallée de larmes ».

 

Espérons que les jeunes confirmés retiendrons essentiellement la mélodie, belle et méditative, de cette « Céleste Jérusalem ».

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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 10:46

Comme tous les évêques, le cardinal André Vingt-Trois remettra sa démission au pape, le jour de son soixante-quinzième anniversaire en novembre. Comme nous l'avons déjà écrit dans ce blog (on peut relire ici mon article "Pitié pour nos évêques fatigués"), on peut douter que Rome lui demande de poursuivre, étant donner ses récents soucis de santé.

 

La procédure pour lui trouver un remplaçant est donc en route à Paris, avec le Nonce apostolique, et à Rome. On sait que sur un poste aussi important que l'archevêché de Paris, le pape ne se contente pas de suivre l'avis de ses services sans jeter un œil.

 

À Paris, certains catholiques veulent participer au processus de choix, s'appuyant sur le canon 214, qui indique que « les fidèles ont la liberté de faire connaître aux Pasteurs de l’Église leurs besoins surtout spirituels, ainsi que leurs souhaits ». Le groupe local de la Conférences catholique des baptisées francophones (CCBF) vient d'adresser un courrier à Mgr Luigi Ventura, Nonce apostolique en France (voir ici).

 

Ce groupe espère « un évêque qui aime le monde, qui vive avec le monde. Un évêque qui témoigne de simplicité et d’humilité ». mais aussi « qu’il s’entoure d’une équipe qui fasse souffler un vent d’ouverture, jusqu’à la société civile en quête de sens. Qu’il fasse vivre la communion entre les différentes sensibilités. »

 

Il n'est guère étonnant que la CCBF attende du nouvel archevêque « qu’il soutienne la créativité des laïcs au service de la vitalité de l’Église » L'association rappelle la «chance» du diocèse de Paris d’avoir « un grand nombre de baptisés, femmes et hommes, bien formés ».

 

Ils souhaitent enfin que le successeur du cardinal Vingt-Trois « partage les difficultés et les espoirs de l’ensemble des habitants de la métropole, dans une collégialité à l’échelle des diocèses du Grand Paris ».

 

Dans La Croix (article à retrouver ici, pour les abonnés), Céline Hoyeau nous apprend qu'en 1978, avant de voir arriver son nouveau prélat, le diocèse de Valence avait lancé une « consultation générale des forces vives locales ». Et la journaliste ajoute que la démarche est très rare. Trop rare sans doute.

 

Nul se sait si le Nonce, dont l'enquête est très discrète, va tenir compte de ces remarques et s'il va demander ce que pense ce groupe de laïcs ou d'autres. Quelques nominations ratées ces dernières années – on pense à Mgr Gaschignard, nommé évêque de Dax alors que ses attitudes avec les jeunes étaient déjà connues -, font penser que tous les avis ne sont pas toujours entendus.

 

L'autre question concerne l'origine du futur archevêque. Les deux derniers titulaires étaient issus du clergé parisien. Jean-Marie Lustiger avait succédé en 1981 à l'Aveyronnais François Marty (et son accent rocailleux). Et il a transmis le flambeau à son ancien vicaire (à la paroisse Sainte-Jeanne de Chantal) et ancien vicaire général.

 

Faut-il apporter du sang neuf venu de l'extérieur du périphérique pour diriger le très riche presbyterium ? Ou au contraire est-il nécessaire de connaître les arcanes et les histoires du clergé de la capitale pour mener la barque ? Faut-il investir un prélat déjà en responsabilité ? Les avis sont partagés.

 

Voici quelques questions qui vont occuper l'été de Mgr Ventura. En espérant qu'il n'oubliera pas les laïcs qui, plus encore demain, animeront le diocèse de Paris.


 

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 06:25

Pour la Pentecôte, La Croix consacre traditionnellement un sujet à l’Église de France. Cette année, le quotidien catholique a commandé un sondage sur l'image des prêtres. On peut trouver ici  l'article de présentation et sur cet autre lien les résultats exhaustifs de l'enquête de l'Ifop.

 

Les prêtres sont vus comme « proche des autres hommes » par 71 % des Français (4 points de plus qu'en 1993, date de la dernière étude. Ils sont perçus comme « disponibles » à 76 %, mais aussi « dignes de confiance » (68 %).

 

Certains observateurs expriment leur étonnement devant ces chiffres. "Surprise, les prêtres ont une image très positive", se félicite le blogueur Koz (lire son billet ici). "Malgré le discours ambiant et une chasuble surprenante, les prêtres sont appréciés", s'amuse l'avocat.

 

Comment donc, malgré la sécularisation galopante et les scandales touchant le monde catholique, la figure du prêtre peut-elle rester populaire ? Tentons des explications.

 

On préfère toujours un soldat à son armée. Les mêmes qui critiquent la lenteur de La Poste apprécient leur facteur. Et ceux qui pestent contre le mammouth Éducation nationale peuvent tous évoquer la mémoire d'un instituteur charismatique ou un professeur qui les a marqués. Il en est de même pour l’Église catholique. Pour les anciens éloignés de l’Église, le souvenir de prêtres croisés dans leur jeunesse, époque ou ils étaient omniprésents (écoles, patronages, santé), demeure positif.

 

Nombre de personnes ne côtoient désormais les prêtres que dans des occasions particulières, émotionnellement fortes : mariage, décès, préparation d'un sacrement... Conscient que ces rencontres restent des occasions rares pour tenir une parole chrétienne, ou à minima de l'ordre du sens, le prêtre s'y montre sous son meilleur jour.

 

Lors de tes échanges, le demandeur rencontre un homme qui occupe une fonction, et non l'institution Église et toute ses lourdeurs. Les règles et doctrines, si elles ne quittent pas l'esprit du prêtre, passent derrière l'histoire de la personne et sa demande.

 

C'est cette figure du prêtre qui demeure populaire à une population qui n'en demande pas plus. Et qui, et la bonne nouvelle est bien ici, ne lui fait pas payer les horreurs d'une minorité de ses confrères et la lenteur de réaction de ses supérieurs.

 

Dans l'enquête de La Croix, la sociologue Céline Béraud avance l'idée que le prêtre est populaire car, privé d'autorité moral, il ne fait plus peur. Une vision valable pour les plus anciens. Mais qu'en sera-t-il demain quand presque plus personne n'aura connu l'époque de l’Église contrôlant les âmes et les corps ?

 

Il semble illusoire d'envisager des promotions fournies de prêtres ces prochaines années. Aussi, il devient urgent d'étudier comment les autres acteurs catholiques sont vus de nos concitoyens. Je pense aux catéchistes, aux animateurs de funérailles (une majorité d'obsèques religieuses se déroule sans présence de ministre ordonné), aux couples recevant les futurs mariés. Voici un nouvel objet d'étude pour nos sondeurs et un excellent indicateur de l'image nouvelle du catholicisme.

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 08:40

Dans son édition du 11 mai, La Croix a donné longuement la parole à Mgr Georges Pontier, dont le silence entre les deux tours de l'élection présidentielle avait été diversement apprécié (voir l'entretien ici). Le journaliste Nicolas Senèze a posé au président de la Conférence des Évêques une double question à propos du Président de la République élu : « Qu'attendez-vous de lui ? Que redoutez-vous ? »

 

À la première, Mgr Pontier a évoqué la nécessité de la « cohésion et de la réconciliation des Français », après un campagne qu'il a jugée « violente du début jusqu'à la fin ». Un propos assez convenu que le quotidien catholique retiendra comme titre à l'interview.

 

Sa réponse à la deuxième question – sur ses craintes - est riche et mérite qu'on s'y attarde. « J'espère qu'il [le nouveau président] ne va pas nous enliser dans des débats de société qui ont aussi contribué à la division du pays mais qu'il n'est pas urgent de remettre en première ligne ». On voit évidemment à quoi fait référence l'archevêque de Marseille, qui garde en mémoire les débats autour de l'extension du mariage et les législations sur la fin de vie.

 

Mais qui doit vraiment craindre un « enlisement » ? L'ensemble des Français qui, globalement sont favorables à des évolutions en faveur de plus de libertés individuelles en matière morale, ou les catholiques, qui les freinent ? Le pays n'a pas été autant « divisé » par le débat autour du mariage que les paroissiens devant la parole très univoque des autorités catholiques. On peut se demander ce que recouvre le « nous » utilisé par le prélat.

 

Ces débats, à le lire, ne sont pas « urgents à remettre en première ligne ». Dans ce sens, il rejoint beaucoup d'observateurs qui ont reproché à François Hollande et demain à son successeur de faire plus de sociétal que de social (voir ici l'éditorial de Jean-Pierre Denis le 11 mai dans La Vie).

 

Pourtant cette question de l'urgence n'est pas si évidente. Dans les domaines concernés, les évolutions législatives offrent des possibilités nouvelles à des catégories numériquement faibles de citoyens : les lesbiennes en demande de maternité, les personnes incurables subissant des souffrances intenables. Pour ces quelques milliers de personnes, il s'agit souvent d'une urgence. L’Église catholique, qui se prétend depuis Paul VI « experte en humanité », ne peut rester insensible aux cris de ces infortunés. Et on imagine mal qu'elle tente de les minimiser pour préserver la paix dans ses sacristies.

 

Le Mouvement homosexuel chrétien David & Jonathan a réagi aux propos de Mgr Pontier, dans un communiqué intitulé « Questions de société : deux poids, deux mesures ? » (à lire ici) . David & Jonathan reproche aux responsables de l’Église catholique de France d'un côté de « tenter de peser sur le pouvoir politique lorsqu’il s’agit en particulier des questions de l’intime : la sexualité, les modalités de la procréation, la vie » et, dans le même temps « d'afficher une frilosité consternante et refuser de prendre position lorsque menacent à grande échelle l’exclusion, le rejet de l’autre, le racisme, l’homophobie, etc. ».

 

Pour David & Jonathan, « éluder des débats aussi fondamentaux est contraire à la démocratie, ne permet pas de ressouder une société profondément divisée, et mène au contraire à la peur, à la méfiance et à l’exclusion. »


Dans le processus de la Loi Taubira, le gouvernement s'est mal comporté envers le contradicteur catholique. Emmanuel Macron, qui a vécu l'épisode au cabinet du Président Hollande, agira on l'espère avec plus de finesse. L’Église aussi, en se rappelant qu'avec son soutien aux Manifs pour tous, elle n'a redoré son image ni dans l'opinion, ni chez certains catholiques. Sur ces fameuses questions de société, le mouvement homosexuel chrétien affirme « la nécessité d’écouter les témoignages de vie des personnes concernées, plutôt que de partir d’un dogme. La conscience éclairée de chacun-e décide ainsi en dernier lieu… Quelle liberté pour le peuple de Dieu ! ».


Si le nouvel hôte de l’Élysée remet sur la table des dossiers touchant à la famille ou la fin de vie – l'ouverture de la PMA aux couples de femmes figurait à son programme -, l’Église devra contribuer au débat sans se sentir agressée, en écoutant ce qui se dit dans ses rangs, comme en dehors. Pour que le sujet se s'enlise pas et soit traité au mieux de l'intérêt de la nation.

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 19:18

Décidément le pape argentin ne cesse de nous surprendre. Le voici en passe de réussir là ou son prédécesseur allemand s'est cassé les dents : faire revenir les intégristes de la Fraternité Saint-Pie X dans le giron romain.

 

Romilda Ferrauto, qui fut longtemps la responsable du service francophone de Radio Vatican, explique longuement la situation sur le site de La Vie (voir ici, disponible pour les abonnés). Pour elle, la visite papale à Fatima le 13 mai pourrait être le cadre de l'annonce. À défaut ce sera pour 2017.

 

La journaliste rappelle par le pontife argentin a déjà posé deux gestes significatifs en direction des héritiers de Mgr Lefebvre : reconnaissance de l'absolution par les prêtres de la Fraternité et validation, sous certaines conditions, de la célébration de mariages par les mêmes.

 

Quand Benoît XVI voulait en son temps régler les différends avant toute réintégration, François agit autrement. « Ce pape privilégie les gestes concrets, et il veut aller vite sans tergiverser, écrit Romilda Ferrauto. L’unité théologique viendra plus tard. La pleine communion devrait être rétablie sans attendre que la situation soit entièrement satisfaisante ».

 

Trois critères simples pourraient être demandés aux membres de la Fraternité Saint-Pie X voulant redevenir des catholiques romains, selon le site Vatican Insider : la profession de foi, la reconnaissance de la validité des sacrements célébrés selon la liturgie post-conciliaire et l’obéissance au pape.

 

Pourquoi le pape François veut-il réussir cette réintégration ? Sans doute pour montrer ses bonnes dispositions à l'égard de l'aile conservatrice du catholicisme, qu'il ménage assez peu d'habitude. L'idée de pouvoir enfin discuter de Vatican II et de ses suites sans anathèmes préalables n'est pas inintéressante pour toute l’Église.

 

On peut avancer une stratégie plus politique. Il vaut parfois mieux avoir ceux qui ne vous aiment pas à vos côtés plutôt qu'en face. Tel François Mitterrand nommant son rival Michel Rocard à Matignon en 1988, pour mieux le museler et ruiner son pouvoir de nuisance.

 

Le pape va surprendre – et décevoir – nombre de catholiques. Dans les diocèses qui vont accueillir des membres de la Fraternité, le risque est réel d'une cohabitation artificielle de fidèles sans aucune estime réciproque. Les communautés traditionalistes réintégrées par Benoît XVI (l'Institut du Bon Pasteur, notamment) ont montré leur peu de désir de collaboration diocésaine.

 

Les fans de Bergoglio lui feront sans doute confiance, mais seront attentifs à ce que les entrants mettent de l'eau dans leur vin, en particulier en ce qui concerne les acquis conciliaires non négociables.

 

Quel bénéfice peut retirer le pape de cet épisode ? Il va casser son image de dureté envers ceux qui ne pensent pas comme lui. Et montrer qu'il est définitivement inclassable selon les critères ordinaires de jugement à l'égard des pontifes.

 

En terminant son article, Romilda Ferrauto note qu'un « autre schisme pourrait se produire au sein même du camp intégriste ». L'aile la plus irréductible de la Fraternité n'est pas prête à la moindre des concessions et pourrait faire scission. Certains, comme le négationniste Richard Williamson (exclu en 2012), ont quitté Saint-Pie-X D'autres préféreront sans doute demeurer dans leurs certitudes. Rome ne les regrettera pas. Nous non plus.

 

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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 20:03

La Conférence des évêques de France est incapable de tenir un propos ferme concernant le choix de dimanche. Certains évêques, dans leur coin (voir ici un florilège de textes compilés par La Croix), tentent de dire l'évidence pour un chrétien : le non possumus du vote Le Pen et le bulletin, par défaut mais ferme, pour Macron. Un message que portent sans sourciller les autorités juive, musulmane et luthéro-réformée, dans un communiqué commun sur lequel plane l'ombre du partenaire catholique absent (voir ici).

 

Car de l'avenue de Breteuil, où siège la représentation nationale de l'épiscopat, rien de bien clair n'est venu. Ni le président Pontier, ni le Conseil permanent, porteur ordinaire des messages officiels, ne se sont exprimés. Le communiqué de référence au lendemain du 1er tour, sans orientation précise (à retrouver ici), est signé du P. Olivier Ribadeau-Dumas, porte-parole, d'une parole... bien molle. Pourquoi ?

 

Bien sûr, on peut entendre le discours du refus des consignes de vote depuis Vatican II et de la primauté de la conscience du catholique adulte. Mais ce ne fut pas le cas en 2002, quand l'épiscopat, poussé par le cardinal Lustiger qui connaissait les dangers que porte notre extrême droite, était catégorique face à Le Pen Père. Plus près de nous, en 2013, cette posture non interventionniste ne fut guère celle de nos évêques face à l'ouverture du mariage aux homosexuels. Certains ne se sont pas gênés pour passer par dessus la conscience des fidèles en leur expliquant comment se positionner.

 

Une réalité, bien plus grave, amène le corps des évêques, plus désunis que jamais, à rester dans cette funeste neutralité. A croire le sondage publié par Le Monde mercredi 3 mai au soir (enquête Ipsos pour le Cevipof), le mal est déjà advenu. 46% des catholiques (toutes catégories confondues) seraient tentés par le vote Le Pen ce 7 mai. 46 % !! 6 points de plus que la moyenne de la population.

 

On pouvait pourtant se réjouir des scores modérés de l'héritière frontiste au 1er tour : 22% pour l'ensemble du groupe catholique (11% pour les pratiquants réguliers, 22% pour les irréguliers et 29% pour la masse des non-pratiquants). Marine Le Pen ferait plus que doubler son potentiel entre les deux tours. Ce qui signifie qu'elle récupérerait une très grande partie des 28% des catholiques orphelins de François Fillon (voir ici l'enquête d'Ipsos, en page 17).

 

Presque une personne sur deux se disant catholique s'apprête à voter FN. Comment est-ce possible quand les catholiques par milliers sont engagés tous les jours sur le terrain dans des actions aux antipodes des idéaux frontistes ? Comment le comprendre alors que l'immense majorité des évêques détestent ce parti autant que moi ? Comment imaginer que des fidèles soutiennent un parti qui méprise l’Église et ses valeurs ? Au même titre que les partis politiques traditionnels, les médias ou le monde de la culture, l’Église n'a pas su ou pu contenir la montée de ce vote haineux.

 

Un autre motif, pour moi, justifie cette frilosité. Il relève de la parole de l'autorité catholique dans notre société. Quoi qu'elle dise ou ne dise pas cette semaine, celle-ci est discréditée. Au risque de me répéter lourdement dans ce blog, tant que l’Église maintiendra son discours, bâti par des mâles célibataires, sur les familles, la sexualité ou la place de la femme, elle demeurera inaudible, sans crédibilité aucune. Et ce quel que soit son thème d'intervention. C'est pourquoi, l’Église est aujourd'hui incapable d'assurer sa fonction de guide moral. Pour ses fidèles comme pour les autres.

 

Faut-il ajouter au tableau la gestion des cas de pédophilie dans ses rangs ? La société a bien compris qu'entre la fermeté officielle, récente mais bien réelle, et les pratiques de terrain, l'écart demeurait trop grand pour que le soupçon cesse.

 

Derrière ce discours officiel se dédouanant de toute position tranchée, je vois un aveu de faiblesse. Divisé à son sommet et plus encore à sa base droitisée, l’Église catholique de France est muette et impotente quand le pays vit un tournant. Une réalité aussi inquiétante que le résultat de dimanche. Car lundi, le chantier sera toujours là.

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 16:28

2017 n'est pas une année majeure uniquement pour la politique française. Les chrétiens célèbrent les 500 ans du début de la Réforme. De nombreux ouvrages abordent la vie, la pensée et la postérité du moine Martin Luther. Je veux en retenir ici un Le jour où Luther a dit non , d'Anne Soupa (voir la présentation par son éditeur Salvator ici).

 

Plusieurs raisons dictent ce choix. L'auteure est une catholique, bibliste et militante de l'ouverture de l’Église. La fondatrice du Comité de la Jupe (voir ici) et de la Conférence des baptisés catholiques (voir ici) est dotée d'une jolie plume et sait faire passer ses convictions.

 

Ensuite, Anne Soupa a choisi le genre romanesque pour traiter ce fait historique majeur. Son ouvrage n'est pas un traité de théologie mais un récit, documenté sur un épisode majeur de la vie du moine augustinien allemand. Il s'agit des quatre jours, du 12 au 15 octobre 1518, où, à Augsbourg, il rencontre le cardinal Cajétan, dominicain érudit envoyé par le pape pour voir ce rebelle qui fait trembler la Sainte-Église.

 

Très vite on apprend que le légat du pape ne souhaite pas mener une disputatio théologique, genre dans lequel il excelle tout comme Luther. « Je ne suis pas ici non pour débattre mais pour entendre ta rétraction », dit clairement Cajétan, qui doit réprimer son goût pour l'échange. De plus, il ordonne au moine déviant, de « s'abstenir de tout ce qui pourrait dans l'avenir troubler l’Église ». Et l'auteure du roman ne cache guère ce qu'elle ressent de l'intransigeance romaine.

 

Premier point achoppement, première « erreur » dans la bouche du prélat : la condamnation des indulgences. Cette pratique consistait à inciter les fidèles à payer pour se voir pardonner. L'argent recueilli servait largement les besoins de l’Église, des Princes et des banquiers, dont Jacob Fulger, qui abrite dans sa demeure la rencontre historique. La femme de ce dernier finit par être convaincue par les arguments du rebelle, lançant à son mari : « Ces indulgences sont comme une drogue qui t'endort et te fait rester à la surface de toi-même, dans des paradis d'apparence qui ne font pas vivre ».

 

Cajétan dénonce une seconde erreur. « Tu affirmes que l'absolution des péchés ne confère par la grâce du pardon si le bénéficiaire n'y croit pas ». Pour le moine, qui défendant sa position, « l'engagement pour Dieu, c'est la conscience qui le prend, libre, souveraine. Personne d'autres. Ni le pape, ni aucun ministre du culte ». Ainsi est posée l'idée, révolutionnaire, de la relation directe entre le croyant et le créateur, diminuant l'importance des intermédiaires et le pouvoir de la hiérarchie ecclésiale. « Tu sous-estimes le don de Dieu fait à l’Église », tance le cardinal. « Je le rends à chacun de ses fidèles », répond Luther.

 

Ne se vivant pas comme hérétique, le moine lutte pied à pied, rageant que le prélat refuse la joute. C'est l'arrivée de étudiants actuels et passés de Luther, ayant marché des jours pour être au côté de leur maître, qui lui donne le courage de tenir bon. La Réforme est lancée.

 

Dans sa postface, Anne Soupa affirme que ces controverses ne valaient pas un schisme. Elle sous-entend qu'en prêtant l'oreille au moine augustinien et en révisant ses pratiques, l’Église aurait pu éviter ce que le rebelle ne souhaitait pas. L'Europe se serait alors passée de siècles de violence, épargnant des milliers de vies (des deux côtés) et des années de haine.

 

D'autant, note la bibliste, que « aujourd'hui, l'essentiel de ce qu'a soutenu Luther est réintégré par l’Église catholique comme son bien naturel ; altérité, autorité de la Bible, justification par la foi, respect de la conscience personnelle ». Et les différences peuvent cohabiter. Elle ne voit qu'une seule divergence restante : « vaut-il mieux avoir un pape ou non ? ».

 

Ce récit agréable, vivant, bien écrit, pourrait être monté sur les planches. Surtout, il nous éclaire sur les choix ecclésiaux à venir.

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 16:28

2017 n'est pas une année majeure uniquement pour la politique française. Les chrétiens célèbrent les 500 ans du début de la Réforme. De nombreux ouvrages abordent la vie, la pensée et la postérité du moine Martin Luther. Je veux en retenir ici un Le jour où Luther a dit non (voir ici), d'Anne Soupa (Salvator).

 

Plusieurs raisons dictent ce choix. L'auteure est une catholique, bibliste et militante de l'ouverture de l’Église. La fondatrice du Comité de la Jupe (voir ici) et de la Conférence des baptisés catholiques (voir ici) est dotée d'une jolie plume et sait faire passer ses convictions.

 

Ensuite, Anne Soupa a choisi le genre romanesque pour traiter ce fait historique majeur. Son ouvrage n'est pas un traité de théologie mais un récit, documenté sur un épisode majeur de la vie du moine augustinien allemand. Il s'agit des quatre jours, du 12 au 15 octobre 1518, où, à Augsbourg, il rencontre le cardinal Cajétan, dominicain érudit envoyé par le pape pour voir ce rebelle qui fait trembler la Sainte-Église.

 

Très vite on apprend que le légat du pape ne souhaite pas mener une disputatio théologique, genre dans lequel il excelle tout comme Luther. « Je ne suis pas ici non pour débattre mais pour entendre ta rétraction », dit clairement Cajétan, qui doit réprimer son goût pour l'échange. De plus, il ordonne au moine déviant, de « s'abstenir de tout ce qui pourrait dans l'avenir troubler l’Église ». Et l'auteure du roman ne cache guère ce qu'elle ressent de l'intransigeance romaine.

 

Premier point achoppement, première « erreur » dans la bouche du prélat : la condamnation des indulgences. Cette pratique consistait à inciter les fidèles à payer pour se voir pardonner. L'argent recueilli servait largement les besoins de l’Église, des Princes et des banquiers, dont Jacob Fulger, qui abrite dans sa demeure la rencontre historique. La femme de ce dernier finit par être convaincue par les arguments du rebelle, lançant à son mari : « Ces indulgences sont comme une drogue qui t'endort et te fait rester à la surface de toi-même, dans des paradis d'apparence qui ne font pas vivre ».

 

Cajétan dénonce une seconde erreur. « Tu affirmes que l'absolution des péchés ne confère par la grâce du pardon si le bénéficiaire n'y croit pas ». Pour le moine, qui défendant sa position, « l'engagement pour Dieu, c'est la conscience qui le prend, libre, souveraine. Personne d'autres. Ni le pape, ni aucun ministre du culte ». Ainsi est posée l'idée, révolutionnaire, de la relation directe entre le croyant et le créateur, diminuant l'importance des intermédiaires et le pouvoir de la hiérarchie ecclésiale. « Tu sous-estimes le don de Dieu fait à l’Église », tance le cardinal. « Je le rends à chacun de ses fidèles », répond Luther.

 

Ne se vivant pas comme hérétique, le moine lutte pied à pied, rageant que le prélat refuse la joute. C'est l'arrivée de étudiants actuels et passés de Luther, ayant marché des jours pour être au côté de leur maître, qui lui donne le courage de tenir bon. La Réforme est lancée.

 

Dans sa postface, Anne Soupa affirme que ces controverses ne valaient pas un schisme. Elle sous-entend qu'en prêtant l'oreille au moine augustinien et en révisant ses pratiques, l’Église aurait pu éviter ce que le rebelle ne souhaitait pas. L'Europe se serait alors passée de siècles de violence, épargnant des milliers de vies (des deux côtés) et des années de haine.

 

D'autant, note la bibliste, que « aujourd'hui, l'essentiel de ce qu'a soutenu Luther est réintégré par l’Église catholique comme son bien naturel ; altérité, autorité de la Bible, justification par la foi, respect de la conscience personnelle ». Et les différences peuvent cohabiter. Elle ne voit qu'une seule divergence restante : « vaut-il mieux avoir un pape ou non ? ».

 

Ce récit agréable, vivant, bien écrit, pourrait être monté sur les planches. Surtout, il nous éclaire sur les choix ecclésiaux à venir.

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 19:48

Qu'arrive-t-il à nos évêques ? Depuis quelques mois, ils sont plusieurs à avoir cessé leurs activités. Et à l'avoir officialisé. En début d'année, le président de la CEF Mgr Georges Pontier a été hospitalisé plusieurs semaines loin de son diocèse de Marseille pour des problèmes pulmonaires (voir ici). Il avait déjà manqué la session automnale 2016 de Lourdes.


On savait le cardinal André Vingt-Trois hospitalisé depuis le mois de février. La semaine passée, un communiqué du diocèse nous a appris que l'archevêque de Paris était atteint du syndrome de Guillain-Barré, suite à une infection virale, et qu'il allait devoir subir des soins importants, suivi d'un « long temps de rééducation ».

 

Ces deux leaders de l'épiscopat français sont septuagénaires. Rien ne dit qu'André Vingt-Trois sera remis sur pied le 17 novembre, le jour de ses 75 ans, quand il va, selon l'usage, présenter sa démission au pape. Son confrère marseillais en fera de même le 1er mai 2018.

 

On est en droit de s'interroger. Est-il nécessaire de laisser dans un tel poste de responsabilité des hommes de cet âge, quand la santé fait défaut ? Totalement dévoués à leur ministère, ils négligent trop souvent les alertes de leur corps et ne sont pas tous assidus aux activités sportives. On pourra ajouter que leur réalité professionnelle est au moins autant occupée par de la gestion de crises (manque de prêtres ou dérives de certains) que par la direction spirituelle et pastorale d'un diocèse, travail pour lequel ils sont bien davantage préparés.

 

Je me souviens des derniers mois d'activité du cardinal Lustiger, traînant sa fatigue et la voix diminuée par la maladie. A l'époque, le pape Jean Paul II, souffrant lui aussi, n'avait pas voulu pas gérer les successions de certains postes majeurs (Paris, Madrid), laissant le dossier à son successeur. Gageons qu'on ne demandera pas à Mgr Vingt-Trois de jouer les prolongations comme c'est parfois le cas. Mgr Jean-Michel Di Falco, qui vient de voir aujourd'hui nommé son successeur comme évêque de Gap, s'en était plaint il y a peu (voir ici).


« Faut-il que les évêques fassent du chantage au départ, descendent dans la rue, ou plantent la tente devant la nonciature, pour que l’on n’abuse pas de leur esprit d’obéissance et de leur dévouement ? Pour qu’on mette en route les procédures plus tôt ? Pour qu’ils partent le jour de leurs 75 ans et non pas des mois plus tard ? », disait l'évêque de Gap lors de ses vœux en janvier 2017, théoriquement à la retraite depuis le 25 novembre. Et il ajoutait : « Sachez cependant que je ne me plains pas, c’est vous qui êtes à plaindre dans votre attente d’un nouvel évêque plus jeune, plus dynamique, plus entreprenant, plus à l’écoute, plus compréhensif, plus paternel, plus disponible, plus saint, en fait ! »

 

Tous n'arrivent pas comme Mgr Di Falco en bonne forme à 75 ans. Ne peut-on envisager qu'à 65 ou 70 ans, les évêques fatigués redeviennent, s'il le sollicite, de simples prêtres dans leur diocèse d'origine ? Ils pourraient ainsi poursuivre leur ministère dans des postes moins exposés, moins fatiguant, ne nécessitant par de fréquents voyages vers Paris.

 

Dans les monastères, les supérieur(e)s retournent dans le rang leur mission terminée pour laisser la place à plus jeune. L'exemple est à méditer. Car un bon prêtre en fin de carrière est sans doute plus utile à l’Église qu'un évêque épuisé.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 11:21

« Aucun des candidats à l'élection présidentielle ne peut s'arroger le monopole des valeurs chrétiennes. Pas plus aujourd'hui qu'hier ». François Vercelletto, spécialiste des religions à Ouest France rappelle dans son blog (à retrouver ici) cette vérité de base. Pourtant, cette année, il semblait que les catholiques de France, dont le cœur on le sait penche nettement à droite, avaient leur champion avec François Fillon.

 

Croyant assumé, bon père de famille, rigoureux comme il faut, peu suspect de bonhomie un tantinet jouisseuse à la Chirac ou d'arrivisme mondain du style Sarkozy : le portait parfait. D'autant plus que l'élu sarthois puis parisien était porté par la nouvelle vague catho en politique de Sens Commun. Mais, le rappelle François Vercelletto « Il ne suffit pas de dire "je suis chrétien" pour être le meilleur garant des valeurs évangéliques ».

 

Las, on sait ce qu'il est advenu. Le parangon de vertu s'est révélé être comme les autres, arrangeant, pour le moins, avec la morale et les finances publiques. Et l'homme que tous voyaient à l’Élysée fuit désormais les foules, les concerts de casseroles et les tomates. Que fait-on, s'interroge le (la) bon(ne) catholique pour qui le choix était plié ?

 

« Les catholiques dans l'embarras » titrait L'Union de Reims dans son édition du 27 mars. Le quotidien a réuni six fidèles engagés à la Maison diocésaine. Malgré les affaires, Fillon garde la confiance d'au moins deux d'entre eux. « Il faut un vote utile. Et Fillon ne fera rien contre ma religion », dit une responsable de la radio RCF. « Je ne vote pas par rapport à ma religion, mais je veux un président qui mette l'humain devant tout le reste », affirme une laïque en mission ecclésiale, qui s'affirme communiste et annonce avoir choisi.... Hamon. Quant au responsable régional des Semaines sociales, le cœur à gauche, il déplore que le candidat socialiste soit favorable à l'euthanasie.

 

Dans son commentaire, la journaliste Catherine Frey, qui a organisé la rencontre, conclut de façon un peu péremptoire, en s'appuyant sur un témoignage : « Il est fort probable, qu'au dernier moment, ces croyants votent tout de même Fillon. La mort dans l'âme ». Mais cette campagne nous réservera encore des surprises.

 

La question taraude même les évêques, si l'on en croit l'article de La Croix, (voir l'article ici)  à la veille de leur rendez-vous de printemps à Lourdes (du 28 au 31 mars). Entre eux, et c'est une bonne chose, les évêques parlent de leurs options politiques. Lesquelles sont diverses.

 

Un évêque – on note l'anonymat du propos – a confié aux journalistes du quotidien catholique : « Pour en avoir parlé avec les évêques de ma province, la campagne prend un tel tour que nous sommes, nous aussi, un peu perdus ». Il voit autour de lui « beaucoup d’indécis ». Ce qui tend à prouver que les évêques sont comme tout le monde.

 

Il est plus gênant de lire que ce même prélat craint, en prenant la parole, « d’ajouter à la cacophonie généralisée » ». Si un pasteur n'ose pas parler d'un choix aussi essentiel que celui de notre gouvernant, on peut s'inquiéter. On est bien loin de la bonne ambiance consécutive à la réception, quasi unanime dans la presse et auprès des politiques, du livre Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique, publié par l'épiscopat en octobre.

 

La fin de l'article donne une idée de l'ampleur de la question. Nos évêques auraient du mal à se positionner si, comme cela est prévisible, Marine Le Pen, se qualifie pour le second tour. « Certains d'entre nous pourraient voter pour elle », avoue un évêque à La Croix (des noms!!!). Une situation qui doit faire bondir leurs aînés qui, dans les années 80, avaient été stricts face au péril Jean-Marie Le Pen. Un évêque « de l’ancienne génération » explique : « si je dis quelque chose trop nettement à mes fidèles, en pensant apaiser les choses, en réalité je les ravive ». Mettre en garde contre les dangers de l'extrême-droite serait devenu contre-productif et périlleux ! Un joli constat d'échec pastoral... ou de lepénisation des esprits débordante.

 

Le message est clair pour les naïfs qui pensaient que le discrédit du candidat de la droite classique allait inciter naturellement à un recentrage du vote catholique. Les casseroles de la cheffe frontiste et, surtout, son programme aux antipodes des valeurs évangéliques ne rebutent donc pas tant que cela les catholiques. Quoi qu'il arrive, Marine Le Pen pourra dire un grand merci à sa nièce Marion.

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  • : Philippe Clanché, journaliste religieux indépendant, collaborateur de La Vie ou Bayard Presse. Au menu : émergence d'un catholicisme ouvert, décoincé et qui puisse parler à notre temps. Bon appétit. On peut me suivre sur Twitter : @pclanche
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